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La musique face aux guerres mondiales

Troisième · Éducation musicale · Échanger, partager, argumenter

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La musique pendant la Première Guerre mondiale

Les deux guerres mondiales du XXe siècle bouleversent profondément les sociétés européennes, et la musique n'échappe pas à ce bouleversement. Elle sert tour à tour à galvaniser les troupes, à exprimer la souffrance des soldats et des civils, à résister à l'oppression, ou encore à commémorer les victimes.

Chants patriotiques et réalité des tranchées

Au début de la Première Guerre mondiale (1914-1918), des chants patriotiques encouragent le départ des soldats, présentés comme une aventure glorieuse et rapide. Mais la réalité des tranchées — la boue, la peur, les combats interminables — fait naître d'autres chants, bien plus sombres, composés ou détournés par les soldats eux-mêmes pour exprimer leur désespoir et leur colère contre une guerre qui s'éternise.

Les compositeurs savants face au traumatisme de la guerre

Le traumatisme de la Première Guerre mondiale influence aussi la musique savante. Le compositeur français Maurice Ravel, engagé comme conducteur d'ambulance, compose après la guerre Le Tombeau de Couperin (1917), une suite pour piano dont chaque mouvement est dédié à la mémoire d'un ami mort au combat. La musique reste sobre et retenue, loin de tout pathos, ce qui rend l'hommage d'autant plus poignant.

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Musique, Résistance et Shoah pendant la Seconde Guerre mondiale

La Seconde Guerre mondiale (1939-1945) donne lieu à des usages de la musique encore plus contrastés : instrument de propagande pour les régimes totalitaires, chant de résistance pour ceux qui luttent contre l'occupation, mais aussi témoignage bouleversant de la déportation et de la Shoah.

Le Chant des Partisans, hymne de la Résistance

En France occupée, la Résistance utilise la musique pour rassembler et transmettre des messages. Le Chant des Partisans, écrit en 1943 (paroles de Joseph Kessel et Maurice Druon, musique d'Anna Marly), devient l'hymne officieux de la Résistance française. Diffusé clandestinement, parfois siffloté comme indicatif à la radio de Londres, il appelle à la lutte contre l'occupant nazi : « Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ? ».

ŒuvreCompositeur / auteursContexteFonction
La Chanson de CraonneAnonyme (soldats)Tranchées, vers 1917Dénonciation, révolte
Le Tombeau de CouperinMaurice RavelAprès la Première Guerre mondialeHommage aux morts
Le Chant des PartisansAnna Marly, Kessel, DruonFrance occupée, 1943Résistance
Symphonie n°7 « Leningrad »Dimitri ChostakovitchSiège de Leningrad, 1942Résilience, symbole

La musique de propagande nazie et le régime de Vichy

À l'inverse, le régime nazi utilise abondamment la musique à des fins de propagande : marches militaires, chants glorifiant le régime, tout en interdisant et en persécutant les musiciens juifs ou les œuvres jugées « dégénérées » (musique atonale, jazz, œuvres de compositeurs juifs). En France, le régime de Vichy encourage aussi certains chants de propagande officielle, tandis que la culture officielle exclut les artistes juifs ou opposants.

Créer malgré tout : la musique dans les camps

Dans les camps de concentration, certains déportés continuent à composer et à chanter, malgré des conditions extrêmes. Au camp de Terezín (actuelle République tchèque), utilisé aussi par les nazis à des fins de propagande, plusieurs compositeurs juifs déportés (comme Viktor Ullmann ou Hans Krása) créent des œuvres, avant d'être pour la plupart assassinés à Auschwitz. En Union soviétique, le compositeur Dimitri Chostakovitch compose sa Symphonie n°7 « Leningrad » (1942) pendant le siège de la ville par l'armée allemande : créée sur place par des musiciens affaiblis par la famine, elle devient un symbole de résistance.

Exercices corrigés

  1. Comment les chants patriotiques présentent-ils généralement la guerre au moment du départ des soldats, en 1914 ?

    • A.Comme un événement à éviter absolument
    • B.Comme une aventure glorieuse et rapideBonne réponse
    • C.Comme un simple divertissement musical
    • D.Comme une catastrophe annoncée dès le premier jour

    Réponse : B — Comme une aventure glorieuse et rapide

    Au début de la guerre, les chants patriotiques encouragent le départ des soldats en présentant le conflit comme une aventure glorieuse et rapide, très éloignée de la réalité qui suivra dans les tranchées.

  2. Quel chant, né dans les tranchées vers 1917, dénonce l'absurdité de la guerre et a été censuré ?

    • A.We Shall Overcome
    • B.Le Chant des Partisans
    • C.La Marseillaise
    • D.La Chanson de CraonneBonne réponse

    Réponse : D — La Chanson de Craonne

    La Chanson de Craonne, chant anonyme né dans les tranchées vers 1917, dénonce l'absurdité de la guerre et la responsabilité des officiers, et a été censurée pendant et après le conflit.

  3. Quel chant devient l'hymne officieux de la Résistance française pendant l'Occupation ?

    • A.Le Chant des PartisansBonne réponse
    • B.La Chanson de Craonne
    • C.Le Tombeau de Couperin
    • D.La Symphonie Leningrad

    Réponse : A — Le Chant des Partisans

    Le Chant des Partisans, écrit en 1943 par Anna Marly (musique), Joseph Kessel et Maurice Druon (paroles), devient l'hymne officieux de la Résistance française contre l'occupant nazi.

  4. Quel compositeur français compose Le Tombeau de Couperin en hommage à ses amis morts pendant la Première Guerre mondiale ?

    • A.Arnold Schoenberg
    • B.Claude Debussy
    • C.Igor Stravinsky
    • D.Maurice RavelBonne réponse

    Réponse : D — Maurice Ravel

    Maurice Ravel, engagé comme conducteur d'ambulance pendant la Première Guerre mondiale, compose après le conflit Le Tombeau de Couperin (1917), suite pour piano dont chaque mouvement rend hommage à un ami mort au combat.

  5. Qu'appelait-on « musique dégénérée » (entartete Musik) sous le régime nazi ?

    • A.Une catégorie officielle et libre de compositions patriotiques allemandes
    • B.Un genre musical inventé par les Alliés pendant la guerre
    • C.Une catégorie idéologique regroupant les musiques jugées contraires à l'idéologie nazieBonne réponse
    • D.Un style de musique romantique du XIXe siècle en Autriche

    Réponse : C — Une catégorie idéologique regroupant les musiques jugées contraires à l'idéologie nazie

    La « musique dégénérée » est une catégorie idéologique inventée par les nazis pour désigner et interdire les musiques jugées contraires à leur idéologie : œuvres de compositeurs juifs, musique atonale, jazz. Ce n'est ni une catégorie de propagande officielle allemande célébrée, ni une invention alliée, ni un style romantique du XIXe siècle.

  6. Qui a écrit les paroles du Chant des Partisans, sur une musique d'Anna Marly ?

    • A.Joseph Kessel et Maurice DruonBonne réponse
    • B.Jean Ferrat et Georges Brassens
    • C.Bob Dylan et Joan Baez
    • D.Martin Luther King et Pete Seeger

    Réponse : A — Joseph Kessel et Maurice Druon

    Les paroles du Chant des Partisans (1943) sont écrites par Joseph Kessel et Maurice Druon, sur une musique composée par Anna Marly. Les autres noms cités appartiennent à d'autres contextes (chanson engagée française d'après-guerre, folk américain, droits civiques).

  7. Un extrait de symphonie pour grand orchestre, créé dans une ville assiégée par des musiciens affaiblis, devient un symbole international de résilience relayé jusqu'aux pays alliés. De quelle œuvre s'agit-il le plus probablement ?

    • A.De la Chanson de Craonne des tranchées
    • B.Du Tombeau de Couperin, pour piano seul
    • C.De la Symphonie n°7 « Leningrad » de ChostakovitchBonne réponse
    • D.Du Chant des Partisans, sifflé à la radio

    Réponse : C — De la Symphonie n°7 « Leningrad » de Chostakovitch

    Une symphonie pour grand orchestre, créée dans une ville assiégée (Leningrad) par des musiciens affaiblis, devenue un symbole international de résilience, correspond très précisément à la Symphonie n°7 de Chostakovitch. Les autres œuvres citées sont soit pour piano seul (Ravel), soit des chants vocaux sans lien avec un orchestre symphonique dans une ville assiégée.

  8. Pourquoi est-il essentiel, à l'oral du brevet, de replacer précisément une œuvre musicale liée à la guerre dans son contexte historique exact (date, camp, événement) ?

    • A.Parce que seules les dates exactes comptent, sans jamais s'intéresser au contenu musical
    • B.Parce que le contexte historique n'a aucune influence sur le sens d'une œuvre musicale
    • C.Parce que le sens et la portée d'une œuvre dépendent directement du contexte historique précis dans lequel elle a été crééeBonne réponse
    • D.Parce qu'il est interdit de parler d'histoire pendant l'épreuve orale de musique

    Réponse : C — Parce que le sens et la portée d'une œuvre dépendent directement du contexte historique précis dans lequel elle a été créée

    Une même œuvre peut avoir un sens radicalement différent selon son contexte : un chant peut être un instrument de propagande officielle ou, au contraire, un acte de résistance clandestin, selon qui l'écrit, le diffuse et dans quelles circonstances. Relier précisément l'œuvre à son contexte historique est donc indispensable pour en comprendre et en expliquer le sens à l'oral.

  9. Quel compositeur soviétique compose sa Symphonie n°7 « Leningrad » pendant le siège de la ville par l'armée allemande ?

    • A.Maurice Ravel, auteur du Boléro
    • B.Dimitri ChostakovitchBonne réponse
    • C.Anna Marly, compositrice de chansons
    • D.Igor Stravinsky, compositeur russe

    Réponse : B — Dimitri Chostakovitch

    Dimitri Chostakovitch compose sa Symphonie n°7 « Leningrad » en 1942, pendant le siège de la ville par l'armée allemande, œuvre créée sur place par des musiciens affaiblis par la famine.

  10. Dans quel camp de concentration plusieurs compositeurs juifs déportés (Viktor Ullmann, Hans Krása) continuent-ils à créer des œuvres, malgré des conditions extrêmes ?

    • A.TerezínBonne réponse
    • B.Auschwitz uniquement
    • C.Un camp imaginaire, cela n'a jamais existé
    • D.Un camp situé en France

    Réponse : A — Terezín

    Au camp de Terezín, en actuelle République tchèque, plusieurs compositeurs juifs déportés continuent à composer, avant d'être pour la plupart déportés et assassinés à Auschwitz. Ce n'est ni une fiction, ni un camp situé en France.

  11. Quelle est la principale différence entre un chant patriotique officiel de 1914 et la Chanson de Craonne ?

    • A.Aucune différence : les deux racontent la vie des soldats sur le même ton
    • B.Le chant patriotique officiel a été interdit par la censure, contrairement à la Chanson de Craonne
    • C.La Chanson de Craonne a été écrite par le gouvernement français pour motiver les troupes
    • D.Le chant patriotique officiel glorifie la guerre, tandis que la Chanson de Craonne, née parmi les soldats, dénonce son absurditéBonne réponse

    Réponse : D — Le chant patriotique officiel glorifie la guerre, tandis que la Chanson de Craonne, née parmi les soldats, dénonce son absurdité

    Le chant patriotique officiel, encouragé par l'État, glorifie la guerre et présente le départ des soldats comme une aventure. La Chanson de Craonne, née spontanément dans les tranchées, dénonce au contraire l'absurdité du conflit et la responsabilité des officiers : c'est elle qui a été censurée, pas les chants officiels.

  12. Pourquoi la création de la Symphonie « Leningrad » de Chostakovitch, jouée sur place pendant le siège de la ville, est-elle particulièrement symbolique ?

    • A.Parce qu'elle est composée par un musicien allemand pour célébrer la prise de la ville
    • B.Parce qu'elle est jouée par des musiciens affaiblis par la famine, malgré le siège nazi, comme un acte de résistance et d'espoirBonne réponse
    • C.Parce qu'elle n'a jamais réellement été jouée devant un public pendant le siège
    • D.Parce qu'elle est une œuvre de propagande nazie diffusée en Allemagne

    Réponse : B — Parce qu'elle est jouée par des musiciens affaiblis par la famine, malgré le siège nazi, comme un acte de résistance et d'espoir

    La création de la symphonie sur place, par des musiciens de Leningrad affaiblis par la famine due au siège de la ville par l'armée allemande, en fait un symbole fort de résistance et d'espoir soviétique, largement relayé à l'époque, et non une œuvre de propagande nazie.

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