Athlétisme : améliorer sa performance
Quatrième · EPS · Champs d'apprentissage
Champ d'apprentissage 1
Courir vite, courir loin : les courses
En athlétisme, la performance se mesure : un temps, une distance, une hauteur. C'est ce qui rend ce sport unique — pas d'arbitre à convaincre, juste un chronomètre ou un mètre ruban. Pour progresser, il faut comprendre ce que ton corps fait pendant l'effort et adapter ta technique à l'objectif (aller vite, aller loin, tenir longtemps).
Les trois familles de courses
On distingue trois types de courses selon la distance et la durée de l'effort : les courses de vitesse (sprint, effort maximal et bref), les courses de demi-fond (effort long, il faut gérer son allure) et les relais (course d'équipe, avec transmission d'un témoin).
| Type de course | Distance | Filière énergétique dominante | Qualité recherchée |
|---|---|---|---|
| Vitesse (sprint) | 40 m à 100 m | Anaérobie alactique (sans oxygène, très courte) | Explosivité, fréquence de foulée |
| Demi-fond | 400 m à 1500 m | Aérobie (avec oxygène) et anaérobie lactique | Gestion de l'allure, endurance |
| Relais (ex. 4x100 m) | 4 fois 80 à 100 m | Anaérobie alactique | Vitesse + qualité de transmission |
Champ d'apprentissage 1
Sauter et lancer : sauts et lancers
Sauts et lancers reposent sur le même principe : transformer une vitesse horizontale (course d'élan) ou une force (poussée du corps) en performance mesurable. Chaque discipline a sa technique précise, et des règles de sécurité à respecter absolument.
Le saut en longueur
Le saut en longueur se décompose en 4 temps : la course d'élan (accélération progressive pour arriver le plus vite possible sur la planche d'appel), l'appel (impulsion sur un seul pied, jamais les deux), l'envol (le corps reste groupé, les bras aident à l'équilibre) et la réception (jambes tendues vers l'avant puis fléchies, pour ne pas retomber en arrière et perdre des centimètres).
Pourquoi l'appel se fait-il toujours sur un seul pied ? Prendre appel à deux pieds, comme pour un saut en contrebas, stoppe brutalement la vitesse horizontale accumulée pendant la course d'élan : toute cette énergie serait perdue au lieu de se transformer en distance. Un appui unique, bref et puissant, conserve au contraire le déplacement vers l'avant tout en ajoutant une poussée vers le haut. C'est ce qui distingue le saut en longueur d'un simple saut vertical : la performance dépend autant de la vitesse d'élan que de la qualité de cette impulsion sur un seul appui.
Le saut en hauteur : la technique Fosbury
Depuis les Jeux Olympiques de Mexico en 1968, la quasi-totalité des sauteurs en hauteur utilisent le Fosbury Flop : une course d'élan courbe, un appel du pied extérieur à la courbe, puis un passage de la barre dos au sautoir, en cambrant le corps pour faire passer les hanches au-dessus de la barre avant les jambes.
Cette technique doit son efficacité à un principe physique précis : en cambrant fortement le dos au-dessus de la barre, le sauteur fait passer son centre de gravité sous la barre, alors que son corps, lui, passe au-dessus. Dans le ciseau, le corps reste comme assis au-dessus de la barre : le centre de gravité doit monter bien plus haut qu'elle. Le rouleau ventral faisait déjà beaucoup mieux, en enroulant le corps autour de la barre, mais le Fosbury Flop reste la seule technique où le centre de gravité peut passer sous la barre. C'est ce qui explique son adoption, avec une autre raison très concrète : il s'apprend plus facilement, et il n'est réceptionnable sans danger que depuis l'arrivée des tapis en mousse, qui ont remplacé les fosses de sable dans les années 1960.
Les lancers : poids et vortex
Au lancer de poids, l'énergie est produite par une translation (un déplacement dans le cercle) puis une extension complète du corps (jambes, tronc, bras dans cet ordre) au moment du lâcher. Règle de sécurité essentielle : le pied ne doit jamais franchir la butée avant que l'engin ait touché le sol, et personne ne doit se trouver dans la zone de lancer (aire de sécurité en éventail devant le cercle).
Cet ordre jambes puis tronc puis bras n'est pas qu'une habitude : chaque segment du corps, plus petit et plus rapide que le précédent, ajoute sa propre vitesse à celle transmise par le segment qui le précède, comme les maillons d'un fouet. Lancer uniquement avec le bras, en sautant cette chaîne, prive le geste de la majeure partie de sa puissance. Le vortex, souvent utilisé au collège à la place du poids, se lance selon une technique différente, proche du javelot : cet engin plus léger et allongé est propulsé par-dessus l'épaule plutôt que poussé depuis l'épaule, ce qui limite les risques pour de jeunes lanceurs tout en travaillant le même principe de transmission d'énergie du corps vers l'engin.
| Discipline | Geste clé | Ce qu'on mesure |
|---|---|---|
| Saut en longueur | Appel sur un pied + envol groupé | Distance depuis la planche d'appel |
| Saut en hauteur | Passage dos au sautoir (Fosbury) | Hauteur de la barre franchie |
| Lancer de poids | Translation + extension complète du corps | Distance depuis le cercle de lancer |
Exercices corrigés
Quelles sont les trois grandes familles d'épreuves en athlétisme ?
- A.Courses, sauts et lancersBonne réponse
- B.Sprint, marathon et natation
- C.Vitesse, force et souplesse
- D.Individuel, duo et équipe
Réponse : A — Courses, sauts et lancers
L'athlétisme regroupe traditionnellement les courses (vitesse, demi-fond, relais, haies), les sauts (longueur, hauteur, perche, triple saut) et les lancers (poids, disque, javelot, marteau). Les autres propositions mélangent des notions d'autres sports ou des qualités physiques, mais ne décrivent pas les familles d'épreuves.
Que signifie l'abréviation VMA ?
- A.Vitesse Moyenne en Athlétisme
- B.Vitesse Maximale AérobieBonne réponse
- C.Vitesse Maximale Absolue
- D.Vitesse Musculaire Adaptée
Réponse : B — Vitesse Maximale Aérobie
VMA = Vitesse Maximale Aérobie : c'est la vitesse la plus élevée que l'on peut atteindre en utilisant uniquement la filière aérobie (l'oxygène comme source d'énergie). « Vitesse Maximale Absolue » est un piège : au-delà de la VMA, on peut encore accélérer, mais en anaérobie, sur un temps très court.
Un élève court 800 m en 3 min 20 s. Quelle est sa vitesse moyenne ?
- A.2 m/s
- B.8 m/s
- C.4 m/sBonne réponse
- D.40 m/s
Réponse : C — 4 m/s
On convertit d'abord le temps en secondes : 3 min 20 s = 3 × 60 + 20 = 200 s. Vitesse moyenne = distance ÷ temps = 800 ÷ 200 = 4 m/s. Répondre 8 m/s revient à diviser 800 par 100 par erreur ; répondre 40 m/s revient à ne pas convertir les minutes en secondes.
Un élève réalise un test demi-Cooper (courir le plus loin possible en 6 minutes) et parcourt 1440 m. Quelle est sa vitesse moyenne, utile pour estimer sa VMA ?
- A.14,4 km/hBonne réponse
- B.12 km/h
- C.24 km/h
- D.6 km/h
Réponse : A — 14,4 km/h
6 minutes = 360 secondes. Vitesse = 1440 ÷ 360 = 4 m/s. Pour convertir en km/h : 4 × 3,6 = 14,4 km/h. C'est cette vitesse moyenne, mesurée sur un effort proche du maximum aérobie, qui sert à estimer la VMA de l'élève et à définir ses allures d'entraînement.
Que se passe-t-il si un sauteur en longueur mord la planche d'appel ?
- A.Rien, la performance est validée normalement
- B.Il reçoit une pénalité de 1 mètre sur sa marque
- C.Il doit recommencer immédiatement son élan
- D.Le saut est annulé (nul), même s'il est très longBonne réponse
Réponse : D — Le saut est annulé (nul), même s'il est très long
Mordre la planche signifie dépasser la ligne d'appel avec le pied au moment de l'impulsion. Dans ce cas, le saut est déclaré « nul », quelle que soit la distance réalisée : c'est pour cette raison que les athlètes règlent précisément leur course d'élan, afin d'appeler juste avant la ligne sans la dépasser.
Un athlète parcourt 1200 m en 4 minutes. Quelle est sa vitesse moyenne en km/h ?
- A.18 km/hBonne réponse
- B.5 km/h
- C.12 km/h
- D.3 km/h
Réponse : A — 18 km/h
4 minutes = 240 secondes. Vitesse = distance ÷ temps = 1200 ÷ 240 = 5 m/s. Pour convertir en km/h, on multiplie par 3,6 : 5 × 3,6 = 18 km/h. Répondre 12 km/h reviendrait à multiplier par 2,4 au lieu de 3,6 ; répondre 5 km/h confond m/s et km/h sans faire la conversion.
Pourquoi dit-on que le saut en longueur et le lancer de poids reposent tous les deux sur une « transformation d'énergie » ?
- A.Parce qu'il faut manger avant l'épreuve pour avoir de l'énergie
- B.Parce que ce sont les deux seules épreuves qui utilisent un chronomètre
- C.Ce n'est pas vrai, les deux épreuves n'ont aucun point commun
- D.Parce que la vitesse de l'élan ou la force du corps est transformée en distance mesuréeBonne réponse
Réponse : D — Parce que la vitesse de l'élan ou la force du corps est transformée en distance mesurée
Au saut en longueur, la vitesse de la course d'élan est transformée en distance grâce à un appel puissant et bref. Au lancer de poids, la force produite par la chaîne jambes-tronc-bras est transformée en vitesse de l'engin au moment du lâcher, donc en distance. Dans les deux cas, une qualité physique (vitesse ou force) est « convertie » en performance mesurable grâce à une technique précise — c'est le principe central de l'athlétisme.
Au saut en longueur, sur combien de pieds réalise-t-on l'appel ?
- A.Deux pieds en même temps
- B.Peu importe, c'est au choix
- C.Un seul piedBonne réponse
- D.Sur les deux pieds, l'un juste après l'autre
Réponse : C — Un seul pied
L'appel au saut en longueur se fait toujours sur UN seul pied : c'est ce qui permet de transformer la vitesse de la course d'élan en une impulsion puissante vers le haut et l'avant. Sauter à pieds joints (comme au saut en contrebas) casse complètement la vitesse horizontale et réduit énormément la distance.
Dans une course de relais, que se transmettent les coureurs ?
- A.Le dossard
- B.Le chronomètre
- C.Une consigne à l'oral uniquement
- D.Le témoinBonne réponse
Réponse : D — Le témoin
En relais, chaque coureur transmet le témoin (un petit tube) à son coéquipier dans une zone de transmission précise. Le dossard reste fixé au coureur, le chronomètre est externe, et la transmission ne se fait jamais uniquement à l'oral : il faut un contact physique du témoin entre les deux mains.
Quelle technique de saut en hauteur utilisent la quasi-totalité des athlètes depuis les Jeux Olympiques de 1968 ?
- A.Le Fosbury FlopBonne réponse
- B.Le ciseau
- C.Le rouleau ventral
- D.Le saut costal
Réponse : A — Le Fosbury Flop
Le Fosbury Flop, popularisé par l'Américain Dick Fosbury aux JO de Mexico 1968, consiste à franchir la barre dos au sautoir en cambrant le corps. Le ciseau et le rouleau ventral sont d'anciennes techniques, aujourd'hui quasiment abandonnées en compétition car moins performantes.
Quelle filière énergétique domine sur un sprint de 100 m ?
- A.Aérobie (avec beaucoup d'oxygène)
- B.Anaérobie alactique (effort bref et maximal)Bonne réponse
- C.Anaérobie lactique uniquement
- D.Un mélange équilibré des trois filières énergétiques
Réponse : B — Anaérobie alactique (effort bref et maximal)
Sur un effort très bref et maximal comme un 100 m (environ 10 à 13 secondes), le corps utilise la filière anaérobie ALACTIQUE : l'énergie est puisée directement dans les réserves musculaires, sans avoir le temps de faire appel à l'oxygène. La filière aérobie domine plutôt sur les efforts longs comme le demi-fond.
En course de demi-fond, quelle est la meilleure stratégie de gestion de l'effort ?
- A.Partir le plus vite possible dès le départ, quitte à ralentir énormément à la fin
- B.Marcher la première moitié pour économiser ses forces
- C.Courir en sprintant sur toute la distance
- D.Répartir son effort de façon régulière, voire accélérer sur la finBonne réponse
Réponse : D — Répartir son effort de façon régulière, voire accélérer sur la fin
En demi-fond, partir trop vite épuise les réserves énergétiques et provoque une chute brutale de vitesse (on « explose »). La bonne stratégie consiste à répartir son effort régulièrement sur toute la distance, en gardant si possible une petite marge pour accélérer sur la fin (courir « en négatif »).
S'entraîner sur ce chapitre
Ce chapitre compte 35 exercices corrigés dans l'application, avec le suivi de ta progression.
Commencer les exercices