La question de grammaire
Première · Français · Épreuve orale de l'EAF
Méthode EAF
Ce qu'est la question de grammaire à l'oral
Juste après ton explication linéaire, l'examinateur te pose une question de grammaire portant sur une phrase ou un court passage du texte que tu viens d'expliquer. Cette question mobilise le programme de grammaire du lycée (2nde et 1ère) : elle peut donc porter sur n'importe quelle notion vue les deux années, pas seulement celles de l'année en cours.
Les grandes notions à maîtriser
Le programme de grammaire du lycée regroupe plusieurs grandes familles de notions, toutes réutilisables sur n'importe quel texte : la phrase complexe (subordination, coordination, juxtaposition), l'expression logique (cause, conséquence, but, condition, hypothèse, comparaison, opposition), le discours rapporté, les valeurs des temps et des modes, ainsi que l'analyse des classes et fonctions grammaticales (nature d'un mot, fonction dans la phrase).
| Type de lien | Marque typique | Exemple |
|---|---|---|
| Juxtaposition | Virgule, point-virgule, deux-points | Il pleuvait, elle sortit quand même. |
| Coordination | Conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) | Il pleuvait, mais elle sortit quand même. |
| Subordination | Mot subordonnant (que, quand, parce que, qui…) | Elle sortit quand même parce qu'elle était pressée. |
Le discours rapporté
Un texte peut rapporter les paroles ou les pensées d'un personnage de trois façons : le discours direct (paroles reproduites telles quelles, entre guillemets ou après un tiret), le discours indirect (paroles intégrées dans une subordonnée, avec changement de pronoms et de temps), et le discours indirect libre (paroles fondues dans la narration, sans marque introductrice ni subordination, mais reconnaissables aux temps et aux marques d'oralité conservées).
Méthode EAF
Méthode pas à pas : répondre à la question de grammaire
Répondre à une question de grammaire, c'est appliquer une méthode rigoureuse en quelques étapes claires, pas réciter une leçon générale. Voici comment procéder, quelle que soit la notion interrogée.
Les valeurs des temps et des modes
Un même temps peut avoir plusieurs valeurs selon le contexte. L'imparfait, par exemple, peut exprimer une action qui dure ou se répète dans le passé (valeur descriptive ou itérative), ou bien, dans certains récits, créer un effet de premier plan proche du passé simple. Le conditionnel peut exprimer une hypothèse, une action future vue depuis le passé, ou une simple politesse. Le subjonctif exprime le doute, la volonté, le sentiment ou l'incertitude dans une subordonnée.
L'expression de la cause, de la conséquence et du but
Ces relations logiques peuvent s'exprimer par une subordonnée (parce que, puisque, comme pour la cause ; si bien que, de sorte que pour la conséquence ; pour que, afin que pour le but), par une conjonction de coordination (car pour la cause, donc pour la conséquence), ou par un groupe nominal prépositionnel (à cause de, grâce à, en vue de). Savoir repérer le connecteur permet de nommer précisément la relation exprimée.
| Relation logique | Connecteurs typiques |
|---|---|
| Cause | parce que, puisque, comme, car, à cause de, grâce à |
| Conséquence | si bien que, de sorte que, donc, si… que |
| But | pour que, afin que, de peur que |
| Condition / hypothèse | si, à condition que, pourvu que, au cas où |
Exercices corrigés
Qu'est-ce qu'une phrase complexe ?
- A.Une phrase très longue, comportant de nombreux mots et adjectifs qualificatifs
- B.Une phrase qui contient plusieurs propositions, chacune organisée autour d'un verbe conjuguéBonne réponse
- C.Une phrase sans aucun verbe conjugué, uniquement construite autour d'un infinitif
- D.Une phrase contenant uniquement des noms propres, sans aucun autre type de mot
Réponse : B — Une phrase qui contient plusieurs propositions, chacune organisée autour d'un verbe conjugué
Une phrase complexe se définit par le nombre de propositions qu'elle contient, chacune organisée autour d'un verbe conjugué (hors infinitifs, participes, gérondifs), et non par sa longueur en mots.
Le programme de grammaire mobilisé à l'oral de l'EAF couvre...
- A.Les notions vues en Seconde et en PremièreBonne réponse
- B.Uniquement les notions vues en Seconde
- C.Uniquement les notions vues en Première
- D.Aucune notion précise, la question est toujours libre
Réponse : A — Les notions vues en Seconde et en Première
La question de grammaire à l'oral peut porter sur l'ensemble du programme de grammaire du lycée, qui s'étale sur les deux années (Seconde et Première) : il faut donc réviser les notions des deux années, pas seulement les plus récentes.
Quelle valeur peut prendre l'imparfait dans un récit, en plus de sa valeur descriptive habituelle ?
- A.Une valeur de futur proche, comme lorsqu'on annonce une action sur le point de se réaliser
- B.Un effet de premier plan, proche de celui du passé simple, dans certains contextes narratifsBonne réponse
- C.Il n'a jamais d'autre valeur que la description, quel que soit le contexte narratif employé
- D.Une valeur d'impératif, pour donner un ordre direct ou exprimer une consigne précise
Réponse : B — Un effet de premier plan, proche de celui du passé simple, dans certains contextes narratifs
Si l'imparfait exprime le plus souvent une action qui dure ou se répète dans le passé (valeur descriptive ou itérative), il peut aussi, dans certains récits, créer un effet de premier plan qui rapproche son emploi de celui du passé simple, notamment pour souligner la soudaineté d'une action.
Un élève identifie « mais » comme un mot subordonnant. Pourquoi cette réponse est-elle fausse ?
- A.Parce que « mais » ne peut jamais relier deux propositions, contrairement à ce que pense l'élève qui le classe ainsi
- B.Parce que « mais » est en réalité un adverbe et non une conjonction, au même titre que « cependant » ou « toutefois »
- C.Parce que « mais » est une conjonction de coordination qui relie deux propositions indépendantes, non une conjonction de subordinationBonne réponse
- D.La réponse de l'élève est correcte : « mais » relie bien une principale à une subordonnée circonstancielle
Réponse : C — Parce que « mais » est une conjonction de coordination qui relie deux propositions indépendantes, non une conjonction de subordination
« Mais » fait partie des conjonctions de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car), qui relient des propositions indépendantes de sens complet. Confondre coordination et subordination est l'une des erreurs les plus fréquentes à l'oral.
Dans la phrase « À cause de la pluie, le match fut annulé », quelle relation logique est exprimée, et par quel moyen grammatical ?
- A.Une conséquence, exprimée par une subordonnée conjonctive
- B.Une condition, exprimée par le mode subjonctif
- C.Un but, exprimé par une conjonction de coordination
- D.Une cause, exprimée par un groupe nominal prépositionnel (« à cause de »)Bonne réponse
Réponse : D — Une cause, exprimée par un groupe nominal prépositionnel (« à cause de »)
« À cause de » introduit un groupe nominal prépositionnel qui exprime la cause, sans passer par une subordonnée avec un verbe conjugué (contrairement à « parce que la pluie tombait »). Il faut savoir reconnaître qu'une relation logique peut s'exprimer par d'autres moyens qu'une proposition subordonnée.
Pourquoi la maîtrise des valeurs des temps et des modes est-elle particulièrement utile pour analyser le discours rapporté ?
- A.Elle n'a aucun lien avec le discours rapporté, qui ne dépend en réalité que du choix des guillemets et de la ponctuation utilisée à l'écrit
- B.Parce que seul le discours direct utilise réellement des temps verbaux, le discours indirect se contentant de résumer les paroles sans les conjuguer
- C.Parce que le discours rapporté n'utilise jamais de verbes conjugués, seulement des infinitifs placés juste après le verbe qui l'introduit à l'oral
- D.Parce que le passage du discours direct à l'indirect s'accompagne systématiquement d'une transformation des temps (par exemple le futur devient conditionnel après un verbe introducteur au passé)Bonne réponse
Réponse : D — Parce que le passage du discours direct à l'indirect s'accompagne systématiquement d'une transformation des temps (par exemple le futur devient conditionnel après un verbe introducteur au passé)
Le passage au discours indirect impose une concordance des temps : un futur devient un conditionnel présent, un présent devient un imparfait, si le verbe introducteur est au passé. Bien connaître les valeurs des temps permet donc de repérer et d'expliquer ces transformations, essentielles pour analyser un passage de discours rapporté.
Sur quoi porte la question de grammaire posée par l'examinateur ?
- A.Une phrase ou un passage du texte qui vient d'être expliqué à l'oralBonne réponse
- B.Un texte totalement différent de celui expliqué
- C.Une liste de règles apprises par cœur sans lien avec un texte
- D.La biographie de l'auteur du texte
Réponse : A — Une phrase ou un passage du texte qui vient d'être expliqué à l'oral
La question de grammaire porte toujours sur une phrase ou un court passage tiré du texte que le candidat vient d'expliquer, jamais sur un texte séparé ou une leçon abstraite.
Quelle conjonction relie deux propositions par coordination ?
- A.que
- B.quand
- C.maisBonne réponse
- D.parce que
Réponse : C — mais
« Mais » est une conjonction de coordination (comme « et, ou, donc, or, ni, car »), qui relie deux propositions indépendantes. « Que », « quand » et « parce que » sont des mots subordonnants, qui créent une dépendance entre les propositions.
Que désigne le discours direct ?
- A.Des paroles fondues dans la narration sans guillemets ni verbe introducteur
- B.L'absence totale de paroles rapportées dans un texte
- C.Des paroles résumées en une seule phrase
- D.Des paroles reproduites telles quelles, entre guillemets ou après un tiretBonne réponse
Réponse : D — Des paroles reproduites telles quelles, entre guillemets ou après un tiret
Le discours direct reproduit les paroles d'un personnage telles qu'elles ont été prononcées, généralement signalées par des guillemets ou un tiret, sans transformation des pronoms ni des temps.
Quelle conjonction de subordination introduit une hypothèse ou une condition ?
- A.donc
- B.siBonne réponse
- C.car
- D.mais
Réponse : B — si
« Si » introduit une subordonnée de condition ou d'hypothèse (« Si tu viens, nous partirons »). « Donc » et « car » sont des conjonctions de coordination (conséquence et cause), « mais » exprime une opposition.
Quelle est la différence entre la nature et la fonction d'un mot ?
- A.Il n'y a aucune différence, ce sont deux termes équivalents
- B.La nature est la classe grammaticale du mot (nom, verbe, adjectif…), la fonction est son rôle dans la phrase (sujet, complément…)Bonne réponse
- C.La nature concerne uniquement les verbes, la fonction uniquement les noms
- D.La fonction est toujours identique à la nature pour un même mot
Réponse : B — La nature est la classe grammaticale du mot (nom, verbe, adjectif…), la fonction est son rôle dans la phrase (sujet, complément…)
La nature d'un mot désigne sa classe grammaticale (nom, verbe, adjectif, adverbe, pronom…), tandis que sa fonction décrit son rôle syntaxique dans la phrase (sujet, complément d'objet, épithète, complément circonstanciel…). Un même mot a toujours une nature, mais sa fonction dépend de la phrase où il apparaît.
Dans la phrase « Elle a dit qu'elle viendrait le lendemain », quel type de discours rapporté est employé ?
- A.Discours direct
- B.Discours indirect libre
- C.Discours indirectBonne réponse
- D.Il n'y a pas de discours rapporté
Réponse : C — Discours indirect
Les paroles sont intégrées dans une proposition subordonnée introduite par « que », avec changement de pronom et de temps (le conditionnel « viendrait » remplace le futur employé au moment de la parole d'origine) : c'est le discours indirect.
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