Aller au contenu

Les écosystèmes et les services environnementaux

Première · SVT · Enjeux planétaires contemporains

Enjeux planétaires contemporains

L'écosystème : structure, flux et dynamique

Une forêt, un lac, une prairie : dans chacun de ces milieux, des êtres vivants interagissent entre eux et avec ce qui les entoure. C'est ce couple vivant / milieu physique que les écologues appellent un écosystème. Comprendre son fonctionnement, c'est comprendre pourquoi il produit de la matière, pourquoi il encaisse certaines perturbations… et pourquoi il finit parfois par basculer.

Les interactions dans un écosystème
Les êtres vivants d'un écosystème n'y vivent pas côte à côte en s'ignorant. Ils entretiennent des interactions biotiques, qui peuvent être défavorables (la compétition pour la lumière entre deux arbres, la prédation, le parasitisme) ou favorables (la symbiose mycorhizienne entre un champignon et les racines d'un arbre, la pollinisation par les insectes). S'y ajoutent les interactions abiotiques : le vivant subit le milieu, mais il le modifie aussi. Une forêt crée son propre microclimat, ombragé et humide, et enrichit le sol en matière organique.

Type d'interactionEffet sur les partenairesExemple en forêt tempérée
Compétitiondéfavorable pour les deuxdeux hêtres voisins se disputent la lumière et l'eau du sol
Prédationfavorable au prédateur, défavorable à la proiela chouette hulotte consomme les campagnols
Parasitismefavorable au parasite, défavorable à l'hôtele gui prélève la sève brute de son arbre support
Symbiose (mutualisme)favorable aux deuxles mycorhizes : le champignon fournit eau et ions, l'arbre fournit du glucose

Flux de matière et flux d'énergie
Toute l'énergie qui circule dans un écosystème vient du Soleil. Les producteurs primaires (végétaux chlorophylliens, algues) convertissent une petite fraction de l'énergie lumineuse en matière organique par la photosynthèse : c'est la production primaire. Cette matière organique est ensuite consommée par les consommateurs (herbivores, puis carnivores), puis recyclée par les décomposeurs (bactéries, champignons, vers de terre) qui la reminéralisent en ions et en CO2 réutilisables par les végétaux.

Attention à ne pas mélanger les deux : la matière circule en boucle grâce aux décomposeurs, tandis que l'énergie traverse l'écosystème en un seul sens et se dissipe sous forme de chaleur à chaque niveau.

Perturbations, résilience et dynamique
Un écosystème n'est jamais figé : il subit des perturbations, naturelles (tempête, incendie, sécheresse, maladie) ou d'origine humaine (coupe rase, pollution, urbanisation). On les décrit par leur intensité et leur fréquence. Si la perturbation reste modérée, l'écosystème retrouve peu à peu un état proche de l'état initial : c'est la résilience. Si elle est trop intense ou trop répétée, le retour devient impossible et l'écosystème bascule vers un nouvel état stable, souvent plus pauvre en espèces.

Enjeux planétaires contemporains

Services écosystémiques et gestion durable

Les écosystèmes ne se contentent pas d'exister : ils rendent à l'humanité une multitude de services, gratuits et le plus souvent invisibles tant qu'ils fonctionnent. Le bois d'une forêt se voit ; l'épuration de l'eau par son sol, beaucoup moins. Évaluer ces services, c'est se donner les moyens d'arbitrer entre exploitation et préservation.

CatégorieExemple en forêtCe qui se passe si l'écosystème disparaît
Approvisionnementbois d'œuvre, bois-énergie, champignons, gibieril faut importer ou produire ailleurs, à un coût économique et écologique
Régulationstockage du carbone dans le bois et le sol, filtration de l'eau, maintien des sols sur les penteshausse du CO2 atmosphérique, eau à traiter en usine, érosion et glissements de terrain
Culturelrandonnée, chasse, paysage, recherche scientifiqueperte de qualité de vie et de revenus touristiques

De la forêt naturelle à l'agrosystème
Un agrosystème (champ cultivé, plantation forestière, élevage) est un écosystème modifié et piloté par l'être humain dans un objectif de production. Il s'en distingue par trois traits majeurs : une biodiversité fortement réduite (souvent une seule espèce, parfois un seul génotype), une exportation de biomasse par la récolte — qui empêche le recyclage complet de la matière — et donc la nécessité d'intrants (engrais, eau d'irrigation, produits phytosanitaires) pour compenser ces pertes.

Gérer durablement une forêt

La gestion durable cherche à concilier les trois piliers : viable économiquement, vivable écologiquement, équitable socialement. En pratique, elle repose sur des choix concrets : ne prélever que l'accroissement annuel du peuplement, favoriser des peuplements mélangés et d'âges variés, conserver du bois mort et des arbres âgés (indispensables à des milliers d'espèces d'insectes, de champignons et d'oiseaux cavernicoles), limiter le tassement des sols par les engins, et préserver les zones humides et les lisières.

Exercices corrigés

  1. Qu'appelle-t-on un écosystème ?

    • A.L'ensemble formé par une biocénose et son biotope, en interactionBonne réponse
    • B.L'ensemble des animaux vivant dans un milieu donné
    • C.L'ensemble des conditions physico-chimiques d'un milieu
    • D.L'ensemble des espèces végétales d'une région

    Réponse : A — L'ensemble formé par une biocénose et son biotope, en interaction

    Un écosystème, ce sont les êtres vivants (la biocénose) ET le milieu physique (le biotope), inséparables car en interaction permanente. L'option 2 ne décrit qu'une partie de la biocénose (les animaux, en oubliant végétaux, champignons et micro-organismes) ; l'option 3 définit le biotope seul ; l'option 4 est une flore, pas un écosystème. Retiens la formule : écosystème = biocénose + biotope + interactions.

  2. Parmi ces services rendus par une forêt, lequel est un service de régulation ?

    • A.Le stockage du carbone dans le bois et le solBonne réponse
    • B.La récolte du bois de chauffage
    • C.La cueillette des champignons
    • D.La randonnée sur les sentiers balisés

    Réponse : A — Le stockage du carbone dans le bois et le sol

    Le stockage du carbone agit sur un grand équilibre planétaire (le cycle du carbone et donc le climat) : c'est typiquement un service de régulation. Le bois de chauffage et les champignons sont des biens prélevés, donc des services d'approvisionnement. La randonnée relève des services culturels, immatériels. La question à se poser : est-ce que je prélève quelque chose (approvisionnement), est-ce qu'un équilibre est maintenu (régulation), ou est-ce un bénéfice non matériel (culturel) ?

  3. Une prairie a une production primaire brute de 12 000 kJ/m²/an et la respiration des végétaux consomme 4 000 kJ/m²/an. Quelle est la production primaire nette ?

    • A.16 000 kJ/m²/an
    • B.3 000 kJ/m²/an
    • C.8 000 kJ/m²/anBonne réponse
    • D.4 000 kJ/m²/an

    Réponse : C — 8 000 kJ/m²/an

    La production primaire nette est ce qu'il reste de la production brute après la respiration des producteurs eux-mêmes : PPN = PPB − respiration = 12 000 − 4 000 = 8 000 kJ/m²/an. Additionner (16 000) reviendrait à compter la respiration comme une production, ce qui est l'inverse. Diviser (3 000) n'a aucun sens ici. Seule cette PPN de 8 000 kJ/m²/an est disponible pour les herbivores.

  4. Après une coupe rase, on observe successivement des herbacées, puis des ronces et genêts, puis des bouleaux, enfin des hêtres. Comment nomme-t-on ce phénomène ?

    • A.Une eutrophisation
    • B.Une succession écologiqueBonne réponse
    • C.Une sélection naturelle
    • D.Une symbiose progressive

    Réponse : B — Une succession écologique

    Le remplacement ordonné de communautés au cours du temps après une perturbation s'appelle une succession écologique. Chaque stade modifie le milieu (ombre, humidité, sol) et rend possible l'installation du suivant, jusqu'au stade climacique. L'eutrophisation concerne l'enrichissement d'un milieu aquatique en nutriments ; la sélection naturelle agit sur les allèles au sein d'une population, pas sur la succession de communautés.

  5. Laquelle de ces pratiques favorise le plus la biodiversité d'une forêt exploitée ?

    • A.Planter une seule essence à croissance rapide sur toute la parcelle
    • B.Retirer systématiquement tout le bois mort au sol pour assainir le peuplement
    • C.Maintenir un peuplement mélangé, d'âges variés, en conservant du bois mort et des arbres âgésBonne réponse
    • D.Pratiquer des coupes rases fréquentes pour rajeunir en permanence le peuplement

    Réponse : C — Maintenir un peuplement mélangé, d'âges variés, en conservant du bois mort et des arbres âgés

    La diversité des essences et des âges multiplie les habitats disponibles ; le bois mort et les vieux arbres à cavités hébergent des milliers d'espèces d'insectes saproxyliques, de champignons et d'oiseaux cavernicoles. Une monoculture clonale (option 1) est pauvre et fragile face à un parasite. Retirer le bois mort (option 2) supprime une ressource essentielle, et les coupes rases répétées (option 4) ramènent sans cesse l'écosystème au stade pionnier.

  6. Deux forêts subissent la même tempête. La forêt A retrouve un fonctionnement comparable en 30 ans ; la forêt B reste durablement à l'état de landes. Que peut-on en conclure ?

    • A.La forêt A est plus résiliente que la forêt BBonne réponse
    • B.La forêt B est plus résistante que la forêt A
    • C.La forêt A a une productivité primaire plus faible
    • D.La forêt B a une plus grande richesse spécifique

    Réponse : A — La forêt A est plus résiliente que la forêt B

    La résilience se mesure à la capacité de retour à l'état antérieur après la perturbation : la forêt A revient, la forêt B a franchi un seuil et a basculé vers un autre état stable. Elle est donc moins résiliente, et non plus résistante — la résistance se jugerait pendant la tempête, pas après. Rien dans l'énoncé ne renseigne sur la productivité ni sur la richesse spécifique ; une lande est d'ailleurs en général plus pauvre en espèces qu'une forêt mature.

  7. La production primaire nette d'un écosystème est de 20 000 kJ/m²/an. En appliquant un rendement de transfert de 10 % par niveau trophique, quelle énergie parvient approximativement aux carnivores de deuxième ordre (troisième maillon après les producteurs) ?

    • A.2 000 kJ/m²/an
    • B.200 kJ/m²/an
    • C.6 666 kJ/m²/an
    • D.20 kJ/m²/anBonne réponse

    Réponse : D — 20 kJ/m²/an

    On applique trois fois le rendement de 10 %. Herbivores : 20 000 × 0,10 = 2 000. Carnivores de premier ordre : 2 000 × 0,10 = 200. Carnivores de deuxième ordre : 200 × 0,10 = 20 kJ/m²/an. Répondre 2 000 ou 200, c'est s'arrêter à un ou deux transferts au lieu de trois : compte bien les maillons ! Ce calcul explique pourquoi les super-prédateurs sont si peu nombreux et si vulnérables.

  8. Un écosystème perturbé chaque année par un incendie de faible intensité ne redevient jamais une forêt mature. Quelle est l'explication la plus juste ?

    • A.La fréquence élevée des perturbations empêche la succession écologique d'aller au-delà des stades pionniersBonne réponse
    • B.L'intensité de chaque incendie est suffisante à elle seule pour détruire définitivement le sol
    • C.Les incendies détruisent la totalité des graines présentes dans le sol
    • D.Les végétaux perdent leur capacité de photosynthèse après un incendie

    Réponse : A — La fréquence élevée des perturbations empêche la succession écologique d'aller au-delà des stades pionniers

    Une perturbation se caractérise par son intensité ET sa fréquence. Ici chaque incendie est faible, donc l'intensité n'est pas le facteur limitant : c'est la répétition annuelle qui remet sans cesse le compteur à zéro. La succession n'a jamais le temps d'atteindre les stades arbustif puis arboré, qui demandent des décennies. On reste bloqué sur des communautés pionnières, capables de se réinstaller vite. Le raisonnement est le même pour un pâturage intensif ou des coupes trop rapprochées.

  9. Quelle est la source d'énergie qui alimente la quasi-totalité des écosystèmes terrestres ?

    • A.La chaleur interne de la Terre
    • B.La matière organique du sol
    • C.Le rayonnement solaireBonne réponse
    • D.Les ions minéraux dissous dans l'eau

    Réponse : C — Le rayonnement solaire

    Ce sont les producteurs primaires qui font entrer l'énergie dans l'écosystème, en convertissant l'énergie lumineuse du Soleil en matière organique par photosynthèse. La chaleur interne de la Terre n'alimente que des écosystèmes très particuliers (sources hydrothermales profondes). La matière organique du sol et les ions minéraux ne sont pas des sources d'énergie pour les végétaux : les ions sont des matières premières, pas un carburant.

  10. Quel est le rôle des décomposeurs dans un écosystème ?

    • A.Produire de la matière organique à partir de lumière
    • B.Transformer la matière organique morte en matière minérale réutilisableBonne réponse
    • C.Consommer les producteurs primaires vivants
    • D.Créer de l'énergie nouvelle pour les végétaux

    Réponse : B — Transformer la matière organique morte en matière minérale réutilisable

    Les décomposeurs (bactéries, champignons, vers de terre) minéralisent la litière et les cadavres : ils libèrent des ions et du CO2 que les producteurs primaires peuvent réutiliser. C'est ce qui ferme la boucle de la matière. L'option 1 décrit les producteurs primaires, l'option 3 les herbivores. Quant à l'option 4, aucun être vivant ne crée d'énergie : l'énergie se transfère et se dissipe, elle ne se fabrique pas.

  11. L'association entre les racines d'un chêne et un champignon mycorhizien, où le champignon fournit eau et ions minéraux et reçoit du glucose, est un exemple de :

    • A.parasitisme
    • B.compétition
    • C.prédation
    • D.symbiose (mutualisme)Bonne réponse

    Réponse : D — symbiose (mutualisme)

    Les deux partenaires tirent un bénéfice de l'association : c'est la définition du mutualisme, ici sous forme de symbiose. Dans le parasitisme, un seul partenaire est gagnant et l'autre est lésé (le gui sur son arbre). La compétition défavorise les deux protagonistes, et la prédation suppose qu'un organisme en tue un autre pour le consommer.

  12. Qu'est-ce que la résilience d'un écosystème ?

    • A.Sa capacité à ne subir aucune modification lors d'une perturbation
    • B.Sa capacité à revenir vers son état de fonctionnement antérieur après une perturbationBonne réponse
    • C.Le nombre total d'espèces qu'il abrite
    • D.Sa capacité à produire un maximum de biomasse par hectare

    Réponse : B — Sa capacité à revenir vers son état de fonctionnement antérieur après une perturbation

    La résilience, c'est la capacité de retour après le choc. À ne pas confondre avec la résistance (option 1), qui est la capacité à encaisser sans changer. L'option 3 décrit la richesse spécifique, une composante de la biodiversité, et l'option 4 la productivité. Un écosystème peut d'ailleurs être peu résistant mais très résilient : une prairie brûlée est dévastée sur le moment, mais reconstituée en quelques années.

S'entraîner sur ce chapitre

Ce chapitre compte 35 exercices corrigés dans l'application, avec le suivi de ta progression.

Commencer les exercices