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L'impact du numérique sur la société

Troisième · Technologie · Les objets techniques, les services et les changements induits dans la société

Les objets techniques et la société

Le numérique transforme les usages et le travail

En quarante ans, le numérique a changé la façon dont on travaille, dont on achète, dont on se déplace et dont on communique. Aucun objet technique n'est neutre : quand une innovation se diffuse largement, elle transforme la société — et cette transformation apporte des progrès réels autant que de nouveaux problèmes. Savoir tenir les deux bouts, c'est exactement ce qu'on te demande en 3e.

Ce que le numérique a changé

DomaineCe que le numérique a apportéNouveaux problèmes posés
TravailTélétravail, automatisation des tâches pénibles ou répétitives, outils collaboratifsMétiers transformés ou supprimés, frontière floue entre travail et vie privée, surveillance des salariés
CommerceAchat en ligne à toute heure, comparaison des prix, accès à une offre mondialeFermeture de commerces de proximité, emballages et livraisons multipliés, achats impulsifs
CommunicationContact instantané, réseaux sociaux, accès immédiat à l'informationDésinformation, cyberharcèlement, économie de l'attention et temps d'écran
Santé et sécuritéTélémédecine, capteurs de suivi, aide au diagnostic, alertes en temps réelConfidentialité des données de santé, dépendance à des systèmes qui peuvent tomber en panne
MobilitéNavigation en temps réel, transports optimisés, véhicules assistésTraçage des déplacements, dépendance au signal satellite

Automatisation : le travail se déplace, il ne disparaît pas

Un système automatisé remplace l'humain dans les tâches répétitives, dangereuses ou d'une précision inaccessible. Les conséquences ne sont ni entièrement bonnes ni entièrement mauvaises : certains postes disparaissent, d'autres apparaissent (maintenance, programmation, supervision, analyse de données), et la plupart sont transformés — l'opérateur pilote et surveille au lieu d'exécuter. Une conséquence importante : ces nouveaux métiers exigent une qualification différente, ce qui pose la question de la formation de ceux dont le poste change.

Les objets techniques et la société

L'empreinte environnementale du numérique et la sobriété

On dit souvent que le numérique est « dématérialisé ». C'est faux : derrière chaque message et chaque vidéo, il y a des métaux extraits, des usines, des câbles, des antennes et des bâtiments climatisés remplis de serveurs. Le numérique représente aujourd'hui de l'ordre de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et cette part augmente.

GesteEffet réelEfficacité
Garder son smartphone 4 ans au lieu de 2L'empreinte de fabrication est répartie sur deux fois plus d'annéesTrès élevée
Acheter un appareil reconditionnéÉvite complètement la fabrication d'un appareil neufTrès élevée
Faire réparer plutôt que remplacerProlonge la durée d'usage pour un impact très faibleÉlevée
Regarder les vidéos en Wi-Fi plutôt qu'en réseau mobileLe réseau mobile consomme davantage d'énergie par donnée transmiseMoyenne
Réduire la résolution vidéo quand on écoute seulementDiminue nettement le volume de données transféréMoyenne
Supprimer quelques anciens courrielsLibère un peu de stockage, sans effet sur la fabricationFaible

La sobriété numérique

La sobriété numérique consiste à réduire l'impact environnemental du numérique en agissant d'abord sur les équipements : moins d'appareils, gardés plus longtemps, réparés, achetés reconditionnés. Elle vise ensuite les usages les plus lourds en données, en particulier la vidéo, qui représente la plus grande part du trafic mondial sur internet. La hiérarchie est la même qu'en écoconception : d'abord la durée de vie du matériel, ensuite la modération des usages.

Exercices corrigés

  1. Qu'est-ce qu'un objet connecté ?

    • A.Un objet relié à une prise électrique
    • B.Un objet fabriqué à partir de matériaux recyclés
    • C.Un objet contenant uniquement des composants mécaniques
    • D.Un objet technique équipé de capteurs et relié à un réseauBonne réponse

    Réponse : D — Un objet technique équipé de capteurs et relié à un réseau

    L'adjectif « connecté » ne désigne pas le branchement électrique mais la liaison au réseau. Un objet connecté acquiert des informations grâce à ses capteurs, les transmet par Wi-Fi, Bluetooth ou réseau mobile, et peut souvent être piloté à distance : montre, thermostat, capteur agricole, compteur d'énergie. Cette capacité soulève une question importante : qui reçoit ces données, et qu'en fait-il ?

  2. Que désigne la sobriété numérique ?

    • A.Utiliser uniquement des appareils de couleur neutre
    • B.Réduire l'impact environnemental du numérique en limitant équipements et usagesBonne réponse
    • C.Supprimer totalement et définitivement l'usage d'internet
    • D.Remplacer chaque année ses appareils par des modèles plus récents

    Réponse : B — Réduire l'impact environnemental du numérique en limitant équipements et usages

    La sobriété numérique ne consiste pas à renoncer au numérique, mais à en réduire l'impact : moins d'appareils, gardés plus longtemps, réparés ou achetés reconditionnés, et une modération sur les usages les plus consommateurs de données comme la vidéo en très haute définition. Renouveler son matériel chaque année est exactement le contraire, puisque c'est la fabrication qui pèse le plus lourd.

  3. Quelle part des émissions mondiales de gaz à effet de serre le numérique représente-t-il approximativement ?

    • A.Moins de 0,1 %
    • B.Environ 40 %
    • C.Environ 25 %
    • D.Environ 4 %Bonne réponse

    Réponse : D — Environ 4 %

    L'ordre de grandeur retenu est de quelques pour cent, autour de 4 % des émissions mondiales, avec une tendance à la hausse liée à la multiplication des équipements et des usages. Ce n'est ni négligeable — c'est comparable à l'aviation civile — ni majoritaire. En technologie, l'important est justement de savoir manier des ordres de grandeur : annoncer 25 % ou 40 % serait une erreur d'un facteur dix.

  4. Pourquoi acheter un appareil reconditionné réduit-il fortement l'impact environnemental ?

    • A.Parce qu'il consomme moins d'électricité qu'un appareil neuf
    • B.Parce qu'il est fabriqué avec des matériaux biodégradables
    • C.Parce qu'il évite la fabrication d'un appareil neuf, l'étape la plus impactanteBonne réponse
    • D.Parce qu'il est livré sans emballage supplémentaire

    Réponse : C — Parce qu'il évite la fabrication d'un appareil neuf, l'étape la plus impactante

    Un appareil reconditionné a déjà été fabriqué : son impact d'extraction et de production est un coût passé, qu'on amortit sur une durée d'usage plus longue au lieu d'en générer un nouveau. Comme la fabrication représente l'essentiel de l'empreinte d'un terminal, ne pas produire un appareil supplémentaire est le levier le plus puissant. À l'usage, en revanche, un reconditionné consomme autant qu'un neuf équivalent : ce n'est pas là que se situe le gain.

  5. Un smartphone en parfait état de marche ne reçoit plus de mises à jour et certaines applications cessent de fonctionner. De quoi s'agit-il ?

    • A.D'une panne matérielle
    • B.D'un défaut de fabrication
    • C.D'une fracture numérique
    • D.D'une obsolescence logicielleBonne réponse

    Réponse : D — D'une obsolescence logicielle

    L'appareil est intact matériellement : c'est l'arrêt du support logiciel qui le rend progressivement inutilisable, faute de compatibilité et de correctifs de sécurité. On parle d'obsolescence logicielle, distincte de l'obsolescence technique (une pièce casse et n'est pas remplaçable) et de l'obsolescence psychologique (la mode pousse au renouvellement). C'est aujourd'hui l'une des principales causes de renouvellement anticipé, d'où l'importance de la durée d'engagement de mise à jour annoncée par le constructeur.

  6. Une personne regarde 2 heures de vidéo en haute définition par jour, soit environ 3 Go par heure. Quel volume de données cela représente-t-il sur une année de 365 jours ?

    • A.219 gigaoctets
    • B.2 190 gigaoctetsBonne réponse
    • C.1 095 gigaoctets
    • D.21 900 gigaoctets

    Réponse : B — 2 190 gigaoctets

    Volume quotidien : 2 heures × 3 Go = 6 Go par jour. Volume annuel : 6 × 365 = 2 190 Go. On convertit ensuite en téraoctets : 2 190/1 000 ≈ 2,2 To. Répondre 1 095 Go, c'est n'avoir compté qu'une heure par jour (3 × 365). Répondre 219 Go, c'est une erreur d'un facteur dix sur le placement de la virgule. Un petit usage quotidien répété 365 fois devient vite un volume considérable : c'est tout l'intérêt de raisonner sur une année.

  7. Un élève sauvegarde 500 photos pesant chacune 4 Mo dans un espace de stockage en ligne. Quel volume occupe-t-il ? (on prend 1 Go = 1 000 Mo)

    • A.0,5 Go
    • B.20 Go
    • C.2 GoBonne réponse
    • D.200 Go

    Réponse : C — 2 Go

    Volume total en mégaoctets : 500 × 4 = 2 000 Mo. Conversion en gigaoctets : 2 000/1 000 = 2 Go. Répondre 20 Go ou 200 Go, c'est se tromper d'un facteur dix ou cent dans la conversion — l'erreur classique. Et attention à l'idée que ce stockage serait « immatériel » : ces 2 Go occupent physiquement des disques dans un centre de données, alimenté et refroidi en permanence.

  8. La fabrication d'un smartphone émet environ 60 kg de CO2e. Que devient l'empreinte de fabrication par année d'usage si on le garde 4 ans au lieu de 2 ?

    • A.Elle reste identique, à 60 kg par an
    • B.Elle est réduite d'un quart, à 45 kg par an
    • C.Elle double, à 120 kg par an
    • D.Elle est divisée par deux, à 15 kg par anBonne réponse

    Réponse : D — Elle est divisée par deux, à 15 kg par an

    Sur 2 ans, la fabrication représente 60/2 = 30 kg de CO2e par année d'usage. Sur 4 ans, elle représente 60/4 = 15 kg par année d'usage : elle est donc bien divisée par deux. Attention au piège de lecture : la quantité totale émise, elle, ne change pas — ce sont toujours les mêmes 60 kg. Ce qui change, c'est le service rendu pour cette même émission. C'est exactement le raisonnement qui fait de l'allongement de la durée d'usage le geste numérique le plus efficace.

  9. Peut-on affirmer que l'achat en ligne est toujours meilleur pour l'environnement que l'achat en magasin ?

    • A.Oui, car il n'y a aucun transport à organiser
    • B.Non : cela dépend du groupage des livraisons et du taux de retoursBonne réponse
    • C.Oui, car les entrepôts ne consomment pas d'énergie
    • D.Non, car l'achat en ligne consomme toujours plus, dans tous les cas

    Réponse : B — Non : cela dépend du groupage des livraisons et du taux de retours

    Le bilan dépend de plusieurs facteurs qui jouent en sens contraires. Côté favorable : une tournée de livraison bien groupée remplace de nombreux trajets individuels en voiture. Côté défavorable : livraison express à l'unité, emballages supplémentaires, et surtout retours de produits, qui doublent le transport et finissent parfois en destruction. Aucune des deux réponses absolues n'est correcte : en technologie, on compare des scénarios précis, on ne tranche pas dans l'abstrait.

  10. Quelle est la différence entre une invention et une innovation ?

    • A.L'invention est une solution technique nouvelle ; l'innovation, c'est sa diffusion dans la sociétéBonne réponse
    • B.L'invention concerne le numérique, l'innovation concerne la mécanique
    • C.L'invention est toujours protégée par un brevet, l'innovation jamais
    • D.Il n'y a aucune différence, ce sont deux synonymes exacts

    Réponse : A — L'invention est une solution technique nouvelle ; l'innovation, c'est sa diffusion dans la société

    Inventer, c'est créer une solution technique qui n'existait pas. Innover, c'est réussir à la faire adopter : il faut qu'elle réponde à un besoin réel, à un prix acceptable et au bon moment. Beaucoup d'inventions n'ont jamais trouvé leur public et ne sont donc pas devenues des innovations. La distinction n'a rien à voir avec le domaine technique, ni avec le dépôt d'un brevet.

  11. Qu'appelle-t-on la fracture numérique ?

    • A.La casse fréquente des écrans de smartphone
    • B.L'écart entre celles et ceux qui accèdent au numérique, et les autresBonne réponse
    • C.La séparation entre matériel et logiciel dans un ordinateur
    • D.La coupure du réseau lors d'un violent orage

    Réponse : B — L'écart entre celles et ceux qui accèdent au numérique, et les autres

    La fracture numérique est une inégalité sociale, pas une panne technique. Elle a trois causes : l'équipement (avoir ou non le matériel), la couverture réseau (certaines zones sont mal desservies) et les compétences, ce qu'on appelle l'illectronisme. Elle devient critique quand des services essentiels — démarches administratives, santé, école — n'existent plus que sous forme numérique : les personnes concernées se retrouvent alors exclues de droits réels.

  12. Pour un smartphone, d'où vient l'essentiel de l'empreinte environnementale ?

    • A.Des recharges quotidiennes de la batterie
    • B.De la consommation de l'écran allumé
    • C.De l'extraction des métaux et de la fabrication de l'appareilBonne réponse
    • D.Du transport depuis l'usine jusqu'au magasin

    Réponse : C — De l'extraction des métaux et de la fabrication de l'appareil

    Un smartphone contient des dizaines de métaux extraits en très faible concentration, et sa fabrication mobilise des procédés extrêmement énergivores. L'usage, lui, ne représente que quelques kWh par an : recharger un téléphone coûte très peu d'énergie comparé à le fabriquer. C'est précisément pour cette raison que le geste le plus efficace est de garder l'appareil plus longtemps, et non d'en acheter un modèle plus économe.

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Ce chapitre compte 35 exercices corrigés dans l'application, avec le suivi de ta progression.

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