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Les sorties de guerre et les fragilités démocratiques

Première · Histoire-Géo · EMC · Histoire — La Première Guerre mondiale et les fragilités des démocraties

Histoire

Refaire la paix : les traités et la nouvelle Europe

L'armistice du 11 novembre 1918 arrête les combats, mais la paix, elle, doit être négociée. Les vainqueurs se réunissent à la conférence de Paris pour redessiner la carte de l'Europe et fixer les conditions imposées aux vaincus. Ce règlement, souvent perçu comme injuste par l'Allemagne, va fragiliser durablement la paix retrouvée.

Les traités de paix (1919-1920)

Le principal traité, signé le 28 juin 1919 dans la galerie des Glaces du château de Versailles, impose ses conditions à l'Allemagne. D'autres traités règlent le sort des autres puissances vaincues : Saint-Germain-en-Laye pour l'Autriche, Trianon pour la Hongrie, Neuilly pour la Bulgarie, Sèvres pour l'Empire ottoman. Ces traités s'appuient en partie sur les quatorze points proposés par le président américain Wilson en janvier 1918.

Le traité de Versailles impose à l'Allemagne des conditions très dures : l'article 231, dit « clause de culpabilité », lui attribue l'entière responsabilité de la guerre et justifie le paiement de lourdes réparations financières. L'Allemagne perd aussi des territoires (l'Alsace-Moselle revient à la France) et ses colonies, et son armée est strictement limitée (100 000 hommes, plus d'aviation ni de chars).

Une nouvelle carte de l'Europe

Les traités provoquent la disparition de quatre empires : l'Empire allemand (qui devient une république), l'Empire austro-hongrois, l'Empire russe (déjà emporté par la révolution de 1917) et l'Empire ottoman. Au nom du principe des nationalités, de nouveaux États apparaissent en Europe centrale et orientale : la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie, les pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie).

Avant 1914Après les traités (1919-1920)
Empire austro-hongroisAutriche, Hongrie, Tchécoslovaquie, une partie de la Yougoslavie et de la Pologne
Empire ottomanTurquie, mandats français et britanniques au Proche-Orient
Empire russeURSS, Pologne, pays baltes, Finlande
Empire allemandRépublique de Weimar, amputée de plusieurs territoires (Alsace-Moselle, couloir de Dantzig...)

Histoire

Une paix fragile : les démocraties menacées dans l'entre-deux-guerres

La paix de 1919-1920 est fragile dès le départ : l'Allemagne vit le traité de Versailles comme une humiliation (le « diktat »), et la nouvelle démocratie allemande peine à s'imposer. Dans toute l'Europe, la sortie de guerre puis la crise économique des années 1930 fragilisent gravement les régimes démocratiques.

L'humiliation allemande et la fragile République de Weimar

En Allemagne, la nouvelle démocratie parlementaire, la République de Weimar, doit assumer le poids des réparations et le sentiment d'humiliation nationale. Elle est attaquée à la fois par l'extrême gauche (spartakistes) et par l'extrême droite nationaliste. En 1923, l'occupation de la Ruhr par la France (pour non-paiement des réparations) provoque une hyperinflation catastrophique qui ruine les classes moyennes allemandes.

La crise de 1929 et ses conséquences

Le krach de Wall Street, en octobre 1929, déclenche une crise économique mondiale d'une ampleur inédite : faillites bancaires, chute de la production industrielle, effondrement du commerce international. Les pays répondent souvent par le protectionnisme (hausse des droits de douane), ce qui aggrave encore la crise. Le chômage de masse qui en résulte fragilise profondément la confiance des populations dans les gouvernements démocratiques, jugés incapables de répondre à la crise.

La montée des périls et les fragilités des démocraties

Dans ce contexte de crise, les régimes autoritaires progressent. En Italie, Mussolini et les fascistes prennent le pouvoir dès 1922 (marche sur Rome). En France, la démocratie parlementaire, pourtant plus ancienne et plus solide, connaît elle aussi une crise de confiance : le 6 février 1934, des manifestations de ligues d'extrême droite dégénèrent en émeute à Paris, révélant l'instabilité politique du moment et la peur d'un basculement antidémocratique.

Exercices corrigés

  1. À quelle date le traité de Versailles est-il signé ?

    • A.11 novembre 1918
    • B.8 mai 1919
    • C.28 juin 1919Bonne réponse
    • D.20 janvier 1920

    Réponse : C — 28 juin 1919

    Le traité de Versailles est signé le 28 juin 1919, plus de six mois après l'armistice du 11 novembre 1918, qui n'avait fait qu'arrêter les combats. Le 8 mai est la date de l'armistice de 1945 (Seconde Guerre mondiale) et n'a rien à voir avec ce traité. La SDN entre en fonction en janvier 1920, une autre date à ne pas confondre.

  2. Quel président américain propose, en janvier 1918, quatorze points pour fonder une paix durable ?

    • A.Franklin Roosevelt
    • B.Theodore Roosevelt
    • C.Warren Harding
    • D.Woodrow WilsonBonne réponse

    Réponse : D — Woodrow Wilson

    C'est le président Woodrow Wilson qui propose, en janvier 1918, ses quatorze points, dont le principe des nationalités et la création d'une organisation internationale de sécurité collective (qui deviendra la SDN). Franklin Roosevelt est président bien plus tard, dans les années 1930-1940. Theodore Roosevelt et Warren Harding ne sont pas les auteurs des quatorze points.

  3. Quel principe, mis en avant par Wilson, inspire la création de nouveaux États en Europe centrale après 1918 ?

    • A.Le principe des nationalitésBonne réponse
    • B.Le principe de non-intervention
    • C.Le principe de neutralité
    • D.Le principe de la table rase

    Réponse : A — Le principe des nationalités

    Le principe des nationalités affirme le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et à former leur propre État : c'est ce principe, porté par Wilson, qui inspire la création de nouveaux États comme la Pologne, la Tchécoslovaquie ou la Yougoslavie. Les autres notions proposées ne correspondent pas à un principe utilisé dans la refonte territoriale de 1919-1920.

  4. Quel événement de 1929 déclenche la grande crise économique mondiale ?

    • A.Le krach de Wall StreetBonne réponse
    • B.L'occupation de la Ruhr
    • C.Le putsch de la brasserie
    • D.La marche sur Rome

    Réponse : A — Le krach de Wall Street

    Le krach de la Bourse de Wall Street, en octobre 1929, provoque des faillites bancaires en chaîne et une contraction brutale du crédit, qui se propagent au monde entier : c'est le point de départ de la grande crise économique des années 1930. Les trois autres événements sont antérieurs (Ruhr et putsch en 1923, marche sur Rome en 1922) et ne concernent pas le déclenchement de la crise de 1929.

  5. Que perd l'Allemagne à la suite du traité de Versailles ?

    • A.Uniquement son armée, réduite à quelques milliers d'hommes sans autre conséquence
    • B.Uniquement ses colonies, sans perdre le moindre territoire ni réduire son armée
    • C.Des territoires (dont l'Alsace-Moselle), ses colonies, et une grande partie de son arméeBonne réponse
    • D.Rien : le traité ne concernait que la Russie et l'Autriche-Hongrie

    Réponse : C — Des territoires (dont l'Alsace-Moselle), ses colonies, et une grande partie de son armée

    Le traité de Versailles impose à l'Allemagne la perte de territoires (dont l'Alsace-Moselle, rendue à la France), de ses colonies, et une réduction drastique de son armée (100 000 hommes, plus d'aviation ni de chars). C'est donc un cumul de pertes, et non une seule catégorie. Le traité concerne bien spécifiquement l'Allemagne (les autres puissances vaincues ayant leurs propres traités).

  6. Que désigne l'article 231 du traité de Versailles, souvent appelé « clause de culpabilité » ?

    • A.L'article qui crée la Société des Nations (SDN) pour garantir la paix collective entre les États
    • B.L'article qui fixe les nouvelles frontières de la Pologne face à l'Allemagne et à la Russie soviétique
    • C.L'article qui autorise l'Allemagne à conserver l'ensemble de ses colonies d'Afrique et d'Asie
    • D.L'article qui attribue à l'Allemagne l'entière responsabilité de la guerre et justifie les réparationsBonne réponse

    Réponse : D — L'article qui attribue à l'Allemagne l'entière responsabilité de la guerre et justifie les réparations

    L'article 231 attribue à l'Allemagne la responsabilité entière du déclenchement de la guerre, ce qui justifie juridiquement le paiement de lourdes réparations financières aux vainqueurs. Ce n'est pas l'article qui crée la SDN (une partie distincte du traité), ni celui qui fixe les frontières polonaises, et l'Allemagne perd justement ses colonies, elle ne les conserve pas.

  7. Quelle réponse économique de nombreux États aggrave la propagation mondiale de la crise de 1929 ?

    • A.La baisse générale des droits de douane
    • B.La libre circulation totale des capitaux
    • C.L'abandon de toute monnaie nationale
    • D.Le protectionnisme (hausse des droits de douane)Bonne réponse

    Réponse : D — Le protectionnisme (hausse des droits de douane)

    Face à la crise, de nombreux États relèvent leurs droits de douane pour protéger leur production nationale : ce protectionnisme réduit encore davantage le commerce international et aggrave la crise au lieu de la résoudre. C'est l'inverse d'une baisse des droits de douane, et les deux autres propositions ne correspondent à aucune politique réellement suivie à l'époque.

  8. En quelle année Mussolini et les fascistes prennent-ils le pouvoir en Italie ?

    • A.1919
    • B.1922Bonne réponse
    • C.1929
    • D.1933

    Réponse : B — 1922

    Mussolini prend le pouvoir en Italie en 1922, à la suite de la « marche sur Rome », bien avant le krach de 1929. 1919 est l'année du traité de Versailles, 1929 celle du krach de Wall Street, et 1933 celle de l'arrivée de Hitler à la chancellerie allemande : trois dates à ne pas confondre avec la prise de pouvoir de Mussolini.

  9. Pourquoi peut-on dire que le traité de Versailles a fragilisé la paix qu'il était censé garantir ?

    • A.Parce qu'il aurait été signé beaucoup trop tôt, avant même la signature de l'armistice de novembre 1918, ce qui aurait empêché toute négociation sérieuse entre les belligérants
    • B.Parce qu'il aurait immédiatement rendu à l'Allemagne l'ensemble de ses colonies d'Afrique et d'Asie, dès la signature du traité, sans qu'aucune autre puissance n'en hérite la moindre part
    • C.Parce qu'il aurait au contraire interdit toute création d'une organisation internationale de sécurité collective au sortir de la Première Guerre mondiale
    • D.Parce que ses conditions jugées humiliantes par l'Allemagne (clause de culpabilité, réparations, pertes territoriales) ont nourri un fort ressentiment nationaliste exploité ensuite par des mouvements extrémistesBonne réponse

    Réponse : D — Parce que ses conditions jugées humiliantes par l'Allemagne (clause de culpabilité, réparations, pertes territoriales) ont nourri un fort ressentiment nationaliste exploité ensuite par des mouvements extrémistes

    Le traité de Versailles impose à l'Allemagne des conditions vécues comme une humiliation nationale (le « diktat ») : cette clause de culpabilité, les réparations financières et les pertes territoriales alimentent un ressentiment nationaliste qui sera exploité, dans les années 1920-1930, par des mouvements extrémistes comme le parti nazi. Il est signé après l'armistice (pas avant), il prive l'Allemagne de ses colonies plutôt que de les lui rendre, et il crée bien la SDN.

  10. Quel lien peut-on établir entre le principe des nationalités et les tensions futures en Europe centrale ?

    • A.Aucun : le principe des nationalités a définitivement réglé tous les problèmes de minorités en Europe centrale, si bien qu'aucune revendication territoriale ne pourra plus jamais réapparaître
    • B.Les nouvelles frontières, censées suivre les nationalités, laissent malgré tout d'importantes minorités dans certains États (comme les germanophones des Sudètes en Tchécoslovaquie), ce qui alimentera des revendications territoriales dans les années 1930Bonne réponse
    • C.Le principe des nationalités a supprimé toute frontière en Europe centrale, unifiant l'ensemble de la région sous un seul et même État multinational dès la fin de la guerre en 1919, sans exception
    • D.Le principe des nationalités ne concernait que l'Afrique coloniale, où les puissances européennes redessinaient déjà les frontières sans tenir aucun compte des peuples locaux ni de leur histoire

    Réponse : B — Les nouvelles frontières, censées suivre les nationalités, laissent malgré tout d'importantes minorités dans certains États (comme les germanophones des Sudètes en Tchécoslovaquie), ce qui alimentera des revendications territoriales dans les années 1930

    Malgré la volonté de faire coïncider frontières et nationalités, le tracé des nouvelles frontières reste imparfait : certains groupes se retrouvent minoritaires dans un autre État (par exemple les germanophones des Sudètes, rattachés à la Tchécoslovaquie). Ces minorités « oubliées » par le nouveau découpage nourriront des revendications territoriales exploitées plus tard par l'Allemagne nazie. Le principe des nationalités n'a donc rien réglé « définitivement », ne supprime aucune frontière, et concerne l'Europe, pas l'Afrique coloniale.

  11. Comment s'appelle l'organisation internationale créée en 1920 pour garantir la paix ?

    • A.L'Organisation des Nations unies (ONU)
    • B.La Société des Nations (SDN)Bonne réponse
    • C.L'Union européenne
    • D.Le Conseil de l'Europe

    Réponse : B — La Société des Nations (SDN)

    La Société des Nations (SDN) est créée en 1920, inspirée par les quatorze points de Wilson, pour prévenir de nouveaux conflits par la sécurité collective et la négociation. L'ONU ne remplace la SDN qu'après la Seconde Guerre mondiale, en 1945. L'Union européenne et le Conseil de l'Europe sont des créations bien plus tardives (après 1945 également).

  12. Quelle affirmation décrit correctement la République de Weimar ?

    • A.C'est le régime démocratique instauré en Allemagne après 1918, fragilisé par les conséquences du traité de VersaillesBonne réponse
    • B.C'est le nom du régime fasciste instauré par Mussolini en Italie
    • C.C'est le nom donné à la France de l'entre-deux-guerres
    • D.C'est le régime nazi instauré par Hitler dès 1923

    Réponse : A — C'est le régime démocratique instauré en Allemagne après 1918, fragilisé par les conséquences du traité de Versailles

    La République de Weimar est le régime démocratique et parlementaire mis en place en Allemagne après la chute de l'Empire en 1918. Elle est durablement fragilisée par le poids des réparations, le sentiment d'humiliation issu du traité de Versailles, et les crises économiques successives (hyperinflation de 1923, puis crise de 1929). Ce n'est ni le régime italien, ni le nom de la France, et Hitler n'accède au pouvoir qu'en 1933, mettant fin à la République de Weimar plutôt qu'en l'incarnant dès 1923.

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