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Ressemblance et écarts avec le réel

Cinquième · Arts plastiques · La représentation ; images, réalité et fiction

La représentation ; images, réalité et fiction

Représenter le réel : la ressemblance

Quand un artiste représente une personne, un objet ou un paysage réel, ce modèle s'appelle le référent. La ressemblance, c'est le degré de proximité entre l'œuvre et ce référent : plus l'œuvre reproduit fidèlement les proportions, les couleurs et les détails du modèle, plus elle est dite figurative et ressemblante.

Figuration et référent

On parle d'œuvre figurative quand on reconnaît, dans l'image, un élément du monde réel (un visage, un arbre, un animal). Le référent est ce modèle réel dont l'artiste s'inspire — même quand il choisit de le déformer ou de le transformer.

Degré de fidélitéCe que cela signifieExemple
Très fidèleProportions et détails proches du réelPortrait académique, La Joconde
StyliséFormes simplifiées mais référent reconnaissablePortrait-charge, caricature
Très éloignéLe référent devient difficile à identifierCubisme, portraits d'Arcimboldo

La représentation ; images, réalité et fiction

Les écarts avec le réel : styliser, déformer, abstraire

Un artiste peut choisir de s'éloigner volontairement du réel : c'est ce qu'on appelle un écart. Cet écart peut servir à faire rire (la caricature), à exprimer une émotion, ou à explorer une nouvelle façon de voir les formes (le cubisme).

La stylisation et la déformation

La stylisation consiste à simplifier les formes du réel tout en gardant le référent reconnaissable. La déformation va plus loin : elle modifie exagérément les proportions ou l'apparence du modèle, souvent pour exprimer un trait de caractère ou une émotion.

Ce qui distingue les deux procédés, c'est le critère de reconnaissance. Dans la stylisation, l'artiste retire des détails mais garde les quelques traits indispensables à l'identification (une silhouette, une posture caractéristique) : on reconnaît le modèle malgré la simplification. Dans la déformation, au contraire, un ou plusieurs traits sont volontairement exagérés au-delà du réel, ce qui attire le regard sur ce détail précis. C'est pour cela qu'une caricature reste reconnaissable malgré l'exagération : elle ne modifie pas tout, elle amplifie seulement ce qui identifie le mieux la personne.

Le cubisme : décomposer les formes

Au début du XXe siècle, Pablo Picasso et Georges Braque inventent le cubisme : ils représentent un même objet ou visage sous plusieurs points de vue à la fois, en décomposant ses formes en facettes géométriques. Le référent reste parfois reconnaissable, mais l'écart avec une représentation fidèle est énorme.

Pourquoi représenter plusieurs points de vue à la fois ? Dans la réalité, on ne voit jamais un objet ou un visage sous un seul angle : en tournant la tête ou en se déplaçant, l'œil capte plusieurs facettes successives. Le cubisme choisit de montrer plusieurs de ces facettes en même temps, sur une seule surface plane, au lieu de n'en figer qu'une seule comme le fait un portrait classique. C'est ce qui distingue le cubisme de la simple déformation : il ne modifie pas les proportions d'un point de vue unique, il en superpose plusieurs.

L'abstraction : quand le référent disparaît

Certains artistes vont jusqu'à supprimer toute référence à un élément reconnaissable du réel : c'est l'art abstrait. Vassily Kandinsky et Piet Mondrian peignent des formes, des lignes et des couleurs qui ne représentent rien de précis : il n'y a plus de référent identifiable.

Dans l'art abstrait, le critère de jugement change complètement : puisqu'il n'y a plus de référent à comparer avec le réel, ce qui compte, c'est l'équilibre des formes, l'harmonie ou le contraste des couleurs, et le rythme des lignes sur la surface du tableau. Mondrian, par exemple, cherche un équilibre géométrique entre lignes noires et aplats de couleurs primaires. C'est ce qui distingue l'abstraction du cubisme : le cubisme s'éloigne du réel mais y reste rattaché par un référent parfois devinable, alors que l'abstraction coupe entièrement ce lien.

Exercices corrigés

  1. Qu'est-ce que le référent d'une œuvre figurative ?

    • A.Le nom de l'artiste inscrit sur le cadre
    • B.Le modèle réel que l'artiste choisit de représenterBonne réponse
    • C.La taille du tableau accroché au mur
    • D.Le musée où l'œuvre est exposée au public

    Réponse : B — Le modèle réel que l'artiste choisit de représenter

    Le référent, c'est le modèle réel (une personne, un objet, un paysage) que l'artiste choisit de représenter dans son œuvre, qu'il le reproduise fidèlement ou qu'il s'en écarte. Ce n'est ni le nom de l'artiste, ni la taille, ni le lieu d'exposition.

  2. Qu'appelle-t-on une œuvre figurative ?

    • A.Une œuvre où l'on ne reconnaît rien du réel
    • B.Une œuvre uniquement en noir et blanc
    • C.Une œuvre où l'on reconnaît un élément du monde réelBonne réponse
    • D.Une œuvre réalisée sans aucun outil

    Réponse : C — Une œuvre où l'on reconnaît un élément du monde réel

    Une œuvre figurative est une œuvre dans laquelle on reconnaît un élément du monde réel : un visage, un objet, un paysage. C'est l'opposé de l'abstraction, où aucun élément du réel n'est identifiable. La couleur et l'outil utilisé n'ont rien à voir avec cette définition.

  3. Qui a peint La Joconde, portrait célèbre pour sa grande fidélité au réel ?

    • A.Pablo Picasso
    • B.Léonard de VinciBonne réponse
    • C.Vassily Kandinsky
    • D.Giuseppe Arcimboldo

    Réponse : B — Léonard de Vinci

    La Joconde est un portrait peint par Léonard de Vinci, célèbre pour son modelé subtil (le sfumato) et ses proportions réalistes. Picasso est associé au cubisme, Kandinsky à l'abstraction, et Arcimboldo aux portraits composés de fruits et légumes.

  4. Quel peintre italien composait des visages entiers à partir de fruits et légumes assemblés ?

    • A.Honoré Daumier
    • B.Giuseppe ArcimboldoBonne réponse
    • C.Georges Braque
    • D.Piet Mondrian

    Réponse : B — Giuseppe Arcimboldo

    Giuseppe Arcimboldo assemblait des fruits, légumes ou objets pour composer des visages entiers : de loin, on reconnaît un visage humain, mais de près, on découvre l'écart avec la réalité. Daumier était un caricaturiste, Braque un peintre cubiste, et Mondrian un peintre abstrait.

  5. Quel dessinateur français est célèbre pour ses caricatures d'hommes politiques au XIXe siècle ?

    • A.Honoré DaumierBonne réponse
    • B.Pablo Picasso
    • C.Antoni Gaudí
    • D.Eadweard Muybridge

    Réponse : A — Honoré Daumier

    Honoré Daumier déformait les visages des hommes politiques de son époque (nez agrandi, menton allongé) pour se moquer d'eux, tout en gardant le référent reconnaissable. Picasso est associé au cubisme, Gaudí à l'architecture, et Muybridge à la photographie séquentielle.

  6. Dans le cubisme de Picasso et Braque, comment les objets ou visages sont-ils représentés ?

    • A.Avec une fidélité photographique presque parfaite
    • B.Sous plusieurs points de vue à la fois, décomposés en facettes géométriquesBonne réponse
    • C.Uniquement en noir et blanc, sans aucune couleur
    • D.Sans aucune forme reconnaissable, comme dans l'abstraction pure

    Réponse : B — Sous plusieurs points de vue à la fois, décomposés en facettes géométriques

    Le cubisme représente un même objet ou visage sous plusieurs points de vue à la fois, en décomposant ses formes en facettes géométriques : c'est un écart énorme avec une représentation fidèle, mais le référent reste souvent partiellement reconnaissable, contrairement à l'abstraction pure.

  7. Qu'est-ce que le sfumato utilisé par Léonard de Vinci dans La Joconde ?

    • A.Une technique de collage inventée au vingtième siècle
    • B.Un dégradé très doux entre les tons, pour modeler la lumière sur la peauBonne réponse
    • C.Une déformation exagérée du visage, comme chez Daumier
    • D.Un assemblage d'objets divers, comme chez Arcimboldo

    Réponse : B — Un dégradé très doux entre les tons, pour modeler la lumière sur la peau

    Le sfumato est un dégradé très doux entre les tons de couleur, utilisé par Léonard de Vinci pour modeler la lumière sur la peau du visage et donner une impression de volume réaliste. Ce n'est ni un collage, ni une déformation, ni un assemblage d'objets.

  8. Deux peintres associés au début de l'art abstrait, cités dans la fiche, sont…

    • A.Léonard de Vinci et Daumier
    • B.Vassily Kandinsky et Piet MondrianBonne réponse
    • C.Pablo Picasso et Georges Braque
    • D.Giuseppe Arcimboldo et Eadweard Muybridge

    Réponse : B — Vassily Kandinsky et Piet Mondrian

    Vassily Kandinsky et Piet Mondrian sont associés à l'art abstrait : ils peignent des formes, lignes et couleurs sans référent identifiable. Vinci et Daumier restent dans la figuration (portrait fidèle et caricature), Picasso et Braque sont les inventeurs du cubisme, qui garde souvent un référent partiellement reconnaissable.

  9. Une œuvre très stylisée reste-t-elle une œuvre figurative ?

    • A.Non, la stylisation transforme toujours l'œuvre en art abstrait
    • B.Oui, tant que le référent reste reconnaissable malgré la simplification des formesBonne réponse
    • C.Non, car la stylisation supprime obligatoirement les couleurs
    • D.Oui, mais uniquement si l'œuvre est en trois dimensions

    Réponse : B — Oui, tant que le référent reste reconnaissable malgré la simplification des formes

    La stylisation simplifie les formes du réel, mais tant que le référent reste identifiable, l'œuvre demeure figurative : c'est justement ce qui distingue la stylisation de l'abstraction, où le référent disparaît complètement. La stylisation ne concerne ni obligatoirement les couleurs, ni seulement la sculpture en volume.

  10. Que signifie l'expression « le référent reste identifiable » à propos d'une caricature très déformée ?

    • A.Que la caricature est ratée car elle ne ressemble pas du tout au modèle
    • B.Que malgré l'exagération des traits, on reconnaît toujours de qui il s'agitBonne réponse
    • C.Que le référent a été totalement remplacé par un objet imaginaire
    • D.Que la caricature est en réalité une œuvre abstraite

    Réponse : B — Que malgré l'exagération des traits, on reconnaît toujours de qui il s'agit

    Même très déformée, une bonne caricature garde son efficacité parce que le spectateur reconnaît toujours la personne visée (le référent) malgré l'exagération des traits : c'est même tout l'art de la caricature, qui combine écart maximal et reconnaissance immédiate. Ce n'est ni un échec, ni un remplacement par un objet imaginaire, ni de l'abstraction (où le référent disparaît).

  11. Un tableau montre des carrés de couleurs primaires séparés par des lignes noires, sans aucune forme reconnaissable. À quelle catégorie ce tableau appartient-il le plus probablement ?

    • A.Une œuvre figurative très fidèle et précise au réel
    • B.Une caricature exagérant un trait du visage
    • C.Une œuvre abstraite, dans l'esprit de MondrianBonne réponse
    • D.Un portrait composé à la manière du peintre Arcimboldo

    Réponse : C — Une œuvre abstraite, dans l'esprit de Mondrian

    Des carrés de couleurs primaires et des lignes noires, sans aucun élément reconnaissable du réel, correspondent typiquement à l'art abstrait de Piet Mondrian : il n'y a plus de référent identifiable, seulement des formes et des couleurs. Ce n'est ni figuratif, ni une caricature (qui exagère un référent reconnaissable), ni un assemblage d'objets comme chez Arcimboldo.

  12. Un élève doit classer trois œuvres du plus figuratif au plus abstrait : un portrait réaliste, un portrait cubiste, une peinture de Mondrian. Quel est l'ordre correct ?

    • A.Mondrian, portrait cubiste, portrait réaliste
    • B.Portrait réaliste, portrait cubiste, MondrianBonne réponse
    • C.Portrait cubiste, Mondrian, portrait réaliste
    • D.Les trois œuvres sont à égalité, impossible de les classer

    Réponse : B — Portrait réaliste, portrait cubiste, Mondrian

    Le portrait réaliste est le plus fidèle au référent (figuration proche du réel), le portrait cubiste s'en écarte fortement tout en gardant un référent parfois devinable, et une peinture de Mondrian supprime complètement le référent (abstraction totale) : l'ordre du plus figuratif au plus abstrait est donc portrait réaliste, portrait cubiste, Mondrian.

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