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Modélisation des circuits électriques

Première · Sciences de l'ingénieur · Modéliser et prévoir les performances

Modéliser et prévoir les performances

Le régime continu : lois, associations et puissance

Dans un système pluritechnologique, la chaîne d'énergie transporte de l'électricité depuis l'alimentation jusqu'à l'actionneur. Pour prévoir le comportement du système avant de le fabriquer, on remplace le circuit réel par un modèle : des composants idéaux reliés par des lois simples. Ce modèle permet de calculer une tension, un courant, une puissance… et de vérifier que le produit tiendra les performances du cahier des charges.

Les lois de Kirchhoff

Deux lois suffisent à résoudre presque tous les circuits du programme.
Loi des nœuds : en un nœud (point où se rejoignent au moins trois fils), la somme des intensités qui entrent est égale à la somme des intensités qui sortent. C'est la conservation de la charge : rien ne s'accumule dans un fil.
Loi des mailles : en parcourant une maille (boucle fermée) et en revenant au point de départ, la somme algébrique des tensions est nulle. Concrètement, la tension du générateur se répartit entre les récepteurs de la boucle.

Loi d'Ohm et associations de résistances

Un conducteur ohmique (résistance) suit la loi d'Ohm : U = R × I, avec U en volts, R en ohms et I en ampères. La résistance transforme intégralement l'énergie électrique reçue en chaleur : c'est une perte dans la chaîne d'énergie, sauf si le chauffage est justement la fonction voulue.

AssociationCe qui est communRésistance équivalenteRéflexe de contrôle
En sérieL'intensité I est la même dans tous les composantsReq = R1 + R2 + …Req est plus grande que la plus grande des résistances
En parallèle (dérivation)La tension U est la même aux bornes de tous les composants1/Req = 1/R1 + 1/R2 + … , soit Req = (R1 × R2)/(R1 + R2) pour deux résistancesReq est plus petite que la plus petite des résistances

Modéliser et prévoir les performances

Sources réelles, régime transitoire RC et bilan énergétique

Une pile n'est jamais parfaite : plus on lui demande de courant, plus la tension à ses bornes chute. De même, une tension ne s'établit jamais instantanément dans un circuit contenant un condensateur. Ces deux comportements se modélisent simplement, et ils expliquent une grande partie des écarts entre les performances attendues et les performances mesurées d'un système.

Le condensateur et le régime transitoire

Un condensateur de capacité C (en farads, F) stocke des charges : q = C × uC. Il ne se charge jamais instantanément, car il faut du temps pour faire circuler ces charges à travers la résistance du circuit. La tension uC à ses bornes est donc toujours continue : elle ne peut pas faire de saut. C'est ce qui produit le régime transitoire, cette phase pendant laquelle le circuit s'installe avant d'atteindre son régime permanent.

InstantCharge : uC en % de EDécharge : uC en % de EInterprétation
t = 00 %100 %Le condensateur impose sa tension initiale
t = tauenviron 63 %environ 37 %Repère graphique clé pour lire tau sur un oscillogramme
t = 3 tauenviron 95 %environ 5 %Le régime permanent est presque atteint
t = 5 tauenviron 99 %environ 1 %On considère le régime permanent établi

Bilan énergétique et rendement

L'énergie électrique consommée pendant une durée t vaut W = P × t (en joules si P est en watts et t en secondes). Dans une chaîne d'énergie, chaque bloc absorbe une puissance Pa et restitue une puissance utile Pu plus faible : le rendement vaut eta = Pu/Pa, toujours compris entre 0 et 1. Le rendement global d'une chaîne est le produit des rendements de chaque maillon, jamais leur somme ni leur moyenne.

Exercices corrigés

  1. En un nœud d'un circuit, deux branches apportent I1 = 2,0 A et I2 = 3,0 A. Une seule branche repart, parcourue par I3. Que vaut I3 ?

    • A.5,0 ABonne réponse
    • B.1,0 A
    • C.2,5 A
    • D.6,0 A

    Réponse : A — 5,0 A

    La loi des nœuds traduit la conservation de la charge : la somme des intensités entrantes égale la somme des intensités sortantes. Ici I3 = I1 + I2 = 2,0 + 3,0 = 5,0 A. Répondre 1,0 A revient à soustraire les courants, ce qu'on ne fait que si les deux courants entrent par des sens opposés. Répondre 2,5 A serait une moyenne : le courant ne se « moyenne » pas, il s'additionne. Et 6,0 A correspondrait à un produit, qui n'a aucun sens physique ici.

  2. Une résistance de 220 Ω est traversée par un courant de 50 mA. Quelle tension mesure-t-on à ses bornes ?

    • A.4,4 V
    • B.270 V
    • C.11 VBonne réponse
    • D.0,23 V

    Réponse : C — 11 V

    Loi d'Ohm : U = R × I. Le piège est l'unité : 50 mA = 0,050 A. Donc U = 220 × 0,050 = 11 V. Répondre 270 V vient d'une addition (220 + 50), qui mélange des ohms et des milliampères. Répondre 0,23 V correspond à une division (50/220). Quant à 4,4 V, c'est le résultat qu'on obtiendrait avec 20 mA : refais bien la conversion avant de multiplier.

  3. On associe en série une résistance de 100 Ω et une résistance de 220 Ω. Que vaut la résistance équivalente ?

    • A.68,8 Ω
    • B.320 ΩBonne réponse
    • C.120 Ω
    • D.22 000 Ω

    Réponse : B — 320 Ω

    En série, les résistances s'additionnent : Req = 100 + 220 = 320 Ω. Le réflexe de contrôle est immédiat : en série, Req doit être plus grande que la plus grande des deux, donc supérieure à 220 Ω. La valeur 68,8 Ω correspond au calcul en parallèle (100 × 220)/(100 + 220), 120 Ω à une soustraction et 22 000 Ω à un produit brut, qui n'a pas de sens dimensionnel.

  4. Comment branche-t-on correctement les appareils de mesure dans un montage ?

    • A.Voltmètre en série, ampèremètre en série
    • B.Voltmètre en série, ampèremètre en dérivation
    • C.Voltmètre en dérivation, ampèremètre en sérieBonne réponse
    • D.Les deux en dérivation, peu importe l'ordre

    Réponse : C — Voltmètre en dérivation, ampèremètre en série

    Le voltmètre mesure une différence de potentiel entre deux points : on le place donc en dérivation (en parallèle) aux bornes du dipôle étudié. L'ampèremètre mesure le courant qui traverse une branche : il doit lui-même être traversé par ce courant, donc être inséré en série. Brancher un ampèremètre en dérivation aux bornes d'un générateur crée un quasi court-circuit, car sa résistance interne est presque nulle : c'est la manipulation qui grille les fusibles au laboratoire.

  5. Un générateur de 9,0 V alimente deux résistances en série. On mesure 4,0 V aux bornes de la première. Que vaut la tension aux bornes de la seconde ?

    • A.5,0 VBonne réponse
    • B.13 V
    • C.4,5 V
    • D.9,0 V

    Réponse : A — 5,0 V

    La loi des mailles impose que la tension du générateur se répartisse sur les récepteurs de la boucle : E = U1 + U2, donc U2 = 9,0 − 4,0 = 5,0 V. Répondre 13 V ajoute les tensions au lieu de les répartir et donne un résultat supérieur à la tension de la source, ce qui est impossible ici. Répondre 4,5 V suppose un partage à parts égales, valable uniquement si les deux résistances sont identiques, ce que rien n'indique. Et 9,0 V oublierait purement la première résistance.

  6. Un pont diviseur est alimenté sous E = 12 V avec R1 = 1,0 kΩ et R2 = 2,0 kΩ en série. Que vaut la tension aux bornes de R2 ?

    • A.8,0 VBonne réponse
    • B.4,0 V
    • C.6,0 V
    • D.24 V

    Réponse : A — 8,0 V

    Formule du pont diviseur : U2 = E × R2/(R1 + R2) = 12 × 2,0/(1,0 + 2,0) = 12 × 2/3 = 8,0 V. Répondre 4,0 V, c'est calculer la tension aux bornes de R1 (12 × 1/3) : relis bien quelle résistance est concernée. Répondre 6,0 V suppose un partage à parts égales, faux puisque R2 est le double de R1. Et 24 V dépasse la tension d'alimentation, ce qu'un diviseur ne peut jamais produire.

  7. Au bout de combien de constantes de temps considère-t-on qu'un condensateur a atteint son régime permanent (à 1 % près) ?

    • A.environ 1 tau
    • B.environ 2 tau
    • C.environ 10 tau
    • D.environ 5 tauBonne réponse

    Réponse : D — environ 5 tau

    Par convention, le régime permanent est considéré comme atteint au bout de 5 tau : la tension vaut alors plus de 99 % de sa valeur finale. À 1 tau on n'est qu'à 63 %, à 2 tau à environ 86 % et à 3 tau à environ 95 % : ces valeurs sont encore trop éloignées de la valeur finale pour parler de régime établi. Attendre 10 tau n'est pas faux physiquement, mais c'est inutile : la convention du programme est bien 5 tau.

  8. Une batterie de f.é.m. E = 12,0 V et de résistance interne r = 0,50 Ω débite un courant de 4,0 A. Quelle tension mesure-t-on à ses bornes ?

    • A.10,0 VBonne réponse
    • B.14,0 V
    • C.12,0 V
    • D.8,0 V

    Réponse : A — 10,0 V

    Le modèle de la source réelle donne U = E − r × I = 12,0 − 0,50 × 4,0 = 12,0 − 2,0 = 10,0 V. La tension chute donc de 2,0 V à cause de la résistance interne. Répondre 14,0 V, c'est ajouter au lieu de soustraire : une source réelle ne peut pas fournir plus que sa f.é.m. Répondre 12,0 V, c'est utiliser le modèle idéal, valable seulement à vide (I = 0). Et 8,0 V correspondrait à une résistance interne double de la valeur donnée.

  9. Un motoréducteur absorbe une puissance électrique de 100 W et fournit une puissance mécanique utile de 80 W. Que vaut son rendement ?

    • A.1,25
    • B.80 %Bonne réponse
    • C.20 %
    • D.180 W

    Réponse : B — 80 %

    Le rendement est le rapport de la puissance utile sur la puissance absorbée : eta = Pu/Pa = 80/100 = 0,80, soit 80 %. Répondre 1,25 revient à inverser le rapport (100/80) : un rendement supérieur à 1 signifierait que le système crée de l'énergie, ce qui est impossible. La valeur 20 % correspond aux pertes (100 − 80 = 20 W), pas au rendement. Enfin, 180 W additionne deux puissances qui décrivent le même transfert : un rendement est un nombre sans unité.

  10. Une résistance de 10 Ω est traversée par un courant de 2,0 A. Quelle puissance dissipe-t-elle par effet Joule ?

    • A.20 W
    • B.5,0 W
    • C.40 WBonne réponse
    • D.400 W

    Réponse : C — 40 W

    Pour un conducteur ohmique, P = R × I² = 10 × (2,0)² = 10 × 4,0 = 40 W. On peut vérifier autrement : U = R × I = 20 V, puis P = U × I = 20 × 2,0 = 40 W. Les deux méthodes concordent. Répondre 20 W revient à oublier le carré (R × I). Répondre 5,0 W utiliserait R/I², et 400 W confondrait I² avec (R × I)², c'est-à-dire U² sans diviser par R.

  11. Un condensateur initialement déchargé se charge à travers une résistance sous une tension E = 10 V. Quelle est sa tension à l'instant t = tau ?

    • A.3,7 V
    • B.6,3 VBonne réponse
    • C.5,0 V
    • D.10 V

    Réponse : B — 6,3 V

    Lors d'une charge, la tension aux bornes du condensateur atteint environ 63 % de la valeur finale au bout d'une constante de temps : uC = 0,63 × 10 = 6,3 V. La réponse 3,7 V correspond aux 37 % restants, c'est-à-dire à la valeur qu'on lirait lors d'une DÉCHARGE au même instant : vérifie toujours dans quel sens évolue la courbe. Répondre 5,0 V suppose une évolution linéaire (la moitié du temps, la moitié de la tension), or la charge est exponentielle : elle est rapide au début puis ralentit.

  12. Un générateur idéal de 12 V alimente R1 = 2,0 kΩ en série avec l'association parallèle de R2 = 3,0 kΩ et R3 = 6,0 kΩ. Quel courant délivre le générateur ?

    • A.3,0 mABonne réponse
    • B.6,0 mA
    • C.1,1 mA
    • D.12 mA

    Réponse : A — 3,0 mA

    On simplifie de proche en proche. D'abord le parallèle : Rp = (3,0 × 6,0)/(3,0 + 6,0) = 18/9 = 2,0 kΩ. Cette valeur est bien inférieure à 3,0 kΩ, le contrôle est bon. Ensuite la mise en série : Rtot = 2,0 + 2,0 = 4,0 kΩ = 4000 Ω. Enfin la loi d'Ohm : I = U/Rtot = 12/4000 = 3,0 × 10⁻³ A = 3,0 mA. Répondre 1,1 mA revient à additionner les trois résistances comme si tout était en série (11 kΩ), et 6,0 mA à oublier R1.

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Ce chapitre compte 37 exercices corrigés dans l'application, avec le suivi de ta progression.

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