La phrase complexe et la subordination
Seconde · Français · Étude de la langue
Étude de la langue
Phrase simple, phrase complexe : juxtaposition et coordination
Analyser la construction d'une phrase, c'est comprendre comment les idées s'articulent entre elles : c'est essentiel pour l'étude de la langue au bac (question de grammaire) mais aussi pour améliorer ta propre écriture. Premier réflexe : compter les verbes conjugués !
Phrase simple et phrase complexe
Juxtaposition et coordination
| Conjonction | Valeur logique | Exemple |
|---|---|---|
| mais | opposition | Il a révisé, mais il a raté son contrôle. |
| ou | choix, alternative | Tu révises maintenant, ou tu révises ce soir. |
| et | addition | Elle lit et elle prend des notes. |
| donc | conséquence | Il pleut, donc nous restons à l'intérieur. |
| or | transition logique / opposition | Il devait venir, or il a été retenu. |
| ni | négation coordonnée | Il ne mange ni ne boit. |
| car | cause | Elle est fatiguée, car elle a peu dormi. |
Étude de la langue
La subordination : proposition principale et subordonnées
Contrairement à la juxtaposition et à la coordination, qui relient des propositions d'égale importance, la subordination crée un rapport de dépendance : une proposition (la subordonnée) complète une autre proposition (la principale), dont elle ne peut être séparée sans perdre son sens complet.
Repérer une proposition subordonnée
Les trois grands types de subordonnées
| Type de circonstancielle | Conjonctions typiques | Exemple |
|---|---|---|
| Temps | quand, lorsque, dès que | Quand le soleil se couche, les oiseaux se taisent. |
| Cause | parce que, puisque, comme | Il reste chez lui parce qu'il est malade. |
| Conséquence | si bien que, de sorte que, tellement que | Il a tellement crié qu'il a perdu sa voix. |
| But | pour que, afin que | Elle parle lentement pour que tout le monde comprenne. |
| Condition | si, à condition que | Si tu révises, tu réussiras. |
| Concession / opposition | bien que, quoique | Bien qu'il pleuve, nous sortirons. |
Exercices corrigés
Combien la langue française compte-t-elle de conjonctions de coordination (retenues par "mais où est donc Ornicar") ?
- A.5
- B.9
- C.3
- D.7Bonne réponse
Réponse : D — 7
Il y en a exactement 7 : mais, ou, et, donc, or, ni, car — que l'on retient grâce à la phrase mnémotechnique « mais où est donc Ornicar ». Ce sont les seuls mots capables de coordonner deux propositions (ou deux groupes de mots).
Quelle conjonction de subordination introduit typiquement une subordonnée circonstancielle de cause ?
- A.Parce queBonne réponse
- B.Afin que
- C.Bien que
- D.Si bien que
Réponse : A — Parce que
« Parce que » (comme « puisque » ou « comme ») introduit une cause : elle répond à la question « pourquoi ? ». « Afin que » exprime le but, « bien que » la concession, et « si bien que » la conséquence.
Dans la phrase "L'homme dont je te parle est mon voisin.", quelle est la fonction du pronom relatif "dont" ?
- A.Sujet du verbe "parle", comme si "dont" réalisait lui-même l'action exprimée par le verbe
- B.Complément du verbe "parler" (on parle DE quelqu'un), introduisant la relativeBonne réponse
- C.Complément d'objet direct de "parle", comme si parler se construisait sans préposition
- D.Attribut du sujet, comme si "dont" reliait directement un adjectif ou un nom qualifiant l'antécédent "homme"
Réponse : B — Complément du verbe "parler" (on parle DE quelqu'un), introduisant la relative
« Dont » reprend un complément introduit par « de » : on dit « parler DE quelqu'un ». Ici, « dont » remplace « de cet homme » et introduit la subordonnée relative complétant l'antécédent « homme ». Ce n'est ni le sujet, ni un COD, ni un attribut.
Dans la phrase "Le professeur dont les élèves que j'ai rencontrés parlent avec admiration enseigne l'histoire.", combien de propositions subordonnées relatives cette phrase complexe contient-elle ?
- A.Aucune, cette phrase ne contient qu'une seule proposition principale simple
- B.Une seule, avec « dont » qui introduit ici clairement l'unique subordonnée relative
- C.Deux ("dont... parlent avec admiration" et "que j'ai rencontrés", l'une étant enchâssée dans l'autre)Bonne réponse
- D.Trois, en comptant chaque pronom relatif comme une subordonnée à part entière
Réponse : C — Deux ("dont... parlent avec admiration" et "que j'ai rencontrés", l'une étant enchâssée dans l'autre)
On repère deux pronoms relatifs : « dont » (antécédent « professeur »), qui introduit la relative « dont les élèves... parlent avec admiration », et « que » (antécédent « élèves »), qui introduit la relative « que j'ai rencontrés », enchâssée à l'intérieur de la première. Ce sont bien deux subordonnées relatives imbriquées l'une dans l'autre.
Dans la phrase "Puisqu'il a bien travaillé toute l'année, de sorte que ses résultats se sont nettement améliorés, il pourra choisir sa spécialité.", combien la phrase compte-t-elle de propositions au total, et quels rapports logiques sont exprimés par les subordonnées ?
- A.Deux propositions seulement ; la subordonnée "puisqu'il a bien travaillé" exprime uniquement la cause, sans aucune conséquence exprimée
- B.Trois propositions ; la première subordonnée exprime plutôt le but et la seconde exprime la condition, et non pas la cause ni la conséquence
- C.Deux propositions ; la subordonnée "de sorte que ses résultats se sont améliorés" exprime seulement la conséquence, sans aucune cause
- D.Trois propositions (une principale et deux subordonnées) ; une subordonnée de cause ("puisqu'il a bien travaillé...") et une subordonnée de conséquence ("de sorte que ses résultats...")Bonne réponse
Réponse : D — Trois propositions (une principale et deux subordonnées) ; une subordonnée de cause ("puisqu'il a bien travaillé...") et une subordonnée de conséquence ("de sorte que ses résultats...")
On compte trois verbes conjugués : « a travaillé », « se sont améliorés », « pourra choisir » (la principale). « Puisqu'il a bien travaillé toute l'année » exprime la cause (introduite par « puisque »), et « de sorte que ses résultats se sont nettement améliorés » exprime la conséquence (introduite par « de sorte que »). C'est donc une phrase complexe à trois propositions combinant cause et conséquence.
Une phrase simple contient...
- A.Un seul verbe conjugué (une seule proposition)Bonne réponse
- B.Obligatoirement plusieurs verbes conjugués
- C.Toujours au moins une conjonction de coordination
- D.Toujours une subordonnée
Réponse : A — Un seul verbe conjugué (une seule proposition)
Une phrase simple est bâtie autour d'un seul verbe conjugué, donc d'une seule proposition : « Le chat dort. » Dès qu'un deuxième verbe conjugué apparaît, on change de catégorie et on parle de phrase complexe.
Une phrase complexe contient...
- A.Un seul verbe, mais deux sujets
- B.Plusieurs propositions, donc plusieurs verbes conjuguésBonne réponse
- C.Uniquement des noms, sans aucun verbe
- D.Toujours exactement deux mots
Réponse : B — Plusieurs propositions, donc plusieurs verbes conjugués
Une phrase complexe rassemble plusieurs propositions, donc plusieurs verbes conjugués, reliés par juxtaposition, coordination ou subordination. Avoir deux sujets pour un seul verbe ne suffit pas à créer une phrase complexe.
Que signifie "juxtaposer" deux propositions ?
- A.Les relier par une conjonction de subordination
- B.Les relier par un pronom relatif
- C.Les placer l'une à côté de l'autre, séparées par une virgule, un point-virgule ou deux-points, sans mot de liaisonBonne réponse
- D.Les fusionner en une seule proposition
Réponse : C — Les placer l'une à côté de l'autre, séparées par une virgule, un point-virgule ou deux-points, sans mot de liaison
Juxtaposer, c'est placer deux propositions côte à côte, séparées uniquement par un signe de ponctuation (virgule, point-virgule, deux-points), sans aucun mot de liaison. Dès qu'un mot de liaison apparaît (conjonction ou pronom relatif), on change de procédé.
Dans la phrase "Il pleut, je reste chez moi.", comment les deux propositions sont-elles reliées ?
- A.Par juxtaposition (virgule, sans mot de liaison)Bonne réponse
- B.Par coordination avec "mais"
- C.Par une subordonnée relative
- D.Par une subordonnée complétive
Réponse : A — Par juxtaposition (virgule, sans mot de liaison)
Les deux propositions (« il pleut » et « je reste chez moi ») sont simplement séparées par une virgule, sans aucune conjonction ni pronom relatif : c'est donc une juxtaposition, le procédé le plus simple pour relier deux propositions.
Une proposition subordonnée...
- A.Peut toujours fonctionner seule, sans proposition principale
- B.Dépend d'une proposition principale dont elle ne peut être séparée sans perdre son sens completBonne réponse
- C.Est toujours reliée par une virgule seule
- D.Ne contient jamais de verbe conjugué
Réponse : B — Dépend d'une proposition principale dont elle ne peut être séparée sans perdre son sens complet
Une subordonnée dépend grammaticalement d'une principale : on ne peut pas la faire fonctionner seule sans perdre le sens complet de la phrase. Elle contient bien un verbe conjugué, et elle est reliée par un pronom relatif ou une conjonction de subordination, pas par une simple virgule.
Dans la phrase "Le livre que tu m'as prêté est passionnant.", quelle est la nature de la proposition "que tu m'as prêté" ?
- A.Une proposition indépendante juxtaposée
- B.Une proposition subordonnée complétive
- C.Une proposition subordonnée relative, complément de l'antécédent "livre"Bonne réponse
- D.Une proposition coordonnée par "que"
Réponse : C — Une proposition subordonnée relative, complément de l'antécédent "livre"
« que » a ici pour antécédent le nom « livre » : c'est un pronom relatif qui introduit une subordonnée relative complétant ce nom. On peut vérifier : « tu m'as prêté le livre » — le remplacement fonctionne, preuve que c'est bien une relative.
Dans la phrase "Je pense que tu as raison.", quelle est la nature de "que tu as raison" ?
- A.Une proposition subordonnée relative
- B.Une proposition indépendante
- C.Une proposition juxtaposée
- D.Une proposition subordonnée conjonctive complétive, complément d'objet du verbe "penser"Bonne réponse
Réponse : D — Une proposition subordonnée conjonctive complétive, complément d'objet du verbe "penser"
Ici, « que » n'a aucun antécédent nominal : il introduit une proposition qui complète directement le verbe « penser » (on pense QUELQUE CHOSE). C'est donc une subordonnée conjonctive complétive, et non une relative.
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