Aller au contenu

Lexique et figures de style

Seconde · Français · Étude de la langue

Étude de la langue

Le lexique : sens des mots et niveaux de langue

Avant d'analyser un texte, il faut savoir choisir ses mots et comprendre ceux des autres : c'est tout l'enjeu du lexique. En Seconde, le travail sur le vocabulaire n'est pas un exercice isolé, il sert directement le commentaire littéraire, la dissertation et l'oral de français, où tu dois nommer précisément ce que tu observes dans un texte. Choisir un mot plutôt qu'un synonyme proche n'est jamais neutre : chaque terme porte ses propres connotations, et c'est cette précision lexicale qui permet de nommer exactement l'effet produit par un texte, plutôt que de rester dans des impressions vagues.

Dénotation et connotation

Champ lexical et champ sémantique

On confond souvent ces deux notions, pourtant elles ne portent pas sur la même chose. Le champ lexical regroupe tous les mots d'un texte qui se rapportent à un même thème (la mort, la guerre, l'amour...), quelle que soit leur nature grammaticale. Le champ sémantique, lui, concerne un seul mot : c'est l'ensemble de ses sens possibles selon les contextes où on l'emploie. Repérer un champ lexical dominant permet de dégager l'obsession ou l'enjeu d'un texte entier, tandis qu'étudier le champ sémantique d'un seul mot révèle une ambiguïté ou un jeu de sens que l'auteur exploite volontairement, notamment en poésie.

CritèreChamp lexicalChamp sémantique
Porte surUn thème, dans un texte entierUn seul mot, isolément
RegroupePlusieurs mots différents liés par le sensPlusieurs sens d'un même mot
Exemple« Guerre », « soldat », « combat », « victoire » forment le champ lexical de la guerreLe mot « feu » a pour sens : flamme, incendie, tir d'arme, passion, feu de circulation…

Ce chevauchement n'est d'ailleurs pas un hasard : un auteur choisit souvent un mot précisément parce qu'il appartient à plusieurs champs lexicaux à la fois, pour faire résonner deux thèmes dans une seule image, comme le feu qui est à la fois arme et passion dans un même poème.

Niveaux de langue et registres

Niveau de langue et registre ne se confondent pas : le premier tient à la forme des mots employés (familier, courant, soutenu), le second à l'effet recherché sur le lecteur (faire rire, émouvoir, effrayer). Un texte peut très bien mêler un niveau de langue soutenu à un registre comique, ou l'inverse : c'est justement cet écart, quand il existe, qui mérite d'être commenté.

Étude de la langue

Les figures de style : repérer et interpréter

Les figures de style ne sont pas de simples « jolies phrases » : ce sont des outils que l'auteur utilise volontairement pour produire un effet précis sur le lecteur (convaincre, émouvoir, surprendre, faire image...). Savoir les identifier et surtout expliquer leur effet est une compétence clé du commentaire littéraire.

Les figures de l'analogie et de la substitution

Les figures de l'opposition et de l'amplification

D'autres figures jouent sur le contraste ou sur l'intensité. L'antithèse oppose deux termes ou deux idées contraires dans une même phrase, comme « Je vis, je meurs ». L'oxymore associe deux mots de sens opposés côte à côte, comme « un silence assourdissant ». Le chiasme inverse l'ordre des mots dans une construction en miroir, comme « Il faut manger pour vivre, et non vivre pour manger ». À l'inverse, l'hyperbole exagère pour amplifier, comme « mourir de rire », la litote dit moins pour suggérer plus, comme « Va, je ne te hais point » pour dire « je t'aime », et l'euphémisme atténue une réalité difficile à énoncer, comme « il nous a quittés » pour « il est mort ».

Figure de styleDéfinition expressExemple
ComparaisonRapproche deux éléments avec un outil de comparaisonRusé comme un renard
MétaphoreRapproche deux éléments sans outil de comparaisonCet élève est une fusée
PersonnificationDonne des traits humains à une chose ou une idéeLa mer se met en colère
AntithèseOppose deux idées contraires dans la même phraseCe mortel innocent qui va mourir
OxymoreAssocie deux mots de sens opposésCette obscure clarté
HyperboleExagère pour amplifierUn géant de trois mètres de haut
LitoteDit moins pour suggérer plusCe n'est pas mauvais, pour dire c'est excellent
AnaphoreRépète un mot ou un groupe en début de phraseJe pleure... Je pleure... Je pleure...

Exercices corrigés

  1. Quelle figure de style reconnais-tu dans « Il court comme un lièvre » ?

    • A.Une métaphore
    • B.Une personnification
    • C.Une comparaisonBonne réponse
    • D.Une antithèse

    Réponse : C — Une comparaison

    La présence de l'outil de comparaison « comme » signale une comparaison : deux éléments (il / un lièvre) sont explicitement rapprochés. S'il n'y avait pas « comme », par exemple « Il est un lièvre sur la piste », ce serait une métaphore. Il n'y a ni personnification (rien d'humain n'est prêté à un objet) ni antithèse (pas d'opposition).

  2. Quelle figure de style est employée dans « Cet homme est un vrai renard en affaires » ?

    • A.Une métaphoreBonne réponse
    • B.Une comparaison
    • C.Une périphrase
    • D.Une litote

    Réponse : A — Une métaphore

    Aucun outil de comparaison, comme « comme » ou « tel que », ne relie « cet homme » et « un renard » : les deux éléments sont directement assimilés, c'est donc une métaphore. Ce serait une comparaison avec « comme un renard ». Ce n'est ni une périphrase, qui remplacerait un mot par une expression, ni une litote, qui dirait moins pour suggérer plus.

  3. Quelle figure de style est employée dans le vers de Corneille « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » ?

    • A.Une antithèse
    • B.Une comparaison
    • C.Une hyperbole
    • D.Un oxymoreBonne réponse

    Réponse : D — Un oxymore

    « Obscure » et « clarté » sont deux mots de sens opposés accolés dans le même groupe nominal : c'est un oxymore. L'antithèse opposerait deux idées contraires mais dans des groupes de mots séparés, par exemple « Je vis dans la lumière, je meurs dans l'ombre ». Il n'y a pas d'outil de comparaison, ni d'exagération démesurée.

  4. Quelle figure de style structure le vers « Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie » (Louise Labé) ?

    • A.Une antithèseBonne réponse
    • B.Une gradation
    • C.Une périphrase
    • D.Une métonymie

    Réponse : A — Une antithèse

    Le vers accumule des couples de mots de sens contraires, vivre/mourir puis brûler/noyer, pour exprimer les contradictions de la passion amoureuse : c'est une antithèse. Ce n'est pas une gradation, car les termes ne sont pas d'intensité croissante mais opposés deux à deux. Ce n'est ni une périphrase ni une métonymie, qui ne relèvent pas de l'opposition.

  5. Dans « Va, je ne te hais point » (Corneille, Le Cid), quelle figure de style permet à Chimène d'exprimer son amour sans le dire directement ?

    • A.L'hyperbole
    • B.La litoteBonne réponse
    • C.L'euphémisme
    • D.La métaphore

    Réponse : B — La litote

    Chimène dit littéralement moins, « je ne te hais point » c'est-à-dire « je ne te déteste pas », pour suggérer beaucoup plus, puisqu'elle l'aime toujours : c'est une litote, qui atténue l'expression pour renforcer le sens réel. L'hyperbole amplifierait au contraire. L'euphémisme adoucirait une réalité choquante sans inverser le sens. Il n'y a pas de comparaison implicite entre deux éléments.

  6. Un texte multiplie les exclamations, les exploits héroïques et les combats grandioses d'un guerrier. À quel registre appartient-il probablement ?

    • A.Le registre comique
    • B.Le registre pathétique
    • C.Le registre polémique
    • D.Le registre épiqueBonne réponse

    Réponse : D — Le registre épique

    Les exploits héroïques, les combats grandioses et l'amplification, exclamations et hyperboles, sont typiques du registre épique, qui célèbre des actions extraordinaires. Le registre comique cherche à faire rire, le pathétique à émouvoir par la souffrance, le polémique à attaquer ou dénoncer : aucun de ces effets n'est décrit ici.

  7. « Il nous a quittés la semaine dernière », pour annoncer un décès, relève de quelle figure de style ?

    • A.Un euphémismeBonne réponse
    • B.Une litote
    • C.Une hyperbole
    • D.Une antithèse

    Réponse : A — Un euphémisme

    « Nous a quittés » adoucit la réalité brutale de la mort sans inverser le sens, contrairement à la litote qui dit le contraire de ce qu'elle suggère : c'est un euphémisme. Il n'y a pas d'exagération, ce qui exclut l'hyperbole, ni d'opposition entre deux termes contraires, ce qui exclut l'antithèse.

  8. Dans « Ses yeux, deux diamants, brillaient dans la pénombre », quelle figure de style est utilisée ?

    • A.Une comparaison, car deux éléments sont rapprochés
    • B.Une personnification, car les yeux sont animés
    • C.Une métaphore, car aucun outil de comparaison ne relie les deux élémentsBonne réponse
    • D.Une périphrase, car « deux diamants » remplace un mot

    Réponse : C — Une métaphore, car aucun outil de comparaison ne relie les deux éléments

    « Ses yeux » et « deux diamants » sont juxtaposés sans aucun outil de comparaison, pas de « comme » ni de « tel que » : c'est une métaphore, ici construite par apposition. L'option 0 est le piège classique : le simple rapprochement de deux éléments ne suffit pas à faire une comparaison, il faut l'outil grammatical explicite. Il n'y a pas de trait humain ajouté à un objet inanimé, les yeux appartiennent déjà à une personne, et il ne s'agit pas de remplacer un mot par une expression qui le désigne autrement.

  9. « Il faut manger pour vivre, et non vivre pour manger » (Molière) illustre quelle construction ?

    • A.Un chiasmeBonne réponse
    • B.Une anaphore
    • C.Une gradation
    • D.Une métonymie

    Réponse : A — Un chiasme

    Les mots « manger » et « vivre » sont repris dans un ordre inversé, manger/vivre puis vivre/manger, formant une construction en miroir : c'est un chiasme. Ce n'est pas une anaphore, car il n'y a pas de répétition en début de phrase, ni une gradation, car il n'y a pas d'intensité croissante, ni une métonymie, car il n'y a pas de substitution logique d'un terme par un autre.

  10. « Toute la salle applaudit à tout rompre », où « la salle » désigne les spectateurs. Quelle figure de style est-ce ?

    • A.Une périphrase
    • B.Une métonymieBonne réponse
    • C.Une comparaison
    • D.Une hyperbole

    Réponse : B — Une métonymie

    « La salle », le contenant, le lieu, désigne ici « les spectateurs », le contenu, les personnes, par un lien logique : c'est une métonymie, le contenant pour le contenu. La périphrase remplacerait un mot par une expression qui le désigne autrement, sans ce lien de contenant à contenu, par exemple « la Ville lumière » pour Paris. Il n'y a ni comparaison explicite ni exagération démesurée.

  11. On étudie tous les sens possibles du mot « feu » selon les contextes : flamme, incendie, tir d'une arme, passion amoureuse, feu de circulation. De quoi s'agit-il ?

    • A.Du champ sémantique du mot feuBonne réponse
    • B.Du champ lexical du mot feu
    • C.D'une gradation de sens
    • D.D'une famille de mots

    Réponse : A — Du champ sémantique du mot feu

    On liste ici les différents sens que peut prendre UN SEUL mot, « feu », selon le contexte : c'est le champ sémantique. Le champ lexical porterait au contraire sur plusieurs mots DIFFÉRENTS renvoyant à un même thème dans un texte. Il ne s'agit pas d'une gradation, il n'y a pas d'ordre d'intensité, ni d'une famille de mots, qui regrouperait des mots formés sur le même radical, comme feu, enflammer, inflammable.

  12. Dans « Paris, cette fourmilière humaine, ne dort jamais », quelle analyse est correcte ?

    • A.C'est une comparaison, car « cette » introduit un rapprochement
    • B.C'est une personnification, car Paris « ne dort jamais », et c'est la figure dominante de la phrase
    • C.C'est une métaphore, car Paris est directement assimilé à une fourmilière sans outil de comparaisonBonne réponse
    • D.C'est une périphrase, car « fourmilière humaine » remplace neutrement le mot Paris

    Réponse : C — C'est une métaphore, car Paris est directement assimilé à une fourmilière sans outil de comparaison

    « Paris » et « cette fourmilière humaine » sont mis en apposition : aucun outil de comparaison, comme « comme » ou « tel que », ne les relie, Paris est directement identifié à une fourmilière. C'est donc une métaphore. Le déterminant « cette » n'est pas un outil de comparaison, c'est le piège de l'option 0. L'option 1 repère un détail réel du texte, « ne dort jamais » est effectivement une légère personnification, mais ce n'est pas la figure dominante de la phrase, centrée sur l'image de la fourmilière. Ce n'est pas non plus une périphrase neutre : « fourmilière humaine » crée au contraire une image forte, ce qui est le propre de la métaphore.

S'entraîner sur ce chapitre

Ce chapitre compte 34 exercices corrigés dans l'application, avec le suivi de ta progression.

Commencer les exercices