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La monnaie et le financement de l'économie

Seconde · SES · Science économique

Science économique

La monnaie : formes, fonctions et confiance

Un billet de 20 € est un rectangle de papier qui ne vaut, en tant que papier, quasiment rien. Et pourtant, tout le monde l'accepte en échange d'un vrai repas ou d'un vrai livre. Comprendre pourquoi ce morceau de papier fonctionne, c'est comprendre ce qu'est la monnaie.

Avant la monnaie : le troc et ses impasses

Dans une économie de troc, on échange directement un bien contre un autre. Le système bloque très vite, pour trois raisons.
1. La double coïncidence des besoins : pour échanger, il faut trouver quelqu'un qui possède ce que tu veux et qui veut ce que tu possèdes. Le boulanger qui a besoin de chaussures doit dénicher un cordonnier affamé.
2. L'absence d'unité de mesure commune : sans monnaie, il faut mémoriser le prix de chaque bien dans tous les autres. Avec 100 biens, cela fait près de 5 000 taux d'échange à connaître !
3. L'impossibilité de conserver : le boulanger ne peut pas mettre son pain de côté pendant dix ans pour préparer sa retraite.

Les formes de la monnaie aujourd'hui

FormeEn quoi elle consisteExemplesPart dans la masse monétaire
Monnaie fiduciairePièces et billets, dont la valeur repose uniquement sur la confiance (du latin fiducia)Un billet de 20 €, une pièce de 2 €Faible : moins d'un dixième
Monnaie scripturaleSimples écritures (aujourd'hui informatiques) sur les comptes bancairesLe solde de ton compte courantTrès largement majoritaire

Science économique

Le financement de l'économie

Une entreprise qui veut construire une usine à 10 millions d'euros les a rarement dans sa caisse. Un ménage qui achète un logement non plus. Il faut donc organiser la rencontre entre ceux qui manquent d'argent et ceux qui en ont en trop : c'est ce qu'on appelle le financement de l'économie.

Se financer soi-même ou faire appel aux autres
Une entreprise dispose d'abord de l'autofinancement : elle utilise ses propres bénéfices mis en réserve. C'est la solution la plus simple, mais elle est limitée par la taille de ces réserves.

Au-delà, il faut un financement externe, qui prend deux formes bien distinctes.

Financement direct (par les marchés)Financement indirect (intermédié)
PrincipeCelui qui a besoin d'argent s'adresse directement à ceux qui en ont, sur les marchés financiersUne banque s'interpose : elle collecte l'épargne et accorde des crédits
InstrumentsÉmission d'actions ou d'obligationsLe crédit bancaire
Coût pour l'emprunteurDividendes (actions) ou intérêts (obligations)Les intérêts du prêt
Qui y a accès ?Surtout les grandes entreprises et les ÉtatsTout le monde, y compris les ménages et les petites entreprises

Les banques créent de la monnaie
Une banque ne se contente pas de prêter l'épargne qu'elle a collectée. Lorsqu'elle accorde un crédit, elle inscrit simplement une somme au crédit du compte de son client : cette monnaie scripturale n'existait pas auparavant. C'est ce qu'on résume par la formule « les crédits font les dépôts ».

Le mouvement est réversible : quand le client rembourse, la monnaie correspondante est détruite. Ce pouvoir n'est évidemment pas illimité — la Banque centrale européenne le surveille et l'encadre, notamment en pilotant les taux d'intérêt, afin d'éviter qu'une création monétaire excessive ne provoque de l'inflation.

Exercices corrigés

  1. Qu'est-ce qu'une action ?

    • A.Un prêt accordé à une entreprise, remboursé avec intérêts
    • B.Une somme d'argent déposée sur un compte bancaire
    • C.Un titre de propriété sur une partie du capital d'une entrepriseBonne réponse
    • D.Une garantie apportée par l'État aux épargnants

    Réponse : C — Un titre de propriété sur une partie du capital d'une entreprise

    Acheter une action, c'est devenir copropriétaire d'une fraction de l'entreprise. En contrepartie, tu peux percevoir des dividendes si elle réalise des bénéfices — mais rien du tout dans le cas contraire. L'option 1 décrit l'OBLIGATION, qui est un titre de créance : là, tu prêtes et l'entreprise te doit des intérêts puis un remboursement. Le moyen mnémotechnique aide : action = associé, obligation = on te doit.

  2. Un ménage emprunte 10 000 € sur un an à un taux d'intérêt annuel de 3 %. Quel montant devra-t-il rembourser au total ?

    • A.10 003 €
    • B.13 000 €
    • C.10 030 €
    • D.10 300 €Bonne réponse

    Réponse : D — 10 300 €

    Les intérêts se calculent sur le capital : 10 000 × 0,03 = 300 €. Le remboursement total vaut donc 10 000 + 300 = 10 300 €. Attention à bien convertir le pourcentage : 3 % correspond à 0,03, pas à 3 €. Répondre 13 000 € reviendrait à un taux de 30 %, ce qui serait usuraire. Un réflexe de vérification : 3 %, c'est environ un trentième, et 10 000 / 33 donne bien un ordre de grandeur de 300.

  3. Pourquoi affirme-t-on qu'une carte bancaire n'est pas de la monnaie ?

    • A.Parce qu'elle n'est acceptée que dans certains commerces
    • B.Parce qu'elle est en plastique et non en métal ou en papier
    • C.Parce qu'elle n'est qu'un instrument permettant de faire circuler la monnaie scripturaleBonne réponse
    • D.Parce qu'elle appartient à la banque et non à son détenteur

    Réponse : C — Parce qu'elle n'est qu'un instrument permettant de faire circuler la monnaie scripturale

    La carte n'est qu'un outil de transfert : elle déplace de la monnaie scripturale d'un compte vers un autre, sans en être elle-même. La preuve par l'expérience : si tu détruis ta carte, ton argent reste sur ton compte, alors que détruire un billet fait disparaître la somme. Chèque et virement fonctionnent selon la même logique. Le matériau n'a rien à voir : ce qui compte, c'est de savoir si l'objet EST la monnaie ou s'il sert seulement à la déplacer.

  4. Un épargnant place 4 000 € sur un livret rémunéré à 2 % par an. De quelle somme disposera-t-il au bout d'un an ?

    • A.4 080 €Bonne réponse
    • B.4 800 €
    • C.4 008 €
    • D.4 020 €

    Réponse : A — 4 080 €

    Intérêts = 4 000 × 0,02 = 80 €, donc le capital atteint 4 000 + 80 = 4 080 €. Vérifions autrement : 1 % de 4 000 vaut 40, donc 2 % vaut le double, soit 80. C'est cohérent. Répondre 4 800 €, c'est avoir appliqué 20 % au lieu de 2 % — une erreur de virgule fréquente. Ce calcul illustre le double visage du taux d'intérêt : ce que l'épargnant gagne, l'emprunteur le paie.

  5. Qu'est-ce que le financement direct ?

    • A.Un financement obtenu sans avoir à payer d'intérêts
    • B.Un financement obtenu en une seule fois plutôt qu'en plusieurs versements
    • C.Un financement accordé directement par l'État aux entreprises
    • D.Un financement obtenu sur les marchés financiers, sans intermédiaire bancaireBonne réponse

    Réponse : D — Un financement obtenu sur les marchés financiers, sans intermédiaire bancaire

    « Direct » signifie sans intermédiaire : celui qui a besoin d'argent s'adresse directement à ceux qui en ont, en émettant des actions ou des obligations qu'ils achètent. Dans le financement INDIRECT, une banque s'interpose : elle collecte l'épargne d'un côté et accorde des crédits de l'autre, c'est l'intermédiation. Attention, direct ne veut pas dire gratuit : il faut verser des dividendes ou des intérêts. Ce mode de financement est surtout accessible aux grandes entreprises et aux États.

  6. Quelle est la principale différence de risque entre une action et une obligation ?

    • A.L'action est plus risquée : son rendement dépend des résultats de l'entrepriseBonne réponse
    • B.L'obligation est plus risquée : elle n'est jamais remboursée
    • C.Les deux présentent exactement le même niveau de risque
    • D.L'action est garantie par l'État, contrairement à l'obligation

    Réponse : A — L'action est plus risquée : son rendement dépend des résultats de l'entreprise

    L'actionnaire est propriétaire : il touche des dividendes si l'entreprise dégage des bénéfices, et rien du tout sinon. Son rendement est donc incertain, et en cas de faillite il est remboursé en dernier — souvent pas du tout. L'obligataire, lui, est créancier : les intérêts sont fixés à l'avance et le capital doit être remboursé à l'échéance. Le risque est plus faible, ce qui explique que le rendement espéré le soit aussi. Aucun des deux titres n'est garanti par l'État.

  7. Une entreprise emprunte 20 000 € au taux annuel de 5 %, sur 3 ans, en ne remboursant le capital qu'à la fin. Quel est le coût total des intérêts ?

    • A.1 000 €
    • B.300 €
    • C.3 000 €Bonne réponse
    • D.60 000 €

    Réponse : C — 3 000 €

    Il faut procéder en deux temps. Les intérêts d'une année valent 20 000 × 0,05 = 1 000 €. Comme le capital reste emprunté pendant 3 ans, le total atteint 1 000 × 3 = 3 000 €. Le piège est de s'arrêter à la première étape et de répondre 1 000 € : l'énoncé précise bien une durée de 3 ans. À la fin, l'entreprise remboursera 20 000 + 3 000 = 23 000 €. Vérification de vraisemblance : les intérêts représentent 15 % du capital sur trois ans, c'est plausible.

  8. Une forte inflation s'installe durablement dans un pays. Quelle fonction de la monnaie est la plus directement menacée ?

    • A.La fonction de réserve de valeurBonne réponse
    • B.La fonction d'intermédiaire des échanges
    • C.La fonction d'unité de compte
    • D.Aucune : l'inflation ne concerne que les prix

    Réponse : A — La fonction de réserve de valeur

    Avec l'inflation, la même somme permet d'acheter de moins en moins : conserver de la monnaie devient perdant, ce qui détruit la fonction de réserve de valeur. Les agents cherchent alors à s'en débarrasser au plus vite ou à la convertir en biens et en devises. Les deux autres fonctions ne s'effondrent que dans les cas extrêmes d'hyperinflation, où les prix changent si vite que la monnaie cesse aussi de mesurer et de servir aux échanges. C'est précisément pour cela que la BCE a pour mission première la stabilité des prix.

  9. Un ménage gagne 30 000 € par an et en dépense 27 000 €. Comment qualifier sa situation financière ?

    • A.Il est en besoin de financement de 3 000 €
    • B.Il est en capacité de financement de 3 000 €Bonne réponse
    • C.Il est à l'équilibre financier
    • D.Il est en capacité de financement de 27 000 €

    Réponse : B — Il est en capacité de financement de 3 000 €

    Le calcul est direct : 30 000 − 27 000 = 3 000 € d'épargne non employée. Comme ses ressources dépassent ses dépenses, ce ménage dispose d'un surplus qu'il peut prêter ou placer : c'est une capacité de financement de 3 000 €. On parlerait de BESOIN de financement dans la situation inverse, quand les dépenses dépassent les ressources et qu'il faut emprunter. Attention à ne pas confondre le montant du surplus (3 000 €) avec celui des dépenses (27 000 €).

  10. Une petite entreprise artisanale a besoin de 50 000 € pour acheter une machine. Quel mode de financement lui est le plus accessible ?

    • A.L'émission d'obligations sur le marché financier
    • B.L'introduction en Bourse par émission d'actions
    • C.Une subvention automatique de la Banque centrale européenne
    • D.Le crédit bancaire, c'est-à-dire un financement indirectBonne réponse

    Réponse : D — Le crédit bancaire, c'est-à-dire un financement indirect

    Les marchés financiers sont réservés en pratique aux grandes entreprises et aux États : émettre des actions ou des obligations suppose une taille, une notoriété et des frais que n'a pas un artisan. Pour lui, la banque est l'interlocuteur naturel — c'est tout l'intérêt de l'intermédiation, qui rend le financement accessible aux petits acteurs et aux ménages. Quant à la BCE, elle ne finance jamais directement les entreprises : elle agit sur les banques et sur les taux d'intérêt.

  11. La Banque centrale européenne relève nettement ses taux d'intérêt directeurs. Quel enchaînement est le plus probable ?

    • A.Le crédit devient moins cher, les emprunts augmentent, la création monétaire s'accélère
    • B.Le crédit devient plus cher, les emprunts diminuent, la création monétaire ralentitBonne réponse
    • C.Les taux directeurs ne concernent que l'État, l'économie n'est pas affectée
    • D.Les banques cessent d'accorder des crédits et la monnaie scripturale disparaît

    Réponse : B — Le crédit devient plus cher, les emprunts diminuent, la création monétaire ralentit

    Suis la chaîne pas à pas. Les taux directeurs déterminent le coût auquel les banques se refinancent, coût qu'elles répercutent sur les crédits accordés aux ménages et aux entreprises. Le crédit devenant plus cher, certains projets d'investissement ou d'achat immobilier ne sont plus rentables et sont abandonnés : le volume de crédits baisse. Or les crédits font les dépôts, donc moins de crédits signifie moins de création monétaire — ce qui freine l'activité et l'inflation. C'est exactement l'objectif visé. L'option 4 exagère : le crédit ralentit, il ne s'arrête pas.

  12. Quelles sont les trois fonctions de la monnaie ?

    • A.Intermédiaire des échanges, unité de compte, réserve de valeurBonne réponse
    • B.Épargne, investissement, consommation
    • C.Pièces, billets, comptes bancaires
    • D.Prêt, emprunt, remboursement

    Réponse : A — Intermédiaire des échanges, unité de compte, réserve de valeur

    Les trois fonctions répondent exactement aux trois impasses du troc. Intermédiaire des échanges : plus besoin de double coïncidence des besoins. Unité de compte : une mesure commune de la valeur, donc un seul prix par bien. Réserve de valeur : on peut conserver du pouvoir d'achat pour plus tard. Attention, l'option 3 énumère les FORMES de la monnaie, pas ses fonctions : ne confonds pas ce qu'elle est avec ce qu'elle sert à faire.

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