L'évolution des climats : passé et futur
Troisième · SVT · La planète Terre, l'environnement et l'action humaine
La planète Terre, l'environnement et l'action humaine
Les climats du passé et leurs causes naturelles
Le climat de la Terre n'a jamais été figé. Bien avant que l'humanité n'existe, la planète a connu des périodes glaciales et des périodes très chaudes. Les scientifiques savent reconstituer ces climats anciens grâce à des archives naturelles. Comprendre ce passé est indispensable pour juger de ce qui se passe aujourd'hui : c'est le point de comparaison.
Les archives du climat
Personne n'était là avec un thermomètre il y a 100 000 ans. Les scientifiques utilisent donc des indices indirects, appelés archives climatiques : des objets naturels qui ont enregistré les conditions de leur époque et qui se sont conservés jusqu'à nous.
| Archive | Ce qu'on y lit | Information obtenue |
|---|---|---|
| Carottes de glace (Groenland, Antarctique) | Bulles d'air emprisonnées dans la glace, composition chimique de la glace | Composition de l'atmosphère (CO2, méthane) et température de l'époque |
| Pollens fossiles (tourbières, lacs) | Espèces de plantes présentes autrefois dans la région | Climat froid ou chaud, humide ou sec (chaque plante a ses exigences) |
| Cernes des arbres | Largeur des anneaux de croissance annuels | Année favorable (cerne large) ou défavorable (cerne étroit) |
| Fossiles d'animaux et de plantes | Espèces retrouvées dans une couche de terrain | Milieu de vie : par exemple des coraux fossiles indiquent une mer chaude |
| Sédiments marins et moraines glaciaires | Dépôts laissés par la mer ou par les glaciers | Position ancienne des glaciers et du niveau de la mer |
Glaciations et périodes chaudes
Les archives montrent que, depuis environ un million d'années, la Terre alterne régulièrement entre :
— des périodes glaciaires, plus froides (jusqu'à 5 °C de moins en moyenne), pendant lesquelles les glaciers s'étendent très loin et le niveau des mers baisse fortement, car une énorme quantité d'eau est stockée sous forme de glace sur les continents ;
— des périodes interglaciaires, plus chaudes, où les glaciers reculent et le niveau des mers remonte. Nous vivons actuellement dans une période interglaciaire, commencée il y a environ 10 000 ans.
Les causes naturelles des variations climatiques
- Les paramètres orbitaux : la forme de l'orbite terrestre et l'inclinaison de l'axe de la Terre changent lentement, sur des dizaines de milliers d'années. Cela modifie la quantité d'énergie solaire reçue selon les saisons et déclenche l'alternance glaciaire / interglaciaire.
- L'activité volcanique : une éruption majeure envoie des poussières et des gaz dans l'atmosphère, ce qui peut refroidir la planète pendant quelques années.
- L'activité du Soleil : elle varie légèrement au cours du temps, donc l'énergie reçue par la Terre aussi.
- La tectonique des plaques : sur des dizaines de millions d'années, le déplacement des continents modifie les courants marins et la répartition des terres, donc le climat global.
La planète Terre, l'environnement et l'action humaine
Le réchauffement actuel et l'avenir du climat
Depuis le début de l'ère industrielle, vers 1850, la température moyenne de la planète a augmenté d'environ 1,1 °C. Cela paraît peu, mais c'est une hausse extrêmement rapide à l'échelle géologique : ce qui prend d'habitude plusieurs milliers d'années s'est produit en un peu plus d'un siècle. Et cette fois, la cause n'est pas naturelle.
L'effet de serre : un phénomène naturel, indispensable
Les activités humaines en cause
La concentration en CO2 de l'atmosphère est passée d'environ 280 ppm (parties par million) avant 1850 à plus de 420 ppm aujourd'hui. Les carottes de glace montrent qu'un tel niveau n'avait pas été atteint depuis au moins 800 000 ans, et jamais avec une telle vitesse. Les émissions viennent principalement de :
- la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) pour les transports, l'industrie, le chauffage et la production d'électricité : c'est de loin la première source de CO2 ;
- la déforestation, qui libère le carbone stocké dans les arbres et supprime des végétaux qui absorbaient du CO2 ;
- l'agriculture et l'élevage, qui émettent surtout du méthane (ruminants, rizières) et du protoxyde d'azote (engrais) ;
- la production de ciment et certains procédés industriels.
Les conséquences déjà observées
| Conséquence | Explication | Effet sur les êtres vivants et les sociétés |
|---|---|---|
| Fonte des glaciers de montagne et des calottes polaires | Une partie de la glace stockée sur les continents fond et rejoint l'océan | Moins d'eau douce disponible en été dans les vallées de montagne |
| Hausse du niveau des mers (environ 3 mm par an) | Deux causes : la dilatation de l'eau qui se réchauffe et l'apport d'eau par les glaces continentales | Submersion de littoraux, salinisation des sols, déplacement de populations |
| Multiplication des épisodes extrêmes | Une atmosphère plus chaude contient plus d'énergie et plus de vapeur d'eau | Canicules, sécheresses, incendies, pluies intenses plus fréquents |
| Acidification de l'océan | L'océan absorbe une partie du CO2 émis, ce qui rend l'eau plus acide | Difficulté à fabriquer les coquilles et les squelettes calcaires (coraux, mollusques) |
| Déplacement des aires de répartition | Chaque espèce a une gamme de températures qui lui convient | Espèces qui migrent vers le nord ou en altitude ; certaines n'y arrivent pas et disparaissent |
Prévoir et agir
Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) rassemble et synthétise les travaux des scientifiques du monde entier. Il ne fait pas d'expériences lui-même : il fait le bilan des connaissances et propose des scénarios pour l'avenir, obtenus grâce à des modèles informatiques. Le résultat dépend de nos choix : si les émissions restent fortes, la hausse pourrait dépasser 4 °C d'ici 2100 ; si elles diminuent rapidement, on peut la limiter aux environs de 2 °C.
Exercices corrigés
Quelle est la différence entre la météo et le climat ?
- A.La météo concerne la France, le climat concerne le monde entier
- B.La météo décrit le temps du moment, le climat est une moyenne calculée sur environ 30 ansBonne réponse
- C.La météo est mesurée, le climat est seulement calculé par ordinateur
- D.Ce sont deux mots qui désignent exactement la même chose
Réponse : B — La météo décrit le temps du moment, le climat est une moyenne calculée sur environ 30 ans
La météo, c'est le temps qu'il fait ici et maintenant : la pluie de demain, la température de la semaine. Le climat, lui, est une MOYENNE des conditions météorologiques sur une longue durée, fixée par convention à 30 ans. La différence n'est donc pas géographique (on parle du climat d'une ville comme de la météo du monde entier), et le climat s'appuie bel et bien sur des mesures réelles. Retiens la règle : un hiver glacial ne contredit pas un réchauffement, car une saison ne fait pas un climat.
Un scientifique retrouve, dans une couche de sédiments datée de 15 000 ans, des pollens de plantes qui vivent aujourd'hui uniquement en Laponie. Que peut-il en conclure sur la région étudiée ?
- A.Le climat y était alors plus chaud qu'aujourd'hui
- B.Ces plantes ont été apportées par des voyageurs venus du nord
- C.Le climat y était alors nettement plus froid qu'aujourd'huiBonne réponse
- D.On ne peut rien conclure, les pollens ne renseignent que sur les sols
Réponse : C — Le climat y était alors nettement plus froid qu'aujourd'hui
Chaque espèce végétale ne se développe que dans une gamme de conditions bien précise : température, humidité, durée de l'ensoleillement. Le principe de l'analyse pollinique est donc simple — si l'on retrouve les pollens d'une plante qui exige aujourd'hui un climat froid, c'est que la région avait à l'époque ce type de climat. Il y a 15 000 ans, la dernière glaciation s'achevait tout juste, ce qui est parfaitement cohérent. L'hypothèse des voyageurs ne tient pas : on trouve ces pollens en très grand nombre, ce qui suppose des populations de plantes installées sur place.
La teneur en CO2 de l'atmosphère est passée d'environ 280 ppm avant 1850 à 420 ppm aujourd'hui. De quel pourcentage a-t-elle augmenté ?
- A.De 140 %
- B.De 50 %Bonne réponse
- C.De 33 %
- D.De 14 %
Réponse : B — De 50 %
Calcule d'abord l'augmentation en valeur : 420 − 280 = 140 ppm. Compare-la ensuite à la valeur de DÉPART : 140 / 280 = 0,5, soit 50 %. Vérification : 280 + 50 % de 280 = 280 + 140 = 420, c'est bien cohérent. Le piège classique est de répondre 140 %, en confondant l'augmentation en ppm avec un pourcentage. Répondre 33 %, c'est diviser par la valeur d'arrivée (140 / 420) au lieu de la valeur de départ.
Si le niveau de la mer monte de 3 mm par an, de combien aura-t-il monté au bout de 80 ans, à ce rythme constant ?
- A.2,4 cm
- B.240 cm
- C.24 cmBonne réponse
- D.0,24 cm
Réponse : C — 24 cm
Multiplie d'abord : 3 mm × 80 = 240 mm. Convertis ensuite, car 1 cm vaut 10 mm : 240 / 10 = 24 cm. Vérifions autrement : 3 mm par an, c'est 3 cm en 10 ans, donc 24 cm en 80 ans. Le résultat est bien 24 cm, soit près d'un quart de mètre — de quoi rendre les tempêtes bien plus destructrices sur les côtes basses. Les autres réponses viennent d'erreurs de conversion : elles décalent la virgule d'un ou deux rangs.
Un élève affirme : « La fonte de la banquise arctique fait monter le niveau des océans. » Que penser de cette affirmation ?
- A.Elle est exacte : toute glace qui fond ajoute de l'eau à l'océan
- B.Elle est fausse : la banquise flotte déjà sur l'eau, sa fonte ne change pas le niveau marinBonne réponse
- C.Elle est exacte, mais seulement pour la banquise de l'Antarctique
- D.Elle est fausse : la banquise ne fond pas, elle s'épaissit chaque année
Réponse : B — Elle est fausse : la banquise flotte déjà sur l'eau, sa fonte ne change pas le niveau marin
La banquise, c'est de l'eau de mer gelée qui FLOTTE déjà sur l'océan : elle déplace donc déjà un volume d'eau. En fondant, elle occupe exactement ce volume et le niveau reste inchangé — comme un glaçon qui fond dans un verre rempli à ras bord sans le faire déborder. Ce qui fait vraiment monter la mer, c'est la dilatation de l'eau qui se réchauffe et la fonte des glaces posées sur les CONTINENTS (glaciers, Groenland, Antarctique). Attention à ne pas en conclure que la fonte de la banquise est sans gravité : elle bouleverse les écosystèmes polaires.
Que contiennent les bulles d'air emprisonnées dans une carotte de glace ?
- A.Un échantillon de l'atmosphère telle qu'elle était à l'époque où la glace s'est forméeBonne réponse
- B.De l'air actuel qui s'est infiltré dans la glace lors du forage
- C.De l'eau de mer très ancienne
- D.Des grains de pollen et des restes de plantes
Réponse : A — Un échantillon de l'atmosphère telle qu'elle était à l'époque où la glace s'est formée
Quand la neige s'accumule puis se tasse en glace, elle emprisonne de l'air. Cet air est donc un véritable échantillon de l'atmosphère du passé : on peut y mesurer directement les teneurs en CO2 et en méthane de l'époque. Ce n'est pas de l'air actuel : la glace est étanche, c'est justement ce qui fait la valeur de l'archive. Les pollens, eux, se retrouvent surtout dans les sédiments de lacs et de tourbières, et forment une autre archive climatique.
Quel est le principal gaz à effet de serre émis par les activités humaines ?
- A.Le dioxygène (O2)
- B.L'ozone présent dans la haute atmosphère
- C.Le dioxyde de carbone (CO2)Bonne réponse
- D.Le diazote (N2)
Réponse : C — Le dioxyde de carbone (CO2)
Le dioxyde de carbone CO2 est le gaz à effet de serre dont les activités humaines rejettent les plus grandes quantités, essentiellement par combustion du charbon, du pétrole et du gaz. Attention aux confusions classiques : le dioxygène et le diazote, qui composent pourtant l'essentiel de l'air, ne sont PAS des gaz à effet de serre. Quant à l'ozone de la haute atmosphère, il concerne un autre problème environnemental, celui du filtrage des rayons ultraviolets.
Sans effet de serre naturel, quelle serait environ la température moyenne à la surface de la Terre ?
- A.Environ 0 °C
- B.Environ 15 °C, exactement comme aujourd'hui
- C.Environ 40 °C
- D.Environ −18 °CBonne réponse
Réponse : D — Environ −18 °C
Les gaz à effet de serre retiennent une partie de la chaleur renvoyée par la surface terrestre. Sans eux, cette chaleur repartirait entièrement vers l'espace et la température moyenne du globe serait d'environ −18 °C, au lieu des +15 °C actuels : la Terre serait un monde gelé. C'est pour cela qu'on dit que l'effet de serre naturel est indispensable à la vie. Le problème actuel n'est pas l'effet de serre lui-même, mais son renforcement par nos émissions.
Pendant une période glaciaire, que se passe-t-il pour le niveau de la mer ?
- A.Il baisse fortement, car beaucoup d'eau est stockée en glace sur les continentsBonne réponse
- B.Il monte, car les glaciers fondent en permanence
- C.Il ne change pas, le niveau de la mer est toujours resté le même
- D.Il monte, car l'eau froide occupe plus de place que l'eau chaude
Réponse : A — Il baisse fortement, car beaucoup d'eau est stockée en glace sur les continents
Pendant une glaciation, il fait plus froid : d'énormes calottes de glace se forment et s'étendent sur les continents. L'eau qui constitue ces glaces vient de l'océan, via l'évaporation puis les précipitations neigeuses. Comme elle reste piégée sur les terres, le niveau marin baisse — d'environ 120 mètres il y a 20 000 ans, au point que la Manche était une plaine. Les autres propositions inversent le raisonnement : c'est justement quand la glace fond que la mer remonte, et l'eau froide se contracte au lieu de se dilater.
Quelle activité humaine émet le plus de CO2 dans le monde ?
- A.L'utilisation d'engrais dans les champs
- B.La respiration des êtres humains
- C.La fabrication des emballages plastiques
- D.La combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz)Bonne réponse
Réponse : D — La combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz)
Brûler du charbon, du pétrole ou du gaz libère dans l'atmosphère du carbone qui était stocké dans le sous-sol depuis des millions d'années : c'est la première source mondiale de CO2, à travers les transports, l'industrie, le chauffage et la production d'électricité. Les engrais posent surtout un problème de protoxyde d'azote, un autre gaz à effet de serre, en bien plus faibles quantités. Et la respiration humaine ne compte pas comme un ajout net : le carbone que tu expires vient des aliments, donc du CO2 récemment prélevé dans l'air par les plantes.
Dans une carotte de glace prélevée en Antarctique, où se trouve la glace la plus ancienne ?
- A.En profondeur, tout en bas de la carotteBonne réponse
- B.Tout en haut, près de la surface
- C.Au milieu de la carotte
- D.On ne peut pas le savoir, la glace se mélange en permanence
Réponse : A — En profondeur, tout en bas de la carotte
La glace se forme par accumulation de neige année après année : la neige la plus récente se dépose au-dessus et tasse les couches précédentes. Donc plus on descend dans la carotte, plus la glace est ancienne — exactement comme pour les couches de roches sédimentaires. C'est ce qui permet de dater chaque échantillon et de reconstituer une chronologie sur 800 000 ans. La glace des calottes polaires ne se mélange pas : c'est justement cette stabilité qui en fait une archive fiable.
Quelle est la principale cause naturelle de l'alternance entre périodes glaciaires et interglaciaires depuis un million d'années ?
- A.Les éruptions volcaniques successives
- B.Les variations des paramètres de l'orbite terrestre et de l'inclinaison de son axeBonne réponse
- C.L'extinction périodique de certaines espèces animales
- D.Le déplacement des continents
Réponse : B — Les variations des paramètres de l'orbite terrestre et de l'inclinaison de son axe
Les variations lentes de la forme de l'orbite de la Terre et de l'inclinaison de son axe modifient la quantité d'énergie solaire reçue selon les saisons et les latitudes : elles rythment l'alternance glaciaire / interglaciaire, avec des cycles de plusieurs dizaines de milliers d'années. Le volcanisme et l'activité solaire agissent aussi, mais sur des durées bien plus courtes et de façon plus faible. La tectonique des plaques, elle, joue sur des dizaines de MILLIONS d'années : beaucoup trop lentement pour expliquer des cycles de 100 000 ans.
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