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L'impact des activités humaines sur la biodiversité

Troisième · SVT · La planète Terre, l'environnement et l'action humaine

La planète Terre, l'environnement et l'action humaine

La biodiversité et les pressions humaines

On parle beaucoup de « protéger la biodiversité », mais que désigne exactement ce mot ? Bien plus que la liste des animaux menacés : la biodiversité, c'est l'ensemble du vivant, à toutes les échelles, ainsi que les relations qui unissent les êtres vivants entre eux et à leur milieu.

Un écosystème, un réseau de relations

Un écosystème réunit un milieu de vie (le sol, l'eau, le climat) et l'ensemble des êtres vivants qui y habitent. Ces êtres vivants dépendent les uns des autres, notamment par les relations alimentaires : les végétaux producteurs fabriquent leur matière organique à partir de matière minérale et de lumière, les consommateurs se nourrissent d'autres êtres vivants, et les décomposeurs (vers, champignons, bactéries) transforment les déchets et les cadavres en matière minérale réutilisable par les végétaux.

Les cinq grandes pressions exercées par l'être humain

PressionActivités responsablesEffet sur la biodiversité
Destruction et fragmentation des habitatsUrbanisation, routes, agriculture intensive, déforestationPremière cause mondiale : les espèces perdent leur lieu de vie et les populations se retrouvent isolées
Surexploitation des ressourcesSurpêche, chasse excessive, coupes forestières trop rapidesOn prélève plus vite que les populations ne se renouvellent, jusqu'à l'effondrement
PollutionsPesticides, engrais, rejets industriels, plastiques, marées noiresEmpoisonnement direct, accumulation le long des chaînes alimentaires
Introduction d'espèces envahissantesTransport maritime, commerce d'animaux et de plantes exotiquesL'espèce introduite, sans prédateur sur place, prend la place des espèces locales
Changement climatiqueÉmissions de gaz à effet de serreLes conditions changent plus vite que les espèces ne peuvent se déplacer ou s'adapter

La fragmentation mérite une attention particulière. Découper une forêt par une autoroute ne détruit qu'une bande étroite de terrain, mais coupe la population en deux groupes qui ne peuvent plus se rencontrer. Chaque groupe devient plus petit, donc moins varié génétiquement, donc plus fragile. C'est pour cette raison qu'on aménage aujourd'hui des corridors écologiques : passages à faune, haies, bandes enherbées qui relient les milieux entre eux.

La planète Terre, l'environnement et l'action humaine

Conséquences et actions pour préserver la biodiversité

Les extinctions d'espèces ne datent pas d'hier : la Terre a déjà connu cinq grandes crises biologiques, dont celle qui a vu disparaître les dinosaures non-aviens il y a 66 millions d'années. Ce qui distingue la situation actuelle, c'est le rythme. Les espèces disparaissent aujourd'hui des dizaines à des centaines de fois plus vite que la normale, et la cause n'est plus une météorite ni un volcan : c'est nous. Les scientifiques parlent d'une sixième crise biologique.

La pollution qui remonte les chaînes alimentaires

Ce que la biodiversité nous apporte

Protéger la biodiversité n'est pas seulement une question de beauté ou de morale : les écosystèmes rendent des services dont nos sociétés dépendent directement. Les insectes pollinisateurs assurent la reproduction d'une grande partie des cultures (pommes, courges, amandes, colza). Les végétaux produisent le dioxygène et absorbent du CO2. Les forêts et les zones humides filtrent l'eau et limitent les inondations. Les vers de terre et les micro-organismes fabriquent et entretiennent les sols fertiles. Beaucoup de médicaments, enfin, dérivent de molécules découvertes chez des plantes ou des micro-organismes.

Agir, à toutes les échelles

ÉchelleActions concrètes
InternationaleInterdiction du commerce des espèces menacées, quotas de pêche, aires marines protégées, accords sur le climat
Nationale et localeParcs nationaux et réserves naturelles, protection réglementaire d'espèces, corridors écologiques et passages à faune, restauration de zones humides, stations d'épuration
AgricoleRéduction des pesticides, replantation de haies, rotation des cultures, agriculture biologique, jachères fleuries
IndividuelleLimiter le gaspillage alimentaire, trier et réduire ses déchets, préférer les produits locaux et de saison, ne pas relâcher d'animal exotique dans la nature

Exercices corrigés

  1. Que désigne le mot « biodiversité » ?

    • A.Uniquement le nombre d'espèces animales sauvages recensées dans un pays donné
    • B.La diversité du vivant à trois niveaux : écosystèmes, espèces, et diversité génétique au sein d'une espèceBonne réponse
    • C.La liste officielle des espèces menacées d'extinction, publiée chaque année
    • D.La quantité totale de végétaux présents sur la Terre, mesurée en tonnes

    Réponse : B — La diversité du vivant à trois niveaux : écosystèmes, espèces, et diversité génétique au sein d'une espèce

    La biodiversité ne se réduit pas à un comptage d'animaux : elle s'observe à trois échelles emboîtées. La diversité des ÉCOSYSTÈMES (forêt, mare, récif…), la diversité des ESPÈCES au sein d'un milieu, et la diversité GÉNÉTIQUE entre les individus d'une même espèce. Ce troisième niveau est celui qu'on oublie le plus souvent, alors qu'il conditionne la capacité d'une population à résister aux maladies et aux changements du milieu. Les végétaux et les espèces menacées ne sont donc qu'une partie de l'ensemble.

  2. Dans une chaîne alimentaire polluée par un pesticide persistant, quel être vivant présente la plus forte concentration en polluant ?

    • A.Le végétal, car il est directement en contact avec le sol traité
    • B.Le prédateur situé au sommet de la chaîne alimentaireBonne réponse
    • C.Tous ont exactement la même concentration
    • D.Le plus petit animal, car son corps est plus léger

    Réponse : B — Le prédateur situé au sommet de la chaîne alimentaire

    C'est le principe de la bioaccumulation. Un polluant persistant n'est ni dégradé ni éliminé : il s'accumule dans les tissus. Chaque prédateur mange un grand nombre de proies et récupère donc l'ensemble de leurs polluants. La concentration augmente ainsi à chaque niveau, et c'est le prédateur du sommet — rapace, gros poisson, ours polaire — qui est le plus contaminé. Le végétal est le premier touché chronologiquement, mais c'est lui qui présente la concentration la PLUS FAIBLE de la chaîne.

  3. Dans une prairie, la chaîne alimentaire est : herbe → criquets → lézards → buses. Un insecticide élimine les criquets. Quelle conséquence est la plus probable ?

    • A.Les lézards se raréfient faute de nourriture, puis les buses diminuent à leur tourBonne réponse
    • B.Les buses augmentent, car elles n'ont plus de concurrents
    • C.Rien ne change, car les buses ne mangent pas de criquets
    • D.L'herbe disparaît, car elle a besoin des criquets pour se reproduire

    Réponse : A — Les lézards se raréfient faute de nourriture, puis les buses diminuent à leur tour

    Suis la chaîne maillon par maillon. Sans criquets, les lézards perdent leur ressource alimentaire principale : leur population chute. Les buses, qui se nourrissent des lézards, voient à leur tour leur nourriture diminuer et se raréfient ou quittent la zone. L'effet se propage donc VERS LE HAUT de la chaîne, même si les buses ne mangent pas directement de criquets — c'est justement l'erreur de la troisième option. Quant à l'herbe, elle n'a pas besoin des criquets, qui la consomment : privée de ce consommateur, elle aurait plutôt tendance à proliférer.

  4. Dans un lac, on mesure les concentrations d'un pesticide : plancton 0,04 mg/kg, petits poissons 0,5 mg/kg, gros poissons 2 mg/kg, oiseaux pêcheurs 20 mg/kg. Par combien la concentration est-elle multipliée entre le plancton et les oiseaux ?

    • A.Par 50
    • B.Par 500Bonne réponse
    • C.Par 20
    • D.Par 19,96

    Réponse : B — Par 500

    Pour savoir « par combien » une valeur est multipliée, on divise la valeur d'arrivée par la valeur de départ : 20 / 0,04. Pour éviter les erreurs avec les décimaux, multiplie les deux nombres par 100 : 2 000 / 4 = 500. Vérification à l'envers : 0,04 × 500 = 20, c'est bien cohérent. Le piège de la dernière option est de SOUSTRAIRE (20 − 0,04) au lieu de diviser : la soustraction donne un écart, pas un facteur de multiplication. Un facteur 500 illustre parfaitement la bioaccumulation.

  5. Une forêt tropicale est remplacée par une plantation d'une seule essence d'arbre. Le nombre d'arbres reste identique. Que peut-on dire de la biodiversité ?

    • A.Elle est inchangée, puisqu'il y a exactement autant d'arbres qu'avant la coupe
    • B.Elle chute fortement : une seule espèce d'arbre remplace des centaines d'espèces et l'ensemble des relations de l'écosystèmeBonne réponse
    • C.Elle augmente, car les arbres plantés sont mieux entretenus par les forestiers
    • D.Elle est inchangée, car la production de dioxygène de la parcelle reste la même

    Réponse : B — Elle chute fortement : une seule espèce d'arbre remplace des centaines d'espèces et l'ensemble des relations de l'écosystème

    Compter les arbres ne mesure pas la biodiversité. Une forêt tropicale abrite des centaines d'espèces d'arbres, et surtout tout ce qui en dépend : insectes, oiseaux, champignons, plantes du sous-bois, ainsi que le réseau de relations qui les unit. La plantation, elle, ne présente qu'une seule espèce, un sous-bois pauvre et une diversité génétique souvent minimale puisque les plants proviennent d'une même sélection. La biodiversité s'effondre aux trois niveaux à la fois — écosystèmes, espèces et génétique — même si la couverture végétale, elle, semble préservée.

  6. Parmi ces mesures, laquelle agit sur la CAUSE de la perte de biodiversité liée à l'agriculture intensive, plutôt que sur ses effets ?

    • A.Réduire l'usage des pesticides et replanter des haies entre les parcellesBonne réponse
    • B.Soigner les oiseaux intoxiqués dans un centre de soins
    • C.Élever des insectes en laboratoire pour compenser les pertes
    • D.Interdire l'accès du public aux champs cultivés

    Réponse : A — Réduire l'usage des pesticides et replanter des haies entre les parcelles

    Il faut distinguer ce qui traite le problème à la source de ce qui en répare les dégâts. Réduire les pesticides supprime le poison, et replanter des haies restaure des habitats et des corridors : on agit sur la cause. Soigner les oiseaux intoxiqués ou élever des insectes de remplacement soulage les conséquences, mais les pesticides continuent d'être épandus — le problème reste entier. Quant à interdire l'accès du public, cela ne change rien aux pratiques agricoles, qui sont la véritable pression exercée sur le milieu.

  7. Quelle est la première cause mondiale de perte de biodiversité ?

    • A.Le braconnage des grands mammifères
    • B.Les marées noires provoquées par des naufrages de pétroliers
    • C.La destruction et la fragmentation des habitats naturelsBonne réponse
    • D.Les éruptions volcaniques, comme celles du Vésuve

    Réponse : C — La destruction et la fragmentation des habitats naturels

    Détruire un milieu, c'est supprimer d'un coup toutes les espèces qui y vivaient : urbanisation, routes, agriculture intensive et déforestation arrivent donc en tête, loin devant les autres pressions. Le braconnage et les marées noires sont bien réels, mais ils touchent un nombre d'espèces et de surfaces beaucoup plus limité. Quant aux éruptions volcaniques, ce sont des phénomènes naturels : la question porte sur l'impact des activités humaines.

  8. Dans un écosystème, quel est le rôle des décomposeurs (vers de terre, champignons, bactéries) ?

    • A.Transformer les déchets et les cadavres en matière minérale réutilisable par les végétauxBonne réponse
    • B.Produire de la matière organique à partir de lumière
    • C.Chasser et capturer les petits animaux qui vivent dans le sol
    • D.Empêcher les végétaux de pousser trop vite en absorbant leur lumière

    Réponse : A — Transformer les déchets et les cadavres en matière minérale réutilisable par les végétaux

    Les décomposeurs ferment la boucle de la matière : ils dégradent les feuilles mortes, les cadavres et les déjections, et libèrent des sels minéraux que les racines des végétaux peuvent absorber. Sans eux, la matière organique morte s'accumulerait et le sol s'appauvrirait rapidement. La fabrication de matière organique à partir de lumière, elle, est le rôle des végétaux producteurs, pas des décomposeurs.

  9. Qu'est-ce qu'une espèce envahissante (ou invasive) ?

    • A.Une espèce locale qui devient très nombreuse après un hiver particulièrement doux
    • B.Une espèce dangereuse pour l'être humain, comme une vipère ou un scorpion
    • C.Une espèce qui se déplace peu à peu vers le nord à cause du réchauffement climatique
    • D.Une espèce introduite par l'être humain dans un milieu où elle ne vivait pas, et qui s'y multiplie au détriment des espèces localesBonne réponse

    Réponse : D — Une espèce introduite par l'être humain dans un milieu où elle ne vivait pas, et qui s'y multiplie au détriment des espèces locales

    Deux conditions définissent une espèce envahissante : elle a été introduite hors de son aire d'origine (souvent involontairement, par le transport maritime ou le commerce), et elle prolifère sur place au point d'éliminer les espèces locales. Sa réussite vient du fait qu'elle échappe à ses prédateurs et à ses parasites habituels, restés dans sa région d'origine. Le frelon asiatique en est un exemple bien connu. Une espèce dangereuse pour l'humain, comme la vipère, n'a rien d'envahissant : elle est chez elle.

  10. Pourquoi les insectes pollinisateurs sont-ils si importants pour l'agriculture ?

    • A.Ils protègent les cultures contre les maladies fongiques et les insectes ravageurs
    • B.Ils transportent le pollen d'une fleur à l'autre, ce qui permet la reproduction de nombreuses plantes cultivéesBonne réponse
    • C.Ils enrichissent le sol en matière organique grâce à leurs déjections
    • D.Ils éliminent les mauvaises herbes qui concurrencent les plantes cultivées

    Réponse : B — Ils transportent le pollen d'une fleur à l'autre, ce qui permet la reproduction de nombreuses plantes cultivées

    En butinant, l'insecte se couvre de pollen et le dépose sur la fleur suivante : c'est ce transport qui permet la fécondation, donc la formation des fruits et des graines. Sans pollinisateurs, pas de pommes, de courges, d'amandes ni de colza. Le rôle d'enrichissement du sol revient aux décomposeurs, et la lutte contre les maladies ou les mauvaises herbes n'a rien à voir avec la pollinisation. C'est pourquoi le déclin des abeilles inquiète autant les agriculteurs.

  11. Qu'appelle-t-on la « sixième crise biologique » ?

    • A.Le sixième hiver le plus froid jamais enregistré dans l'hémisphère nord
    • B.Une prévision de crise économique mondiale liée au dérèglement climatique
    • C.La disparition actuelle d'espèces à un rythme très supérieur au rythme naturel, causée par les activités humainesBonne réponse
    • D.La sixième grande glaciation subie par la Terre depuis sa formation

    Réponse : C — La disparition actuelle d'espèces à un rythme très supérieur au rythme naturel, causée par les activités humaines

    La Terre a déjà connu cinq grandes crises d'extinction, dues à des causes naturelles comme la chute d'une météorite ou un volcanisme intense. Les scientifiques parlent aujourd'hui d'une sixième crise, parce que les espèces disparaissent des dizaines à des centaines de fois plus vite que le rythme habituel. Sa spécificité tient à sa cause : pour la première fois, elle est provoquée par une seule espèce, la nôtre. Ni le climat froid ni l'économie ne définissent une crise biologique — le critère est le taux d'extinction des espèces.

  12. Une autoroute coupe en deux une forêt sans en détruire une grande surface. Pourquoi est-ce néanmoins un problème pour la biodiversité ?

    • A.Parce que la population est coupée en deux groupes isolés, plus petits et donc moins variés génétiquementBonne réponse
    • B.Parce que le bruit fait fuir toutes les espèces de la forêt
    • C.Parce que le bitume empêche la pluie de tomber sur la forêt
    • D.Parce que la forêt perd la moitié de sa production de dioxygène

    Réponse : A — Parce que la population est coupée en deux groupes isolés, plus petits et donc moins variés génétiquement

    C'est le problème de la fragmentation. Même si la surface détruite reste faible, les individus des deux côtés ne peuvent plus se rencontrer ni se reproduire ensemble. Chaque sous-population devient plus petite, donc moins diverse génétiquement, donc plus vulnérable aux maladies et aux aléas. C'est justement pour rétablir ces échanges qu'on construit des passages à faune et qu'on préserve les haies : les corridors écologiques. La forêt, elle, garde sa surface végétale et reçoit toujours la pluie.

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