Le système immunitaire
Troisième · SVT · Le corps humain et la santé
Le corps humain et la santé
Se protéger : barrières naturelles et réponse rapide
Nous vivons entourés de micro-organismes : bactéries, virus, champignons microscopiques. La plupart sont inoffensifs, certains sont même utiles (le microbiote intestinal), mais quelques-uns sont pathogènes : ils peuvent nous rendre malades. Pourtant, nous ne sommes pas malades en permanence. Pourquoi ? Parce qu'un ensemble d'organes et de cellules nous défend en continu : le système immunitaire.
La première ligne : les barrières naturelles
Avant même toute réaction immunitaire, le corps empêche les micro-organismes d'entrer :
• la peau, imperméable tant qu'elle n'est pas blessée, et acide en surface ;
• les muqueuses (nez, bouche, yeux, intestin) recouvertes de mucus qui piège les microbes ;
• les sécrétions : larmes, salive, sucs gastriques très acides ;
• le microbiote, ces bactéries inoffensives qui occupent la place et empêchent les pathogènes de s'installer.
Une coupure, une brûlure ou une piqûre ouvrent une brèche dans ces barrières : c'est là que commence la contamination.
La réaction inflammatoire et la phagocytose
Si un micro-organisme franchit les barrières, une réaction se déclenche en quelques minutes : la réaction inflammatoire. Elle se reconnaît à quatre signes : rougeur, chaleur, gonflement et douleur. Les vaisseaux sanguins se dilatent au niveau de la blessure et laissent passer des globules blancs venus du sang : les phagocytes.
Le corps humain et la santé
La réponse spécifique : lymphocytes et mémoire immunitaire
Quand la phagocytose ne suffit pas, une seconde défense entre en jeu. Elle est plus lente à se mettre en place (plusieurs jours), mais elle est spécifique : elle vise un antigène précis, et elle laisse une mémoire. Ce sont les lymphocytes, des globules blancs produits dans la moelle osseuse et stockés dans les ganglions.
Les lymphocytes B : les anticorps
Un lymphocyte B reconnaît un antigène précis. Une fois activé, il se multiplie et se transforme en cellule capable de produire massivement des anticorps. Ces anticorps sont libérés dans le sang, circulent, et se fixent sur les antigènes du micro-organisme : ils forment un complexe antigène-anticorps. Les microbes ainsi neutralisés et agglutinés sont ensuite phagocytés.
Un anticorps ne reconnaît qu'un seul antigène : l'anticorps anti-grippe ne fait rien contre le virus de la rougeole.
Les lymphocytes T : détruire les cellules infectées
Les anticorps circulent dans le sang, donc ils n'atteignent pas ce qui se cache à l'intérieur de nos cellules. Or c'est exactement la stratégie des virus : ils se multiplient dans nos propres cellules.
C'est le rôle des lymphocytes T : ils reconnaissent les cellules infectées grâce aux antigènes exposés à leur surface, s'y fixent, et les détruisent. En supprimant l'usine, ils stoppent la production de nouveaux virus.
| Phagocytose | Lymphocytes B | Lymphocytes T | |
|---|---|---|---|
| Rapidité | Immédiate (minutes-heures) | Lente (plusieurs jours) | Lente (plusieurs jours) |
| Spécifique ? | Non : agit contre tout intrus | Oui : un anticorps par antigène | Oui : cible un antigène précis |
| Mode d'action | Ingère et digère le micro-organisme | Produit des anticorps qui neutralisent les microbes dans le sang | Détruit les cellules infectées de l'organisme |
| Efficace surtout contre | Tous les micro-organismes, en première ligne | Les microbes présents dans le sang et les liquides | Les cellules infectées par un virus |
| Laisse une mémoire ? | Non | Oui | Oui |
La mémoire immunitaire
Après la victoire, la plupart des lymphocytes activés meurent, mais quelques-uns survivent très longtemps : ce sont les lymphocytes mémoire. Lors d'un second contact avec le même antigène, la réponse est alors :
• beaucoup plus rapide (quelques heures au lieu de plusieurs jours) ;
• beaucoup plus intense (bien plus d'anticorps produits) ;
• assez efficace pour éliminer le microbe avant l'apparition des symptômes.
C'est ce qu'on appelle être immunisé. C'est aussi le principe exploité par la vaccination.
Exercices corrigés
Comment appelle-t-on l'entrée d'un micro-organisme dans l'organisme ?
- A.L'infection
- B.La contaminationBonne réponse
- C.L'inflammation
- D.L'immunisation
Réponse : B — La contamination
La contamination, c'est le franchissement des barrières : le micro-organisme ENTRE. L'infection vient juste après : c'est sa MULTIPLICATION à l'intérieur du corps. Retiens l'ordre : contamination d'abord, infection ensuite. L'inflammation est la réaction du corps, et l'immunisation le fait d'être protégé.
Quels sont les quatre signes de la réaction inflammatoire ?
- A.Fièvre, toux, fatigue, courbatures
- B.Pâleur, froid, engourdissement, démangeaison
- C.Éternuement, écoulement, rougeur, fièvre
- D.Rougeur, chaleur, gonflement, douleurBonne réponse
Réponse : D — Rougeur, chaleur, gonflement, douleur
Rougeur, chaleur, gonflement et douleur : ces quatre signes sont dus à la dilatation des vaisseaux sanguins autour de la blessure, qui laissent passer plus de sang et les globules blancs. Attention à ne pas confondre avec les symptômes GÉNÉRAUX d'une maladie (fièvre, fatigue) : l'inflammation est une réaction LOCALE, au niveau de la zone contaminée.
Quelle est la dernière étape de la phagocytose ?
- A.L'adhésion au micro-organisme
- B.L'ingestion du micro-organisme
- C.Le rejet des débrisBonne réponse
- D.La production d'anticorps
Réponse : C — Le rejet des débris
L'ordre est : adhésion, ingestion, digestion, rejet. Le phagocyte se colle au microbe, l'englobe dans une vésicule, le digère grâce à des enzymes, puis expulse les débris inutilisables. La production d'anticorps n'a rien à voir avec la phagocytose : elle est assurée par les lymphocytes B.
Pourquoi les ganglions lymphatiques du cou gonflent-ils souvent lors d'une angine ?
- A.Parce que l'infection s'y est étendue et les a détruits
- B.Parce qu'ils se remplissent de pus provenant de la gorge
- C.Parce que les lymphocytes s'y multiplient activement pour combattre l'infectionBonne réponse
- D.Parce que la fièvre fait légèrement gonfler les glandes salivaires voisines
Réponse : C — Parce que les lymphocytes s'y multiplient activement pour combattre l'infection
Les ganglions sont des lieux de stockage et de multiplication des lymphocytes. Face à un antigène, les lymphocytes qui le reconnaissent se multiplient massivement : le ganglion se remplit de cellules et gonfle. Un ganglion gonflé est donc plutôt bon signe — c'est l'usine de défense qui tourne à plein régime.
On lit sur un graphique qu'après un second contact avec le même antigène, la production d'anticorps démarre plus tôt et atteint un pic dix fois plus élevé. Comment l'expliquer ?
- A.Par la présence de lymphocytes mémoire issus du premier contactBonne réponse
- B.Par une mutation du micro-organisme entre les deux contacts
- C.Par une augmentation du nombre de phagocytes dans le sang
- D.Par la disparition des barrières naturelles
Réponse : A — Par la présence de lymphocytes mémoire issus du premier contact
Après le premier contact, quelques lymphocytes spécifiques survivent longtemps : ce sont les lymphocytes mémoire. Au second contact, ils sont déjà présents, déjà spécifiques, et n'ont plus qu'à se multiplier : d'où une réponse plus rapide (quelques heures) et plus intense. C'est le fondement même de l'immunité et de la vaccination.
Qu'est-ce qu'un antigène ?
- A.Une molécule étrangère reconnue par le système immunitaireBonne réponse
- B.Une cellule qui détruit les microbes
- C.Un médicament qui tue les bactéries
- D.Une molécule produite par les lymphocytes B
Réponse : A — Une molécule étrangère reconnue par le système immunitaire
Un antigène est une molécule que le système immunitaire identifie comme étrangère, souvent située à la surface d'un micro-organisme. Ne le confonds pas avec l'ANTICORPS, qui est au contraire produit par tes lymphocytes B pour se fixer sur l'antigène. Astuce : antiGÈNE = ce qui vient de l'extérieur et déclenche ; antiCORPS = ce que ton corps fabrique pour riposter.
Parmi ces éléments, lequel n'est PAS une barrière naturelle de l'organisme ?
- A.La peau intacte
- B.Le mucus des voies respiratoires
- C.L'acidité de l'estomac
- D.Les anticorps du sangBonne réponse
Réponse : D — Les anticorps du sang
Les barrières naturelles empêchent les micro-organismes d'ENTRER : peau, muqueuses, mucus, larmes, acidité gastrique, microbiote. Les anticorps, eux, n'interviennent qu'APRÈS l'entrée du microbe, dans le cadre de la réponse immunitaire spécifique. Ce ne sont donc pas des barrières mais une défense interne.
Où sont produits les lymphocytes ?
- A.Dans le foie
- B.Dans la moelle osseuseBonne réponse
- C.Dans le cœur
- D.Dans les poumons
Réponse : B — Dans la moelle osseuse
La moelle osseuse, à l'intérieur des os, fabrique toutes les cellules du sang : globules rouges, plaquettes et globules blancs (dont les lymphocytes et les phagocytes). Les lymphocytes sont ensuite stockés notamment dans les ganglions lymphatiques et la rate — ce qui explique que les ganglions gonflent quand tu es malade.
Pourquoi les anticorps sont-ils inefficaces seuls contre un virus déjà installé à l'intérieur d'une cellule ?
- A.Parce que les anticorps circulent dans le sang et ne pénètrent pas dans les cellulesBonne réponse
- B.Parce que les virus sont trop petits pour être reconnus
- C.Parce que les anticorps ne durent que quelques minutes
- D.Parce que les virus détruisent tous les anticorps
Réponse : A — Parce que les anticorps circulent dans le sang et ne pénètrent pas dans les cellules
Les anticorps agissent dans le sang et les liquides du corps : ils neutralisent les microbes qui y circulent. Un virus caché DANS une cellule est hors de leur portée. C'est précisément pour cela qu'existent les lymphocytes T, qui repèrent les cellules infectées grâce aux antigènes exposés à leur surface et les détruisent, usine comprise.
Une personne est séropositive vis-à-vis du virus de la rubéole. Que peut-on affirmer ?
- A.Elle est actuellement malade de la rubéole
- B.Elle ne pourra jamais attraper la rubéole, même sans anticorps
- C.Son sang contient des anticorps dirigés contre le virus de la rubéoleBonne réponse
- D.Elle produit des antigènes contre la rubéole
Réponse : C — Son sang contient des anticorps dirigés contre le virus de la rubéole
Séropositif signifie littéralement : le sérum (la partie liquide du sang) contient les ANTICORPS spécifiques d'un antigène donné. C'est la preuve d'un contact passé avec cet antigène, par la maladie ou par un vaccin. Cela ne dit rien sur le fait d'être malade en ce moment. Et attention au vocabulaire : on produit des anticorps, jamais des antigènes.
Quelle est la différence essentielle entre la phagocytose et la réponse des lymphocytes ?
- A.La phagocytose ne fonctionne que contre les virus, jamais les bactéries
- B.La phagocytose est rapide et non spécifique, la réponse lymphocytaire est plus lente mais spécifiqueBonne réponse
- C.Seule la phagocytose se produit réellement dans le sang humain
- D.La phagocytose est spécifique, la réponse lymphocytaire ne l'est pas
Réponse : B — La phagocytose est rapide et non spécifique, la réponse lymphocytaire est plus lente mais spécifique
Le phagocyte agit en quelques minutes et attaque n'importe quel intrus : c'est la défense rapide et NON spécifique. Les lymphocytes mettent plusieurs jours à se multiplier, mais ils ciblent un antigène PRÉCIS et laissent une mémoire. Les deux se complètent : les anticorps produits par les lymphocytes B facilitent d'ailleurs la phagocytose des microbes agglutinés.
Que se passe-t-il lorsqu'un anticorps rencontre son antigène ?
- A.L'anticorps se transforme en lymphocyte T
- B.L'anticorps digère immédiatement le micro-organisme
- C.L'antigène devient inoffensif et disparaît instantanément
- D.Il se forme un complexe antigène-anticorps, qui sera ensuite phagocytéBonne réponse
Réponse : D — Il se forme un complexe antigène-anticorps, qui sera ensuite phagocyté
L'anticorps se fixe sur l'antigène et forme un complexe antigène-anticorps : les micro-organismes sont neutralisés et agglutinés en paquets. Mais l'anticorps ne digère rien lui-même — c'est une molécule, pas une cellule. La destruction finale est assurée par les phagocytes, qui repèrent et avalent ces complexes bien plus facilement.
S'entraîner sur ce chapitre
Ce chapitre compte 36 exercices corrigés dans l'application, avec le suivi de ta progression.
Commencer les exercices