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Les récits des grands explorateurs

Cinquième · Français · Le voyage et l'aventure : pourquoi aller vers l'inconnu ?

Le voyage et l'aventure

Qu'est-ce qu'un récit d'exploration ?

Depuis toujours, des hommes et des femmes ont quitté leur pays pour aller vers l'inconnu : traverser des mers immenses, gravir des montagnes, entrer dans des forêts jamais vues. À leur retour, beaucoup ont raconté ce qu'ils avaient vécu. Ces récits, souvent tirés de voyages réels, forment le genre du récit d'exploration (ou récit de voyage).

Les grandes explorations

Aux XVe et XVIe siècles, on a appelé cette période les Grandes Découvertes. Mais on voyageait déjà bien avant ! Voici quelques explorateurs célèbres et leurs récits.

On regroupe sous ce nom les grands voyages maritimes menés par les Européens à partir de la fin du XVe siècle, à une époque où de nouveaux instruments de navigation et de nouveaux bateaux rendaient possible la traversée de longues distances en haute mer. On cherchait notamment de nouvelles routes maritimes vers l'Asie, pour atteindre les épices et les richesses sans emprunter les routes terrestres traditionnelles. Marco Polo, lui, a voyagé bien avant cette période, par voie terrestre : son récit a d'ailleurs nourri l'imaginaire des explorateurs partis plus tard par la mer.

ExplorateurÉpoqueCe qu'il a exploré
Marco PoloXIIIe siècleL'Asie et la Chine ; il en tire Le Livre des merveilles
Christophe Colomb1492Il atteint l'Amérique en cherchant une route vers les Indes
Jacques CartierXVIe siècleLe Canada et le fleuve Saint-Laurent
Fernand de MagellanXVIe siècleLe premier grand tour du monde par la mer

Pourquoi partir vers l'inconnu ?

  • Pour découvrir : la curiosité, l'envie de voir ce qui existe au bout du monde.
  • Pour s'enrichir : trouver de l'or, des épices, ouvrir de nouvelles routes commerciales.
  • Pour la gloire : être le premier, laisser son nom dans l'Histoire.
  • Pour évangéliser : à l'époque, certains voulaient répandre leur religion.

Ces raisons se combinaient souvent chez un même explorateur, plutôt que d'agir séparément : Christophe Colomb, par exemple, cherchait à la fois une route commerciale plus rapide vers l'Asie (l'enrichissement) et à marquer l'Histoire en atteignant des terres nouvelles (la gloire). Les souverains qui finançaient ces expéditions attendaient en retour des richesses et de nouveaux territoires, ce qui explique pourquoi si peu de voyages étaient entrepris uniquement par curiosité désintéressée. C'est pour cela qu'un même récit d'exploration mêle presque toujours plusieurs de ces motivations, sans qu'il faille n'en choisir qu'une seule.

Le voyage et l'aventure

Comment est écrit un récit de voyage ?

Un récit de voyage n'est pas un simple documentaire : c'est un texte littéraire. Pour bien le lire, il faut repérer qui raconte, comment il décrit ce qu'il voit, et la part de vérité ou d'imagination qu'il contient.

Le point de vue du voyageur

Quand le narrateur dit « je » et raconte ce qu'il ressent, on parle de point de vue interne (ou focalisation interne) : on voit le monde à travers ses yeux. C'est ce qui rend le récit vivant : on a l'impression de partir avec lui.

Décrire l'inconnu avec du connu

Face à un animal ou un objet jamais vu, comment le décrire ? Les voyageurs utilisent la comparaison : ils rapprochent l'inconnu d'une chose familière (« un fruit gros comme une tête », « un animal semblable à un cheval »). C'est un procédé essentiel du genre.

Exercices corrigés

  1. Qu'est-ce qu'un récit d'exploration (ou récit de voyage) ?

    • A.Un texte qui raconte un voyage vers un lieu inconnu ou lointainBonne réponse
    • B.Un poème lyrique qui célèbre la beauté de la nature
    • C.Une pièce de théâtre à visée comique et légère
    • D.Un article de dictionnaire qui définit un seul mot

    Réponse : A — Un texte qui raconte un voyage vers un lieu inconnu ou lointain

    Un récit d'exploration raconte un voyage vers l'inconnu : le voyageur y décrit ce qu'il découvre et partage ses émotions. Les autres réponses désignent d'autres genres (poésie, théâtre, texte documentaire) qui ne racontent pas un voyage.

  2. Qu'appelle-t-on un « journal de bord » ?

    • A.Un texte où le voyageur note jour après jour ce qu'il vitBonne réponse
    • B.La carte détaillée du bateau et de sa cargaison
    • C.La liste complète des marins de l'équipage
    • D.Le nom officiel du navire et de son capitaine

    Réponse : A — Un texte où le voyageur note jour après jour ce qu'il vit

    Le journal de bord est un texte écrit au fil des jours, souvent daté, où le voyageur consigne son voyage à la première personne. Ce n'est ni une carte, ni une liste, ni le nom du bateau.

  3. Un récit de voyage a une « visée informative ». Qu'est-ce que cela signifie ?

    • A.Il cherche uniquement à faire rire le lecteur
    • B.Il donne des renseignements sur les lieux et les peuples découvertsBonne réponse
    • C.Il raconte une histoire totalement inventée par l'auteur
    • D.Il ne sert qu'à exprimer les émotions du narrateur

    Réponse : B — Il donne des renseignements sur les lieux et les peuples découverts

    La visée informative, c'est le fait d'apporter des informations : décrire un pays, un peuple, des animaux nouveaux. Elle se combine souvent à la visée subjective (partager les émotions). Faire rire ou tout inventer ne sont pas le but d'un récit d'exploration.

  4. Comment appelle-t-on le point de vue quand le narrateur dit « je » et qu'on voit le monde à travers ses yeux ?

    • A.Le point de vue interneBonne réponse
    • B.Le point de vue externe
    • C.Le point de vue omniscient
    • D.Le point de vue neutre

    Réponse : A — Le point de vue interne

    Quand on suit les pensées et les sensations d'un personnage qui dit « je », c'est la focalisation (ou point de vue) interne : on découvre le monde en même temps que lui. Le point de vue externe montre les choses de l'extérieur, sans les pensées, et l'omniscient sait tout de tous les personnages.

  5. Une expression comme « des marchandises de tous les pays du monde », qui insiste sur l'abondance, sert surtout à créer quel effet ?

    • A.Un effet de tristesse face à la misère du pays
    • B.Un effet d'ennui devant un paysage jugé banal
    • C.Un effet d'émerveillement devant la richesse découverteBonne réponse
    • D.Un effet de peur face à un danger inconnu

    Réponse : C — Un effet d'émerveillement devant la richesse découverte

    En insistant sur l'abondance (« de tous les pays du monde »), le voyageur exprime son admiration : c'est l'émerveillement, très fréquent dans les récits d'exploration. Rien ici n'évoque la tristesse, l'ennui ou la peur.

  6. Dans un journal de bord, on lit : « 12 octobre. Nous vîmes enfin la terre. » Quels indices montrent qu'il s'agit d'un journal de bord ?

    • A.La rime des mots à la fin de chaque ligne, comme dans un poème
    • B.La présence d'un titre de chapitre, comme dans un roman d'aventure
    • C.L'emploi de la troisième personne du singulier tout au long du texte
    • D.La présence d'une date et d'un récit à la première personne du plurielBonne réponse

    Réponse : D — La présence d'une date et d'un récit à la première personne du pluriel

    Deux indices : la date (« 12 octobre ») qui rythme le journal jour après jour, et le « nous » (première personne du pluriel) qui montre que le voyageur raconte sa propre expérience. Il n'y a pas de rime (ce n'est pas un poème) et le texte n'est pas à la troisième personne.

  7. Pourquoi dit-on qu'un récit de voyage réel n'est pas toujours totalement « vrai » ?

    • A.Parce qu'il est toujours entièrement écrit en vers
    • B.Parce qu'il ne contient jamais aucune date précise
    • C.Parce qu'il est écrit par un romancier qui n'a jamais voyagé
    • D.Parce que le voyageur peut exagérer ou rapporter ce qu'il n'a pas vuBonne réponse

    Réponse : D — Parce que le voyageur peut exagérer ou rapporter ce qu'il n'a pas vu

    Même après un vrai voyage, le récit peut contenir des exagérations, des erreurs, ou des rumeurs entendues et non vérifiées. Le lecteur doit donc garder un esprit critique. Un journal de voyage n'est pas en vers et contient souvent des dates.

  8. Quelle est la différence entre l'auteur et le narrateur d'un récit de voyage ?

    • A.Il n'y a aucune différence, ce sont toujours deux mots pour la même chose
    • B.L'auteur est la personne réelle qui écrit ; le narrateur est la voix qui raconteBonne réponse
    • C.L'auteur raconte l'histoire et le narrateur imprime et vend le livre
    • D.Le narrateur est toujours un animal qui parle dans le récit

    Réponse : B — L'auteur est la personne réelle qui écrit ; le narrateur est la voix qui raconte

    L'auteur est l'écrivain réel (par exemple Marco Polo), tandis que le narrateur est la voix qui dit « je » à l'intérieur du texte. Ils peuvent coïncider dans un journal, mais ce sont deux notions différentes qu'il ne faut pas confondre.

  9. Dans une description d'exploration, à quoi sert le plus souvent l'imparfait, comme dans « Les oiseaux volaient au-dessus du navire » ?

    • A.À décrire, à planter le décor et les actions qui durentBonne réponse
    • B.À indiquer une action très brève et soudaine
    • C.À donner un ordre direct au lecteur
    • D.À poser une question au lecteur curieux

    Réponse : A — À décrire, à planter le décor et les actions qui durent

    L'imparfait est le temps de la description et de l'arrière-plan : il montre des actions qui durent ou se répètent, et sert à peindre le décor. Les actions brèves et soudaines seraient plutôt au passé simple ; un ordre demanderait l'impératif.

  10. Un voyageur écrit : « Jamais mes yeux n'avaient contemplé pareille splendeur. » Que révèle surtout cette phrase ?

    • A.Une information géographique précise sur le lieu
    • B.Une critique sévère du déroulement du voyage
    • C.Le regard subjectif et l'émerveillement du narrateurBonne réponse
    • D.Une simple date inscrite en haut de la page

    Réponse : C — Le regard subjectif et l'émerveillement du narrateur

    La tournure « jamais mes yeux » et le mot « splendeur » expriment fortement l'admiration personnelle du narrateur : c'est la subjectivité et l'émerveillement. La phrase ne donne aucune information géographique précise ni aucune date.

  11. On lit : « 3 août. Le vent nous poussa vers une côte que nul n'avait jamais foulée ; nos cœurs battaient d'espérance et de crainte. » Quelle analyse est la plus complète et exacte ?

    • A.C'est un journal de bord (date, « nous ») qui mêle information et émotionBonne réponse
    • B.C'est un poème, car le texte comporte une rime intérieure évidente
    • C.C'est un texte purement objectif, totalement dépourvu de toute émotion
    • D.C'est une pièce de théâtre, car on y trouve un dialogue entre marins

    Réponse : A — C'est un journal de bord (date, « nous ») qui mêle information et émotion

    La date « 3 août » et le pronom « nous » signalent un journal de bord. La « côte que nul n'avait foulée » relève de l'information (une découverte), tandis que « nos cœurs battaient d'espérance et de crainte » exprime l'émotion : c'est la visée subjective. Il n'y a ni rime, ni dialogue, et le texte n'est pas neutre : il combine les deux visées, ce qui est typique du genre.

  12. Quel explorateur atteint l'Amérique en 1492 en cherchant une route vers les Indes ?

    • A.Marco Polo
    • B.Jacques Cartier
    • C.Christophe ColombBonne réponse
    • D.Fernand de Magellan

    Réponse : C — Christophe Colomb

    En 1492, Christophe Colomb traverse l'Atlantique en pensant rejoindre les Indes par l'ouest : il découvre en fait l'Amérique. Marco Polo (XIIIe s.) explore l'Asie, Cartier le Canada, et Magellan réalise le premier tour du monde par la mer.

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