Histoire et mémoire de l'Italie
Première · Italien · Culture
Culture
Dal Risorgimento al fascismo: la costruzione (e la crisi) dell'Italia unita
Comment un pays devenu une nation seulement en 1861 construit-il sa mémoire nationale, surtout après avoir traversé une dictature ? L'Italie offre un parcours particulièrement riche, entre unification, fascisme et Résistance.
Il Risorgimento e l'Unità d'Italia (1861)
L'ascesa del fascismo (1922-1943)
En octobre 1922, Benito Mussolini et ses partisans organisent la marcia su Roma, une démonstration de force qui aboutit à sa nomination comme chef du gouvernement par le roi. Il installe progressivement une dictature, le regime fascista, qui dure jusqu'à sa chute en juillet 1943, puis à l'armistice italien de septembre 1943.
| Date | Événement |
|---|---|
| 1860 | Spedizione dei Mille de Garibaldi |
| 17 mars 1861 | Proclamation du Regno d'Italia |
| Octobre 1922 | Marcia su Roma, Mussolini nommé chef du gouvernement |
| 25 juillet 1943 | Chute de Mussolini |
| 25 avril 1945 | Liberazione, fin de la guerre en Italie |
Culture
La Resistenza e il lavoro di memoria dopo il 1945
Après la chute du fascisme, l'Italie construit progressivement, et parfois tardivement, un travail de mémoire sur ses années les plus sombres : occupation, persécutions, terrorisme politique.
La Resistenza e la Liberazione
Cette division n'est pas seulement militaire : après l'armistice de septembre 1943, le roi Vittorio Emanuele III et le gouvernement fuient vers le Sud pour rejoindre les Alliés, tandis que Mussolini, libéré par un commando allemand, est réinstallé à la tête de la Repubblica di Salò, un régime fasciste résiduel sous protection allemande. L'Italie se retrouve ainsi coupée en deux, avec au Nord une guerre civile larvée entre partigiani et fascistes de Salò, en plus de la guerre contre l'occupant allemand, ce qui explique pourquoi la Liberazione du 25 avril 1945 est autant célébrée comme victoire sur l'occupation étrangère que comme fin d'une guerre entre Italiens.
Due giorni della memoria: Shoah e foibe
Gli anni di piombo e la memoria récente
Dans les années 1970-1980, l'Italie traverse les anni di piombo (les années de plomb), marquées par le terrorisme d'extrême gauche (Brigate Rosse) et d'extrême droite. L'enlèvement puis l'assassinat, en 1978, d'Aldo Moro, président de la Democrazia Cristiana et cinq fois président du Conseil entre 1963 et 1976, par les Brigate Rosse en est l'épisode le plus marquant, encore commémoré aujourd'hui.
| Date | Commémoration |
|---|---|
| 25 avril | Festa della Liberazione (1945) |
| 27 janvier | Giorno della Memoria (Shoah, depuis 2000) |
| 10 février | Giorno del Ricordo (foibe, depuis 2004) |
| 9 mai | Journée en mémoire d'Aldo Moro et des victimes du terrorisme |
Le nom même de « pietre d'inciampo » (pierres sur lesquelles on trébuche) explique leur logique : plutôt que d'enfermer la mémoire dans un musée que l'on visite volontairement, l'artiste Gunter Demnig les installe directement dans le trottoir, devant l'ancien domicile de la victime, pour que les passants la croisent involontairement dans leur quotidien. Le projet, né en Allemagne au début des années 1990 sous le nom de Stolpersteine, s'est ensuite étendu à de nombreuses villes italiennes ; chaque pavé porte le nom, la date de naissance et le sort de la personne déportée, ce qui permet de citer un exemple précis et localisé plutôt qu'un chiffre global.
Exercices corrigés
Qui mène la « spedizione dei Mille » en 1860 ?
- A.Camillo Cavour
- B.Benito Mussolini
- C.Giuseppe GaribaldiBonne réponse
- D.Giuseppe Mazzini
Réponse : C — Giuseppe Garibaldi
C'est Giuseppe Garibaldi qui mène la spedizione dei Mille en 1860, débarquant en Sicile avec environ mille volontaires (le camicie rosse) pour conquérir le Sud de l'Italie. Cavour était le stratège diplomatique, Mazzini le penseur républicain, et Mussolini n'a rien à voir avec cet épisode du XIXe siècle.
Un texte affirme : « Gli anni di piombo hanno riguardato solo un attentato isolato, senza nessun impatto duraturo sulla società italiana. » Que peut-on objecter avec précision ?
- A.Rien, cette affirmation est entièrement exacte et correspond parfaitement à ce que rapportent tous les historiens italiens spécialistes de cette période
- B.Que les anni di piombo n'ont jamais existé et qu'il s'agit d'une invention tardive de certains historiens contemporains en mal de sensationnalisme
- C.Que seul le fascisme historique de Mussolini, dans les années 1920 et 1930, est concerné par ce terme de anni di piombo employé par les historiens
- D.Que les anni di piombo furent une période prolongée de terrorisme politique (Brigate Rosse et extrême droite), dont l'assassinat d'Aldo Moro (1978) reste un épisode majeur encore commémoré aujourd'huiBonne réponse
Réponse : D — Que les anni di piombo furent une période prolongée de terrorisme politique (Brigate Rosse et extrême droite), dont l'assassinat d'Aldo Moro (1978) reste un épisode majeur encore commémoré aujourd'hui
L'affirmation minimise à tort une période prolongée de violence politique (années 1970-1980), marquée par de nombreux attentats d'extrême gauche et d'extrême droite, dont l'enlèvement et l'assassinat d'Aldo Moro par les Brigate Rosse en 1978 reste l'épisode le plus marquant, toujours commémoré le 9 mai.
Remets dans l'ordre chronologique : (a) Giorno della Memoria institué, (b) spedizione dei Mille, (c) marcia su Roma, (d) Liberazione (25 avril).
- A.b, c, d, aBonne réponse
- B.a, b, c, d
- C.c, b, a, d
- D.d, c, b, a
Réponse : A — b, c, d, a
L'ordre chronologique correct est : (b) spedizione dei Mille en 1860, (c) marcia su Roma en 1922, (d) Liberazione le 25 avril 1945, (a) institution du Giorno della Memoria en 2000. C'est une chronologie clé de plus de 140 ans à bien maîtriser pour ce chapitre.
En quoi l'histoire italienne du XXe siècle (Risorgimento, fascisme, Resistenza) illustre-t-elle la complexité du travail de mémoire national ?
- A.Parce que l'Italie n'a jamais eu besoin de travailler sa mémoire nationale, son histoire du XXe siècle n'ayant connu ni dictature, ni guerre civile, ni épisode nécessitant une reconnaissance officielle
- B.Parce que seule l'unification de 1861 a laissé une trace mémorielle dans le pays, le fascisme et la Resistenza n'ayant jamais fait l'objet d'un travail de mémoire particulier en Italie contemporaine
- C.Parce qu'un même pays, unifié en 1861, a dû ensuite affronter et transmettre la mémoire d'une dictature (le fascisme), d'une guerre civile larvée (Resistenza contre Repubblica di Salò) et de violences aux frontières (foibe), chacune nécessitant sa propre reconnaissanceBonne réponse
- D.Parce que l'Italie a choisi de ne commémorer aucun de ces événements, préférant tourner définitivement la page de son histoire du XXe siècle entier sans jamais en débattre publiquement ni l'enseigner
Réponse : C — Parce qu'un même pays, unifié en 1861, a dû ensuite affronter et transmettre la mémoire d'une dictature (le fascisme), d'une guerre civile larvée (Resistenza contre Repubblica di Salò) et de violences aux frontières (foibe), chacune nécessitant sa propre reconnaissance
Le parcours italien du XXe siècle est particulièrement dense : unification (1861), dictature fasciste (1922-1943), quasi-guerre civile entre partigiani et Repubblica di Salò, persécution des Juifs, violences frontalières des foibe — chacun de ces épisodes a nécessité un travail mémoriel propre, parfois tardif (Giorno del Ricordo institué seulement en 2004), illustrant la complexité de construire une mémoire nationale cohérente.
Pourquoi peut-on dire que la figure de Garibaldi et celle des partigiani, bien que séparées par plus de 80 ans, partagent un même imaginaire de la lutte armée populaire en Italie ?
- A.Parce que les deux incarnent une résistance armée menée par des volontaires, au nom d'un idéal politique (l'unité nationale pour Garibaldi, la libération du nazi-fascisme pour les partigiani), souvent célébrée dans la mémoire collective italienneBonne réponse
- B.Parce qu'il s'agirait en réalité des mêmes combattants : les partigiani ne seraient que d'anciens volontaires garibaldiens de 1860, toujours en armes quatre-vingts ans plus tard
- C.Parce qu'aucun des deux mouvements n'aurait jamais reçu de reconnaissance officielle de l'État italien, restant cantonnés à une mémoire seulement locale, familiale et jamais commémorée nationalement
- D.Parce que les deux auraient en réalité combattu du même côté du pouvoir en place : Garibaldi pour la monarchie autoritaire de Turin, et les partigiani aux côtés du régime fasciste de Mussolini
Réponse : A — Parce que les deux incarnent une résistance armée menée par des volontaires, au nom d'un idéal politique (l'unité nationale pour Garibaldi, la libération du nazi-fascisme pour les partigiani), souvent célébrée dans la mémoire collective italienne
Bien que séparées par plus de huit décennies et des contextes très différents, la spedizione dei Mille de Garibaldi (1860) et la lutte des partigiani (1943-1945) partagent un même imaginaire national : celui de volontaires prenant les armes au nom d'un idéal politique fort (l'unité pour l'un, la libération pour les autres), un récit largement valorisé dans la mémoire collective italienne.
Que désigne « il Risorgimento » ?
- A.Le régime fasciste de Mussolini
- B.La reconstruction économique après 1945
- C.Un style architectural de la Renaissance
- D.Le mouvement du XIXe siècle qui aboutit à l'unification de l'ItalieBonne réponse
Réponse : D — Le mouvement du XIXe siècle qui aboutit à l'unification de l'Italie
Il Risorgimento désigne le mouvement politique et culturel du XIXe siècle qui aboutit à l'unification de la péninsule italienne en un seul royaume en 1861. Ce n'est ni le fascisme, ni la reconstruction d'après-guerre, ni un style architectural.
Quand est proclamé le Regno d'Italia ?
- A.Octobre 1922
- B.17 mars 1861Bonne réponse
- C.25 avril 1945
- D.1978
Réponse : B — 17 mars 1861
Le Regno d'Italia est proclamé le 17 mars 1861, avec Vittorio Emanuele II comme roi, marquant l'aboutissement du Risorgimento. Les autres dates concernent la marcia su Roma (1922), la Liberazione (1945) et l'assassinat d'Aldo Moro (1978).
Quand a lieu la « marcia su Roma » qui porte Mussolini au pouvoir ?
- A.Octobre 1922Bonne réponse
- B.1861
- C.1943
- D.1945
Réponse : A — Octobre 1922
La marcia su Roma a lieu en octobre 1922 : cette démonstration de force des fascistes aboutit à la nomination de Mussolini comme chef du gouvernement par le roi. 1861 correspond à l'unification, 1943 à la chute du fascisme, 1945 à la Liberazione.
Que célèbre le 25 avril en Italie ?
- A.La proclamation du Regno d'Italia
- B.La Festa della Liberazione, en 1945Bonne réponse
- C.La marcia su Roma
- D.Le Giorno della Memoria
Réponse : B — La Festa della Liberazione, en 1945
Le 25 avril célèbre la Festa della Liberazione de 1945, jour où la Resistenza et les Alliés achèvent de libérer l'Italie du nazi-fascisme. Ce n'est ni la proclamation du royaume (1861), ni la marcia su Roma (1922), ni le Giorno della Memoria (27 janvier).
Que commémore « il Giorno della Memoria » (27 janvier) ?
- A.Les victimes des foibe
- B.L'assassinat d'Aldo Moro
- C.La fin de la Seconde Guerre mondiale en général
- D.La Shoah et les lois raciales fascistes de 1938Bonne réponse
Réponse : D — La Shoah et les lois raciales fascistes de 1938
Le Giorno della Memoria, institué en 2000 et fixé au 27 janvier (date de la libération d'Auschwitz), commémore la Shoah et les lois raciales fascistes de 1938. Les foibe sont commémorées le 10 février lors du Giorno del Ricordo, et Aldo Moro le 9 mai.
Qui sont les « partigiani » ?
- A.Les partisans de Mussolini restés fidèles jusqu'en 1945
- B.Les soldats de l'armée régulière italienne uniquement
- C.Les combattants de la Resistenza contre l'occupation nazie et le fascismeBonne réponse
- D.Les diplomates du Risorgimento
Réponse : C — Les combattants de la Resistenza contre l'occupation nazie et le fascisme
Les partigiani sont les combattants de la Resistenza qui mènent une guérilla contre l'occupation nazie et les fascistes restés fidèles à Mussolini (Repubblica di Salò), après l'armistice de septembre 1943. Ce ne sont ni les partisans de Mussolini, ni l'armée régulière, ni des diplomates du XIXe siècle.
Que sont « le foibe », commémorées lors du Giorno del Ricordo ?
- A.Des gouffres karstiques où furent jetées des victimes, souvent italiennes, en 1943-1945Bonne réponse
- B.Des monuments construits par Mussolini
- C.Des camps de concentration nazis en Italie
- D.Des tribunaux militaires fascistes
Réponse : A — Des gouffres karstiques où furent jetées des victimes, souvent italiennes, en 1943-1945
Les foibe sont des gouffres karstiques, à la frontière orientale de l'Italie, où furent jetées des victimes, souvent italiennes, par des partisans yougoslaves en 1943-1945 ; elles sont commémorées avec l'exode d'Istrie et de Dalmatie lors du Giorno del Ricordo depuis 2004. Ce ne sont ni des monuments, ni des camps nazis, ni des tribunaux.
S'entraîner sur ce chapitre
Ce chapitre compte 35 exercices corrigés dans l'application, avec le suivi de ta progression.
Commencer les exercices