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Comment un marché concurrentiel fonctionne-t-il ?

Première · SES · Science économique

Science économique

Le marché, ses institutions et la concurrence parfaite

En Seconde, tu as vu que le marché met en relation des offreurs et des demandeurs. En Première, on entre dans la mécanique : à quelles conditions un marché fonctionne, comment le prix s'y forme, et pourquoi les économistes considèrent qu'un marché concurrentiel produit une allocation efficace des ressources. Attention : « concurrence parfaite » est un modèle, pas une description de la réalité.

Les institutions marchandes : ce sans quoi rien ne s'échange

Pour qu'un échange marchand ait lieu, il faut trois institutions au minimum. C'est un point du programme très souvent demandé en question de cours.

InstitutionCe qu'elle garantitSans elle…
Les droits de propriétéLe vendeur possède réellement ce qu'il vend, l'acheteur devient réellement propriétairePersonne ne sait qui peut vendre quoi : l'échange est impossible ou violent
Le contrat (et sa garantie par l'État et la justice)Les engagements pris sont tenus, ou sanctionnés s'ils ne le sont pasChacun peut tricher sans risque : plus personne ne se fait confiance
La monnaieUn instrument d'échange accepté par tous, qui évite le troc et mesure la valeurIl faut la double coïncidence des besoins du troc : les échanges deviennent rares

Le modèle de la concurrence parfaite : cinq conditions

Les économistes ont construit un modèle théorique, la concurrence pure et parfaite (CPP), qui sert de point de comparaison. Il repose sur cinq hypothèses.

Le prix s'impose : l'entreprise est « preneuse de prix »

La conséquence décisive de la CPP est qu'aucun agent ne fixe le prix : le prix est une donnée que chacun subit. On dit que les agents sont preneurs de prix (price takers). Si un producteur essaie de vendre plus cher que le prix du marché, il ne vend rien du tout : le produit étant homogène et l'information parfaite, les acheteurs iront tous chez son voisin.

Science économique

Offre, demande, équilibre et surplus

On passe maintenant au cœur du chapitre : comment le prix se forme. Tout repose sur deux courbes, l'offre et la demande, qui se croisent en un point : l'équilibre.

La demande est décroissante, l'offre est croissante

L'équilibre : le prix qui met tout le monde d'accord

Comment un choc déplace l'équilibre

ChocCourbe déplacéeEffet sur le prix d'équilibreEffet sur la quantité d'équilibre
Hausse du revenu des ménages (bien normal)Demande vers la droiteHausseHausse
Campagne sanitaire qui détourne du produitDemande vers la gaucheBaisseBaisse
Progrès technique qui réduit les coûtsOffre vers la droiteBaisseHausse
Gel qui détruit une partie des récoltesOffre vers la gaucheHausseBaisse

Les surplus : mesurer ce que l'échange rapporte

Le résultat central du chapitre est là : à l'équilibre de concurrence parfaite, le surplus total est maximal. Aucun prix différent ne permettrait de faire mieux pour tout le monde. C'est ce qu'on appelle l'allocation efficace des ressources : le marché concurrentiel oriente les facteurs de production là où ils créent le plus de valeur.

  • Vocabulaire à réutiliser en dissertation : institutions marchandes, atomicité, preneur de prix, prix d'équilibre, excès d'offre, allocation efficace, surplus.
  • Toujours accompagner un raisonnement d'un schéma offre-demande légendé : c'est très valorisé à l'épreuve.
  • Un choc n'agit jamais sur les deux courbes en même temps, sauf mention explicite du sujet.

Exercices corrigés

  1. Pourquoi la courbe de demande est-elle décroissante ?

    • A.Parce que les producteurs réduisent leurs quantités quand le prix baisse
    • B.Parce que le revenu des ménages baisse mécaniquement chaque année
    • C.Parce que la qualité des produits diminue quand le prix augmente
    • D.Parce que plus le prix est élevé, moins les consommateurs souhaitent acheterBonne réponse

    Réponse : D — Parce que plus le prix est élevé, moins les consommateurs souhaitent acheter

    Quand le prix monte, deux effets jouent : le pouvoir d'achat du consommateur se réduit, et il se tourne vers des produits de substitution moins chers. Il achète donc moins. Attention à ne pas décrire l'offre à la place de la demande : la réponse sur les producteurs concerne la courbe d'offre, qui est croissante.

  2. Une innovation technique réduit fortement le coût de production des panneaux solaires. Que devient l'équilibre du marché ?

    • A.Le prix d'équilibre baisse et la quantité d'équilibre augmenteBonne réponse
    • B.Le prix d'équilibre et la quantité d'équilibre augmentent
    • C.Le prix d'équilibre et la quantité d'équilibre baissent
    • D.L'équilibre n'est pas modifié car la demande n'a pas changé

    Réponse : A — Le prix d'équilibre baisse et la quantité d'équilibre augmente

    Une baisse des coûts rend rentable de produire davantage à chaque niveau de prix : la courbe d'offre se déplace vers la droite. Face à une demande inchangée, le nouveau point d'équilibre est plus bas et plus à droite. Quand l'offre bouge, prix et quantité varient en sens opposés. Et non, l'équilibre change bien : la demande n'a pas besoin de bouger pour cela.

  3. Un consommateur était prêt à payer jusqu'à 120 € une paire de chaussures. Le producteur aurait accepté de la vendre à partir de 70 €. Le prix de marché est de 90 €. Quel est le surplus total ?

    • A.30 €
    • B.20 €
    • C.90 €
    • D.50 €Bonne réponse

    Réponse : D — 50 €

    Surplus du consommateur = 120 − 90 = 30 €. Surplus du producteur = 90 − 70 = 20 €. Surplus total = 30 + 20 = 50 €, ce qui revient aussi à calculer directement 120 − 70 = 50 €. Répondre 30 € ou 20 €, c'est ne donner qu'un seul des deux surplus ; le prix de marché de 90 € n'est pas un surplus, il s'annule dans l'addition.

  4. Laquelle de ces situations correspond à un déplacement LE LONG de la courbe de demande, et non à un déplacement DE la courbe ?

    • A.Une hausse du prix du bien lui-mêmeBonne réponse
    • B.Une campagne de publicité efficace pour le bien
    • C.Une baisse du prix d'un bien substituable
    • D.Une hausse générale du revenu disponible des ménages

    Réponse : A — Une hausse du prix du bien lui-même

    Seul le changement du prix du bien concerné déplace le point le long de la courbe : la relation prix-quantité demandée est justement ce que la courbe représente. Publicité, prix des substituts et revenu sont des variables extérieures au prix du bien : elles déplacent la courbe tout entière. C'est la distinction la plus piégeuse du chapitre.

  5. Sur un marché concurrentiel, l'équilibre se situe à 10 €. L'État impose un prix maximal de 7 €, jugé plus juste. Quel effet attendre selon le modèle ?

    • A.Un excès de demande : pénuries, files d'attente et rationnementBonne réponse
    • B.Un excès d'offre : les producteurs accumulent des invendus
    • C.Aucun effet : la quantité échangée reste celle de l'équilibre
    • D.Une hausse du surplus total, car les consommateurs paient moins cher

    Réponse : A — Un excès de demande : pénuries, files d'attente et rationnement

    À 7 €, prix inférieur à l'équilibre, les consommateurs veulent acheter davantage tandis que les producteurs veulent vendre moins : la demande dépasse l'offre. Comme le prix ne peut plus monter, le marché se rationne autrement : files d'attente, tirage au sort, marché parallèle. Le surplus total diminue, car des échanges mutuellement avantageux n'ont plus lieu ; certains consommateurs paient certes moins cher, mais d'autres n'obtiennent rien du tout. L'excès d'offre correspondrait au cas inverse, celui d'un prix plancher.

  6. Un gel tardif détruit une partie de la récolte d'abricots, au moment même où une campagne santé rend le fruit très à la mode. Que peut-on affirmer avec certitude ?

    • A.Le prix d'équilibre augmente, l'effet sur la quantité est indéterminéBonne réponse
    • B.La quantité d'équilibre augmente et le prix baisse
    • C.Le prix et la quantité augmentent tous les deux
    • D.Rien ne change car les deux chocs se compensent exactement

    Réponse : A — Le prix d'équilibre augmente, l'effet sur la quantité est indéterminé

    Deux chocs simultanés : l'offre se déplace vers la gauche (récolte détruite), ce qui pousse le prix à la hausse et la quantité à la baisse ; la demande se déplace vers la droite (effet de mode), ce qui pousse le prix ET la quantité à la hausse. Les deux effets sur le prix vont dans le même sens : il augmente sûrement. Sur la quantité, ils s'opposent : le résultat dépend de l'ampleur relative des deux déplacements, donc il est indéterminé. Dire que les chocs se compensent exactement supposerait une coïncidence que rien ne garantit.

  7. Sur un marché de smartphones, trois grandes marques déposent des brevets et dominent les ventes, chacune avec un produit très différencié. Quelles conditions de la concurrence parfaite sont clairement violées ?

    • A.Uniquement la transparence de l'information
    • B.L'atomicité, l'homogénéité et la libre entréeBonne réponse
    • C.Uniquement la libre circulation des facteurs de production
    • D.Aucune : il y a bien plusieurs entreprises en concurrence

    Réponse : B — L'atomicité, l'homogénéité et la libre entrée

    Trois entreprises dominantes : l'atomicité est violée, chacune pèse assez pour influencer le prix. Des produits très différenciés : l'homogénéité est violée, la marque et les fonctionnalités justifient des écarts de prix. Des brevets : ce sont des barrières juridiques à l'entrée, donc la libre entrée est violée. Le fait qu'il y ait « plusieurs » entreprises ne suffit pas du tout à établir la concurrence parfaite.

  8. Quelles sont les trois institutions indispensables au fonctionnement d'un marché ?

    • A.La publicité, la mode et la marque
    • B.Les droits de propriété, le contrat garanti et la monnaieBonne réponse
    • C.La Bourse, les banques et les assurances
    • D.L'offre, la demande et le prix

    Réponse : B — Les droits de propriété, le contrat garanti et la monnaie

    Sans droits de propriété, on ne sait pas qui a le droit de vendre. Sans contrat garanti par la justice, rien n'oblige à respecter sa parole. Sans monnaie, il faudrait revenir au troc et à sa double coïncidence des besoins. L'offre, la demande et le prix ne sont pas des institutions : ce sont les éléments qui se rencontrent grâce aux institutions.

  9. Que signifie la condition d'atomicité sur un marché concurrentiel ?

    • A.Les produits sont vendus en très petites quantités
    • B.Les entreprises sont toutes de très petite taille financière
    • C.Les offreurs et les demandeurs sont si nombreux qu'aucun ne peut influencer le prix à lui seulBonne réponse
    • D.Les acheteurs achètent chacun un seul produit à la fois

    Réponse : C — Les offreurs et les demandeurs sont si nombreux qu'aucun ne peut influencer le prix à lui seul

    Atomicité vient de l'image de l'atome : chaque participant est minuscule à l'échelle du marché. La conséquence est qu'aucun agent, pris isolément, n'a le pouvoir de faire bouger le prix. Ce n'est pas une question de taille des lots vendus ni de richesse absolue de l'entreprise, mais de poids relatif sur le marché.

  10. Sur un marché, on appelle prix d'équilibre :

    • A.le prix pour lequel la quantité offerte est égale à la quantité demandéeBonne réponse
    • B.le prix moyen constaté sur l'année
    • C.le prix le plus bas que les producteurs acceptent
    • D.le prix fixé par l'État pour protéger les consommateurs

    Réponse : A — le prix pour lequel la quantité offerte est égale à la quantité demandée

    Le prix d'équilibre est le prix pour lequel les deux courbes se croisent : tout ce qui est offert trouve preneur, et tous ceux qui veulent acheter à ce prix sont servis. Un prix administré par l'État n'est pas un prix d'équilibre de marché, et le prix minimal accepté par les producteurs correspond seulement au bas de la courbe d'offre.

  11. Dire qu'une entreprise est « preneuse de prix » signifie qu'elle :

    • A.impose son prix aux consommateurs
    • B.négocie le prix avec chaque client
    • C.subit le prix du marché et ne décide que de la quantité produiteBonne réponse
    • D.achète ses matières premières au prix le plus bas possible

    Réponse : C — subit le prix du marché et ne décide que de la quantité produite

    En concurrence parfaite, le produit est homogène et l'information est parfaite : si l'entreprise vend plus cher que le marché, elle perd tous ses clients ; si elle vend moins cher, elle se prive de recettes alors qu'elle pouvait tout vendre au prix du marché. Sa seule variable de décision est donc la quantité. L'entreprise qui impose son prix est au contraire un monopole, ou faiseuse de prix.

  12. Le surplus du consommateur correspond à :

    • A.la somme d'argent qui lui reste après ses achats du mois
    • B.la différence entre le prix maximal qu'il était prêt à payer et le prix effectivement payéBonne réponse
    • C.la quantité de produit qu'il achète en trop et qu'il n'utilise pas
    • D.l'économie réalisée grâce aux soldes par rapport au prix affiché

    Réponse : B — la différence entre le prix maximal qu'il était prêt à payer et le prix effectivement payé

    Le surplus mesure le gain retiré de l'échange : si tu étais prêt à payer 40 € un objet payé finalement 30 €, tu gagnes 10 € de satisfaction en valeur. Ce n'est ni ton épargne, ni un stock inutilisé, ni une remise commerciale : le prix de référence est ce que tu étais subjectivement prêt à payer, pas le prix barré de l'étiquette.

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Ce chapitre compte 37 exercices corrigés dans l'application, avec le suivi de ta progression.

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