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La défense et la sécurité nationales

Troisième · Histoire-Géo · EMC · Enseignement moral et civique

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La défense nationale : principes et acteurs

Protéger le territoire, la population et les intérêts du pays : c'est le rôle de la défense nationale. Longtemps assurée par des soldats appelés (le fameux « service militaire »), elle repose aujourd'hui sur des armées professionnelles… et sur un lien entretenu avec chaque citoyen, dès 16 ans. C'est ce lien armée-nation que tu vas découvrir dans cette fiche.

Qu'est-ce que la défense nationale ?

Du service militaire au parcours de citoyenneté

Jusqu'en 1997, tout jeune homme français devait effectuer un service militaire obligatoire (la « conscription »). Le président Jacques Chirac a suspendu ce service : les armées sont depuis professionnalisées, composées de militaires volontaires. Mais le lien entre les citoyens et la défense n'a pas disparu : il a pris une nouvelle forme, le parcours de citoyenneté.

ActeurStatut / ministèreMission principale
Armée de Terre, Marine nationale, Armée de l'Air et de l'EspaceMilitaire — ministère des ArméesDéfendre le territoire, mener des opérations extérieures (OPEX)
Gendarmerie nationaleMilitaire, mais missions de sécurité intérieureSécurité en zone rurale et périurbaine, police judiciaire
Police nationaleCivil — ministère de l'IntérieurSécurité en zone urbaine, maintien de l'ordre
DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure)Ministère des ArméesRenseignement à l'étranger
DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure)Ministère de l'IntérieurRenseignement et lutte antiterroriste sur le territoire

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Sécurité intérieure, menaces et engagement citoyen

La défense ne se limite plus à protéger les frontières face à une armée ennemie. Depuis plusieurs décennies, la France doit aussi faire face à des menaces nouvelles, souvent moins visibles, qui exigent une sécurité intérieure forte et la mobilisation de nombreux citoyens.

Les nouvelles menaces à affronter

  • Le terrorisme, qui peut frapper n'importe où sur le territoire.
  • Les cyberattaques, qui visent les administrations, les entreprises ou les infrastructures (électricité, hôpitaux…).
  • Les risques naturels et sanitaires : inondations, incendies, épidémies.
  • Les tensions internationales et la prolifération des armes.

Ces menaces se distinguent des guerres classiques par leur origine : elles ne viennent pas forcément d'un État identifié, mais parfois d'un groupe, d'un réseau ou d'un individu isolé, sans déclaration de guerre ni front visible. Le terrorisme djihadiste a par exemple frappé la France à plusieurs reprises, comme lors des attentats de janvier et de novembre 2015 (contre Charlie Hebdo, puis au Bataclan et dans plusieurs lieux parisiens), montrant que des civils peuvent être visés en plein cœur du quotidien. Une cyberattaque, elle, peut paralyser un hôpital ou une administration en quelques minutes, sans qu'aucun soldat n'ait traversé de frontière : c'est pour cela qu'on parle de menaces « diffuses ».

La sécurité civile : protéger les populations

Face à un incendie, un accident ou une catastrophe naturelle, ce sont les acteurs de la sécurité civile qui interviennent en premier : sapeurs-pompiers, SAMU, associations agréées comme la Croix-Rouge française ou la Protection civile. En cas d'événement grave, l'État peut déclencher le plan ORSEC (Organisation de la Réponse de Sécurité Civile) pour coordonner tous les secours.

Au quotidien, les secours sont organisés au niveau du département, dans des SDIS (services départementaux d'incendie et de secours) qui rassemblent pompiers professionnels et, très majoritairement, pompiers volontaires. Le plan ORSEC intervient à une autre échelle : il ne remplace ni les pompiers ni le SAMU, mais coordonne leur action avec celle de la police, de l'armée si besoin, et des associations agréées, dès qu'un événement dépasse les moyens de secours habituels d'un territoire.

S'engager pour la défense et la sécurité

Forme d'engagementPublicEn quoi ça consiste
Réserve opérationnelleAnciens militaires ou volontaires civils formésRenforcer les armées ou la gendarmerie quelques jours par an, contre solde
Réserve citoyenneTout citoyen bénévoleFaire connaître l'esprit de défense (conférences, actions de sensibilisation), sans arme
Sapeur-pompier volontaireDès 16 ans, avec autorisationPorter secours en parallèle d'une scolarité ou d'un emploi
SNU — mission d'intérêt généralVolontaires de 15-17 ansAgir plusieurs mois pour une association, une collectivité ou un service public

Ces engagements ne demandent pas tous le même niveau d'implication : la réserve citoyenne repose sur des actions bénévoles et ponctuelles de sensibilisation, la réserve opérationnelle suppose une formation militaire initiale, puis des périodes d'activité de quelques jours à quelques semaines par an, sous contrat avec les armées, et le SNU combine un séjour collectif de cohésion avec une mission d'intérêt général qui peut s'étaler sur plusieurs mois. Dans tous les cas, l'objectif est le même : maintenir un lien vivant entre les citoyens et la défense du pays, à une époque où le service militaire obligatoire n'existe plus.

Exercices corrigés

  1. Le SNU (Service National Universel) s'adresse aux jeunes de...

    • A.25 à 30 ans, de manière obligatoire
    • B.10 à 12 ans, à l'école primaire
    • C.18 à 25 ans, uniquement aux étudiants
    • D.15 à 17 ans, sur la base du volontariatBonne réponse

    Réponse : D — 15 à 17 ans, sur la base du volontariat

    Le SNU concerne les adolescents de 15 à 17 ans et repose sur le volontariat : contrairement à la JDC, personne n'est obligé d'y participer. Il ne concerne ni les jeunes adultes (options 1 et 3), ni les enfants du primaire (option 2).

  2. Quel est le statut de la Gendarmerie nationale ?

    • A.Associatif, comme la Croix-Rouge ou la Protection civile
    • B.International, sous commandement de l'ONU
    • C.Civil, exactement comme la police nationale
    • D.Militaire, même si ses missions concernent la sécurité intérieureBonne réponse

    Réponse : D — Militaire, même si ses missions concernent la sécurité intérieure

    La Gendarmerie nationale a un statut militaire (ses membres sont des militaires), même si son quotidien ressemble à celui de la police : sécurité, enquêtes, contrôles. C'est une différence importante avec la Police nationale, qui est un corps civil dépendant du ministère de l'Intérieur.

  3. À quoi sert le plan Vigipirate ?

    • A.À prévenir et à faire face à la menace terroristeBonne réponse
    • B.À organiser les élections municipales
    • C.À recruter des militaires professionnels
    • D.À financer la construction des hôpitaux

    Réponse : A — À prévenir et à faire face à la menace terroriste

    Le plan Vigipirate est le dispositif gouvernemental permanent de vigilance, de prévention et de protection contre le terrorisme. Il n'a aucun lien avec les élections, le recrutement militaire ou le financement des hôpitaux.

  4. Qu'est-ce qu'une OPEX ?

    • A.Un exercice scolaire de sécurité incendie organisé chaque trimestre
    • B.Une aide financière versée aux victimes de catastrophes naturelles
    • C.Une opération extérieure : une intervention des armées françaises hors du territoire nationalBonne réponse
    • D.Un examen d'entrée dans la police nationale, ouvert dès 17 ans

    Réponse : C — Une opération extérieure : une intervention des armées françaises hors du territoire national

    OPEX signifie « opération extérieure » : c'est une intervention des forces armées françaises en dehors du territoire national, souvent dans le cadre de l'ONU, de l'OTAN ou d'accords bilatéraux. Ce sigle n'a rien à voir avec l'école, les aides financières ou le recrutement policier.

  5. Parmi ces menaces, laquelle est considérée comme une menace « nouvelle » pour la sécurité nationale, aux côtés du terrorisme ?

    • A.Les invasions par voie maritime uniquement
    • B.Les cyberattaques contre les administrations et les infrastructuresBonne réponse
    • C.Les guerres de tranchées de la Première Guerre mondiale
    • D.Les épidémies de peste survenues au Moyen Âge

    Réponse : B — Les cyberattaques contre les administrations et les infrastructures

    Les cyberattaques (contre les hôpitaux, l'électricité, les administrations…) font partie des menaces contemporaines auxquelles la défense doit désormais faire face, aux côtés du terrorisme. Les autres options renvoient à des réalités historiques dépassées, pas aux enjeux de sécurité actuels.

  6. Quelle est la différence entre la réserve opérationnelle et la réserve citoyenne ?

    • A.Il n'y a aucune différence, ce sont deux noms pour la même chose
    • B.La réserve citoyenne est réservée aux étrangers, la réserve opérationnelle aux Français
    • C.La réserve opérationnelle renforce activement les armées, la réserve citoyenne informe sans armeBonne réponse
    • D.La réserve opérationnelle ne concerne que les sapeurs-pompiers

    Réponse : C — La réserve opérationnelle renforce activement les armées, la réserve citoyenne informe sans arme

    La réserve opérationnelle mobilise d'anciens militaires ou des volontaires formés pour renforcer réellement les armées ou la gendarmerie quelques jours par an. La réserve citoyenne, elle, est un engagement bénévole : ses membres font connaître l'esprit de défense (conférences, actions de sensibilisation) sans participer à des opérations ni porter d'arme. Ce sont donc bien deux dispositifs différents, ouverts tous deux aux citoyens français, sans lien avec les sapeurs-pompiers.

  7. Un jeune de 17 ans souhaite devenir sapeur-pompier volontaire. Que peut-on affirmer ?

    • A.C'est impossible avant 18 ans, il faut attendre la majorité civile pour s'engager comme sapeur-pompier volontaire
    • B.Il doit d'abord effectuer un service militaire obligatoire, comme c'était le cas pour tous les jeunes Français avant 1997
    • C.Seuls les militaires de carrière peuvent devenir sapeurs-pompiers, les civils n'ayant pas accès à cette profession
    • D.C'est possible dès 16 ans avec autorisation : les volontaires forment d'ailleurs la majorité des effectifs de sécurité civile en FranceBonne réponse

    Réponse : D — C'est possible dès 16 ans avec autorisation : les volontaires forment d'ailleurs la majorité des effectifs de sécurité civile en France

    En France, on peut s'engager comme sapeur-pompier volontaire dès 16 ans (avec l'autorisation des responsables légaux) : ce n'est donc pas réservé aux majeurs, ni conditionné à un service militaire (qui n'existe plus depuis 1997), ni réservé aux militaires de carrière. Les volontaires représentent la grande majorité des sapeurs-pompiers en France : c'est un engagement citoyen très répandu.

  8. Quelle affirmation décrit le mieux l'évolution du lien armée-nation depuis la suspension du service militaire en 1997 ?

    • A.Il a totalement disparu : depuis 1997, les armées professionnelles n'ont plus aucun contact avec les citoyens ni avec la société civile
    • B.Il s'est transformé : la conscription a laissé place à la JDC, au SNU et aux réserves pour maintenir un contact entre citoyens et arméesBonne réponse
    • C.Il repose désormais uniquement sur le paiement de l'impôt, qui suffirait à lui seul à maintenir un lien entre les citoyens et la défense nationale
    • D.Il n'a jamais existé avant 1997, la conscription n'ayant selon cette idée aucun rôle dans le lien entre les citoyens et leur armée

    Réponse : B — Il s'est transformé : la conscription a laissé place à la JDC, au SNU et aux réserves pour maintenir un contact entre citoyens et armées

    La fin de la conscription n'a pas rompu le lien entre les citoyens et leurs armées : ce lien a pris de nouvelles formes (JDC obligatoire, SNU volontaire, réserves opérationnelle et citoyenne) qui permettent de continuer à sensibiliser et à mobiliser la population. Il serait donc faux de dire que ce lien a disparu, qu'il se réduit à l'impôt, ou qu'il n'existait pas avant 1997 (c'était justement le rôle du service militaire).

  9. Parmi ces affirmations sur la défense et la sécurité en France, laquelle est FAUSSE ?

    • A.Le service militaire obligatoire a été rétabli en 2019 pour tous les jeunes de 18 ansBonne réponse
    • B.La Gendarmerie nationale a un statut militaire mais peut intervenir en sécurité intérieure
    • C.La DGSI agit sur le territoire national, tandis que la DGSE agit à l'étranger
    • D.Les sapeurs-pompiers volontaires représentent la majorité des effectifs de sécurité civile en France

    Réponse : A — Le service militaire obligatoire a été rétabli en 2019 pour tous les jeunes de 18 ans

    C'est bien l'affirmation 1 qui est fausse : ce qui a été créé en 2019, c'est le SNU, un dispositif volontaire pour les 15-17 ans — pas un service militaire obligatoire, qui reste suspendu depuis 1997. Les trois autres affirmations sont exactes : c'est un piège classique de confondre SNU (volontaire) et service militaire (obligatoire, disparu).

  10. Un jeune vient de se faire recenser en mairie à 16 ans. Quel est l'ordre chronologique normal des étapes suivantes ?

    • A.SNU → JDC → recensement → inscription au bac, en imaginant que le service national universel doit obligatoirement précéder le recensement citoyen
    • B.JDC → SNU → recensement → inscription au bac, en supposant que la journée défense et citoyenneté peut avoir lieu avant même le recensement en mairie
    • C.recensement → SNU → JDC → inscription au bac, en oubliant que l'attestation de recensement doit être délivrée avant toute convocation à la JDC
    • D.recensement → attestation de recensement → JDC → possibilité de s'inscrire aux examens (bac, permis) — le SNU pouvant s'effectuer en parallèle, sur la base du volontariatBonne réponse

    Réponse : D — recensement → attestation de recensement → JDC → possibilité de s'inscrire aux examens (bac, permis) — le SNU pouvant s'effectuer en parallèle, sur la base du volontariat

    L'ordre logique est : recensement citoyen (16 ans) → délivrance d'une attestation de recensement → convocation à la JDC (avant 18 ans en général) → le certificat de JDC permet ensuite de s'inscrire aux examens et concours d'État (bac, permis de conduire) avant 25 ans. Le SNU, lui, est indépendant de cet enchaînement : un jeune peut y participer sur la base du volontariat, sans que cela conditionne les autres étapes. Les autres réponses inversent l'ordre logique du parcours.

  11. Qu'est-ce que le recensement citoyen ?

    • A.Une démarche obligatoire à réaliser en mairie (ou en ligne) dans les 3 mois suivant son 16e anniversaireBonne réponse
    • B.Un examen médical passé obligatoirement avant d'entrer dans l'armée de terre
    • C.Une inscription facultative sur les listes électorales de la commune
    • D.Un concours national organisé chaque année pour devenir officier

    Réponse : A — Une démarche obligatoire à réaliser en mairie (ou en ligne) dans les 3 mois suivant son 16e anniversaire

    Le recensement citoyen est la première étape du parcours de citoyenneté : tous les jeunes Français, filles et garçons, doivent s'y soumettre dans les 3 mois suivant leur 16e anniversaire. Ce n'est ni un examen médical (option 2), ni une démarche facultative (option 3), ni un concours (option 4) : c'est une obligation administrative simple.

  12. La JDC (Journée Défense et Citoyenneté) est...

    • A.réservée aux garçons qui se destinent à l'armée
    • B.payante et sur inscription privée
    • C.obligatoire pour tous les jeunes Français, filles et garçonsBonne réponse
    • D.un examen qu'il faut réviser à l'avance

    Réponse : C — obligatoire pour tous les jeunes Français, filles et garçons

    Depuis la fin du service militaire obligatoire, la JDC concerne tous les jeunes Français, sans distinction de sexe, et elle est obligatoire : son certificat conditionne l'inscription aux examens et concours d'État avant 25 ans. Elle est gratuite et organisée par l'État (pas une démarche privée), et ce n'est pas un examen à réviser : c'est une journée d'information.

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