Le conditionnel présent
Quatrième · Français · Langue
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Former le conditionnel présent
Le conditionnel présent est un mode qui permet d'exprimer une action possible, souhaitée ou soumise à une condition. Sa formation est régulière et repose sur une règle simple, à condition de bien connaître le futur simple.
La formation du conditionnel présent
| Personne | aimer (1er groupe) | finir (2e groupe) | vendre (3e groupe) |
|---|---|---|---|
| je / j' | aimerais | finirais | vendrais |
| tu | aimerais | finirais | vendrais |
| il / elle | aimerait | finirait | vendrait |
| nous | aimerions | finirions | vendrions |
| vous | aimeriez | finiriez | vendriez |
| ils / elles | aimeraient | finiraient | vendraient |
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Emplois et valeurs du conditionnel présent
Le conditionnel présent ne sert pas qu'à parler du futur avec prudence : il a plusieurs valeurs bien différentes selon le contexte de la phrase.
Les emplois du conditionnel présent
| Valeur | Exemple | Explication |
|---|---|---|
| Politesse ou souhait | « Je voudrais un renseignement, s'il vous plaît. » | Adoucit une demande, la rend plus polie qu'un présent (« je veux ») |
| Hypothèse (avec « si ») | « Si j'avais le temps, je voyagerais davantage. » | Exprime un fait imaginé, soumis à une condition introduite par « si » + imparfait |
| Information non confirmée | « Le spectacle serait annulé en raison de la météo. » | Fréquent dans la presse pour une information à vérifier |
| Conseil ou suggestion | « Tu devrais te reposer un peu. » | Formule un conseil sans donner un ordre direct |
| Futur dans le passé | « Il a promis qu'il viendrait. » | Le conditionnel remplace le futur quand le verbe introducteur est au passé |
Exercices corrigés
Comment se forme le conditionnel présent ?
- A.Radical du futur + terminaisons de l'imparfaitBonne réponse
- B.Radical de l'imparfait + terminaisons du futur
- C.Infinitif + terminaisons du présent
- D.Radical du présent + terminaisons du passé simple
Réponse : A — Radical du futur + terminaisons de l'imparfait
Le conditionnel présent se forme avec le radical du futur simple, auquel on ajoute les terminaisons de l'imparfait (-ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient). Par exemple, le radical du futur de « chanter » est « chanter- », ce qui donne « je chanterais » au conditionnel.
Parmi ces phrases, laquelle exprime une demande polie grâce au conditionnel présent ?
- A.Je voudrais un renseignement.Bonne réponse
- B.Je veux un renseignement.
- C.J'ai voulu un renseignement.
- D.Je voulais un renseignement.
Réponse : A — Je voudrais un renseignement.
« Je voudrais » est la forme du conditionnel présent du verbe « vouloir » et permet d'adoucir une demande pour la rendre plus polie que « je veux » (présent, plus direct). « J'ai voulu » est un passé composé, « je voulais » un imparfait.
Quelle phrase illustre correctement la structure de l'hypothèse avec « si » ?
- A.Si je saurais, je te le dirais.
- B.Si je sais, je te le dirais.
- C.Si je saurai, je te le dirais.
- D.Si je savais, je te le dirais.Bonne réponse
Réponse : D — Si je savais, je te le dirais.
La structure correcte de l'hypothèse est « si » + imparfait, puis conditionnel présent dans la proposition principale : « si je savais, je te le dirais ». « Si je saurais » est une faute très fréquente : on ne met jamais de conditionnel juste après « si » exprimant une hypothèse.
Quelle phrase exprime un conseil grâce au conditionnel présent ?
- A.Tu dois te reposer.
- B.Tu te reposeras.
- C.Tu devrais te reposer.Bonne réponse
- D.Tu te reposais.
Réponse : C — Tu devrais te reposer.
« Tu devrais te reposer » formule un conseil de façon plus douce qu'un ordre direct comme « tu dois te reposer » (présent de l'obligation). « Tu te reposeras » est un futur simple, et « tu te reposais » un imparfait : ni l'un ni l'autre n'exprime un conseil.
Quelle est la forme correcte du verbe « faire » à la 3e personne du pluriel du conditionnel présent ?
- A.Ils faisaient
- B.Ils firent
- C.Ils feront
- D.Ils feraientBonne réponse
Réponse : D — Ils feraient
Le radical irrégulier de « faire » au futur et au conditionnel est « fer- ». On obtient donc « ils feraient » (fer- + -aient). « Ils faisaient » est l'imparfait, « ils feront » le futur simple, et « ils firent » le passé simple.
Un élève écrit : « Si j'aurais plus de temps libre, je ferais du sport tous les jours. » Comment corriger cette phrase sans changer son sens général ?
- A.Si j'aurais plus de temps libre, je ferai du sport tous les jours.
- B.Si j'aurai plus de temps libre, je ferais du sport tous les jours.
- C.Si je aurais plus de temps libre, je ferais du sport tous les jours.
- D.Si j'avais plus de temps libre, je ferais du sport tous les jours.Bonne réponse
Réponse : D — Si j'avais plus de temps libre, je ferais du sport tous les jours.
La faute porte uniquement sur la proposition avec « si » : il faut l'imparfait « j'avais », jamais le conditionnel « j'aurais ». La proposition principale « je ferais » (conditionnel présent) était, elle, déjà correcte. Les autres corrections proposées introduisent de nouvelles fautes (élision manquante, ou conditionnel dans la principale supprimé à tort).
Quelle est la forme correcte de « devoir » à la 1re personne du pluriel (nous) du conditionnel présent ?
- A.Nous devons
- B.Nous devrons
- C.Nous devrionsBonne réponse
- D.Nous devions
Réponse : C — Nous devrions
Le radical irrégulier de « devoir » au futur et au conditionnel est « devr- ». On obtient donc « nous devrions » (devr- + -ions). « Nous devons » est le présent, « nous devrons » le futur simple, et « nous devions » l'imparfait.
Un élève hésite entre « je chanterai » et « je chanterais » en dictée. Quel critère permet de trancher à coup sûr entre le futur et le conditionnel ?
- A.Le sens de la phrase et le contexte (hypothèse, politesse, futur dans le passé, ou fait certain annoncé) plutôt que la seule prononciationBonne réponse
- B.Le nombre de syllabes du verbe conjugué, qui changerait selon le temps grammatical employé dans la phrase
- C.La longueur totale de la phrase entière dans laquelle le verbe est employé, mesurée en nombre de mots
- D.Il n'existe vraiment aucun moyen fiable de les distinguer, ni à l'oral ni à l'écrit, même avec le contexte
Réponse : A — Le sens de la phrase et le contexte (hypothèse, politesse, futur dans le passé, ou fait certain annoncé) plutôt que la seule prononciation
À l'oral, futur et conditionnel se prononcent presque de la même façon, ce qui explique la confusion fréquente en dictée. Pour trancher, il faut s'appuyer sur le sens et le contexte : présence de « si » + imparfait, verbe de parole au passé, ou politesse indiquent le conditionnel ; une simple annonce d'un fait futur certain indique le futur simple.
Quelle phrase illustre correctement le « futur dans le passé » à l'aide du conditionnel présent ?
- A.Elle pense qu'il viendra demain.
- B.Elle pensera qu'il vient demain.
- C.Elle pensait qu'il viendrait le lendemain.Bonne réponse
- D.Elle a pensé qu'il vient demain.
Réponse : C — Elle pensait qu'il viendrait le lendemain.
« Elle pensait » (verbe introducteur à l'imparfait, donc au passé) entraîne l'usage du conditionnel présent « viendrait » pour exprimer un fait futur par rapport à ce moment passé : c'est le futur dans le passé. Notez aussi le changement de l'indicateur temporel « demain » en « le lendemain », cohérent avec un récit au passé. Les autres phrases mélangent des temps qui ne concordent pas.
Dans la phrase « Si tu m'avais écouté, tu ne te serais pas trompé. », à quel temps est « te serais pas trompé » ?
- A.Conditionnel présent
- B.Futur antérieur
- C.Plus-que-parfait
- D.Conditionnel passéBonne réponse
Réponse : D — Conditionnel passé
« Te serais trompé » est un conditionnel passé (auxiliaire « être » au conditionnel présent + participe passé), utilisé ici dans une hypothèse portant sur le passé, avec « si » + plus-que-parfait (« avais écouté »). Ce n'est donc pas un conditionnel présent simple, même si le mécanisme de l'hypothèse est le même principe qu'avec le conditionnel présent.
Dans la phrase « On dirait que les nuages dansent dans le ciel. », quelle valeur particulière du conditionnel reconnaît-on, proche du jeu et de l'imaginaire ?
- A.Le conseil, utilisé pour suggérer poliment une action à faire
- B.L'irréel ou l'imaginaire, comme dans les jeux de rôle enfantinsBonne réponse
- C.L'atténuation d'un ordre, pour le rendre plus poli et moins direct
- D.L'information certaine, présentée sans aucun doute possible
Réponse : B — L'irréel ou l'imaginaire, comme dans les jeux de rôle enfantins
L'expression « on dirait que » introduit souvent, à l'oral comme à l'écrit, une valeur d'irréel ou d'imaginaire proche du jeu de rôle (« on dirait qu'on serait des pirates »), sans lien avec un conseil ou un ordre. Ce n'est évidemment pas une information certaine, puisque justement rien n'est confirmé : c'est une image, une impression.
Quelle est la terminaison de la 1re personne du singulier (je) au conditionnel présent ?
- A.-ai
- B.-aisBonne réponse
- C.-erai
- D.-é
Réponse : B — -ais
Au conditionnel présent, toutes les personnes du singulier se terminent par « -ais » (je, tu) ou « -ait » (il/elle) : « je chanterais ». La terminaison « -ai » appartient au futur simple (« je chanterai »), pas au conditionnel.
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