Les propositions subordonnées
Quatrième · Français · Langue
De la phrase simple à la phrase complexe
Jusqu'ici, tu as surtout manipulé des phrases simples. En 4e, on entre dans la phrase complexe : c'est elle qui permet d'exprimer des idées nuancées, de relier une cause à sa conséquence, de préciser un nom… Bref, d'écrire comme un vrai auteur. Tout commence par une question toute bête : combien y a-t-il de verbes conjugués dans la phrase ?
Trois façons de relier les propositions
| Liaison | Comment ? | Exemple |
|---|---|---|
| Juxtaposition | Un signe de ponctuation ( , ; : ) | « L'orage éclata, la pluie tomba. » |
| Coordination | Une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) | « L'orage éclata et la pluie tomba. » |
| Subordination | Un mot subordonnant (qui, que, quand, parce que…) | « Quand l'orage éclata, la pluie tomba. » |
La subordonnée relative
La proposition subordonnée relative est introduite par un pronom relatif : qui, que, quoi, dont, où, lequel (et ses formes). Elle complète un nom ou un pronom placé avant elle, qu'on appelle son antécédent. Sa fonction est donc complément de l'antécédent.
Conjonctives, circonstancielles et interrogatives indirectes
La relative complète un nom. Les autres subordonnées, elles, dépendent d'un verbe : elles complètent le verbe de la principale (complétives, interrogatives indirectes) ou toute la principale (circonstancielles).
Les subordonnées circonstancielles
La subordonnée circonstancielle joue le rôle d'un complément circonstanciel : elle est le plus souvent déplaçable et supprimable. En 4e, tu dois savoir reconnaître le temps, la cause, la conséquence et le but.
| Circonstance | Conjonctions fréquentes | Exemple |
|---|---|---|
| Temps | quand, lorsque, dès que, pendant que | « Quand il pleut, je lis. » |
| Cause | parce que, puisque, comme | « Il reste chez lui parce qu'il est malade. » |
| Conséquence | si bien que, de sorte que, tellement… que | « Il a plu, si bien que le match est annulé. » |
| But | pour que, afin que | « Il travaille pour que sa famille vive mieux. » |
La subordonnée interrogative indirecte
Après un verbe comme se demander, savoir, ignorer, une question peut être rapportée sans point d'interrogation : c'est l'interrogative indirecte, introduite par si ou un mot interrogatif (où, quand, pourquoi, comment, qui…).
« Viendras-tu ? » → « Je me demande si tu viendras. »
Exercices corrigés
Quel mode faut-il employer après « afin que » ?
- A.l'indicatif
- B.le subjonctifBonne réponse
- C.le conditionnel
- D.l'impératif
Réponse : B — le subjonctif
Les subordonnées de but (« pour que », « afin que ») exigent le subjonctif, car le but est envisagé mais pas encore réalisé : « afin qu'il vienne », « pour que tu réussisses ». C'est un piège classique : « afin qu'il vient » est incorrect.
Dans laquelle de ces phrases « que » est-il un pronom relatif ?
- A.« Je sais que tu mens. »
- B.« Il faut que tu viennes. »
- C.« Le film que j'ai vu m'a plu. »Bonne réponse
- D.« Je pense que c'est vrai. »
Réponse : C — « Le film que j'ai vu m'a plu. »
Le test décisif : y a-t-il un antécédent, c'est-à-dire un nom juste avant « que » ? Dans « le film que j'ai vu », « que » reprend « le film » → pronom relatif. Dans les trois autres phrases, « que » suit un verbe (sais, faut, pense) sans antécédent → conjonction de subordination introduisant une complétive.
« L'orage éclata et la pluie tomba. » Les deux propositions sont…
- A.juxtaposées
- B.coordonnéesBonne réponse
- C.subordonnées
- D.indépendantes l'une de la subordonnée
Réponse : B — coordonnées
Les deux propositions sont reliées par « et », une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) : elles sont donc coordonnées. Juxtaposées, elles seraient séparées par une simple virgule ; subordonnées, l'une commencerait par un mot subordonnant comme « quand » ou « parce que ».
Une phrase complexe est une phrase qui contient…
- A.au moins deux verbes conjuguésBonne réponse
- B.au moins deux sujets différents
- C.plus de dix mots
- D.obligatoirement une virgule
Réponse : A — au moins deux verbes conjugués
Le seul critère fiable, c'est le nombre de verbes conjugués : un seul verbe conjugué = phrase simple, deux ou plus = phrase complexe. La longueur de la phrase, le nombre de sujets ou la ponctuation ne prouvent rien : « Le grand chien noir du voisin dort » est longue mais simple (un seul verbe).
Lequel de ces mots est un pronom relatif, capable d'introduire une subordonnée relative ?
- A.parce que
- B.afin que
- C.dontBonne réponse
- D.si bien que
Réponse : C — dont
Les pronoms relatifs sont qui, que, quoi, dont, où, lequel… Ils reprennent un antécédent : « le livre dont je t'ai parlé ». Les trois autres sont des conjonctions de subordination qui introduisent des circonstancielles : « parce que » (cause), « afin que » (but), « si bien que » (conséquence).
Dans « Je crois que tu te trompes », « que tu te trompes » est…
- A.une proposition subordonnée relative
- B.une proposition indépendante
- C.la proposition principale
- D.une proposition subordonnée conjonctive complétiveBonne réponse
Réponse : D — une proposition subordonnée conjonctive complétive
« Que » suit directement le verbe « crois » et n'a pas d'antécédent (aucun nom juste avant) : c'est une conjonction de subordination, et la subordonnée est une conjonctive complétive, COD du verbe « croire ». Pour une relative, il faudrait un antécédent : « l'erreur que tu fais ».
« La maison où j'ai grandi a été vendue. » Quel est l'antécédent du pronom relatif « où » ?
- A.« grandi »
- B.« la maison »Bonne réponse
- C.« j' »
- D.« vendue »
Réponse : B — « la maison »
L'antécédent est le nom (ou pronom) que le pronom relatif reprend, placé juste avant lui : ici « où » reprend « la maison » (j'ai grandi dans cette maison). La relative « où j'ai grandi » est complément de l'antécédent « maison ».
« Il travaille pour que sa famille vive mieux. » La subordonnée exprime…
- A.la cause
- B.la conséquence
- C.le butBonne réponse
- D.le temps
Réponse : C — le but
« Pour que » introduit le but : l'objectif visé, ce qu'on cherche à obtenir (et qui n'est pas encore réalisé, d'où le subjonctif « vive »). La cause serait introduite par « parce que », la conséquence par « si bien que » : la conséquence est un résultat constaté, le but un résultat espéré.
« Puisque tu es là, aide-moi à ranger. » La subordonnée « puisque tu es là » exprime…
- A.le temps
- B.le but
- C.la conséquence
- D.la causeBonne réponse
Réponse : D — la cause
« Puisque » introduit une cause présentée comme évidente, déjà connue des deux interlocuteurs : c'est parce que tu es là que je te demande de l'aide. Ne te laisse pas piéger par le sens proche de « pendant que » (temps) : « puisque » ne situe pas dans le temps, il justifie.
« Je me demande si elle viendra demain. » La subordonnée « si elle viendra demain » est…
- A.une circonstancielle de condition
- B.une subordonnée relative
- C.une conjonctive complétive introduite par « que »
- D.une interrogative indirecteBonne réponse
Réponse : D — une interrogative indirecte
Après un verbe qui pose une question (se demander, savoir, ignorer…), « si » introduit une interrogative indirecte : c'est la question « Viendra-t-elle demain ? » rapportée sans inversion ni point d'interrogation. Ce « si » n'exprime pas une condition : compare avec « Si elle vient, je serai content », où « si » est bien conditionnel.
Dans « Le chat qui dort sur le canapé est noir », quelle est la fonction de la subordonnée « qui dort sur le canapé » ?
- A.complément de l'antécédent « chat »Bonne réponse
- B.COD du verbe « est »
- C.sujet du verbe « est »
- D.complément circonstanciel de lieu
Réponse : A — complément de l'antécédent « chat »
Une relative a toujours pour fonction complément de l'antécédent : ici elle précise le nom « chat ». Ne confonds pas avec le sujet : le sujet de « est », c'est tout le groupe « le chat qui dort sur le canapé », pas la relative seule. Et « sur le canapé » est un CC de lieu à l'intérieur de la relative, pas la fonction de la relative.
« Quand il comprit que la porte que le gardien avait fermée ne s'ouvrirait plus, il cria. » Combien cette phrase contient-elle de propositions subordonnées ?
- A.troisBonne réponse
- B.deux
- C.quatre
- D.une
Réponse : A — trois
Compte les verbes conjugués : comprit, avait fermée, s'ouvrirait, cria → 4 propositions. La principale est « il cria ». Restent trois subordonnées emboîtées : « Quand il comprit… » (circonstancielle de temps), « que la porte… ne s'ouvrirait plus » (complétive, COD de « comprit ») et « que le gardien avait fermée » (relative, antécédent « la porte »). Les subordonnées peuvent s'enchâsser les unes dans les autres !
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