Discours direct et discours indirect
Quatrième · Français · Langue
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Reconnaître le discours direct et le discours indirect
Quand on rapporte les paroles de quelqu'un, on peut le faire de deux façons différentes : en les citant telles quelles (discours direct) ou en les intégrant dans le récit (discours indirect).
Le discours direct
Le discours indirect
| Élément | Discours direct | Discours indirect |
|---|---|---|
| Ponctuation | Guillemets, deux points, tirets de dialogue | Aucune ponctuation particulière, subordonnée avec « que »/« si » |
| Pronoms personnels | Conservés tels quels (je, tu...) | Adaptés au point de vue du narrateur (il, elle...) |
| Temps des verbes | Temps d'origine conservé | Souvent modifié si le verbe introducteur est au passé |
| Indicateurs de temps/lieu | Ceux du moment de la parole (hier, ici...) | Adaptés au moment du récit (la veille, là...) |
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La concordance des temps et les indicateurs
Quand le verbe introducteur du discours indirect (dire, demander, répondre...) est au passé, les temps des paroles rapportées changent selon une règle précise : c'est la concordance des temps. Ce changement n'est pas un caprice de la grammaire : il traduit un déplacement du point de repère. Quand on rapporte des paroles plus tard, le moment où l'on parle n'est plus le même que celui où elles ont été prononcées, donc les temps doivent être « reculés » d'un cran pour rester logiques par rapport au nouveau moment de la narration.
La concordance des temps
Le principe est simple : chaque temps du discours direct recule d'un cran vers le passé, sauf s'il y est déjà. Le présent, qui décrit une action en train de se dérouler au moment de la parole, devient un imparfait, temps du passé qui exprime justement une action en cours à un moment donné. Le passé composé, qui marque une action terminée avant le moment de la parole, devient un plus-que-parfait, qui marque une action terminée avant un autre moment du passé. Le futur simple, qui annonce une action à venir par rapport au moment de la parole, devient un conditionnel présent, qui exprime un futur vu depuis le passé. Seul l'imparfait ne change pas : il est déjà un temps du passé, donc il n'a pas besoin de reculer davantage.
| Temps au discours direct | Temps au discours indirect (verbe introducteur au passé) | Exemple |
|---|---|---|
| Présent | Imparfait | « Je pars. » → Il a dit qu'il partait. |
| Passé composé | Plus-que-parfait | « J'ai fini. » → Il a dit qu'il avait fini. |
| Futur simple | Conditionnel présent | « Je viendrai. » → Il a dit qu'il viendrait. |
| Imparfait | Imparfait (inchangé) | « Je dormais. » → Il a dit qu'il dormait. |
Les indicateurs spatio-temporels à transformer
Les indicateurs de temps et de lieu comme « hier » ou « demain » ne désignent pas une date fixe : ils se calculent toujours par rapport au moment où l'on parle. Quand on rapporte des paroles plus tard, dans un récit, ce moment de référence change : ce n'est plus celui où les paroles ont été prononcées, mais celui de la narration. Il faut donc recalculer ces indicateurs pour qu'ils restent cohérents avec le nouveau point de vue, exactement comme on décale les temps des verbes.
- aujourd'hui → ce jour-là
- hier → la veille
- demain → le lendemain
- avant-hier → l'avant-veille
- après-demain → le surlendemain
- ici → là
- maintenant → alors, à ce moment-là
Rapporter une question obéit aux mêmes règles de temps et d'indicateurs, mais demande une transformation supplémentaire : la question change de forme, car une subordonnée ne peut pas garder la structure interrogative directe (inversion du sujet, point d'interrogation).
Exercices corrigés
Quelle phrase est écrite au discours direct ?
- A.Il a dit : « Je viendrai demain. »Bonne réponse
- B.Il a dit qu'il viendrait demain.
- C.Il a dit qu'il viendrait le lendemain.
- D.Il pensait venir le jour suivant.
Réponse : A — Il a dit : « Je viendrai demain. »
« Il a dit : « Je viendrai demain. » » rapporte les paroles telles qu'elles ont été prononcées, entre guillemets, précédées de deux points : c'est le discours direct. Les autres phrases intègrent les paroles dans une subordonnée sans guillemets : c'est du discours indirect.
Comment appelle-t-on un texte qui rapporte les paroles de quelqu'un en les intégrant dans une proposition subordonnée, sans guillemets ?
- A.Le discours direct
- B.Le monologue intérieur
- C.Le discours indirectBonne réponse
- D.La description
Réponse : C — Le discours indirect
Le discours indirect intègre les paroles rapportées dans une subordonnée introduite par « que », « si » ou un mot interrogatif, sans guillemets ni ponctuation de dialogue. Le discours direct, lui, utilise des guillemets ; le monologue intérieur et la description sont d'autres notions.
Transforme au discours indirect : Il a dit : « Je pars. »
- A.Il a dit qu'il part.
- B.Il a dit je pars.
- C.Il a dit : qu'il part.
- D.Il a dit qu'il partait.Bonne réponse
Réponse : D — Il a dit qu'il partait.
Le verbe introducteur « a dit » est au passé : le présent « pars » devient donc un imparfait « partait », selon la règle de concordance des temps. Le pronom « je » devient « il ». On supprime aussi les guillemets et les deux points.
Quel mot introduit généralement une question totale (réponse oui/non) transformée au discours indirect ?
- A.« si »Bonne réponse
- B.« que »
- C.« car »
- D.« donc »
Réponse : A — « si »
Une question totale, qui appelle une réponse par « oui » ou « non », est introduite par « si » au discours indirect : « Est-ce que tu viens ? » devient « Il demande si je viens. » « que » introduit plutôt une déclaration, pas une question totale.
Que devient l'indicateur de temps « demain » quand on rapporte des paroles au discours indirect, dans un récit au passé ?
- A.la veille
- B.le lendemainBonne réponse
- C.aujourd'hui
- D.maintenant
Réponse : B — le lendemain
Au discours indirect inséré dans un récit au passé, « demain » (par rapport au moment de la parole) devient « le lendemain » (par rapport au moment du récit). « La veille » correspondrait à la transformation de « hier », pas de « demain ».
Transforme au discours indirect : Elle a demandé : « Est-ce que tu viendras avec moi ? »
- A.Elle a demandé : si je viendrai avec elle.
- B.Elle a demandé est-ce que je viendrai avec elle.
- C.Elle a demandé si je viendrais avec elle.Bonne réponse
- D.Elle a demandé que je viendrai avec elle.
Réponse : C — Elle a demandé si je viendrais avec elle.
« Est-ce que » disparaît et est remplacé par « si ». Le futur « viendras » devient un conditionnel présent « viendrais » (verbe introducteur au passé), et le pronom « moi » devient « elle » puisque c'est elle qui parle. Aucune ponctuation de discours direct n'est conservée.
Selon la concordance des temps, que devient un verbe au passé composé dans une parole rapportée après un verbe introducteur au passé ?
- A.Il reste au passé composé
- B.Il devient un futur simple
- C.Il devient un imparfait
- D.Il devient un plus-que-parfaitBonne réponse
Réponse : D — Il devient un plus-que-parfait
Quand le verbe introducteur est au passé, un passé composé dans la parole d'origine devient un plus-que-parfait au discours indirect : « J'ai fini. » → « Il a dit qu'il avait fini. » Ce n'est ni un imparfait (qui correspond à la transformation du présent), ni un futur.
Transforme au discours indirect la question : « Qu'est-ce que tu fais ? »
- A.Il demande ce que je fais.Bonne réponse
- B.Il demande qu'est-ce que je fais.
- C.Il demande ce qui je fais.
- D.Il demande que je fais.
Réponse : A — Il demande ce que je fais.
« Qu'est-ce que » devient « ce que » au discours indirect : « Il demande ce que je fais. » « Ce qui » servirait à transformer « qu'est-ce qui » (sujet), et « qu'est-ce que » ne doit jamais être conservé tel quel dans une subordonnée.
Quelle transformation est correcte pour la question « Où vas-tu ? » au discours indirect ?
- A.Il demande où vais-je.
- B.Il demande où je vais.Bonne réponse
- C.Il demande où vas-tu.
- D.Il demande où je vas.
Réponse : B — Il demande où je vais.
Le mot interrogatif « où » est conservé, mais l'inversion sujet-verbe de la question directe disparaît : on écrit « où je vais », jamais « où vais-je » ni « où vas-tu » (qui garderait à tort la 2e personne et l'inversion).
Un élève transforme « Il a demandé : « Qu'est-ce qui se passe ? » » en « Il a demandé ce que se passe. » Quelle est son erreur ?
- A.Il fallait garder les guillemets d'origine
- B.Il n'y a vraiment aucune erreur ici
- C.Il fallait garder « qu'est-ce qui » tel quel
- D.Il aurait dû utiliser « ce qui », pas « ce que »Bonne réponse
Réponse : D — Il aurait dû utiliser « ce qui », pas « ce que »
« Qu'est-ce qui » interroge sur le sujet de la phrase et devient « ce qui » au discours indirect (« Il demande ce qui se passe »), alors que « qu'est-ce que » interroge sur le COD et devient « ce que ». Confondre les deux est une erreur fréquente à corriger.
Transforme au discours indirect : Marc a dit : « J'ai oublié mon cahier hier. »
- A.Marc a dit qu'il avait oublié son cahier la veille.Bonne réponse
- B.Marc a dit qu'il avait oublié son cahier hier.
- C.Marc a dit qu'il a oublié son cahier la veille.
- D.Marc a dit qu'il oubliait son cahier la veille.
Réponse : A — Marc a dit qu'il avait oublié son cahier la veille.
Il faut transformer à la fois le temps (passé composé « ai oublié » → plus-que-parfait « avait oublié », car le verbe introducteur est au passé), le possessif (« mon » → « son ») ET l'indicateur de temps (« hier » → « la veille »). Oublier l'un de ces trois changements rend la transformation incomplète ou incorrecte.
Dans un roman, un narrateur écrit : « Sophie se dit qu'elle n'y arriverait jamais, que tout était perdu. » Comment appelle-t-on cette technique, qui rapporte les pensées d'un personnage sans verbe de parole introducteur explicite pour chaque phrase, ni guillemets, en mêlant voix du narrateur et pensées du personnage ?
- A.Le discours direct classique
- B.Le dialogue théâtral
- C.La description objective
- D.Le discours indirect libreBonne réponse
Réponse : D — Le discours indirect libre
Le discours indirect libre mêle la voix du narrateur et les pensées ou paroles d'un personnage, sans guillemets ni subordination systématique par « que » répété à chaque phrase, ce qui crée un effet d'immersion dans la conscience du personnage. Ce n'est ni un discours direct (pas de guillemets), ni du dialogue théâtral, ni une simple description objective.
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