Aller au contenu

Le subjonctif I et II : synthèse

Terminale · Allemand · Grammaire

Grammaire

Le Konjunktiv I : rapporter les paroles d'autrui

Tu maîtrises déjà le Konjunktiv II (l'irréel, l'hypothèse, la politesse). En Terminale, il te manque la dernière pièce du puzzle : le Konjunktiv I, dont le rôle est totalement différent. Il ne sert pas à imaginer un monde irréel, mais à rapporter les paroles de quelqu'un d'autre en marquant une distance : « je répète ce qu'il a dit, sans forcément le confirmer ». Indispensable pour commenter un article de presse ou une interview à l'oral comme à l'écrit du bac.

Formation du Konjunktiv I

InfinitifKonjunktiv I (3e pers. sg.)Indicatif présent (3e pers. sg.)
seiner seier ist
habener habeer hat
werdener werdeer wird
könnener könneer kann
müssener müsseer muss
kommener kommeer kommt
gebenes gebees gibt

L'emploi : le discours rapporté (die indirekte Rede)

Le Konjunktiv I permet de rapporter une parole sans se l'approprier : le locuteur signale ainsi qu'il ne fait que transmettre les propos d'un tiers, sans juger de leur véracité. C'est le mode privilégié de la presse écrite allemande („wie er sagte“, „laut Angaben der Regierung“) et des commentaires de texte au bac, où l'on doit souvent reformuler la thèse d'un auteur sans la citer mot pour mot.

  • laut + génitif/datif — « selon », pour introduire une source (laut einer Studie…)
  • Angaben zufolge — « selon les informations, selon les déclarations de… »
  • angeblich — « soi-disant, censément » (marque un doute sur la véracité)
  • wie X betonte / erklärte / bemerkte — « comme X l'a souligné / expliqué / remarqué »

Grammaire

Konjunktiv I ou II ? Choisir la bonne forme

Le Konjunktiv I n'est reconnaissable sans ambiguïté qu'à quelques personnes : la 3e personne du singulier (er komme, il diffère de er kommt) et, pour la plupart des verbes, la 2e personne du singulier. Partout ailleurs, il se confond souvent avec l'indicatif présent — et l'allemand a alors besoin d'une forme de secours. Cette ambiguïté n'est pas un simple détail de conjugaison : sans marque distincte, un lecteur ne peut plus savoir si tu rapportes fidèlement les propos de quelqu'un ou si tu les affirmes toi-même comme un fait établi. C'est cette fonction de marqueur de distance qui rend le choix du bon mode indispensable, bien au-delà d'une simple question de conjugaison correcte.

La règle de substitution : quand utiliser le Konjunktiv II

Phrase originaleKonjunktiv I attenduProblèmeForme utilisée
„Wir haben keine Zeit.“sie habenidentique à l'indicatif « sie haben »sie hätten (K II)
„Wir kommen morgen.“sie kommenidentique à l'indicatif « sie kommen »sie kämen (K II)
„Wir können helfen.“sie könnenidentique à l'indicatif « sie können »sie könnten (K II)
„Wir kaufen ein neues Auto.“sie kaufenverbe faible : identique à l'indicatif, et le K II « sie kauften » se confond avec le prétéritsie würden kaufen

Cette substitution suit une règle simple : elle n'intervient que lorsque le Konjunktiv I attendu est identique à l'indicatif à la personne utilisée. C'est presque systématique au pluriel, où de nombreux verbes partagent la même désinence -en au Konjunktiv I et à l'indicatif présent ; c'est aussi le cas des verbes faibles réguliers, dont le Konjunktiv I ressemble à s'y méprendre au présent de l'indicatif à plusieurs personnes. Le Konjunktiv II ou würde + infinitif ne changent alors rien au sens du discours rapporté : ils servent uniquement à le rendre reconnaissable comme tel, sans jamais transformer une parole rapportée en hypothèse ou en irréel.

Reconnaître les deux subjonctifs à la lecture

Face à une forme verbale inconnue dans un texte, pose-toi deux questions : d'où vient-elle (radical infinitif ou radical prétérit + Umlaut) et quel est son rôle dans la phrase (rapporte-t-elle une parole, ou imagine-t-elle une situation irréelle) ? er käme (K II, de « kam ») n'a pas le même sens que er komme (K I, de « kommen ») : le premier signifie « il viendrait », le second « il vient » rapporté par un tiers. Le réflexe à adopter est de comparer systématiquement la forme rencontrée à l'indicatif de la même personne : si les deux coïncident, la forme ne porte aucune marque de subjonctif, et c'est le contexte (verbe introducteur, adverbe angeblich, article de presse) qui signale le discours rapporté — c'est justement pour lever cette ambiguïté qu'on bascule alors sur le Konjunktiv II ou sur würde + infinitif. Attention : la coïncidence avec l'indicatif ne prouve rien à elle seule, puisque le Konjunktiv II des verbes faibles se confond lui aussi avec le prétérit (er kaufte, er sagte).

Exercices corrigés

  1. À partir de quel radical forme-t-on le Konjunktiv I ?

    • A.Le radical de l'infinitifBonne réponse
    • B.Le radical du prétérit
    • C.Le radical du participe II
    • D.Le radical de l'impératif

    Réponse : A — Le radical de l'infinitif

    Le Konjunktiv I se construit sur le radical de l'infinitif (kommen → komm-), contrairement au Konjunktiv II qui part du radical du prétérit avec Umlaut (kam → käm-). C'est la différence fondamentale entre les deux subjonctifs.

  2. Quelle est la forme du Konjunktiv I de « sein », 3e personne du singulier ?

    • A.er ist
    • B.er wäre
    • C.er seiBonne réponse
    • D.er seie

    Réponse : C — er sei

    « sein » est totalement irrégulier au Konjunktiv I : on dit er sei, sans -e supplémentaire (jamais « seie »). « er ist » est l'indicatif, « er wäre » le Konjunktiv II.

  3. Quelle est la forme du Konjunktiv I de « haben », 3e personne du singulier ?

    • A.er hatte
    • B.er hat
    • C.er hätte
    • D.er habeBonne réponse

    Réponse : D — er habe

    Radical de l'infinitif hab- + terminaison -e : er habe. « er hatte » est le prétérit, « er hat » l'indicatif présent, « er hätte » le Konjunktiv II (irréel).

  4. Que signifie l'adverbe « angeblich », souvent utilisé avec le discours rapporté ?

    • A.Soi-disant, censémentBonne réponse
    • B.Certainement, sans doute
    • C.Jamais, en aucun cas
    • D.Immédiatement, sans délai

    Réponse : A — Soi-disant, censément

    « angeblich » signale que l'information rapportée n'est pas garantie par le locuteur : « soi-disant », « censément ». Il accompagne naturellement les phrases au Konjunktiv I dans la presse.

  5. Quelle est la forme du Konjunktiv I de « werden », 3e personne du singulier, utile notamment pour marquer des propos rapportés sur le futur ?

    • A.er wird
    • B.er werdeBonne réponse
    • C.er würde
    • D.er wurde

    Réponse : B — er werde

    Radical de l'infinitif werd- + -e : er werde, distinct de l'indicatif « er wird ». « er würde » est le Konjunktiv II (auxiliaire de substitution pour former le K II des verbes faibles), « er wurde » le prétérit.

  6. Quelle est la forme du Konjunktiv I de « können », 3e personne du singulier ?

    • A.er kann
    • B.er könnte
    • C.er könneBonne réponse
    • D.er konnte

    Réponse : C — er könne

    Radical de l'infinitif könn- (l'Umlaut appartient déjà à l'infinitif « können ») + terminaison -e : er könne. Ne confonds pas avec le Konjunktiv II « er könnte », qui vient du prétérit « konnte ».

  7. Quelle phrase transforme correctement « Ich bin müde », sagte er en discours indirect avec dass ?

    • A.Er sagte, dass er müde sei.Bonne réponse
    • B.Er sagte, dass er müde ist.
    • C.Er sagte, dass er müde wäre.
    • D.Er sagte, er sei müde ist.

    Réponse : A — Er sagte, dass er müde sei.

    Avec dass, le verbe part en fin de subordonnée et se met au Konjunktiv I : dass er müde sei. « ist » (indicatif) ferait perdre la nuance de discours rapporté, « wäre » est un Konjunktiv II inutile ici, et la dernière option cumule deux verbes de façon incorrecte.

  8. Quelle est la forme du Konjunktiv I de « geben », 3e personne du singulier (es) ?

    • A.es gibt
    • B.es gäbe
    • C.es gab
    • D.es gebeBonne réponse

    Réponse : D — es gebe

    Radical de l'infinitif geb- + -e : es gebe, nettement distinct de l'indicatif « es gibt » (verbe fort à changement vocalique). « es gäbe » est le Konjunktiv II (irréel : « il y aurait »).

  9. Quelle formulation permet de reformuler « Wir müssen handeln », erklärte die Ministerin, en évitant l'ambiguïté du pluriel ?

    • A.Die Ministerin erklärte, man müsse handeln.Bonne réponse
    • B.Die Ministerin erklärte, sie müssen handeln.
    • C.Die Ministerin erklärte, man muss handeln.
    • D.Die Ministerin erklärte, sie müssten handeln.

    Réponse : A — Die Ministerin erklärte, man müsse handeln.

    En changeant de sujet pour « man » (3e personne du singulier), la forme man müsse est clairement distincte de l'indicatif « man muss ». « sie müssen » resterait ambigu au pluriel, « muss » est l'indicatif, et « müssten » (Konjunktiv II) suggérerait à tort une hypothèse plutôt qu'un discours rapporté.

  10. Quelle est la forme correcte pour rapporter « Wir kommen morgen », sagten sie ?

    • A.Sie sagten, sie kommen morgen.
    • B.Sie sagten, sie kämen morgen.Bonne réponse
    • C.Sie sagten, sie kommt morgen.
    • D.Sie sagten, sie würden morgen kommen können.

    Réponse : B — Sie sagten, sie kämen morgen.

    Le Konjunktiv I « sie kommen » est identique à l'indicatif, donc ambigu : on utilise le Konjunktiv II sie kämen comme forme de secours. « sie kommen » ne marquerait pas le discours rapporté, et « würden … können » ajoute un modal absent de la phrase d'origine.

  11. Quelle phrase constitue une erreur de discours rapporté ?

    • A.Er behauptet, er habe recht.
    • B.Er behauptet, dass er recht habe.
    • C.Er behauptet, er hat recht.Bonne réponse
    • D.Er behauptet, recht zu haben.

    Réponse : C — Er behauptet, er hat recht.

    « Er behauptet, er hat recht » emploie l'indicatif là où le discours rapporté exige le Konjunktiv I (« er habe recht ») : la nuance de distance disparaît. Les trois autres constructions (avec ou sans dass, ou avec un infinitif zu) sont correctes.

  12. Un journaliste écrit : « Der Sprecher erklärte, die Lage sei unter Kontrolle, man arbeite jedoch weiterhin an einer Lösung. » Quel est l'effet stylistique du Konjunktiv I répété dans cette phrase ?

    • A.Il montre que le journaliste est totalement certain que la situation est réellement sous contrôle, sans aucun doute possible
    • B.Il s'agit d'une erreur grammaticale que le journaliste aurait dû corriger avant la publication de son article
    • C.Il indique un futur proche, comme le ferait le futur composé « werden » suivi de l'infinitif
    • D.Il signale que le journaliste rapporte fidèlement les propos du porte-parole, sans se porter garant de leur véracitéBonne réponse

    Réponse : D — Il signale que le journaliste rapporte fidèlement les propos du porte-parole, sans se porter garant de leur véracité

    En employant deux fois le Konjunktiv I (sei, arbeite), le journaliste indique clairement qu'il transmet la déclaration officielle du porte-parole sans l'assumer comme un fait établi par lui-même — c'est tout l'intérêt du discours rapporté en allemand journalistique, très différent d'une affirmation directe à l'indicatif.

S'entraîner sur ce chapitre

Ce chapitre compte 36 exercices corrigés dans l'application, avec le suivi de ta progression.

Commencer les exercices