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Les mobilités touristiques

Seconde · Histoire-Géo · EMC · Géographie — Des mobilités généralisées

Géographie

Le tourisme international : un phénomène de masse en expansion

Le tourisme est aujourd'hui l'une des mobilités les plus massives à l'échelle mondiale. Contrairement aux migrations, qui supposent une installation durable, le tourisme est une mobilité temporaire : le touriste a toujours l'intention de revenir chez lui.

Un phénomène en croissance continue

Le nombre de touristes internationaux a considérablement augmenté depuis la seconde moitié du XXe siècle : il atteignait environ 25 millions en 1950, contre près de 1,4 milliard en 2019, avant que la pandémie de Covid-19 ne provoque un effondrement brutal du secteur en 2020-2021. Depuis, le tourisme international a largement retrouvé, puis dépassé, son niveau d'avant-crise. Cette croissance s'explique par la hausse du niveau de vie dans de nombreux pays, la baisse du coût des transports (notamment aériens) et le développement de nouvelles destinations.

Des destinations très concentrées dans l'espace

Les flux touristiques internationaux restent très concentrés sur certaines régions du monde. L'Europe reste la première région touristique mondiale, en particulier grâce à son patrimoine culturel, ses littoraux méditerranéens et la densité de ses infrastructures de transport. La France est, en nombre d'arrivées, la première destination touristique au monde. L'Asie de l'Est et le Pacifique connaissent quant à eux la croissance la plus rapide, portés par l'essor d'une classe moyenne asiatique de plus en plus nombreuse et mobile.

Type de tourismeCaractéristiqueExemple
Tourisme balnéairerecherche de littoraux, plages, soleilCôte d'Azur, Baléares
Tourisme culturel et patrimonialvisite de monuments, musées, sites historiquesParis, Rome, Kyoto
Tourisme urbaindécouverte d'une grande ville (shopping, sorties, patrimoine)New York, Londres
Tourisme vert / de naturedécouverte d'espaces naturels préservésparcs nationaux, randonnée
Tourisme d'affairesdéplacements professionnels (congrès, salons)grandes métropoles mondiales

Géographie

Les impacts du tourisme et les défis d'un tourisme plus durable

Le tourisme n'est pas neutre : il transforme profondément les territoires qui l'accueillent, avec des effets à la fois positifs (emplois, revenus) et négatifs (pression environnementale, tensions sociales) qu'il faut apprendre à mettre en balance.

Un poids économique considérable

Le tourisme représente environ 10 % du PIB mondial et génère des centaines de millions d'emplois directs et indirects (hôtellerie, restauration, transports, guides, artisanat...). Pour de nombreux pays, en particulier des îles ou des pays en développement disposant de peu d'autres ressources exportables, le tourisme constitue une source de devises essentielle et un moteur de développement local.

Des impacts environnementaux et sociaux importants

Le développement touristique a aussi un coût. L'artificialisation des littoraux (bétonnage, construction d'hôtels et de résidences secondaires) fragilise des milieux naturels souvent fragiles. Les transports touristiques, en particulier le transport aérien, contribuent significativement aux émissions de gaz à effet de serre. Enfin, la saisonnalité du tourisme (forte affluence l'été sur les littoraux, par exemple) crée des déséquilibres : sur-fréquentation à certaines périodes, quasi-désertion le reste de l'année, hausse du coût du logement pour les habitants permanents.

  • Le tourisme représente environ 10 % du PIB mondial et constitue une ressource économique essentielle pour de nombreux territoires.
  • L'artificialisation des littoraux et les émissions liées au transport aérien sont des impacts environnementaux majeurs du tourisme de masse.
  • Le surtourisme (overtourism) désigne un afflux de visiteurs qui dépasse la capacité d'accueil d'un territoire, comme à Venise.
  • Le tourisme durable (ou écotourisme) cherche à limiter les impacts négatifs tout en conservant les bénéfices économiques du secteur.

Exercices corrigés

  1. Environ combien de touristes internationaux le monde comptait-il en 2019, juste avant la pandémie de Covid-19 ?

    • A.environ 25 millions
    • B.environ 400 millions
    • C.environ 1,4 milliardBonne réponse
    • D.environ 5 milliards

    Réponse : C — environ 1,4 milliard

    En 2019, le nombre de touristes internationaux atteignait environ 1,4 milliard dans le monde, contre seulement 25 millions en 1950 : cela montre l'ampleur de la croissance du tourisme international sur plusieurs décennies. 400 millions correspond à un niveau bien plus ancien (autour des années 1980), et 5 milliards dépasserait largement la population mondiale susceptible de voyager à l'international.

  2. Un touriste passe deux semaines de vacances dans un pays étranger sans y travailler, puis rentre chez lui. Un travailleur détaché s'installe dans le même pays pendant trois ans pour y exercer un emploi. Comment qualifier correctement ces deux situations ?

    • A.les deux sont des touristes, puisqu'aucun des deux ne s'installe définitivement dans le pays étranger visité
    • B.le premier est un migrant venu chercher durablement du travail, le second un simple touriste de passage dans le pays
    • C.les deux sont des migrants, puisqu'ils séjournent tous deux durablement hors de leur pays d'origine respectif
    • D.le premier est un touriste (séjour court, sans activité rémunérée), le second relève de la migration (installation longue, activité professionnelle)Bonne réponse

    Réponse : D — le premier est un touriste (séjour court, sans activité rémunérée), le second relève de la migration (installation longue, activité professionnelle)

    Le voyageur en vacances correspond exactement à la définition du tourisme international : séjour de moins d'un an (deux semaines), sans activité rémunérée sur place, avec intention de retour. Le travailleur détaché correspond à une migration : installation durable (plus d'un an, ici trois ans) et exercice d'une activité professionnelle rémunérée dans le pays d'accueil. Les deux situations ne peuvent donc pas être confondues : ce n'est ni « les deux touristes », ni « les deux migrants », ni l'inverse (migrant puis touriste).

  3. Selon l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), quelle est la durée minimale et maximale d'un séjour pour qu'une personne soit considérée comme touriste international ?

    • A.entre 24 heures et moins d'un anBonne réponse
    • B.entre 1 heure et 24 heures
    • C.entre 1 an et 5 ans
    • D.il n'y a aucune limite de durée

    Réponse : A — entre 24 heures et moins d'un an

    L'OMT définit le touriste international comme une personne qui se déplace hors de son environnement habituel pour une durée d'au moins 24 heures et de moins d'un an, dans un but de loisirs, d'affaires ou personnel, sans exercer d'activité rémunérée sur place. En dessous de 24 heures, on parle plutôt d'excursionniste ; au-delà d'un an, la personne relève plutôt de la migration, pas du tourisme.

  4. Quelle est la différence essentielle entre un touriste et un migrant ?

    • A.le touriste ne se déplace jamais à l'étranger
    • B.le touriste se déplace temporairement et sans intention de s'installer durablement, contrairement au migrantBonne réponse
    • C.le migrant ne peut jamais exercer d'activité professionnelle
    • D.il n'y a aucune différence entre les deux notions

    Réponse : B — le touriste se déplace temporairement et sans intention de s'installer durablement, contrairement au migrant

    Le touriste se déplace pour une durée courte (moins d'un an), sans intention de s'installer durablement et sans exercer d'activité rémunérée dans le lieu visité. Le migrant, au contraire, s'installe durablement (plus d'un an) et peut exercer une activité professionnelle dans son pays d'accueil. Le touriste se déplace bien à l'étranger dans le cas du tourisme international, et c'est justement le migrant qui peut exercer une activité professionnelle, contrairement au touriste.

  5. Quel pays est, en nombre d'arrivées de touristes internationaux, la première destination touristique au monde ?

    • A.les États-Unis
    • B.l'Espagne
    • C.la Chine
    • D.la FranceBonne réponse

    Réponse : D — la France

    La France est, en nombre d'arrivées de touristes internationaux, la première destination touristique au monde, grâce à son patrimoine culturel, ses paysages variés et sa position centrale en Europe. Les États-Unis, l'Espagne et la Chine figurent également parmi les toutes premières destinations mondiales, mais la France conserve la première place en nombre d'arrivées.

  6. Quelle région du monde reste la première région touristique mondiale ?

    • A.l'EuropeBonne réponse
    • B.l'Afrique subsaharienne
    • C.l'Amérique du Sud
    • D.l'Océanie

    Réponse : A — l'Europe

    L'Europe reste la première région touristique mondiale, en particulier grâce à son patrimoine culturel dense, ses littoraux méditerranéens et la qualité de ses infrastructures de transport. L'Afrique subsaharienne, l'Amérique du Sud et l'Océanie accueillent des flux touristiques bien plus faibles en comparaison.

  7. Qu'appelle-t-on le « surtourisme » (ou overtourism) ?

    • A.une situation où il n'y a plus aucun touriste dans une destination
    • B.une situation où l'afflux de touristes dépasse la capacité d'accueil d'un territoire, comme à VeniseBonne réponse
    • C.une politique qui interdit totalement le tourisme dans un pays
    • D.un type de tourisme réservé aux personnes très riches

    Réponse : B — une situation où l'afflux de touristes dépasse la capacité d'accueil d'un territoire, comme à Venise

    Le surtourisme désigne une situation où le nombre de touristes dépasse la capacité d'accueil d'un territoire, ce qui dégrade l'expérience des visiteurs, la qualité de vie des habitants et l'état du patrimoine, comme c'est le cas à Venise. Ce n'est pas l'absence de tourisme (c'est l'inverse), ni une interdiction du tourisme, ni un tourisme réservé à une clientèle aisée en particulier.

  8. Pourquoi peut-on dire que les flux touristiques mondiaux ne vont pas uniquement « du Nord riche vers le Sud exotique » ?

    • A.parce qu'il n'existe aucun tourisme entre pays du Nord
    • B.parce que le tourisme n'existe que dans les pays du Sud
    • C.parce qu'une large part des flux touristiques mondiaux est de nature Nord-Nord, entre pays développésBonne réponse
    • D.parce que le tourisme international a complètement disparu

    Réponse : C — parce qu'une large part des flux touristiques mondiaux est de nature Nord-Nord, entre pays développés

    Une part importante des flux touristiques mondiaux reste interne aux pays développés (tourisme Nord-Nord), par exemple entre pays européens, ou entre les États-Unis et le Canada. L'image d'un tourisme uniquement dirigé vers des destinations exotiques du Sud est donc une simplification excessive. Le tourisme existe bien entre pays du Nord (ce n'est pas nul), il existe aussi dans les pays du Sud (ce n'est pas réservé au Nord), et il n'a évidemment pas disparu, bien au contraire.

  9. Quel impact environnemental est le plus directement associé à l'artificialisation touristique des littoraux ?

    • A.la baisse du niveau de la mer
    • B.la baisse des émissions de gaz à effet de serre
    • C.la diminution du nombre de touristes
    • D.la fragilisation de milieux naturels souvent fragiles, du fait du bétonnage et des constructions hôtelièresBonne réponse

    Réponse : D — la fragilisation de milieux naturels souvent fragiles, du fait du bétonnage et des constructions hôtelières

    La construction d'hôtels, de résidences secondaires et d'infrastructures touristiques sur les littoraux (bétonnage) fragilise des milieux naturels souvent déjà sensibles (dunes, zones humides côtières, écosystèmes marins proches). Ce phénomène n'a pas de lien direct avec le niveau de la mer, il ne diminue pas le nombre de touristes (au contraire, il vise souvent à en accueillir davantage), et le transport touristique (notamment aérien) tend plutôt à augmenter les émissions de gaz à effet de serre qu'à les réduire.

  10. Pourquoi la saisonnalité du tourisme est-elle considérée comme un défi pour les territoires touristiques ?

    • A.parce qu'elle provoque des périodes de sur-fréquentation suivies de périodes de quasi-désertion, avec des conséquences économiques et socialesBonne réponse
    • B.parce qu'elle crée une répartition parfaitement égale des touristes toute l'année
    • C.parce qu'elle empêche toute activité touristique dans le monde
    • D.parce qu'elle ne concerne que les zones de montagne

    Réponse : A — parce qu'elle provoque des périodes de sur-fréquentation suivies de périodes de quasi-désertion, avec des conséquences économiques et sociales

    La saisonnalité désigne le fait que le tourisme se concentre sur certaines périodes de l'année (l'été sur les littoraux par exemple), ce qui crée des déséquilibres : sur-fréquentation à certaines périodes (pression sur les infrastructures, hausse des prix), quasi-désertion le reste de l'année (emplois précaires et saisonniers). C'est l'inverse d'une répartition égale, elle ne bloque évidemment pas toute activité touristique dans le monde, et elle concerne aussi bien les littoraux (été) que les zones de montagne (hiver), pas uniquement ces dernières.

  11. Quel est l'objectif principal d'une taxe d'entrée pour les visiteurs à la journée, comme celle mise en place à Venise ?

    • A.interdire complètement l'accès de la ville aux touristes
    • B.réguler et limiter les flux touristiques pour préserver le territoire et la qualité de vie des habitantsBonne réponse
    • C.financer exclusivement de nouveaux hôtels
    • D.supprimer toute activité économique liée au tourisme

    Réponse : B — réguler et limiter les flux touristiques pour préserver le territoire et la qualité de vie des habitants

    La taxe d'entrée mise en place à Venise vise à réguler les flux de visiteurs à la journée (particulièrement nombreux et générant peu de retombées économiques locales comparés aux touristes qui séjournent sur place), afin de limiter la pression du surtourisme sur la ville et de préserver la qualité de vie des habitants et l'état du patrimoine. Elle ne vise ni à interdire totalement l'accès à la ville, ni à financer de nouveaux hôtels, ni à supprimer l'activité touristique, qui reste une ressource économique essentielle pour Venise.

  12. Pourquoi le tourisme peut-il être qualifié de ressource économique essentielle pour certaines îles ou certains pays en développement ?

    • A.parce que ces pays interdisent toute autre activité économique
    • B.parce que le tourisme y est totalement gratuit pour les visiteurs
    • C.parce qu'ils n'ont généralement pas d'autres ressources exportables importantes, et que le tourisme génère des emplois et des devisesBonne réponse
    • D.parce que le tourisme y est un phénomène marginal, sans impact réel

    Réponse : C — parce qu'ils n'ont généralement pas d'autres ressources exportables importantes, et que le tourisme génère des emplois et des devises

    Pour de nombreuses îles ou pays en développement disposant de peu d'autres ressources exportables (industrie limitée, agriculture peu diversifiée), le tourisme constitue une source de devises essentielle et un moteur d'emplois locaux (hôtellerie, restauration, transports, artisanat), d'où son importance économique centrale dans ces territoires. Le tourisme n'est évidemment pas gratuit pour les visiteurs, ces pays ne interdisent pas les autres activités économiques (ils cherchent au contraire souvent à les diversifier), et le tourisme y est loin d'être marginal, c'est souvent un secteur clé de leur économie.

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