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Corps purs et mélanges

Seconde · Physique-Chimie · Constitution et transformations de la matière

Constitution et transformations de la matière

Espèces chimiques, corps purs et mélanges

Tout ce qui t'entoure est fait de matière, et cette matière est constituée d'espèces chimiques. Le premier réflexe du chimiste est de savoir de quoi est fait un échantillon : d'une seule espèce, ou de plusieurs ? Ce chapitre te donne le vocabulaire exact et les outils pour trancher.

Mélange homogène ou hétérogène ?
Le critère est visuel, à l'œil nu (et parfois au microscope) : peut-on distinguer plusieurs constituants ?
Un mélange homogène a le même aspect partout : on ne voit qu'une seule phase. Un mélange hétérogène laisse voir au moins deux phases distinctes.

Mélange homogèneMélange hétérogène
AspectUne seule phase, aspect identique partoutAu moins deux phases visibles
ExemplesEau salée, air, eau minérale, alliage bronze, eau sucréeEau + huile, jus d'orange avec pulpe, lait à l'œil nu, brouillard, granite
Séparation possibleDistillation, évaporation, chromatographieDécantation, filtration

Miscibilité et solubilité

Deux liquides sont miscibles s'ils forment un mélange homogène quand on les mélange (eau et éthanol). Ils sont non miscibles s'ils forment deux phases séparées (eau et huile, eau et cyclohexane).
Un solide est soluble dans un liquide s'il s'y dissout pour donner un mélange homogène (le sel dans l'eau). Sinon il est insoluble (le sable dans l'eau).

  • Décantation : on laisse reposer, les phases se séparent par gravité, puis on sépare (ampoule à décanter pour deux liquides).
  • Filtration : on retient un solide insoluble sur un filtre ; le liquide qui passe s'appelle le filtrat.
  • Distillation : on chauffe un mélange homogène liquide, on vaporise l'espèce la plus volatile puis on la condense ; le liquide recueilli est le distillat.
  • Chromatographie sur couche mince : elle sépare et identifie les espèces d'un mélange grâce à leur entraînement plus ou moins rapide par l'éluant.

Constitution et transformations de la matière

Identifier une espèce et décrire la composition d'un mélange

Pour identifier une espèce chimique, on mesure des grandeurs physiques caractéristiques : elles ne dépendent ni de la masse ni de la forme de l'échantillon, seulement de la nature de l'espèce. On les compare ensuite aux valeurs tabulées.

EspèceMasse volumique (g/cm³)DensitéComportement dans l'eau
Huile0,920,92flotte
Eau1,001,00référence
Aluminium2,702,70coule
Fer7,907,90coule
Cuivre8,908,90coule
Plomb11,311,3coule

Températures de changement d'état et tests chimiques.
Un corps pur change d'état à température constante : pendant toute la fusion de la glace pure sous pression atmosphérique, le thermomètre reste bloqué à 0 °C. C'est le fameux palier de la courbe de température. Un mélange, lui, ne présente pas de palier net : sa température évolue pendant le changement d'état. Observer un palier est donc un excellent moyen de reconnaître un corps pur, et la valeur du palier (0 °C, 100 °C, 78 °C pour l'éthanol…) permet d'identifier l'espèce.

  • Test de l'eau : le sulfate de cuivre anhydre, blanc, devient bleu en présence d'eau.
  • Test du dioxyde de carbone : l'eau de chaux limpide se trouble.
  • Test du dioxygène : il rallume une bûchette présentant un point incandescent.
  • Test du dihydrogène : détonation (« aboiement ») à l'approche d'une flamme.

Composition massique d'un mélange.
Pour décrire un mélange, on donne la proportion de chaque espèce. La composition massique (ou titre massique) d'une espèce vaut :

w = m(espèce) / m(mélange)

C'est un nombre compris entre 0 et 1, que l'on exprime souvent en pourcentage en le multipliant par 100. Attention : le dénominateur est la masse totale du mélange, pas la masse du solvant seul.

Exercices corrigés

  1. Quelle est l'expression correcte de la masse volumique ?

    • A.ρ = m × V
    • B.ρ = V/m
    • C.ρ = m/VBonne réponse
    • D.ρ = m + V

    Réponse : C — ρ = m/V

    La masse volumique est la masse contenue dans une unité de volume : on divise donc la masse par le volume, ρ = m/V. L'unité obtenue (g/mL, kg/m³) te le rappelle : « g PAR mL » signifie bien une division. L'expression V/m donnerait le volume massique, l'inverse de ce qu'on cherche.

  2. Un échantillon de liquide a une masse de 90 g et occupe un volume de 100 mL. Quelle est sa masse volumique ?

    • A.0,90 g/mLBonne réponse
    • B.1,1 g/mL
    • C.9,0 g/mL
    • D.9000 g/mL

    Réponse : A — 0,90 g/mL

    ρ = m/V = 90 / 100 = 0,90 g/mL. Vérification en repartant du résultat : 0,90 × 100 = 90 g, c'est bien la masse de départ. La réponse 1,1 g/mL vient de la division inversée (100/90), et 9,0 g/mL d'une erreur de virgule. Ordre de grandeur : un liquide plus léger que l'eau doit donner une valeur légèrement inférieure à 1 g/mL, ce qui est cohérent.

  3. Un liquide a une masse volumique de 800 g/L. Quelle est sa densité ? (masse volumique de l'eau : 1000 g/L)

    • A.1,25
    • B.0,80Bonne réponse
    • C.800
    • D.8,0

    Réponse : B — 0,80

    d = ρ/ρ(eau) = 800/1000 = 0,80. La densité est un nombre sans unité, donc « 800 » est forcément faux. La réponse 1,25 correspond au rapport inversé (1000/800) : ce serait la densité de l'eau par rapport à ce liquide. Comme le liquide est plus léger que l'eau, sa densité doit être inférieure à 1 : ce contrôle rapide élimine trois options d'un coup.

  4. Quelle technique permet de séparer un solide insoluble d'un liquide ?

    • A.La distillation
    • B.La chromatographie
    • C.La filtrationBonne réponse
    • D.La dissolution

    Réponse : C — La filtration

    La filtration retient sur le filtre le solide insoluble, tandis que le liquide (le filtrat) passe au travers : c'est l'outil du mélange hétérogène solide-liquide. La distillation sépare des liquides miscibles selon leur température d'ébullition, la chromatographie identifie des espèces dans un mélange homogène, et la dissolution ne sépare rien du tout : elle fabrique au contraire un mélange homogène.

  5. On chauffe doucement de la glace pure. Que fait la température pendant toute la durée de la fusion ?

    • A.Elle reste constante : c'est un palierBonne réponse
    • B.Elle augmente régulièrement
    • C.Elle diminue puis augmente
    • D.Elle dépend de la masse de glace utilisée

    Réponse : A — Elle reste constante : c'est un palier

    Un corps pur change d'état à température constante : toute l'énergie apportée sert à casser l'organisation du solide, pas à élever la température. On observe donc un palier, ici à 0 °C sous pression atmosphérique. La masse ne change pas la température du palier : elle change seulement sa DURÉE (plus de glace, palier plus long). C'est justement ce palier net qui distingue un corps pur d'un mélange.

  6. L'aluminium a une masse volumique de 2,7 g/cm³. Combien cela fait-il en kg/m³ ?

    • A.0,0027 kg/m³
    • B.270 kg/m³
    • C.2700 kg/m³Bonne réponse
    • D.27 000 kg/m³

    Réponse : C — 2700 kg/m³

    Passons par les deux conversions : 2,7 g/cm³ = 2,7 g pour 1 cm³. Or 1 m³ = 1 000 000 cm³, donc 1 m³ d'aluminium pèse 2,7 × 1 000 000 = 2 700 000 g, soit 2700 kg. D'où 2700 kg/m³. Plus court : retiens simplement que 1 g/cm³ = 1000 kg/m³, donc on multiplie par 1000. Un mètre cube d'aluminium pèse près de 3 tonnes : l'ordre de grandeur est cohérent.

  7. Une solution contient 15 g de sel dissous dans une masse totale de solution de 500 g. Quelle est la composition massique en sel ?

    • A.33 %
    • B.3,0 %Bonne réponse
    • C.0,03 %
    • D.30 %

    Réponse : B — 3,0 %

    w = m(sel)/m(solution) = 15/500 = 0,030, soit 3,0 % après multiplication par 100. Vérification : 3,0 % de 500 g donne 0,030 × 500 = 15 g, c'est bien la masse de sel. L'erreur classique est d'oublier de convertir en pourcentage (0,030 devient 0,03 %) ou d'inverser la division (500/15 ≈ 33). Une composition massique est toujours comprise entre 0 et 100 %.

  8. Un flacon vide a une masse de 120,0 g. Rempli de 50,0 mL d'un liquide, l'ensemble a une masse de 160,0 g. Quelle est la masse volumique du liquide ?

    • A.3,20 g/mL
    • B.0,800 g/mLBonne réponse
    • C.1,25 g/mL
    • D.0,750 g/mL

    Réponse : B — 0,800 g/mL

    Attention au piège : il faut d'abord isoler la masse du liquide seul. m(liquide) = 160,0 − 120,0 = 40,0 g. Ensuite ρ = m/V = 40,0 / 50,0 = 0,800 g/mL. Vérification : 0,800 × 50,0 = 40,0 g, puis 40,0 + 120,0 = 160,0 g. La réponse 3,20 g/mL vient de l'oubli de la soustraction (160,0/50,0), et 1,25 g/mL d'une division inversée (50,0/40,0).

  9. On verse 50 mL d'huile dans 50 mL d'eau, on agite puis on laisse reposer. Que peut-on dire du système obtenu ?

    • A.Hétérogène : l'huile forme une phase au-dessus de l'eauBonne réponse
    • B.Homogène : l'huile finit par se dissoudre dans l'eau
    • C.Hétérogène : l'huile se place sous l'eau car elle est plus dense
    • D.Homogène si l'on agite suffisamment longtemps

    Réponse : A — Hétérogène : l'huile forme une phase au-dessus de l'eau

    L'eau et l'huile sont non miscibles : quelle que soit la durée de l'agitation, elles finissent toujours par se séparer en deux phases, le système est donc hétérogène. Pour l'ordre des couches, on compare les masses volumiques : l'huile vaut environ 0,92 g/mL contre 1,0 g/mL pour l'eau, donc l'huile est moins dense et surnage. Agiter fabrique une émulsion temporaire, jamais un mélange homogène stable.

  10. Une pièce métallique de masse 89 g est plongée dans une éprouvette : le niveau d'eau monte de 10 cm³. De quel métal s'agit-il ?

    • A.L'aluminium (2,7 g/cm³)
    • B.Le fer (7,9 g/cm³)
    • C.Le cuivre (8,9 g/cm³)Bonne réponse
    • D.Le plomb (11,3 g/cm³)

    Réponse : C — Le cuivre (8,9 g/cm³)

    La montée du niveau d'eau donne directement le volume de la pièce : V = 10 cm³. On calcule ρ = m/V = 89/10 = 8,9 g/cm³. Cette valeur correspond au cuivre. Vérification dans l'autre sens : 8,9 × 10 = 89 g, c'est bien la masse de l'énoncé. Cette méthode de mesure du volume par déplacement d'eau est un grand classique pour les solides de forme quelconque.

  11. On dissout 20 g de sucre dans 180 g d'eau. Quelle est la composition massique en sucre de la solution obtenue ?

    • A.11 %
    • B.20 %
    • C.90 %
    • D.10 %Bonne réponse

    Réponse : D — 10 %

    Le dénominateur est la masse TOTALE de la solution : m(solution) = 20 + 180 = 200 g. Donc w = 20/200 = 0,10, soit 10 %. La réponse 11 % est l'erreur la plus fréquente : elle vient de 20/180, c'est-à-dire d'une division par la masse d'eau seule au lieu de la masse totale. La réponse 90 % correspond à la composition en eau (180/200), pas en sucre.

  12. Dans une éprouvette, on verse trois liquides non miscibles : du sirop de sucre (1,3 g/mL), de l'eau colorée (1,0 g/mL) et de l'huile (0,92 g/mL). Après repos, quel est l'empilement du haut vers le bas ?

    • A.Sirop, eau, huile
    • B.Eau, huile, sirop
    • C.Huile, eau, siropBonne réponse
    • D.Huile, sirop, eau

    Réponse : C — Huile, eau, sirop

    Les liquides non miscibles s'empilent par masse volumique croissante du haut vers le bas : le moins dense flotte au-dessus. Classons : huile 0,92 < eau 1,0 < sirop 1,3. Du haut vers le bas on obtient donc huile, puis eau, puis sirop. L'erreur classique consiste à classer dans l'ordre de l'énoncé, ou à croire que le plus dense monte. Repère toujours d'abord la valeur la plus petite : elle occupe le sommet.

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Ce chapitre compte 38 exercices corrigés dans l'application, avec le suivi de ta progression.

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