Orthographe : les pièges de la dictée du brevet
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Les accords qui font la différence
À la dictée du brevet, ce ne sont presque jamais les mots compliqués qui font perdre des points : ce sont les accords. Participe passé, adjectifs, pronoms… une lettre oubliée ou ajoutée, et la phrase devient fautive. Bonne nouvelle : ces pièges reposent sur un tout petit nombre de règles, à condition de les connaître par cœur.
| Situation | Règle | Exemple |
|---|---|---|
| Auxiliaire être | Accord avec le sujet | Elles sont tombées. |
| Auxiliaire avoir, pas de COD ou COD après | Invariable | Elle a mangé des pommes. |
| Auxiliaire avoir, COD avant le verbe | Accord avec le COD | Les pommes qu'elle a mangées. |
| Pronominal essentiel (toujours pronominal) | Accord avec le sujet | Elles se sont enfuies. |
| Pronominal accidentel, COD après | Invariable | Elle s'est lavé les mains. |
Les verbes pronominaux : essentiels ou accidentels ?
Un verbe pronominal essentiel n'existe que sous forme pronominale (s'enfuir, se souvenir, s'évanouir…) : son participe passé s'accorde toujours avec le sujet, comme avec être. Un verbe pronominal accidentel existe aussi sans « se » (laver → se laver) : il suit alors la même règle que l'auxiliaire avoir, en cherchant le COD.
Les cas invariables à connaître par cœur
- Fait suivi d'un infinitif est toujours invariable : « les gâteaux qu'elle a fait cuire ».
- Coûté, valu, pesé, duré au sens propre (prix, poids, durée) sont invariables, car le complément n'est pas un COD mais un complément circonstanciel : « les cent euros que ce vélo m'a coûté ».
- Les verbes impersonnels (il a fallu, il a plu, il a neigé) sont toujours invariables : « les efforts qu'il a fallu fournir ».
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Les homophones grammaticaux, pièges de la dictée
Un homophone grammatical, c'est un mot qui se prononce comme un autre mais qui s'écrit différemment selon sa nature ou sa fonction dans la phrase : a/à, on/ont, ce/se… À l'oral, aucune différence ; à l'écrit, une seule bonne orthographe. La méthode pour ne plus se tromper : remplacer le mot par un autre, pour « entendre » sa vraie nature.
Les paires les plus fréquentes au brevet
| Homophones | Comment les distinguer | Exemple |
|---|---|---|
| a / à | a = verbe avoir (remplace par « avait ») ; à = préposition invariable | Il a (avait) faim. Il va à Paris. |
| on / ont | on = pronom sujet (remplace par « il ») ; ont = verbe avoir (remplace par « avaient ») | On (il) chante. Ils ont (avaient) chanté. |
| son / sont | son = déterminant possessif (remplace par « mon ») ; sont = verbe être (remplace par « étaient ») | Il prend son (mon) sac. Ils sont (étaient) partis. |
| ce / se | ce = déterminant ou pronom démonstratif (remplace par « cela/celui-ci ») ; se = pronom réfléchi devant un verbe pronominal | Ce (cela) livre est bon. Il se lave. |
| ces / ses | ces = démonstratif pluriel (remplace par « ces… -là ») ; ses = possessif pluriel (remplace par « ses propres ») | Ces (ces…-là) fleurs. Il range ses (ses propres) affaires. |
| c'est / s'est | c'est = ce + est, présentatif ; s'est = pronom réfléchi + est, devant un verbe pronominal au passé composé | C'est (cela est) beau. Elle s'est levée. |
leur / leurs et quel(le)(s) / qu'elle(s)
Leur pronom personnel (placé devant un verbe, remplace « à eux/à elles ») est toujours invariable : « Je leur ai parlé. » Leurs déterminant possessif s'accorde avec le nom qu'il accompagne, au pluriel : « Ils ont pris leurs affaires. »
Quel(le)(s) est un déterminant ou un adjectif exclamatif/interrogatif, qui s'accorde avec le nom : « Quelle chance ! » Qu'elle(s), c'est la conjonction « que » suivie du pronom « elle(s) » : on peut le remplacer par « qu'il(s) ».
Exercices corrigés
Complète : « Il ___ toujours faim avant de partir ___ l'école. »
- A.a / àBonne réponse
- B.à / a
- C.a / a
- D.à / à
Réponse : A — a / à
Premier mot : on peut dire « il avait faim » → c'est le verbe avoir, donc « a ». Deuxième mot : on ne peut pas dire « il avait l'école », c'est la préposition invariable « à ». Réponse : « Il a toujours faim avant de partir à l'école. »
Quelle phrase est correctement orthographiée ?
- A.Ils on mangé avant que on parte.
- B.Ils ont mangé avant qu'on parte.Bonne réponse
- C.Ils on manger avant qu'on parte.
- D.Ils ont manger avant que on parte.
Réponse : B — Ils ont mangé avant qu'on parte.
« Ils ont mangé » : on peut dire « ils avaient mangé » → c'est le verbe avoir, donc « ont ». « avant qu'on parte » : on = pronom sujet (« il partait »), toujours écrit « on », avec l'apostrophe de « que » devant la voyelle. « mangé » est bien un participe passé (pas un infinitif), donc pas de -er.
Complète : « ___ chien a perdu ___ collier près de la rivière. »
- A.Se / son
- B.Ce / sonBonne réponse
- C.Ce / sont
- D.Se / sont
Réponse : B — Ce / son
« Ce chien » : on peut dire « ce chien-là » ou « cela chien » (démonstratif), donc « ce ». « son collier » : on peut dire « son collier » = « mon collier » à lui, donc le déterminant possessif « son » (et pas le verbe être « sont », qui donnerait « son collier a perdu étaient collier », ce qui n'a aucun sens).
Complète : « Je ___ ai prêté mon stylo, mais ils ne rendent jamais ___ affaires à temps. »
- A.leur / leursBonne réponse
- B.leurs / leur
- C.leur / leur
- D.leurs / leurs
Réponse : A — leur / leurs
Premier « leur » est un pronom personnel placé devant le verbe ai prêté (= à eux) : il est toujours invariable, donc « leur » sans s. Deuxième « leurs » accompagne le nom « affaires », pluriel : c'est le déterminant possessif qui s'accorde, donc « leurs » avec un s.
Quel accord de l'adjectif de couleur est correct dans « des jupes ___ » (bleu) ?
- A.bleu
- B.bleus
- C.bleue
- D.bleuesBonne réponse
Réponse : D — bleues
Bleu est un adjectif de couleur simple (un seul mot, pas emprunté à un nom d'objet) : il s'accorde normalement avec le nom, ici « jupes », féminin pluriel. On écrit donc « bleues », avec -e et -s.
Complète : « Les lettres qu'elle a ___ sont sur le bureau. » (écrire)
- A.écrit
- B.écrite
- C.écrits
- D.écritesBonne réponse
Réponse : D — écrites
Le verbe écrire est conjugué avec avoir. Le pronom « que » (mis pour « les lettres », féminin pluriel) est le COD et il est placé avant le verbe : on accorde donc le participe avec « les lettres » → écrites, avec -es.
Quelle phrase illustre un verbe pronominal essentiel, dont le participe passé s'accorde toujours avec le sujet ?
- A.Elle s'est lavé les mains.
- B.Elles se sont enfuies en courant.Bonne réponse
- C.Ils se sont écrit des lettres.
- D.Elle s'est offert un cadeau.
Réponse : B — Elles se sont enfuies en courant.
S'enfuir n'existe que sous forme pronominale : il n'y a pas de verbe « enfuir » tout seul. C'est donc un pronominal essentiel, dont le participe passé s'accorde toujours avec le sujet : elles → enfuies. Dans les trois autres phrases, il s'agit de pronominaux accidentels (laver, écrire, offrir existent seuls) où il faut chercher le vrai COD.
Complète : « Elle a acheté ces fleurs pour offrir à sa mère ___ vitamines préférées. » (mot manquant : sa/ses)
- A.Elle a acheté ces fleurs pour offrir à sa mère ses vitamines préférées.Bonne réponse
- B.Elle a acheté ses fleurs pour offrir à sa mère ces vitamines préférées.
- C.Elle a acheté ces fleurs pour offrir à sa mère ces vitamines préférées.
- D.Elle a acheté ses fleurs pour offrir à sa mère ses vitamines préférées.
Réponse : A — Elle a acheté ces fleurs pour offrir à sa mère ses vitamines préférées.
« ces fleurs » : on peut dire « ces fleurs-là » (démonstratif, on montre des fleurs précises), donc « ces ». « ses vitamines » : on peut dire « ses propres vitamines » (possessif, appartiennent à la mère), donc « ses ». La phrase correcte est donc la première option.
Complète : « ___ vraiment gentil de sa part ! Je pense ___ a raison. »
- A.C'est / qu'elleBonne réponse
- B.S'est / qu'elle
- C.C'est / quelle
- D.S'est / quelle
Réponse : A — C'est / qu'elle
« C'est vraiment gentil » : on peut dire « cela est vraiment gentil », c'est le présentatif « c'est » (ce + est). « qu'elle a raison » : on peut remplacer par « qu'il a raison », donc c'est bien que + elle, avec apostrophe : qu'elle.
Quelle phrase contient un participe passé invariable, malgré l'auxiliaire avoir ?
- A.Les cent euros que ce vélo m'a coûtés.
- B.Les cent euros que ce vélo m'a coûté.Bonne réponse
- C.La fatigue que cette course m'a coûtée.
- D.Les efforts que ce travail m'a coûtés.
Réponse : B — Les cent euros que ce vélo m'a coûté.
Coûté, employé au sens propre (un prix), a pour complément un complément circonstanciel, pas un vrai COD : il reste donc invariable, même si « que » est placé avant. « Les cent euros que ce vélo m'a coûté » est donc correct. En revanche, quand coûter est employé au sens figuré (« la fatigue que cette course m'a coûtée », « les efforts que ce travail m'a coûtés »), le complément redevient un vrai COD et l'accord se fait normalement.
Complète : « Les gâteaux ___ elle a fait cuire sentaient délicieusement bon. » (participe de « faire »)
- A.faitBonne réponse
- B.faits
- C.faite
- D.faites
Réponse : A — fait
« Fait » suivi d'un infinitif (ici « cuire ») est TOUJOURS invariable, même si le COD « que » (les gâteaux) est placé avant le verbe. C'est une règle fixe à connaître par cœur, sans exception : on écrit toujours « fait » devant un infinitif.
Complète : « ___ chance tu as eue de gagner ce prix, et pourtant je pense ___ n'y est pour rien ! »
- A.Quelle / qu'elleBonne réponse
- B.Quelle / quelle
- C.Qu'elle / quelle
- D.Qu'elle / qu'elle
Réponse : A — Quelle / qu'elle
« Quelle chance » : quelle accompagne directement le nom chance, féminin singulier, adjectif exclamatif qui s'accorde. « je pense qu'elle n'y est pour rien » : on peut remplacer par « qu'il n'y est pour rien » (que + elle), donc qu'elle avec apostrophe. Réponse : « Quelle chance tu as eue de gagner ce prix, et pourtant je pense qu'elle n'y est pour rien ! »
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