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Le défi de la construction de la paix

Terminale · HGGSP · Faire la guerre, faire la paix

Faire la guerre, faire la paix

Construire et maintenir la paix : des acteurs, des institutions

Faire la paix ne se résume pas à l'absence de guerre : c'est un processus exigeant, porté par des institutions internationales, qui cherchent depuis un siècle à prévenir les conflits, à les arrêter, puis à consolider des sociétés durablement pacifiées. De la SDN à l'ONU, cette construction reste fragile et contestée.

De la SDN à l'ONU : l'échec puis la refondation

La Société des Nations (SDN), créée en 1919 après la Première Guerre mondiale, visait à garantir la paix par la sécurité collective : si un État agressait un autre, tous les autres membres devaient réagir ensemble. Mais la SDN échoue à empêcher la Seconde Guerre mondiale, faute de moyens contraignants et en raison de l'absence de grandes puissances (les États-Unis n'y adhèrent jamais). En 1945, l'Organisation des Nations unies (ONU) lui succède, avec une Charte fondatrice et un Conseil de sécurité doté de pouvoirs plus étendus.

Le Conseil de sécurité et le maintien de la paix. Le Conseil de sécurité de l'ONU compte 15 membres, dont cinq membres permanents (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) disposant d'un droit de veto : chacun peut, à lui seul, bloquer toute résolution, même soutenue par tous les autres membres. Pour intervenir sur le terrain, l'ONU déploie des opérations de maintien de la paix (OMP), dont les soldats, surnommés « Casques bleus », sont fournis par les États membres.

DateÉvénement
1919création de la Société des Nations (SDN)
1945création de l'Organisation des Nations unies (ONU), Charte de San Francisco
1948première opération de maintien de la paix de l'ONU (Proche-Orient)
1968signature du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP)

La sécurité collective et ses limites. Le droit de veto, censé garantir l'accord des grandes puissances, se révèle aussi une source de paralysie : dès qu'un membre permanent est directement concerné par un conflit ou soutient une partie prenante, il peut bloquer toute résolution contraignante, comme dans le conflit syrien depuis 2011. Face à ces blocages, d'autres cadres de sécurité se développent : organisations régionales comme l'OTAN (Alliance atlantique, défense collective), l'Union africaine (médiation, forces d'interposition) ou l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, dialogue et prévention des conflits).

Faire la guerre, faire la paix

Désarmement, diplomatie et nouveaux défis de la sécurité

Construire la paix ne consiste pas seulement à intervenir une fois le conflit déclenché : c'est aussi prévenir la course aux armements, négocier des traités de désarmement, et anticiper des menaces d'un genre nouveau, qui ne relèvent plus seulement de la guerre classique.

Le désarmement, un objectif ambigu

Le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), signé en 1968, cherche à limiter la diffusion de l'arme nucléaire : les États déjà dotés (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine) s'engagent à ne pas la transférer et à négocier son désarmement progressif, les autres États signataires s'engagent à ne pas chercher à l'acquérir. Mais ce traité repose sur un paradoxe : il légitime de fait la possession de l'arme nucléaire par cinq puissances, tout en l'interdisant aux autres, ce qui explique que certains États (Inde, Pakistan, Corée du Nord) l'aient développée en dehors de ce cadre. Parallèlement, la dissuasion nucléaire — la capacité à infliger des dommages inacceptables à un agresseur potentiel — reste, pour ses partisans, un facteur de stabilité entre grandes puissances, ce qui rend le désarmement complet peu réaliste à court terme.

Les nouveaux enjeux sécuritaires. La notion de sécurité s'est élargie bien au-delà de la seule menace militaire classique : la cybersécurité (protection des infrastructures numériques), le terrorisme transnational, ou encore le changement climatique — facteur aggravant de tensions autour de ressources rares (eau, terres cultivables) et de déplacements de populations — sont désormais intégrés aux stratégies de sécurité des grandes organisations internationales. Face à ces défis, la diplomatie préventive et la médiation jouent un rôle croissant : anticiper les tensions avant qu'elles ne dégénèrent en conflit armé, plutôt que d'intervenir une fois la violence déclenchée.

  • La diplomatie préventive : anticiper et désamorcer une crise avant qu'elle ne devienne un conflit armé.
  • La médiation : faire intervenir un tiers neutre pour faciliter le dialogue entre belligérants.
  • Le maintien de la paix : déployer des forces pour stabiliser une situation après un cessez-le-feu.
  • La consolidation de la paix (peacebuilding) : reconstruire des institutions durables après un conflit, pour éviter sa reprise.

Exercices corrigés

  1. Quelle organisation internationale, créée en 1919, visait à garantir la paix par la sécurité collective mais échoue à empêcher la Seconde Guerre mondiale ?

    • A.L'ONU, créée en octobre 1945
    • B.L'OTAN, créée en avril 1949
    • C.L'Union européenne, fondée plus tard
    • D.La Société des Nations (SDN)Bonne réponse

    Réponse : D — La Société des Nations (SDN)

    La Société des Nations (SDN), créée en 1919 après la Première Guerre mondiale, visait à garantir la paix par la sécurité collective, mais elle échoue faute de moyens contraignants et en raison de l'absence de certaines grandes puissances (les États-Unis n'y adhèrent jamais). Elle est remplacée par l'ONU en 1945.

  2. En quelle année l'Organisation des Nations unies (ONU) est-elle créée ?

    • A.1919
    • B.1968
    • C.1945Bonne réponse
    • D.1991

    Réponse : C — 1945

    L'ONU est créée en 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec la Charte de San Francisco, pour succéder à la SDN et renforcer les mécanismes de sécurité collective, notamment via un Conseil de sécurité doté de pouvoirs élargis.

  3. Comment appelle-t-on les soldats déployés par l'ONU dans le cadre des opérations de maintien de la paix ?

    • A.Les bérets verts
    • B.Les Marines
    • C.Les Képis blancs
    • D.Les Casques bleusBonne réponse

    Réponse : D — Les Casques bleus

    Les soldats des opérations de maintien de la paix de l'ONU sont surnommés « Casques bleus », en référence à la couleur de leur casque, symbole distinctif de leur mandat international sous supervision de l'ONU.

  4. Quels accords, signés en 1979 après une médiation américaine, ont conduit au premier traité de paix entre Israël et un pays arabe ?

    • A.Les accords de Dayton
    • B.Les accords d'Oslo
    • C.Les accords de Munich
    • D.Les accords de Camp DavidBonne réponse

    Réponse : D — Les accords de Camp David

    Les accords de Camp David, négociés en 1978 sous la médiation des États-Unis entre l'Égypte et Israël, aboutissent au traité de paix de 1979, le premier signé entre Israël et un pays arabe. Les accords d'Oslo (1993) concernent le conflit israélo-palestinien, les accords de Dayton (1995) la Bosnie.

  5. Quels accords de 1995, sous médiation américaine, mettent fin à la guerre de Bosnie ?

    • A.Les accords d'Oslo
    • B.Les accords de Camp David
    • C.Le Traité de Maastricht
    • D.Les accords de DaytonBonne réponse

    Réponse : D — Les accords de Dayton

    Les accords de Dayton, signés en 1995 sous médiation américaine, mettent fin à la guerre de Bosnie en instaurant un État complexe, divisé en deux entités, sous supervision internationale durable. Les accords d'Oslo concernent le conflit israélo-palestinien, Camp David le conflit israélo-égyptien, et Maastricht est un traité européen sans lien direct avec ce conflit.

  6. En quoi la comparaison entre les accords de Camp David (1978) et de Dayton (1995) permet-elle de nuancer l'efficacité de la médiation extérieure ?

    • A.Les deux accords ont exactement produit les mêmes effets, sans aucune nuance possible : la médiation américaine aurait à elle seule garanti une paix parfaite et définitive dans les deux régions concernées
    • B.Les deux illustrent qu'une médiation extérieure peut aboutir à un accord signé, mais que sa durabilité dépend ensuite de la volonté réelle des parties locales à l'appliquer dans la durée, au-delà du seul rôle du médiateurBonne réponse
    • C.Camp David a échoué alors que Dayton a été un succès total et définitif, la paix en Bosnie n'ayant plus jamais connu la moindre tension depuis la signature des accords en 1995
    • D.Ces deux accords concernent le même conflit, la question israélo-palestinienne, réglée en réalité une première fois en 1978 puis une seconde fois en 1995 à Dayton

    Réponse : B — Les deux illustrent qu'une médiation extérieure peut aboutir à un accord signé, mais que sa durabilité dépend ensuite de la volonté réelle des parties locales à l'appliquer dans la durée, au-delà du seul rôle du médiateur

    Camp David (paix israélo-égyptienne, 1979) et Dayton (fin de la guerre de Bosnie, 1995) montrent tous deux qu'une médiation extérieure forte (ici américaine) peut permettre d'aboutir à un accord signé et de mettre fin aux combats. Mais la comparaison montre aussi que la solidité durable de la paix dépend surtout de la volonté des parties locales à appliquer réellement les clauses de l'accord sur le long terme, la médiation extérieure ne pouvant à elle seule garantir une réconciliation profonde.

  7. Pourquoi dit-on que le changement climatique est un facteur « aggravant » de conflit plutôt qu'une cause directe ?

    • A.Parce qu'il ne joue aucun rôle dans les tensions internationales, celles-ci s'expliquant uniquement par des rivalités politiques, religieuses ou économiques
    • B.Parce qu'il intensifie des tensions déjà existantes autour de ressources rares (eau, terres cultivables) et provoque des déplacements de populations, sans être la cause unique d'un conflitBonne réponse
    • C.Parce qu'il est la seule cause de toutes les guerres actuelles, les rivalités politiques, religieuses ou économiques n'y jouant plus aucun rôle
    • D.Parce qu'il ne concerne que les pays riches, les pays pauvres étant totalement épargnés par les conséquences du dérèglement climatique sur leurs ressources

    Réponse : B — Parce qu'il intensifie des tensions déjà existantes autour de ressources rares (eau, terres cultivables) et provoque des déplacements de populations, sans être la cause unique d'un conflit

    Le changement climatique n'est en général pas la cause directe et unique d'un conflit armé : il agit comme un facteur aggravant, en intensifiant des tensions déjà présentes autour de ressources rares (accès à l'eau, terres cultivables) et en provoquant des déplacements de populations qui peuvent exacerber des rivalités locales préexistantes.

  8. Quelle agence de l'ONU illustre que l'organisation continue d'agir concrètement même quand le Conseil de sécurité est bloqué sur un dossier ?

    • A.Le HCR (Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) ou l'UNICEF, par exempleBonne réponse
    • B.Uniquement le Conseil de sécurité lui-même, sans aucune autre agence possible
    • C.L'OTAN, une alliance militaire créée dès le début de la guerre froide
    • D.Aucune, l'ONU est totalement paralysée dès qu'un seul veto est posé

    Réponse : A — Le HCR (Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) ou l'UNICEF, par exemple

    Même quand le Conseil de sécurité est bloqué sur un dossier précis par un veto, d'autres agences de l'ONU comme le HCR (aide aux réfugiés) ou l'UNICEF (protection de l'enfance) continuent d'agir sur le terrain, indépendamment des blocages diplomatiques au Conseil de sécurité : c'est une nuance importante à apporter pour ne pas réduire l'action de l'ONU au seul Conseil de sécurité.

  9. Combien de membres permanents dotés d'un droit de veto compte le Conseil de sécurité de l'ONU ?

    • A.3
    • B.10
    • C.5Bonne réponse
    • D.15

    Réponse : C — 5

    Le Conseil de sécurité compte 5 membres permanents dotés d'un droit de veto (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni), aux côtés de 10 membres non permanents élus pour deux ans, qui eux n'ont pas de droit de veto.

  10. Quel traité international, signé en 1968, cherche à limiter la diffusion de l'arme nucléaire ?

    • A.Le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP)Bonne réponse
    • B.Le Traité de l'espace
    • C.Les accords de Dayton
    • D.Le Protocole de Madrid

    Réponse : A — Le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP)

    Le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), signé en 1968, cherche à limiter la diffusion de l'arme nucléaire : les puissances déjà dotées s'engagent à ne pas la transférer, les autres signataires à ne pas chercher à l'acquérir.

  11. Qu'est-ce que la « sécurité collective », principe fondateur de la SDN puis de l'ONU ?

    • A.Chaque État se défend seul, sans aide extérieure
    • B.La sécurité de chaque État est garantie par l'engagement de tous les autres à réagir collectivement contre toute agressionBonne réponse
    • C.Une alliance militaire entre deux grandes puissances uniquement
    • D.Un traité de désarmement complet et immédiat

    Réponse : B — La sécurité de chaque État est garantie par l'engagement de tous les autres à réagir collectivement contre toute agression

    La sécurité collective repose sur l'idée que la sécurité de chaque État est garantie par l'engagement de tous les autres membres à réagir collectivement en cas d'agression contre l'un d'entre eux, ce qui est censé dissuader les agressions. C'est le principe fondateur de la SDN (1919) puis de l'ONU (1945).

  12. Pourquoi le droit de veto au Conseil de sécurité peut-il aussi devenir un facteur de paralysie ?

    • A.Parce qu'un membre permanent directement concerné par un conflit peut bloquer toute résolution contraignanteBonne réponse
    • B.Parce qu'il ne peut jamais être utilisé
    • C.Parce qu'il oblige tous les membres à voter à l'unanimité y compris les non permanents
    • D.Parce qu'il a été supprimé en 1991

    Réponse : A — Parce qu'un membre permanent directement concerné par un conflit peut bloquer toute résolution contraignante

    Dès qu'un membre permanent est directement concerné par un conflit ou soutient une partie prenante, il peut opposer son veto et bloquer toute résolution contraignante, comme cela s'observe régulièrement dans le conflit syrien depuis 2011. C'est la contrepartie du pouvoir donné aux grandes puissances par ce mécanisme.

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