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Exploiter, préserver et protéger l'environnement

Terminale · HGGSP · L'environnement, entre exploitation et protection

L'environnement, entre exploitation et protection

Ressources, risques : des sociétés face à l'environnement

Depuis la révolution industrielle, les sociétés humaines exploitent la planète à un rythme et une échelle inédits : on parle désormais d'anthropocène pour désigner cette nouvelle ère géologique marquée par l'empreinte de l'homme. L'environnement — l'ensemble des éléments naturels et des interactions qui entourent les sociétés — est ainsi devenu un objet d'étude géopolitique à part entière : qui exploite quoi, qui décide, qui subit les risques ?

Ressources naturelles : exploitation et enjeux

On distingue les ressources renouvelables (eau, bois, énergie solaire...), qui se régénèrent à l'échelle humaine si elles ne sont pas surexploitées, des ressources non renouvelables (pétrole, charbon, minerais), dont le stock est fini. Depuis le XIXe siècle, de nombreux pays du Sud se sont spécialisés dans l'extractivisme : un modèle économique fondé sur l'exportation massive de matières premières brutes, souvent au profit d'entreprises et de marchés étrangers, ce qui crée une forte dépendance et des tensions sur l'usage des territoires.

Les risques environnementaux : une gestion inégale

Un aléa est un phénomène potentiellement dangereux (séisme, cyclone, sécheresse). Il ne devient un risque que lorsqu'il rencontre des sociétés vulnérables : Risque = Aléa × Vulnérabilité. Un même aléa peut ainsi provoquer des conséquences très différentes selon le niveau de développement, la qualité des constructions, la prévention et les moyens d'alerte disponibles.

Pays du Nord (ex. Japon, États-Unis)Pays du Sud (ex. Haïti)
PréventionSystèmes d'alerte précoce, normes antisismiquesSouvent limitée par le manque de moyens
BâtiConstructions renforcées, réglementéesHabitat informel, peu résistant
Réponse à la criseSecours organisés, assurancesDépendance à l'aide internationale
ConséquenceDégâts matériels importants, bilan humain souvent limitéBilan humain et social souvent très lourd

L'environnement, entre exploitation et protection

L'eau et la protection de l'environnement : acteurs et outils

L'eau douce est une ressource vitale, mais inégalement répartie et de plus en plus disputée. Sa gestion illustre bien les tensions entre exploitation économique, besoins vitaux des populations et nécessité de préserver les écosystèmes.

La gestion de l'eau, un enjeu majeur

On parle de stress hydrique lorsque la demande en eau (agricole, industrielle, domestique) dépasse durablement les ressources disponibles dans une région. Le problème se complique quand un fleuve ou un lac est partagé entre plusieurs États : on parle alors de bassin transfrontalier. Le Nil (dispute entre l'Égypte, le Soudan et l'Éthiopie autour du barrage de la Renaissance), le Mékong (barrages en amont en Chine affectant les pays d'aval) ou le Jourdain sont des exemples classiques de tensions liées au partage de l'eau.

Protéger l'environnement : une prise de conscience progressive

La protection de l'environnement s'est construite par étapes, à l'échelle internationale : le sommet de Stockholm (1972) est la première grande conférence de l'ONU sur l'environnement ; le sommet de Rio (1992) popularise la notion de développement durable, qui vise à concilier trois piliers : développement économique, progrès social et préservation de l'environnement ; les sommets suivants (Johannesburg 2002, Rio+20 en 2012) peinent souvent à transformer les grands principes en engagements contraignants.

  • Les États : négocient les traités internationaux, créent des aires protégées, mais défendent aussi leurs intérêts économiques.
  • Les organisations internationales (ONU, PNUE) : impulsent des sommets et des textes, sans toujours pouvoir les faire respecter.
  • Les ONG (Greenpeace, WWF) : alertent l'opinion publique et font pression sur les gouvernements et les entreprises.
  • Les populations locales et savoirs autochtones : gèrent souvent des ressources depuis des générations, mais sont parfois écartées des décisions.
  • Les entreprises : exploitent les ressources, mais communiquent aussi de plus en plus sur le développement durable.

Exercices corrigés

  1. À quoi sert principalement une aire protégée ?

    • A.Préserver des écosystèmes et des espèces menacéesBonne réponse
    • B.Favoriser l'exploitation intensive des ressources naturelles
    • C.Développer uniquement le tourisme de masse
    • D.Remplacer les frontières internationales

    Réponse : A — Préserver des écosystèmes et des espèces menacées

    Une aire protégée (parc national, réserve naturelle) vise avant tout à préserver des écosystèmes, des paysages ou des espèces menacées en limitant certaines activités humaines. Elle peut parfois accueillir un tourisme encadré, mais ce n'est pas sa finalité première, et elle n'a évidemment aucun rôle diplomatique de frontière.

  2. Le développement durable repose sur trois piliers, qui sont :

    • A.Environnemental, militaire, culturel
    • B.Économique, social, environnementalBonne réponse
    • C.Social, religieux, économique
    • D.Environnemental, technologique, diplomatique

    Réponse : B — Économique, social, environnemental

    Le développement durable, tel que défini depuis le sommet de Rio (1992), vise à concilier trois dimensions indissociables : le développement économique, le progrès social et la préservation de l'environnement. Réduire le développement durable à la seule dimension écologique est une erreur fréquente mais incorrecte : les piliers économique et social en font partie à part entière.

  3. Le sommet de Stockholm, en 1972, marque :

    • A.La première grande conférence internationale de l'ONU sur l'environnementBonne réponse
    • B.La signature du protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre
    • C.La création du GIEC, le groupe d'experts chargé d'évaluer le changement climatique
    • D.L'adoption de l'Accord de Paris sur le climat, signé lors de la COP21 à Paris

    Réponse : A — La première grande conférence internationale de l'ONU sur l'environnement

    Le sommet de Stockholm (1972) est considéré comme la première grande conférence internationale consacrée à l'environnement, sous l'égide de l'ONU. Le protocole de Kyoto (1997), le GIEC (créé en 1988) et l'Accord de Paris (2015) sont des étapes ultérieures et distinctes de la prise de conscience et de la gouvernance climatique internationale.

  4. Quel lien peut-on établir entre extractivisme et anthropocène ?

    • A.L'extractivisme, en intensifiant l'exploitation des ressources depuis la révolution industrielle, illustre l'ampleur de l'empreinte humaine caractéristique de l'anthropocèneBonne réponse
    • B.Aucun lien : ce sont deux notions indépendantes, l'une relevant de l'économie et l'autre de la seule géologie, sans le moindre rapport entre elles
    • C.L'anthropocène a mis fin à l'extractivisme au XXe siècle, en imposant une transition complète vers des ressources uniquement renouvelables
    • D.L'extractivisme ne concerne que les énergies renouvelables comme l'éolien ou le solaire, jamais les ressources fossiles ou minières

    Réponse : A — L'extractivisme, en intensifiant l'exploitation des ressources depuis la révolution industrielle, illustre l'ampleur de l'empreinte humaine caractéristique de l'anthropocène

    L'extractivisme, en intensifiant depuis la révolution industrielle l'exploitation de ressources non renouvelables à grande échelle (minerais, hydrocarbures), est l'un des moteurs concrets de la transformation de la planète que désigne le concept d'anthropocène. Les deux notions sont donc étroitement liées, et l'extractivisme concerne d'abord les ressources fossiles et minières, pas les énergies renouvelables.

  5. Qu'est-ce qu'une ressource renouvelable ?

    • A.Une ressource qui se régénère naturellement à l'échelle humaineBonne réponse
    • B.Une ressource qu'on ne peut jamais épuiser, quelle que soit la consommation
    • C.Une ressource uniquement fossile
    • D.Une ressource recyclée artificiellement par l'industrie

    Réponse : A — Une ressource qui se régénère naturellement à l'échelle humaine

    Une ressource renouvelable (eau, bois, énergie solaire) se régénère naturellement à l'échelle du temps humain, à condition de ne pas être surexploitée. Cela ne veut pas dire qu'elle est illimitée : une forêt coupée trop vite ne se régénère pas assez vite, par exemple. Les ressources fossiles (charbon, pétrole), elles, sont non renouvelables : leur stock est fini.

  6. Que désigne le terme "anthropocène" ?

    • A.Une ère géologique passée, sans aucune activité humaine
    • B.Uniquement le réchauffement climatique récent
    • C.Une période géologique marquée par l'impact global des activités humaines sur la planèteBonne réponse
    • D.La disparition complète des ressources fossiles

    Réponse : C — Une période géologique marquée par l'impact global des activités humaines sur la planète

    L'anthropocène est le nom proposé par certains scientifiques pour désigner une nouvelle ère géologique où l'activité humaine (industrialisation, urbanisation, exploitation des ressources) modifie durablement le climat, les sols et la biodiversité à l'échelle planétaire. Ce n'est ni une ère sans humains, ni un synonyme du seul réchauffement climatique : c'est une notion beaucoup plus large.

  7. Quelle est la différence entre un aléa et un risque ?

    • A.Un aléa touche uniquement les pays riches, un risque uniquement les pays pauvres
    • B.Un risque est toujours plus grave qu'un aléa
    • C.Un risque naît de la rencontre entre un aléa et la vulnérabilité d'une sociétéBonne réponse
    • D.Il n'y a aucune différence, ce sont des synonymes

    Réponse : C — Un risque naît de la rencontre entre un aléa et la vulnérabilité d'une société

    Un aléa (séisme, cyclone, sécheresse) est un phénomène potentiellement dangereux en soi, mais il ne devient un risque que s'il rencontre une société vulnérable : Risque = Aléa × Vulnérabilité. Un aléa sans société exposée (un séisme en pleine mer inhabitée) n'est pas un risque. Ces deux notions ne sont donc surtout pas des synonymes, et rien ne les rattache a priori à la richesse d'un pays.

  8. Le "stress hydrique" désigne :

    • A.Une pollution chimique de l'eau
    • B.Une catastrophe naturelle liée aux inondations
    • C.Le manque d'eau potable uniquement sur le continent africain
    • D.Un déséquilibre durable entre la demande en eau et les ressources disponiblesBonne réponse

    Réponse : D — Un déséquilibre durable entre la demande en eau et les ressources disponibles

    Le stress hydrique correspond à un déséquilibre durable entre la demande en eau (agricole, industrielle, domestique) et les ressources disponibles dans un territoire. Ce phénomène touche des régions sur tous les continents, pas seulement l'Afrique, et n'est ni une pollution ni une catastrophe naturelle ponctuelle : c'est un déséquilibre structurel.

  9. Le sommet de la Terre de Rio, en 1992, a notamment consacré la notion de :

    • A.Anthropocène
    • B.Développement durableBonne réponse
    • C.Économie circulaire
    • D.Transition énergétique

    Réponse : B — Développement durable

    Le sommet de Rio de Janeiro en 1992 est resté célèbre pour avoir popularisé la notion de développement durable, censée concilier développement économique, progrès social et préservation de l'environnement. L'anthropocène, l'économie circulaire et la transition énergétique sont des notions utilisées aujourd'hui, mais elles ne sont pas nées de ce sommet précis.

  10. Pourquoi un même aléa (par exemple un séisme) provoque-t-il des dégâts très différents entre un pays du Nord et un pays du Sud ?

    • A.Parce que les séismes y sont toujours plus violents dans les pays du Sud
    • B.Parce que les pays du Nord n'ont aucune vulnérabilité
    • C.Parce que la vulnérabilité des sociétés (bâti, prévention, moyens financiers) diffère selon le niveau de développementBonne réponse
    • D.Parce que les pays du Sud refusent systématiquement l'aide internationale

    Réponse : C — Parce que la vulnérabilité des sociétés (bâti, prévention, moyens financiers) diffère selon le niveau de développement

    La magnitude d'un séisme ne dépend pas du niveau de développement du pays touché : c'est un phénomène géologique. Ce qui varie, en revanche, c'est la vulnérabilité des sociétés face à cet aléa : qualité des constructions, systèmes d'alerte, moyens financiers de prévention et de secours. C'est cette vulnérabilité inégale qui explique des bilans humains très différents pour un aléa comparable.

  11. Le fleuve Nil, partagé entre l'Égypte, le Soudan et l'Éthiopie, est un bon exemple de :

    • A.Ressource illimitée, sans aucun conflit d'usage
    • B.Fleuve entièrement maîtrisé par un seul État
    • C.Ressource sans aucun intérêt géopolitique
    • D.Bassin transfrontalier générant des tensions entre États riverainsBonne réponse

    Réponse : D — Bassin transfrontalier générant des tensions entre États riverains

    Le Nil illustre parfaitement la notion de bassin transfrontalier : construit en amont, un grand barrage éthiopien inquiète l'Égypte, très dépendante du fleuve pour son agriculture et son eau potable. Ce cas montre que l'eau douce, loin d'être illimitée ou sans enjeu, est une ressource âprement négociée entre États riverains d'un même bassin.

  12. Quel rôle jouent des ONG comme Greenpeace ou le WWF dans la protection de l'environnement ?

    • A.Ce sont des organisations internationales qui dépendent directement de l'ONU
    • B.Ce sont des entreprises privées à but lucratif
    • C.Ce sont des institutions gouvernementales qui votent les lois environnementales
    • D.Ce sont des acteurs non étatiques qui alertent l'opinion publique et font pression sur les gouvernements et les entreprisesBonne réponse

    Réponse : D — Ce sont des acteurs non étatiques qui alertent l'opinion publique et font pression sur les gouvernements et les entreprises

    Les grandes ONG environnementales sont des acteurs non étatiques et non gouvernementaux : elles ne dépendent ni de l'ONU ni d'un État, et ne sont pas des entreprises. Leur rôle consiste à alerter l'opinion publique, mener des campagnes de sensibilisation et faire pression sur les décideurs politiques et économiques, sans détenir elles-mêmes de pouvoir de décision ou de vote des lois.

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