La fonction exponentielle
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Analyse
Définir l'exponentielle et manipuler ses règles de calcul
Jusqu'ici, toutes les fonctions que tu dérivais changeaient de tête en cours de route : la dérivée de x² est 2x, celle de 1/x est −1/x². La question qui a lancé l'exponentielle est renversante de simplicité : existe-t-il une fonction qui est sa propre dérivée ? La réponse est oui, il en existe une seule qui vaut 1 en 0, et c'est la fonction exponentielle. Elle est partout : croissance d'une population, décharge d'un condensateur, intérêts composés, désintégration radioactive.
La relation fonctionnelle : le cœur du chapitre
Toute la puissance de l'exponentielle tient dans une seule égalité, qu'on appelle la relation fonctionnelle : elle transforme une somme en produit.
À partir de cette seule relation, on retrouve toutes les autres règles de calcul. Elles sont rigoureusement les mêmes que celles des puissances : si tu les connais déjà, tu n'as rien de nouveau à apprendre ici.
| Règle | Écriture avec exp | Écriture avec e | Exemple |
|---|---|---|---|
| Somme → produit | exp(a + b) = exp(a) × exp(b) | e^(a+b) = e^a × e^b | e^5 × e^(−3) = e^2 |
| Opposé → inverse | exp(−a) = 1 / exp(a) | e^(−a) = 1/e^a | e^(−4) = 1/e^4 |
| Différence → quotient | exp(a − b) = exp(a) / exp(b) | e^(a−b) = e^a / e^b | e^7 / e^4 = e^3 |
| Multiple entier → puissance | exp(na) = (exp(a))^n | e^(na) = (e^a)^n | (e^2)^3 = e^6 |
| Valeur en 0 | exp(0) = 1 | e^0 = 1 | e^0 × e^9 = e^9 |
Analyse
Étudier la fonction exponentielle : signe, variations, dérivées, équations
Maintenant qu'on sait calculer avec e^x, on l'étudie comme n'importe quelle fonction : signe, variations, courbe, tangentes. Bonne nouvelle, c'est l'une des fonctions les plus simples à étudier de tout le programme.
Sa courbe passe par le point de coordonnées (0 ; 1) et par le point (1 ; e). Elle reste toujours au-dessus de l'axe des abscisses : elle s'en rapproche à gauche sans jamais le toucher, et grimpe très vite à droite. Quelques valeurs pour te repérer :
| x | −2 | −1 | 0 | 1 | 2 | 3 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| e^x (valeur exacte) | 1/e² | 1/e | 1 | e | e² | e³ |
| e^x (arrondi) | 0,14 | 0,37 | 1 | 2,72 | 7,39 | 20,09 |
Résoudre équations et inéquations
Parce que l'exponentielle est strictement croissante, elle ne prend jamais deux fois la même valeur. On en déduit deux équivalences qui règlent presque tous les exercices :
Dériver des expressions contenant e^x
Exercices corrigés
Pour tous réels a et b, à quoi est égal e^a × e^b ?
- A.e^(a × b)
- B.e^(a + b)Bonne réponse
- C.e^a + e^b
- D.2 e^(a + b)
Réponse : B — e^(a + b)
C'est la relation fonctionnelle, le cœur du chapitre : e^(a+b) = e^a × e^b. Dans un PRODUIT d'exponentielles, on ADDITIONNE les exposants, exactement comme avec les puissances (2^3 × 2^4 = 2^7). Multiplier les exposants (option 1) est l'erreur la plus fréquente : elle correspondrait à (e^a)^b. Quant à e^a + e^b, c'est une somme d'exponentielles, qui ne se simplifie pas.
Quelle est une valeur approchée du nombre e ?
- A.1,618
- B.3,142
- C.2,303
- D.2,718Bonne réponse
Réponse : D — 2,718
Le nombre e = exp(1) vaut environ 2,718 (un peu plus précisément 2,71828). C'est un nombre irrationnel, comme π. Attention aux confusions classiques : 1,618 est le nombre d'or, 3,142 est une valeur approchée de π, et 2,303 correspond à ln(10), un nombre que tu croiseras en terminale.
Simplifie l'expression (e^2)^3.
- A.e^5
- B.e^6Bonne réponse
- C.e^8
- D.e^9
Réponse : B — e^6
Une puissance de puissance : on MULTIPLIE les exposants, donc (e^2)^3 = e^(2×3) = e^6. On peut aussi le vérifier avec la relation fonctionnelle : (e^2)^3 = e^2 × e^2 × e^2 = e^(2+2+2) = e^6. L'option e^5 vient d'une addition des exposants (règle du produit, pas de la puissance), et e^8 ou e^9 de confusions avec 2^3 ou 3².
Résous dans R l'équation e^(3x) = e^12.
- A.x = 4Bonne réponse
- B.x = 36
- C.x = 9
- D.x = 15
Réponse : A — x = 4
La fonction exponentielle étant strictement croissante, elle ne prend jamais deux fois la même valeur : e^a = e^b équivaut à a = b. On peut donc « enlever les exponentielles » : 3x = 12, d'où x = 12/3 = 4. Vérification : e^(3×4) = e^12, parfait. Les autres réponses viennent d'un mauvais traitement du 3 : multiplication (3 × 12 = 36), soustraction (12 − 3 = 9) ou addition (12 + 3 = 15).
Résous dans R l'équation e^(2x) = e^(x + 3).
- A.x = 1
- B.x = −3
- C.x = 1,5
- D.x = 3Bonne réponse
Réponse : D — x = 3
Comme e^a = e^b équivaut à a = b, on obtient 2x = x + 3. On regroupe les x : 2x − x = 3, donc x = 3. Vérification : à gauche e^(2×3) = e^6, à droite e^(3+3) = e^6. C'est bien égal ! L'option x = 1,5 vient d'un oubli du x du membre de droite (2x = 3), et x = −3 d'une erreur de signe lors du regroupement.
Résous dans R l'inéquation e^(2x − 6) ≤ 1.
- A.x ≥ 3
- B.x ≤ 6
- C.x ≤ 3Bonne réponse
- D.x ≥ 6
Réponse : C — x ≤ 3
Astuce indispensable : on écrit 1 sous la forme e^0. L'inéquation devient e^(2x−6) ≤ e^0. Comme l'exponentielle est strictement croissante, l'inégalité sur les exponentielles équivaut à la même inégalité sur les exposants, DANS LE MÊME SENS : 2x − 6 ≤ 0, donc 2x ≤ 6, soit x ≤ 3. Vérification avec x = 0 : e^(−6) ≈ 0,0025, bien inférieur à 1. Le piège est d'inverser le sens de l'inégalité : c'est inutile ici, puisqu'on ne multiplie par aucun nombre négatif.
Soit f définie sur R par f(x) = (x² − 2x)e^x. Quelle est sa dérivée sous forme factorisée ?
- A.f'(x) = (2x − 2)e^x
- B.f'(x) = (x² − 2)e^xBonne réponse
- C.f'(x) = (x² − 2x)e^x
- D.f'(x) = (x² + 2x − 2)e^x
Réponse : B — f'(x) = (x² − 2)e^x
Produit : u(x) = x² − 2x (donc u' = 2x − 2) et v(x) = e^x (donc v' = e^x). Alors f' = u'v + uv' = (2x − 2)e^x + (x² − 2x)e^x. On factorise par e^x et on réduit l'intérieur : 2x − 2 + x² − 2x = x² − 2. Donc f'(x) = (x² − 2)e^x. Les termes en 2x se sont éliminés, c'est ce qui rend l'exercice piégeux ! L'option (2x − 2)e^x oublie le terme uv', et (x² + 2x − 2)e^x se trompe de signe en réduisant.
Que vaut exp(0) ?
- A.0
- B.1Bonne réponse
- C.e
- D.L'expression n'est pas définie
Réponse : B — 1
C'est l'une des deux conditions qui définissent la fonction exponentielle : f' = f et f(0) = 1. Donc exp(0) = 1, autrement dit e^0 = 1. C'est cohérent avec les puissances que tu connais : un nombre non nul élevé à la puissance 0 vaut toujours 1. Attention à ne pas confondre avec exp(1), qui vaut e ≈ 2,718.
Quelle affirmation est vraie pour tout réel x ?
- A.e^x > 0Bonne réponse
- B.e^x ≥ 0, et e^x = 0 lorsque x = 0
- C.e^x > 0 uniquement lorsque x > 0
- D.e^x est négatif lorsque x est négatif
Réponse : A — e^x > 0
La fonction exponentielle est STRICTEMENT positive sur R tout entier : sa courbe est toujours au-dessus de l'axe des abscisses, sans jamais le toucher. Même pour x très négatif, e^x reste positif : par exemple e^(−2) = 1/e² ≈ 0,14, c'est petit mais bien positif. Le piège classique est de croire qu'un exposant négatif donne un résultat négatif : un exposant négatif donne un INVERSE, pas un opposé.
Quelle est la dérivée de la fonction f définie sur R par f(x) = e^x ?
- A.f'(x) = e^xBonne réponse
- B.f'(x) = x e^(x−1)
- C.f'(x) = 1
- D.f'(x) = e
Réponse : A — f'(x) = e^x
La fonction exponentielle est LA fonction qui est égale à sa propre dérivée : c'est même sa définition (f' = f avec f(0) = 1). Donc f'(x) = e^x. L'option x·e^(x−1) applique par erreur la formule (x^n)' = n·x^(n−1) : mais ici la variable est à l'EXPOSANT, pas à la base, donc cette formule ne s'applique pas du tout.
Pour tout réel x, à quoi est égal e^(−x) ?
- A.−e^x
- B.e^(1/x)
- C.1/e^xBonne réponse
- D.1 − e^x
Réponse : C — 1/e^x
Un exposant opposé donne l'INVERSE : e^(−x) = 1/e^x. On le démontre avec la relation fonctionnelle : e^x × e^(−x) = e^(x + (−x)) = e^0 = 1, donc e^(−x) est bien l'inverse de e^x. La réponse −e^x est le piège numéro un : elle donnerait un nombre négatif, ce qui est impossible puisque l'exponentielle est toujours strictement positive.
Simplifie l'expression e^5 × e^(−3).
- A.e^(−15)
- B.e^(5/3)
- C.e^2Bonne réponse
- D.e^8
Réponse : C — e^2
Dans un produit, on additionne les exposants : e^5 × e^(−3) = e^(5 + (−3)) = e^2. L'option e^(−15) vient d'une multiplication des exposants (5 × (−3)), l'option e^8 d'une addition qui oublie le signe moins (5 + 3), et e^(5/3) d'une division. Le seul réflexe correct : PRODUIT d'exponentielles = SOMME des exposants, signes compris.
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Ce chapitre compte 36 exercices corrigés dans l'application, avec le suivi de ta progression.
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