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Contes merveilleux et figures monstrueuses

Sixième · Français · Le monstre, aux limites de l'humain

Genre littéraire

Le conte merveilleux : reconnaître le genre

Le conte merveilleux est un récit court, souvent transmis d'abord à l'oral, qui raconte les aventures d'un héros dans un monde où la magie est normale. On y croise des fées, des ogres, des animaux qui parlent... et personne ne s'en étonne ! C'est le genre des « Il était une fois ».

Ces récits ont d'abord circulé oralement, racontés de génération en génération avant d'être mis par écrit : c'est ce qui explique que plusieurs versions d'un même conte existent parfois, avec de petites variations selon les pays ou les conteurs. Charles Perrault, au XVIIe siècle en France, puis les frères Grimm, un peu plus d'un siècle plus tard, au début du XIXe siècle en Allemagne, ont justement rassemblé et fixé par écrit ces contes populaires transmis oralement. Cette origine orale explique aussi certains procédés propres au genre : répétitions, formules rituelles, personnages très typés (bons ou méchants), faciles à retenir et à raconter de mémoire.

Merveilleux ou fantastique ? Ne pas confondre

Dans le merveilleux, la magie fait partie du monde : un ogre ou une fée, c'est normal, personne n'a peur d'y croire. Dans le fantastique (que tu étudieras plus tard), un événement surnaturel surgit dans un monde ordinaire et provoque le doute et la peur. La différence tient à la réaction des personnages.

Cette différence n'est pas un simple détail de vocabulaire : elle change complètement ce que ressent le lecteur. Dans un conte merveilleux, on peut savourer la magie sans jamais craindre qu'elle soit dangereuse pour de vrai, puisque tout le monde, dans l'histoire, la trouve normale. Retenir cette distinction évite une confusion fréquente : voir de la magie dans un texte ne suffit pas à en faire un conte merveilleux, il faut aussi que les personnages ne s'en étonnent pas.

La structure du conte en cinq temps

Presque tous les contes suivent le même schéma. Le repérer t'aide à comprendre et à résumer n'importe quelle histoire.

ÉtapeCe qui se passeExemple (Le Petit Poucet)
Situation initialeOn présente le héros et sa vie ordinaireUn bûcheron pauvre a sept fils, dont le petit Poucet
Élément perturbateurUn événement bouleverse cette vieLes parents abandonnent les enfants dans la forêt
PéripétiesLe héros affronte des épreuvesLes enfants tombent chez l'ogre qui veut les manger
Élément de résolutionUne action dénoue la situationPoucet vole les bottes de sept lieues de l'ogre
Situation finaleRetour à l'équilibre, souvent heureuxPoucet enrichit sa famille ; tout finit bien

Au fil des péripéties, le héros n'est jamais seul face à ses épreuves : il croise souvent un adjuvant, un personnage qui l'aide (comme la fée marraine de Cendrillon), et un opposant, qui cherche au contraire à lui nuire (comme l'ogre ou la sorcière). Beaucoup de contes se terminent aussi par une morale, explicite ou non : au-delà de l'aventure, l'histoire cherche à transmettre une leçon de vie au lecteur, par exemple qu'il ne faut pas juger sur l'apparence.

Personnages

Les figures monstrueuses des contes

Le conte oppose souvent un héros fragile à une figure monstrueuse : ogre, sorcière, loup ou géant. Ces créatures incarnent le danger et permettent au héros de prouver sa ruse ou son courage. Elles font peur... mais elles servent aussi à faire réfléchir.

Les grands auteurs de contes

Au XVIIe siècle, en France, Charles Perrault met par écrit des contes populaires (Le Petit Chaperon rouge, Le Chat botté, Cendrillon, Le Petit Poucet). Au XIXe siècle, en Allemagne, les frères Grimm (Jacob et Wilhelm) recueillent Blanche-Neige, Hansel et Gretel, Raiponce. Madame Leprince de Beaumont, elle, a rendu célèbre La Belle et la Bête.

FigureConteCe qu'elle incarne
L'ogreLe Petit PoucetLa faim dévorante, la brutalité
La sorcièreHansel et GretelLa tromperie, la cruauté cachée
Le loupLe Petit Chaperon rougeLe mensonge et la ruse du prédateur
La BêteLa Belle et la BêteL'apparence trompeuse : le monstre au bon cœur

Le monstre porteur d'une leçon

Beaucoup de contes se terminent par une morale : une leçon de vie. La figure monstrueuse aide à la faire passer. Le loup du Chaperon rouge apprend aux enfants à se méfier des inconnus ; la Bête montre qu'il ne faut pas juger sur l'apparence.

Exercices corrigés

  1. Dans un conte merveilleux, comment les personnages réagissent-ils face à la magie ?

    • A.Ils la trouvent normale et ne s'en étonnent pasBonne réponse
    • B.Ils sont terrifiés et refusent d'y croire
    • C.Ils appellent tout de suite la police
    • D.Ils s'évanouissent à chaque sortilège

    Réponse : A — Ils la trouvent normale et ne s'en étonnent pas

    Dans le merveilleux, le surnaturel fait partie du monde : fées, ogres et animaux qui parlent sont acceptés comme normaux. C'est justement ce qui distingue le merveilleux du fantastique, où le surnaturel provoque le doute et la peur.

  2. Dans le schéma du conte, comment appelle-t-on le moment où un événement vient bouleverser la vie tranquille du héros ?

    • A.La situation finale du conte
    • B.La morale de l'histoire
    • C.L'élément perturbateurBonne réponse
    • D.La situation initiale du conte

    Réponse : C — L'élément perturbateur

    L'élément perturbateur est l'événement qui rompt l'équilibre de départ et lance l'aventure (souvent introduit par « un jour »). La situation initiale, elle, présente le héros avant ce bouleversement ; la situation finale vient tout à la fin.

  3. Dans les contes, quel personnage aide le héros à surmonter ses épreuves (par exemple, la fée marraine de Cendrillon) ?

    • A.L'opposant
    • B.Le narrateur
    • C.Le perturbateur
    • D.L'adjuvantBonne réponse

    Réponse : D — L'adjuvant

    L'adjuvant est le personnage (ou l'objet magique) qui aide le héros : la fée marraine de Cendrillon en est un bon exemple. L'opposant, au contraire, cherche à l'empêcher de réussir (la marâtre, l'ogre, la sorcière).

  4. Pourquoi le loup du Petit Chaperon rouge est-il une figure monstrueuse particulièrement inquiétante ?

    • A.Parce qu'il est énorme comme un géant
    • B.Parce qu'il crache du feu par la gueule
    • C.Parce qu'il ment et se déguise pour tromper sa proieBonne réponse
    • D.Parce qu'il jette des sorts magiques

    Réponse : C — Parce qu'il ment et se déguise pour tromper sa proie

    Le danger du loup n'est pas sa taille mais sa ruse : il ment, se fait passer pour la grand-mère et trompe le Chaperon rouge. Il incarne le prédateur menteur, d'où la morale : se méfier des inconnus trop aimables.

  5. Dans quel ordre se déroulent normalement les étapes d'un conte ?

    • A.Situation initiale, élément perturbateur, péripéties, résolution, situation finaleBonne réponse
    • B.Péripéties, situation initiale, résolution, élément perturbateur, situation finale
    • C.Élément perturbateur, situation initiale, situation finale, péripéties, résolution
    • D.Situation finale, péripéties, situation initiale, résolution, élément perturbateur

    Réponse : A — Situation initiale, élément perturbateur, péripéties, résolution, situation finale

    L'ordre logique est : situation initiale (le calme de départ), élément perturbateur (tout bascule), péripéties (les épreuves), résolution (le dénouement), situation finale (le nouvel équilibre). Cet enchaînement raconte toute l'histoire du début à la fin.

  6. Quel point commun relie l'ogre du Petit Poucet et la sorcière de Hansel et Gretel ?

    • A.Tous deux volent dans les airs
    • B.Tous deux sont des animaux
    • C.Tous deux aident le héros
    • D.Tous deux veulent dévorer des enfantsBonne réponse

    Réponse : D — Tous deux veulent dévorer des enfants

    L'ogre comme la sorcière menacent de dévorer les enfants : ce sont des figures de l'appétit monstrueux tourné contre les plus faibles. Ni l'un ni l'autre n'aide le héros ; ce sont des opposants, pas des adjuvants.

  7. Beaucoup de contes se terminent par une morale. À quoi sert-elle ?

    • A.À faire durer l'histoire plus longtemps
    • B.À donner une leçon de vie au lecteurBonne réponse
    • C.À présenter le héros au début
    • D.À décrire le décor du conte

    Réponse : B — À donner une leçon de vie au lecteur

    La morale est une leçon de vie tirée de l'histoire : par exemple, se méfier des inconnus (Le Petit Chaperon rouge) ou ne pas juger sur l'apparence (La Belle et la Bête). Elle n'a rien à voir avec la présentation du héros ou le décor.

  8. Parmi ces associations auteur - œuvre, laquelle est CORRECTE ?

    • A.Les frères Grimm - Le Chat botté
    • B.Charles Perrault - Le Petit PoucetBonne réponse
    • C.Jean de La Fontaine - La Belle et la Bête
    • D.Madame Leprince de Beaumont - Blanche-Neige

    Réponse : B — Charles Perrault - Le Petit Poucet

    Le Petit Poucet est bien un conte de Charles Perrault. Le Chat botté est aussi de Perrault (pas des Grimm) ; La Belle et la Bête est de Mme Leprince de Beaumont (pas de La Fontaine, qui écrit des fables) ; et Blanche-Neige vient des frères Grimm (pas de Mme Leprince de Beaumont). Bien relier chaque auteur à son œuvre évite les pièges.

  9. Par quelle formule commencent souvent les contes merveilleux ?

    • A.Il était une foisBonne réponse
    • B.Cher journal
    • C.En ce temps-là précisément
    • D.Voici la vérité vraie

    Réponse : A — Il était une fois

    « Il était une fois » est la formule d'ouverture typique du conte. Elle installe un temps vague et lointain. On la complète souvent avec un lieu tout aussi imprécis : « dans un royaume lointain ».

  10. Quel monstre veut manger le Petit Poucet et ses frères ?

    • A.Un loup
    • B.Un dragon
    • C.Un ogreBonne réponse
    • D.Une sorcière

    Réponse : C — Un ogre

    Dans Le Petit Poucet, c'est un ogre qui veut dévorer les enfants. L'ogre est la figure du géant affamé par excellence. Le loup, lui, apparaît dans Le Petit Chaperon rouge.

  11. Quel auteur français du XVIIe siècle a écrit Le Petit Chaperon rouge et Le Chat botté ?

    • A.Les frères Grimm
    • B.Jean de La Fontaine
    • C.Charles PerraultBonne réponse
    • D.Victor Hugo

    Réponse : C — Charles Perrault

    C'est Charles Perrault qui a mis par écrit ces contes au XVIIe siècle. Les frères Grimm sont allemands et écrivent au XIXe siècle ; La Fontaine, lui, est l'auteur des Fables, pas des contes.

  12. Comment se terminent le plus souvent les contes merveilleux ?

    • A.Par la mort tragique du héros
    • B.Sans qu'on sache ce qui se passe
    • C.Par le retour final du monstre
    • D.Par une fin heureuse (« ils vécurent heureux »)Bonne réponse

    Réponse : D — Par une fin heureuse (« ils vécurent heureux »)

    Le conte merveilleux se termine généralement bien : le héros triomphe et retrouve le bonheur, souvent résumé par « ils vécurent heureux ». C'est la situation finale, dernier temps du schéma du conte.

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