La poésie : jeux de langage et création
Sixième · Français · Récits de création ; création poétique
Les outils du poète
Vers, strophes et rimes
La poésie est un art du langage : le poète ne cherche pas seulement à dire quelque chose, mais à le dire d'une manière belle, musicale, surprenante. Pour cela, il dispose d'outils particuliers. Les connaître te permet de mieux lire un poème... et d'en écrire toi-même !
Ces outils ne sont pas décoratifs : ils organisent le poème du plus petit élément (le vers) au plus grand (le poème entier, composé de plusieurs strophes), et ils créent une musique que la prose n'a pas. Apprendre à les repérer, c'est apprendre à entendre ce que le poète a construit, pas seulement ce qu'il raconte.
Reconnaître une strophe d'après son nombre de vers
| Nom de la strophe | Nombre de vers |
|---|---|
| Distique | 2 vers |
| Tercet | 3 vers |
| Quatrain | 4 vers |
| Quintil | 5 vers |
Retiens ces noms grâce à leur origine : dis-tique évoque deux éléments, ter-cet rappelle le préfixe « tri » (trois), quatr-ain contient « quatre », et quint-il fait penser à « cinq ». Au-delà de cinq vers, les noms existent aussi : on parle d'un sizain pour six vers, d'un septain pour sept, d'un huitain pour huit ou d'un dizain pour dix. Mais ce sont les quatre premiers que l'on retient en priorité, parce qu'on les rencontre partout : distique, tercet, quatrain, quintil. Le nombre de vers d'une strophe est indépendant du nombre de syllabes de chaque vers : un quatrain peut être composé de quatre alexandrins, ou de quatre vers plus courts.
La rime : des sons qui se répondent
Une rime est la répétition du même son à la fin de deux vers ou plus (par exemple maison / chanson). Selon la façon dont les rimes se répondent, on distingue trois dispositions. Repérer une rime, c'est écouter la fin du vers, pas regarder son orthographe : « nez » et « les » riment, même si les lettres finales sont différentes, parce que le son entendu est le même.
Chaque disposition crée un effet différent à l'oreille : les rimes suivies (AABB) donnent un rythme rapide et enfantin, presque une comptine ; les croisées (ABAB) installent une attente, on doit se souvenir du son A en lisant B ; les embrassées (ABBA) referment la strophe sur elle-même, comme une boucle. Le choix d'une disposition n'est donc jamais neutre : il participe au sens et à la musique du poème.
Jouer avec les mots
Syllabes, sonorités, images et formes
Le poète compose une véritable musique avec les mots : il compte les syllabes, joue avec les sons et invente des images. Il va parfois jusqu'à dessiner avec les mots. La poésie, c'est aussi tout cela : un grand jeu de langage.
Compter les syllabes d'un vers
On mesure un vers au nombre de syllabes qu'il contient. Certains vers portent un nom précis : l'octosyllabe (8 syllabes), le décasyllabe (10 syllabes) et surtout l'alexandrin (12 syllabes), le vers le plus célèbre de la poésie française.
Jouer avec la forme : le calligramme. Certains poètes vont jusqu'à jouer avec la disposition des mots sur la page. Un calligramme est un poème dont les mots dessinent la forme de ce dont ils parlent (une colombe, la pluie, la tour Eiffel...). Le poète Guillaume Apollinaire en a rendu célèbres au début du XXe siècle.
Exercices corrigés
Dans un poème, un « vers » désigne :
- A.Une ligne du poèmeBonne réponse
- B.Un petit animal du jardin
- C.La couleur verte
- D.Le titre du poème
Réponse : A — Une ligne du poème
En poésie, un vers est une ligne du poème. Ne le confonds pas avec le « ver » de terre (qui ne s'écrit pas pareil) ni avec la couleur « vert » : ce sont des homophones, des mots qui se prononcent pareil mais s'écrivent autrement.
Une strophe de quatre vers s'appelle :
- A.Un quatrainBonne réponse
- B.Un distique
- C.Un tercet
- D.Un alexandrin
Réponse : A — Un quatrain
Une strophe de 4 vers est un quatrain (pense à « quatre »). Le distique en compte 2, le tercet 3. L'alexandrin, lui, n'est pas une strophe : c'est un vers de 12 syllabes.
Un vers de 12 syllabes porte un nom particulier. Lequel ?
- A.L'octosyllabe
- B.Le décasyllabe
- C.L'alexandrinBonne réponse
- D.Le quatrain
Réponse : C — L'alexandrin
Le vers de 12 syllabes est l'alexandrin, le vers le plus célèbre de la poésie française. L'octosyllabe en a 8, le décasyllabe 10. Le quatrain, lui, n'est pas un vers mais une strophe de 4 vers.
Des rimes qui suivent le schéma ABAB sont des rimes :
- A.Suivies
- B.Muettes
- C.Embrassées
- D.CroiséesBonne réponse
Réponse : D — Croisées
Le schéma ABAB correspond à des rimes croisées : les sons alternent (A, B, A, B). Les rimes suivies suivent le schéma AABB, et les embrassées ABBA. « Muettes » n'existe pas pour les rimes (le « e » peut être muet, pas la rime).
La répétition d'un même son consonne, comme le son [s] dans « Les serpents sifflent sur nos têtes », s'appelle :
- A.Une assonance
- B.Une métaphore
- C.Une allitérationBonne réponse
- D.Une strophe
Réponse : C — Une allitération
La répétition d'un son consonne est une allitération (ici, le son [s] imite le sifflement des serpents). L'assonance, elle, répète un son voyelle. Astuce : allitération et consonne, assonance et... a comme voyelle.
La répétition d'un même son voyelle dans un vers s'appelle :
- A.Une assonanceBonne réponse
- B.Une allitération
- C.Une rime embrassée
- D.Un calligramme
Réponse : A — Une assonance
La répétition d'un son voyelle est une assonance (par exemple le son [ou] répété). L'allitération concerne les consonnes. Ne confonds pas avec la rime embrassée (disposition ABBA) ni avec le calligramme (poème-dessin).
Un poème dont les mots dessinent sur la page la forme de ce dont ils parlent (par exemple une colombe) s'appelle :
- A.Un alexandrin
- B.Un calligrammeBonne réponse
- C.Un quatrain
- D.Une allitération
Réponse : B — Un calligramme
Ce poème-dessin est un calligramme, une forme rendue célèbre par Guillaume Apollinaire. L'alexandrin est un vers de 12 syllabes, le quatrain une strophe de 4 vers, et l'allitération une répétition de sons consonnes.
Dans la phrase « La lune est une faucille d'argent dans le ciel », de quelle image s'agit-il ?
- A.D'une comparaison
- B.D'une rime croisée
- C.D'une allitération
- D.D'une métaphoreBonne réponse
Réponse : D — D'une métaphore
La lune est directement identifiée à une faucille d'argent, sans mot outil (pas de « comme ») : c'est donc une métaphore. Il n'y a justement pas le mot « comme », donc ce n'est pas une comparaison. Le procédé sonore (allitération) et la disposition des rimes ne sont pas en jeu ici.
Combien de syllabes compte le vers « Le chat dort sur le vieux fauteuil » ?
- A.Six syllabes
- B.Sept syllabes
- C.Huit syllabesBonne réponse
- D.Dix syllabes
Réponse : C — Huit syllabes
Comptons : Le(1)-chat(2)-dort(3)-sur(4)-le(5)-vieux(6)-fau(7)-teuil(8). Cela fait 8 syllabes : c'est un octosyllabe. L'erreur classique est d'oublier de compter le « le » ou de couper « fauteuil » n'importe comment.
Un poème est fait de trois strophes : un quatrain, puis un tercet, puis un distique. Combien de vers compte-t-il en tout ?
- A.Neuf versBonne réponse
- B.Sept vers
- C.Douze vers
- D.Six vers
Réponse : A — Neuf vers
Un quatrain compte 4 vers, un tercet 3 vers, un distique 2 vers. Au total : 4 + 3 + 2 = 9 vers. Attention à ne pas confondre le nombre de strophes (3) avec le nombre de vers (9) !
Voici une strophe : Le vent murmure dans les bois (A) Un oiseau chante sa chanson (B) Je marche seul, perdu, sans voix (A) À l'ombre fraîche du buisson (B) Quel est le schéma des rimes ?
- A.AABB (rimes suivies)
- B.ABBA (rimes embrassées)
- C.ABAB (rimes croisées)Bonne réponse
- D.AAAA (une seule rime)
Réponse : C — ABAB (rimes croisées)
Repérons les sons de fin : « bois » et « voix » riment (A), « chanson » et « buisson » riment (B). L'ordre est donc A, B, A, B : ce sont des rimes croisées. Pour AABB, il aurait fallu bois/voix collés ; pour ABBA, il aurait fallu la rime B au milieu.
Dans « la neige tombe en silence, blanche caresse du ciel », combien de procédés poétiques différents peut-on repérer ?
- A.Un seul procédé : une comparaison introduite par le mot comme entre la neige et une caresse
- B.Deux : une assonance en [an] (neige, silence, blanche) et une métaphore (« caresse du ciel »)Bonne réponse
- C.Aucun procédé particulier : ce sont deux phrases juxtaposées sans aucun effet de style
- D.Deux rimes croisées organisées selon un schéma ABAB à la fin de chaque vers du poème
Réponse : B — Deux : une assonance en [an] (neige, silence, blanche) et une métaphore (« caresse du ciel »)
On repère d'abord une assonance : le son [an] revient (neige... silence... blanche), ce qui crée une douceur sonore. On repère ensuite une métaphore : la neige est appelée « caresse du ciel », sans mot outil. Un même vers peut donc cumuler plusieurs procédés : c'est ce qui fait la richesse d'un poème.
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