Les fables : la ruse du faible contre le fort
Sixième · Français · Résister au plus fort : ruses, mensonges et masques
Culture littéraire
Qu'est-ce qu'une fable ?
Depuis l'Antiquité, on raconte de courtes histoires d'animaux qui parlent, pour faire réfléchir et donner une leçon. Ce sont les fables. Sous leur air amusant, elles cachent souvent une critique de la société et des travers des hommes.
D'Ésope à La Fontaine
Les fables sont très anciennes. Le Grec Ésope, dans l'Antiquité, en a composé de nombreuses. Bien plus tard, au XVIIe siècle, le Français Jean de La Fontaine s'en est inspiré pour écrire ses célèbres Fables. On appelle fabuliste un auteur de fables.
Si les fabulistes choisissent si souvent des animaux pour mettre en scène les travers humains, c'est que chaque espèce fonctionne comme un masque reconnaissable entre tous : le renard incarne la ruse et la malice, le loup la force brutale, l'agneau l'innocence et la faiblesse, la fourmi le travail et la prévoyance, le lion le pouvoir et la royauté. Grâce à ces symboles partagés par tous les lecteurs, le fabuliste peut critiquer les défauts des hommes et de la société sans désigner personne directement, ce qui rend la critique plus légère et plus universelle à la fois. Cette tradition est déjà bien vivante au Moyen Âge, bien avant La Fontaine, avec Le Roman de Renart : le goupil (l'ancien nom du renard) y trompe sans cesse le loup Ysengrin, pourtant bien plus fort que lui — la victoire de la ruse sur la force, un motif que l'on retrouvera dans les fables plus tardives.
La structure d'une fable : un récit et une morale
Une fable se compose de deux parties : le récit (l'histoire qui est racontée) et la morale (la leçon qu'on en tire). La morale peut être placée au début ou à la fin de la fable. Parfois, elle n'est pas écrite : c'est au lecteur de la deviner, on dit qu'elle est implicite.
La fable remplit toujours une double fonction que l'on résume par la formule « plaire et instruire » : elle divertit par une histoire vivante, souvent pleine d'humour, tout en faisant réfléchir grâce à la leçon qu'elle transmet. Le rapport de force entre les personnages joue un rôle central dans cette réflexion. Le plus souvent, un personnage faible mais rusé l'emporte sur un personnage plus fort que lui, comme Renart, le goupil, qui berne le loup Ysengrin pourtant bien plus puissant : c'est la ruse, l'arme de celui qui ne peut pas gagner par la force. Dans Le Corbeau et le Renard, la ruse triomphe elle aussi, mais d'un autre défaut : ce n'est pas la force du corbeau que le renard doit vaincre, c'est sa vanité, car il suffit de le flatter pour qu'il ouvre le bec et laisse tomber le fromage. Mais ce schéma n'est pas une règle absolue : dans Le Loup et l'Agneau, c'est au contraire le fort qui écrase le faible malgré ses bonnes raisons, ce qui permet à La Fontaine de dénoncer l'injustice de ceux qui imposent leur volonté simplement parce qu'ils en ont le pouvoir.
| Élément | Rôle dans la fable |
|---|---|
| Le récit | L'histoire mettant en scène les personnages (souvent des animaux) |
| La morale | La leçon de vie tirée du récit |
| Morale explicite | Elle est écrite noir sur blanc (au début ou à la fin) |
| Morale implicite | Elle n'est pas écrite : le lecteur doit la deviner |
Lecture et analyse
La ruse du faible contre le fort
Dans beaucoup de fables, un personnage faible (petit, sans force) affronte un personnage fort (puissant, dangereux). Comment le faible peut-il s'en sortir ? Souvent grâce à son arme préférée : la ruse, c'est-à-dire l'intelligence et la malice.
Des animaux qui représentent les hommes
Dans les fables, les animaux parlent, réfléchissent et agissent comme des humains : c'est la personnification (donner des caractéristiques humaines à un animal ou à une chose). Chaque animal représente un type de personne, avec un défaut ou une qualité bien reconnaissable.
| Animal | Ce qu'il représente |
|---|---|
| Le renard | La ruse, la malice |
| Le loup | La force brutale, la cruauté |
| L'agneau | L'innocence, la faiblesse |
| Le lion | Le pouvoir, le roi |
| La fourmi | Le travail, la prévoyance |
Exercices corrigés
Comment appelle-t-on la leçon que donne une fable ?
- A.La rime
- B.La moraleBonne réponse
- C.La strophe
- D.Le titre
Réponse : B — La morale
La leçon d'une fable s'appelle la morale : c'est l'enseignement, la sagesse qu'on tire de l'histoire. La rime concerne les sons, la strophe est un groupe de vers, et le titre est le nom de la fable.
Quel auteur français du XVIIe siècle est le plus célèbre pour ses Fables ?
- A.Victor Hugo, poète romantique
- B.Molière, auteur de théâtre
- C.Jean de La FontaineBonne réponse
- D.Homère, poète de l'Antiquité
Réponse : C — Jean de La Fontaine
Jean de La Fontaine est le grand fabuliste français, auteur des célèbres Fables au XVIIe siècle. Victor Hugo est un poète du XIXe siècle, Molière un auteur de théâtre, et Homère un poète grec de l'Antiquité.
Dans les fables, quel animal représente le plus souvent la ruse et la malice ?
- A.Le renardBonne réponse
- B.L'agneau
- C.La tortue
- D.La fourmi
Réponse : A — Le renard
Le renard est le symbole de la ruse et de la malice. L'agneau représente l'innocence et la faiblesse, la tortue la lenteur et la patience, la fourmi le travail et la prévoyance.
Quand un animal parle et réfléchit comme un être humain dans une fable, on appelle ce procédé :
- A.La comparaison
- B.La rime forte
- C.La personnificationBonne réponse
- D.La morale finale
Réponse : C — La personnification
Donner des caractéristiques humaines (la parole, les sentiments) à un animal ou à une chose s'appelle la personnification. La comparaison est une image, la rime concerne les sons, et la morale est la leçon de la fable.
Un « fabuliste » est :
- A.Un auteur de fablesBonne réponse
- B.Un personnage de fable
- C.Un lecteur de fables
- D.Un animal des fables
Réponse : A — Un auteur de fables
Le fabuliste est celui qui écrit des fables, comme Ésope ou La Fontaine. Ce n'est pas un personnage ni un animal de la fable, ni simplement quelqu'un qui les lit.
Dans « Le Loup et l'Agneau », l'agneau se défend avec de bonnes raisons, mais le loup le dévore quand même. Quelle leçon La Fontaine veut-il faire passer ?
- A.Que la ruse gagne toujours, même face à un adversaire beaucoup plus puissant et déterminé à l'emporter
- B.Que le plus faible finit toujours, dans les fables de La Fontaine, par triompher grâce à son habileté
- C.Que les puissants imposent leur volonté par la force, même quand ils ont tort : c'est l'injustice du plus fortBonne réponse
- D.Qu'il ne faut jamais parler aux inconnus rencontrés seul près d'un cours d'eau, sous peine d'un grand danger
Réponse : C — Que les puissants imposent leur volonté par la force, même quand ils ont tort : c'est l'injustice du plus fort
Cette fable dénonce l'injustice des puissants : « La raison du plus fort est toujours la meilleure », dit le premier vers. L'agneau a beau avoir raison, le loup, plus fort, le dévore. La Fontaine montre ainsi, avec amertume, que les puissants imposent souvent leur volonté par la force.
Pourquoi les fabulistes choisissent-ils si souvent des animaux pour représenter les hommes ?
- A.Parce que les animaux sont bien plus faciles à dessiner et à représenter dans les illustrations que ne le seraient des personnages humains
- B.Parce qu'il serait formellement interdit, dans la tradition littéraire classique, de parler directement et ouvertement des défauts humains
- C.Parce que les fables sont réservées uniquement aux enfants, qui comprendraient mieux les histoires d'animaux que les récits mettant en scène des adultes
- D.Parce que chaque animal évoque immédiatement un type humain (le renard = le rusé, le loup = le violent), ce qui permet de critiquer les défauts des hommes sans les nommer directementBonne réponse
Réponse : D — Parce que chaque animal évoque immédiatement un type humain (le renard = le rusé, le loup = le violent), ce qui permet de critiquer les défauts des hommes sans les nommer directement
Les animaux servent de masques : chacun évoque aussitôt un type humain reconnaissable (le rusé, le violent, l'innocent...). Cela permet au fabuliste de critiquer les défauts des hommes et de la société de façon plaisante et détournée, sans désigner personne directement.
Une fable se termine sans phrase de leçon écrite : c'est au lecteur de comprendre le sens. On dit que la morale est :
- A.Explicite
- B.ImpliciteBonne réponse
- C.Interdite
- D.Inexistante
Réponse : B — Implicite
Quand la morale n'est pas écrite mais doit être devinée par le lecteur, on dit qu'elle est implicite (sous-entendue). Une morale explicite, à l'inverse, est écrite noir sur blanc. Ce n'est pas parce qu'elle n'est pas écrite qu'elle est inexistante : elle existe bien, mais elle est cachée.
Dans « La Cigale et la Fourmi », la cigale a chanté tout l'été et se retrouve sans rien l'hiver, tandis que la fourmi a fait des réserves. Quelle leçon principale se dégage ?
- A.Qu'il ne faut jamais chanter en été
- B.Que l'hiver est la plus belle saison de l'année
- C.Que les fourmis sont plus méchantes que les cigales
- D.Qu'il vaut mieux prévoir que de vivre au jour le jourBonne réponse
Réponse : D — Qu'il vaut mieux prévoir que de vivre au jour le jour
La fable oppose la cigale insouciante, qui a chanté sans rien prévoir, à la fourmi prévoyante, qui a travaillé et fait des réserves. La leçon invite à la prévoyance : mieux vaut anticiper et travailler que de vivre au jour le jour sans penser aux difficultés à venir.
Qu'est-ce qu'une fable ?
- A.Un court récit, souvent en vers, qui met en scène des animaux et donne une leçonBonne réponse
- B.Un long roman d'amour raconté à la première personne
- C.Une chanson pour danser lors d'une grande fête
- D.Un article de journal relatant un fait divers
Réponse : A — Un court récit, souvent en vers, qui met en scène des animaux et donne une leçon
Une fable est un court récit, souvent en vers, mettant en scène des animaux (ou des hommes) et se terminant par une leçon appelée la morale. Ce n'est ni un roman, ni une chanson, ni un article de presse.
Dans la fable « Le Corbeau et le Renard », comment le renard obtient-il le fromage ?
- A.Il l'achète au corbeau
- B.Il le vole pendant la nuit
- C.Il flatte le corbeau pour qu'il ouvre le becBonne réponse
- D.Il grimpe dans l'arbre pour l'attraper
Réponse : C — Il flatte le corbeau pour qu'il ouvre le bec
Le renard flatte le corbeau (« Que vous êtes joli ! ») ; flatté, le corbeau ouvre le bec pour chanter et laisse tomber le fromage, que le renard attrape. C'est la ruse, et non la force ni l'achat, qui lui permet de gagner.
On dit qu'une fable est un « apologue ». Cela signifie que c'est :
- A.Un poème d'amour
- B.Une pièce de théâtre
- C.Une longue description
- D.Un récit qui illustre une leçonBonne réponse
Réponse : D — Un récit qui illustre une leçon
Un apologue est un récit qui sert à illustrer une leçon, une vérité : la fable en est l'exemple le plus connu. Ce n'est ni un poème d'amour, ni une simple description, ni du théâtre.
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