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Farces et théâtre comique

Sixième · Français · Résister au plus fort : ruses, mensonges et masques

Découvrir le théâtre

Le théâtre et ses codes

Le théâtre est un genre à part : un texte de théâtre n'est pas fait pour être seulement lu, mais pour être joué devant des spectateurs. Auteur, comédiens, décor, public : tout se rejoint sur la scène. Pour bien lire une pièce, il faut connaître ses codes particuliers.

Comment est organisé un texte de théâtre ?

Une pièce est découpée en grandes parties, les actes, eux-mêmes divisés en scènes (on change en général de scène quand un personnage entre ou sort). Le texte est fait de répliques : ce que disent les personnages, chacun à son tour.

Ces mots de vocabulaire ne désignent pas exactement la même chose, il ne faut donc jamais les confondre entre eux. Une réplique isolée entre deux personnages n'est pas encore un dialogue : c'est l'échange, la succession des répliques, qui en fait un dialogue. De même, une tirade reste une réplique — seulement plus longue — alors qu'un monologue suppose que le personnage soit réellement seul en scène, sans personne pour lui répondre. L'aparté, enfin, crée une complicité particulière avec le public : le spectateur en sait alors plus que les autres personnages présents sur scène, ce qui peut créer du suspense ou déclencher un effet comique très apprécié.

Les didascalies : les indications de l'auteur

Sans didascalies, un texte de théâtre resterait une simple suite de répliques, difficile à mettre en scène et à jouer : ce sont elles qui précisent comment une réplique doit être dite (en colère, à voix basse, en riant) ou ce qui se passe pendant qu'un personnage parle (il entre, il sort, il tombe). Un comédien qui ignore une didascalie risque de jouer la scène à contresens, même s'il prononce exactement le bon texte.

ÉlémentEst-il prononcé sur scène ?À quoi sert-il ?
RépliqueOuiFaire parler les personnages
DidascalieNonGuider le jeu (gestes, ton, décor)
Nom du personnageNonIndiquer qui parle

Le nom du personnage, comme la didascalie, appartient au texte écrit mais ne se dit jamais à voix haute sur scène : il sert uniquement de repère, pour le lecteur comme pour le comédien qui doit savoir précisément quand c'est à lui de parler. C'est pourquoi, en lisant une pièce, il est essentiel de bien distinguer ce qui est réellement prononcé devant le public (les répliques) de ce qui ne l'est jamais (les didascalies et les noms des personnages).

Le rire au théâtre

La farce et les ressorts du comique

Au Moyen Âge, sur les places des villes, on jouait de courtes pièces pour faire rire le public : les farces. Rapides, drôles, pleines de tromperies et de coups de bâton, elles ont posé les bases du théâtre comique.

Les quatre types de comique

Pour faire rire, le théâtre utilise différents ressorts que l'on appelle les types de comique. Savoir les reconnaître, c'est comprendre pourquoi une scène est drôle.

Type de comiqueCe qui fait rireExemple
Comique de motsLe langage : jeux de mots, répétitions, injures, patoisRépéter sans cesse « Bée ! »
Comique de gestesLes actions physiques : coups, chutes, grimacesUn coup de bâton, une bousculade
Comique de situationLa situation elle-même : malentendus, quiproquos, cachettesLe trompeur trompé à son tour
Comique de caractèreUn défaut exagéré d'un personnageL'avare, le menteur, le vantard

Exercices corrigés

  1. Un texte de théâtre est d'abord écrit pour être :

    • A.Joué sur scène devant des spectateursBonne réponse
    • B.Lu en silence, seul dans sa chambre
    • C.Chanté avec un orchestre complet
    • D.Recopié sans être compris

    Réponse : A — Joué sur scène devant des spectateurs

    Le théâtre est fait pour être joué : des comédiens interprètent le texte sur scène, devant un public. On peut bien sûr le lire, mais sa destination première est la représentation. Ce n'est ni une chanson, ni un simple exercice de copie.

  2. Comment appelle-t-on ce que dit un personnage au théâtre ?

    • A.Une strophe
    • B.Une répliqueBonne réponse
    • C.Une morale
    • D.Une rime

    Réponse : B — Une réplique

    Ce que dit un personnage s'appelle une réplique. La strophe et la rime appartiennent à la poésie, et la morale à la fable. Au théâtre, l'échange de répliques entre personnages forme le dialogue.

  3. Une farce est :

    • A.Un poème long et triste, écrit en vers
    • B.Un récit antique de création du monde
    • C.Une courte pièce de théâtre comique, née au Moyen ÂgeBonne réponse
    • D.Une fable en prose, comme celles d'Ésope

    Réponse : C — Une courte pièce de théâtre comique, née au Moyen Âge

    Une farce est une courte pièce de théâtre comique, apparue au Moyen Âge, qui cherche à faire rire. Ce n'est ni un poème, ni un récit de création, ni une fable : c'est bien du théâtre.

  4. Quelle est la farce médiévale la plus célèbre ?

    • A.La Farce de Maître PathelinBonne réponse
    • B.Le Corbeau et le Renard
    • C.L'Odyssée grecque
    • D.La Genèse biblique

    Réponse : A — La Farce de Maître Pathelin

    La Farce de Maître Pathelin est la plus célèbre des farces du Moyen Âge. Le Corbeau et le Renard est une fable, l'Odyssée un récit d'aventures grec, et la Genèse un récit de création : aucun n'est une farce.

  5. Une pièce de théâtre se divise en grandes parties appelées « actes ». Comment appelle-t-on les subdivisions à l'intérieur d'un acte ?

    • A.Des scènesBonne réponse
    • B.Des strophes
    • C.Des chapitres
    • D.Des couplets

    Réponse : A — Des scènes

    Les actes se divisent en scènes : on change généralement de scène quand un personnage entre ou sort. La strophe et le couplet appartiennent à la poésie ou à la chanson, et le chapitre au roman.

  6. Une longue réplique dite d'un seul trait par un personnage s'appelle :

    • A.Un aparté
    • B.Un quiproquo
    • C.Une didascalie
    • D.Une tiradeBonne réponse

    Réponse : D — Une tirade

    Une longue réplique dite d'un seul élan par un personnage est une tirade. L'aparté est un court mot dit à part, la didascalie une indication scénique, et le quiproquo un malentendu.

  7. Un « aparté », au théâtre, est :

    • A.Une réplique dite au public, que les autres personnages sont censés ne pas entendreBonne réponse
    • B.Une indication de décor donnée par l'auteur au début de la pièce
    • C.Le titre d'une scène, écrit en haut de la page du texte théâtral
    • D.Le nom du personnage principal, indiqué dans la liste des personnages

    Réponse : A — Une réplique dite au public, que les autres personnages sont censés ne pas entendre

    L'aparté est un mot ou une phrase qu'un personnage dit « à part » : le public l'entend, mais les autres personnages sur scène sont censés ne pas l'entendre. Ce n'est ni une indication de décor, ni un titre, ni un nom de personnage.

  8. On dit souvent que la farce « fait rire mais fait aussi réfléchir ». Que critique-t-elle en riant ?

    • A.Rien du tout : la farce ne sert qu'à faire rire, sans aucune autre intention
    • B.Les défauts et les travers des hommes : la ruse malhonnête, la naïveté, l'avidité, la bêtiseBonne réponse
    • C.Uniquement la façon de s'habiller et de parler au Moyen Âge, sans viser les comportements
    • D.Les règles de grammaire que les personnages ne respectent pas toujours à l'oral

    Réponse : B — Les défauts et les travers des hommes : la ruse malhonnête, la naïveté, l'avidité, la bêtise

    Sous ses éclats de rire, la farce se moque des défauts humains : la malhonnêteté du rusé, la naïveté de celui qui se fait avoir, l'avidité, la bêtise. Comme la fable, elle divertit tout en portant un regard critique sur la société et sur les hommes.

  9. Dans une scène, un personnage avare refuse de dépenser un centime et compte son argent sans arrêt, ce qui fait rire par son défaut poussé à l'extrême. De quel type de comique s'agit-il ?

    • A.Comique de mots
    • B.Comique de gestes
    • C.Comique de caractèreBonne réponse
    • D.Comique de situation

    Réponse : C — Comique de caractère

    Ici, c'est le défaut du personnage (l'avarice), exagéré jusqu'au ridicule, qui fait rire : c'est le comique de caractère. Il ne s'agit pas d'un jeu sur les mots, ni d'une action physique, ni d'un malentendu de situation.

  10. Pourquoi, dans un quiproquo, le public rit-il souvent alors que les personnages, eux, ne rient pas ?

    • A.Parce que les personnages ne sont jamais drôles
    • B.Parce que le public a compris le malentendu que le personnage, lui, ignoreBonne réponse
    • C.Parce que le public n'écoute pas vraiment la pièce
    • D.Parce que les personnages parlent une langue étrangère

    Réponse : B — Parce que le public a compris le malentendu que le personnage, lui, ignore

    Dans un quiproquo, le spectateur en sait plus que le personnage : il a compris le malentendu que le personnage, lui, ne voit pas. C'est ce décalage de savoir entre le public et le personnage qui rend la scène si drôle.

  11. Un élève écrit dans sa copie la phrase « (Il entre en courant, l'air affolé) » comme si le personnage la prononçait. Quelle est son erreur ?

    • A.Aucune, c'est une réplique normale que le personnage doit prononcer à voix haute sur scène
    • B.C'est une rime, une répétition de sons à la fin de deux vers qui se font écho l'un à l'autre
    • C.C'est un monologue, un long discours qu'un personnage seul se tient à lui-même sur scène
    • D.Cette phrase est une didascalie : elle décrit une action et ne se prononce pas ; elle guide seulement le comédienBonne réponse

    Réponse : D — Cette phrase est une didascalie : elle décrit une action et ne se prononce pas ; elle guide seulement le comédien

    La phrase entre parenthèses et en italique est une didascalie : elle indique une action (entrer en courant, l'air affolé) destinée au comédien. Elle ne fait pas partie des paroles du personnage et ne doit donc jamais être prononcée sur scène.

  12. À la fin de La Farce de Maître Pathelin, le berger répond « Bée ! » à Pathelin lui-même quand celui-ci réclame son paiement. Pourquoi cette fin est-elle si comique ?

    • A.Parce que le berger a oublié de parler
    • B.Parce que le juge revient sur scène en pleine audience
    • C.Parce que le trompeur (Pathelin) est trompé à son tourBonne réponse
    • D.Parce que Pathelin gagne beaucoup d'argent

    Réponse : C — Parce que le trompeur (Pathelin) est trompé à son tour

    Le comique vient d'un retournement de situation : Pathelin, le trompeur rusé, est finalement trompé par sa propre ruse, puisque le berger utilise contre lui le « Bée ! » qu'il lui avait conseillé. « Le trompeur trompé » est un ressort comique très efficace, ici lié au comique de situation.

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Ce chapitre compte 36 exercices corrigés dans l'application, avec le suivi de ta progression.

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