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Aspects énergétiques des phénomènes mécaniques

Terminale · Physique-Chimie · L'énergie : conversions et transferts

L'énergie : conversions et transferts

Travail, puissance et théorème de l'énergie cinétique

L'approche énergétique est souvent plus rapide que les lois de Newton : elle ne fait intervenir que des valeurs de départ et d'arrivée, sans qu'on ait besoin de connaître le détail du mouvement entre les deux. C'est l'outil idéal quand on cherche une vitesse ou une distance.

ForceExpression de son travailSigne habituel
Poids P = m·gW = m·g·(zA − zB), soit ± m·g·hPositif en descente, négatif en montée
Réaction normale du supportW = 0 (perpendiculaire au déplacement)Nul
FrottementsW = − f × distance parcourueToujours négatif (force résistante)
Force électrique dans un champ uniformeW = q × USelon le signe de q et de U

Puissance d'une force

La puissance mesure la rapidité du transfert d'énergie :
P = W / Δt, en watts (W), avec W en joules et Δt en secondes.
Pour une force constante et un mouvement de vitesse v dans le sens de la force, on a aussi la forme très pratique : P = F × v.
Une même énergie transférée en deux fois moins de temps correspond à une puissance deux fois plus grande.

L'énergie : conversions et transferts

Énergie potentielle, énergie mécanique et frottements

Quand une force est conservative — c'est le cas du poids — on peut lui associer une énergie potentielle. Cela permet de suivre l'énergie d'un système sans calculer le travail à chaque étape.

Conservation de l'énergie mécanique

Si les seules forces qui travaillent sont conservatives (typiquement : uniquement le poids, frottements négligés), alors l'énergie mécanique se conserve : Em reste constante au cours du mouvement.
Concrètement, l'énergie se transforme en permanence : en montant, Ec diminue et Epp augmente ; en descendant, c'est l'inverse. Mais leur somme ne change pas.

Quand il y a des frottements

Dès qu'une force non conservative travaille (frottements, force motrice d'un moteur), l'énergie mécanique n'est plus constante :

ΔEm = Em(B) − Em(A) = W(forces non conservatives)

Les frottements ayant toujours un travail négatif, l'énergie mécanique diminue : elle est dissipée sous forme de transfert thermique (l'objet et le support s'échauffent). L'énergie n'est pas perdue — elle a simplement changé de forme.

SituationÉnergie mécaniqueExemple
Seul le poids travailleEm constanteChute libre, pendule sans frottement, projectile idéal
Frottements présentsEm diminue : ΔEm = W(frottements) < 0Luge sur la neige, parachutiste, bille dans l'air
Force motrice présenteEm peut augmenter : ΔEm = W(moteur) + W(frottements)Voiture qui accélère en côte, téléski

Exercices corrigés

  1. Une force est constamment perpendiculaire au déplacement d'un objet. Que vaut son travail ?

    • A.Il est nulBonne réponse
    • B.Il est maximal
    • C.Il est négatif
    • D.Il vaut F × d

    Réponse : A — Il est nul

    Le travail vaut W = F × d × cos α. Si la force est perpendiculaire au déplacement, α = 90° et cos 90° = 0, donc W = 0. C'est le cas de la réaction normale d'un support horizontal, ou de la tension d'un fil de pendule. Attention : travail nul ne signifie pas force nulle — la force existe bien, elle ne transfère simplement aucune énergie.

  2. Quelle est l'expression de l'énergie potentielle de pesanteur d'un corps de masse m à l'altitude z ?

    • A.Epp = 0,5·m·g·z
    • B.Epp = m·g·zBonne réponse
    • C.Epp = m·g/z
    • D.Epp = m·z²

    Réponse : B — Epp = m·g·z

    L'énergie potentielle de pesanteur vaut Epp = m × g × z, en joules, l'altitude z étant comptée à partir d'une origine que tu choisis librement. Le facteur 0,5 n'apparaît que dans l'énergie cinétique, pas ici. Un point important : la valeur d'Epp dépend de l'origine choisie, mais sa VARIATION entre deux points n'en dépend pas — et c'est elle qui a un sens physique.

  3. Comment calcule-t-on la puissance moyenne associée à un travail W effectué pendant une durée Δt ?

    • A.P = W × Δt, en joules
    • B.P = Δt / W, en watts
    • C.P = W / Δt, en wattsBonne réponse
    • D.P = W + Δt, en joules

    Réponse : C — P = W / Δt, en watts

    La puissance est le débit d'énergie : P = W / Δt, exprimée en watts (1 W = 1 J·s⁻¹). Pour une force constante et un mouvement à vitesse v dans le sens de la force, on dispose aussi de la forme équivalente P = F × v. Retiens la logique : à énergie égale, plus le transfert est rapide, plus la puissance est grande.

  4. Comment définit-on l'énergie mécanique d'un système dans un champ de pesanteur ?

    • A.Em = Ec + EppBonne réponse
    • B.Em = Ec − Epp
    • C.Em = Ec × Epp
    • D.Em = Ec / Epp

    Réponse : A — Em = Ec + Epp

    L'énergie mécanique est la SOMME de l'énergie cinétique et de l'énergie potentielle : Em = Ec + Epp = 0,5·m·v² + m·g·z. Son intérêt est immédiat : lorsque seul le poids travaille, cette somme reste constante, ce qui permet de relier directement une altitude à une vitesse sans passer par les forces.

  5. Une force constante de 50 N tire un objet sur 10 m, en faisant un angle de 60° avec le déplacement. Quel est son travail ?

    • A.500 J
    • B.250 JBonne réponse
    • C.433 J
    • D.5,0 J

    Réponse : B — 250 J

    On applique W = F × d × cos α = 50 × 10 × cos 60°. Comme cos 60° = 0,50, on obtient W = 500 × 0,50 = 250 J. Répondre 500 J revient à oublier le cosinus (ce serait le cas d'une force alignée avec le déplacement, α = 0°). Répondre 433 J correspondrait à cos 30° ≈ 0,866 : attention à ne pas confondre les valeurs de cos 30° et cos 60°.

  6. Quelle est l'énergie cinétique d'un objet de masse 2,0 kg se déplaçant à 3,0 m·s⁻¹ ?

    • A.3,0 J
    • B.18 J
    • C.6,0 J
    • D.9,0 JBonne réponse

    Réponse : D — 9,0 J

    Ec = 0,5 × m × v² = 0,5 × 2,0 × (3,0)² = 0,5 × 2,0 × 9,0 = 9,0 J. Répondre 18 J revient à oublier le facteur 0,5, et 3,0 J à oublier d'élever la vitesse au carré. Un bon réflexe : calcule d'abord v² séparément, puis multiplie par la masse, puis divise par 2.

  7. Un objet de masse 5,0 kg descend de 2,0 m en altitude (g = 10 m·s⁻²). Quel est le travail de son poids ?

    • A.− 100 J
    • B.+ 100 JBonne réponse
    • C.+ 10 J
    • D.+ 25 J

    Réponse : B — + 100 J

    Le travail du poids vaut W(P) = m·g·(zA − zB). Ici l'objet descend, donc zA − zB = +2,0 m et W = 5,0 × 10 × 2,0 = +100 J. Le signe est positif : en descente, le poids est une force MOTRICE, il apporte de l'énergie au système, ce qui accélère l'objet. Le travail serait négatif (−100 J) en montée, où le poids est résistant.

  8. Une bille est lâchée sans vitesse initiale d'une hauteur de 20 m (g = 10 m·s⁻², frottements négligés). Quelle est sa vitesse en arrivant au sol ?

    • A.10 m·s⁻¹
    • B.20 m·s⁻¹Bonne réponse
    • C.40 m·s⁻¹
    • D.14 m·s⁻¹

    Réponse : B — 20 m·s⁻¹

    L'énergie mécanique se conserve (seul le poids travaille) : 0,5·m·v² = m·g·h. La masse se simplifie, donc v² = 2·g·h = 2 × 10 × 20 = 400, d'où v = 20 m·s⁻¹. Répondre 40 m·s⁻¹ revient à oublier la racine carrée ou le facteur 0,5. Remarque essentielle : la masse ayant disparu du calcul, une bille de plomb et une bille de liège arriveraient à la même vitesse — dans le vide, bien sûr.

  9. Une luge a une énergie mécanique de 500 J en haut d'une piste et de 380 J en bas. Que vaut le travail des forces de frottement ?

    • A.+ 120 J
    • B.+ 880 J
    • C.− 120 JBonne réponse
    • D.− 500 J

    Réponse : C — − 120 J

    La relation à connaître est ΔEm = W(forces non conservatives). Ici ΔEm = Em(final) − Em(initial) = 380 − 500 = − 120 J, donc W(frottements) = − 120 J. Le signe négatif est obligatoire : les frottements sont toujours résistants. Ces 120 J n'ont pas disparu, ils ont été dissipés sous forme de transfert thermique — la neige et les patins se sont légèrement échauffés.

  10. Une locomotive exerce une force motrice de 800 N et roule à la vitesse constante de 25 m·s⁻¹. Quelle est la puissance développée par cette force ?

    • A.32 W
    • B.20 kWBonne réponse
    • C.2,0 kW
    • D.800 W

    Réponse : B — 20 kW

    Pour une force constante colinéaire au déplacement, P = F × v = 800 × 25 = 20 000 W, soit 20 kW. Répondre 32 W correspondrait à F/v, un rapport qui n'a aucun sens physique ici. Cohérence du raisonnement : la vitesse étant constante, la force motrice compense exactement les forces résistantes, et toute l'énergie fournie est dissipée en frottements.

  11. Une voiture de 1 000 kg roulant à 20 m·s⁻¹ freine avec une force résistante constante de 5 000 N. Quelle distance parcourt-elle avant de s'arrêter ?

    • A.80 m
    • B.20 m
    • C.4,0 m
    • D.40 mBonne réponse

    Réponse : D — 40 m

    On applique le théorème de l'énergie cinétique entre le début du freinage et l'arrêt. Ec initiale = 0,5 × 1 000 × 400 = 200 000 J ; Ec finale = 0. Le poids et la réaction du support sont perpendiculaires au déplacement horizontal, donc ne travaillent pas. Il reste 0 − 200 000 = − 5 000 × d, d'où d = 200 000 / 5 000 = 40 m. Répondre 20 m viendrait d'un oubli du facteur 0,5 conjugué à une erreur de division.

  12. Un skieur descend 200 m de dénivelé, une fois par une piste directe de 500 m, une fois par une piste sinueuse de 1 500 m. Que peut-on dire du travail de son poids ?

    • A.Il est identique dans les deux casBonne réponse
    • B.Il est trois fois plus grand sur la piste sinueuse
    • C.Il est trois fois plus petit sur la piste sinueuse
    • D.Il dépend de la vitesse atteinte en bas

    Réponse : A — Il est identique dans les deux cas

    Le poids est une force conservative : son travail vaut m·g·(zA − zB) et ne dépend QUE de la différence d'altitude, pas du chemin suivi ni de sa longueur. Le dénivelé étant de 200 m dans les deux cas, le travail du poids est identique. En revanche, le travail des frottements, lui, dépend directement de la distance parcourue : il sera bien plus important sur la piste de 1 500 m, et le skieur arrivera donc moins vite en bas.

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Ce chapitre compte 37 exercices corrigés dans l'application, avec le suivi de ta progression.

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