Succession d'épreuves et loi binomiale
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Probabilités
Successions d'épreuves indépendantes et schéma de Bernoulli
Beaucoup de situations concrètes se ramènent à la même structure : on répète plusieurs fois la même expérience, dans les mêmes conditions, et les résultats n'ont aucune influence les uns sur les autres. Lancer un dé dix fois, tester cent pièces sur une chaîne de production, interroger mille personnes : c'est toujours le même schéma. Cette fiche installe le vocabulaire, la fiche suivante en tire la loi binomiale.
Compter les chemins : les coefficients binomiaux. Dans l'arbre d'un schéma de Bernoulli à n épreuves, tous les chemins qui contiennent exactement k succès ont la même probabilité : p^k × (1 − p)^(n − k). Il reste donc à savoir combien il y en a. Ce nombre est le coefficient binomial, noté « k parmi n » ou C(n, k).
| n \ k | k = 0 | k = 1 | k = 2 | k = 3 | k = 4 | k = 5 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| n = 0 | 1 | |||||
| n = 1 | 1 | 1 | ||||
| n = 2 | 1 | 2 | 1 | |||
| n = 3 | 1 | 3 | 3 | 1 | ||
| n = 4 | 1 | 4 | 6 | 4 | 1 | |
| n = 5 | 1 | 5 | 10 | 10 | 5 | 1 |
Ce tableau est le triangle de Pascal : chaque case est la somme de la case juste au-dessus et de celle au-dessus à gauche. Par exemple, C(5, 2) = C(4, 1) + C(4, 2) = 4 + 6 = 10. En pratique au bac, tu obtiendras ces valeurs à la calculatrice, mais savoir les retrouver évite bien des erreurs.
Probabilités
La loi binomiale : probabilités, espérance et variance
On assemble maintenant les deux ingrédients de la fiche précédente : la probabilité d'un chemin et le nombre de chemins. Le résultat est la loi binomiale, l'une des lois les plus utilisées au bac comme dans la vie réelle (contrôle qualité, sondages, tests médicaux).
Lecture de la formule, morceau par morceau : C(n, k) compte les chemins qui donnent k succès, p^k est la probabilité des k succès rencontrés sur un chemin, et (1 − p)^(n − k) celle des n − k échecs restants. On multiplie les trois, et c'est tout.
| Formulation de l'énoncé | Événement | Calcul |
|---|---|---|
| exactement k succès | X = k | P(X = k) |
| au plus k succès | X inférieur ou égal à k | P(X inférieur ou égal à k) |
| moins de k succès | X inférieur ou égal à k − 1 | P(X inférieur ou égal à k − 1) |
| au moins k succès | X supérieur ou égal à k | 1 − P(X inférieur ou égal à k − 1) |
| au moins un succès | X supérieur ou égal à 1 | 1 − P(X = 0) = 1 − (1 − p)^n |
| aucun succès | X = 0 | (1 − p)^n |
| entre a et b succès inclus | a inférieur ou égal à X inférieur ou égal à b | P(X inf. ou égal à b) − P(X inf. ou égal à a − 1) |
Exercices corrigés
X suit la loi binomiale B(3 ; 1/2). Combien vaut P(X = 2) ?
- A.1/8
- B.3/8Bonne réponse
- C.1/2
- D.3/4
Réponse : B — 3/8
On applique la formule : P(X = 2) = C(3, 2) × (1/2)² × (1/2)^1 = 3 × 1/4 × 1/2 = 3/8. Vérification par l'arbre : sur 8 chemins équiprobables (2 × 2 × 2), ceux qui donnent exactement 2 succès sont SSE, SES et ESS, soit 3 chemins sur 8. Répondre 1/8, c'est oublier le coefficient binomial et ne compter qu'un seul chemin. Répondre 1/2, c'est confondre avec la probabilité d'un succès individuel.
Dans un arbre représentant 4 épreuves de Bernoulli, combien de chemins conduisent à exactement 2 succès ?
- A.2
- B.4
- C.6Bonne réponse
- D.8
Réponse : C — 6
Ce nombre est par définition le coefficient binomial C(4, 2), qui vaut 6. Tu peux le lire dans la ligne n = 4 du triangle de Pascal (1, 4, 6, 4, 1) ou énumérer les paires de positions occupées par les succès : SSEE, SESE, SEES, ESSE, ESES, EESS. Six chemins. Répondre 4 confondrait avec le nombre d'épreuves ; répondre 8 confondrait avec le nombre total de chemins de l'arbre, qui vaut ici 2^4 = 16.
X suit la loi binomiale B(4 ; 0,5). Combien vaut P(X inférieur ou égal à 1) ?
- A.1/16
- B.5/16Bonne réponse
- C.4/16
- D.11/16
Réponse : B — 5/16
« Au plus 1 » regroupe deux cas : X = 0 et X = 1. Avec p = 0,5, chaque chemin a pour probabilité (1/2)^4 = 1/16. P(X = 0) = C(4, 0)/16 = 1/16 et P(X = 1) = C(4, 1)/16 = 4/16. Somme : 1/16 + 4/16 = 5/16. Répondre 4/16, c'est oublier le cas X = 0. Répondre 11/16, c'est calculer l'événement contraire P(X supérieur ou égal à 2) = 1 − 5/16 = 11/16.
Dans un très grand stock, 2 % des pièces sont défectueuses. On en prélève 50 au hasard. Quelle expression donne la probabilité qu'au moins une pièce soit défectueuse ?
- A.0,98^50
- B.50 × 0,02
- C.1 − 0,02^50
- D.1 − 0,98^50Bonne réponse
Réponse : D — 1 − 0,98^50
Soit X le nombre de pièces défectueuses : X suit B(50 ; 0,02). On passe par l'événement contraire : P(X supérieur ou égal à 1) = 1 − P(X = 0) = 1 − 0,98^50, ce qui vaut environ 0,636. L'expression 0,98^50 est exactement P(X = 0), donc le contraire de ce qu'on cherche. L'expression 1 − 0,02^50 inverse p et 1 − p : « aucune défectueuse » signifie 50 pièces CONFORMES, donc c'est 0,98 qui est élevé à la puissance 50. Et 50 × 0,02 = 1 est l'espérance, pas une probabilité.
Parmi les égalités suivantes sur les coefficients binomiaux, laquelle est toujours vraie (pour 0 inférieur ou égal à k inférieur ou égal à n) ?
- A.C(n, k) = C(n − 1, k)
- B.C(n, k) = n × k
- C.C(n, k) = C(n, n − k)Bonne réponse
- D.C(n, k) = C(k, n)
Réponse : C — C(n, k) = C(n, n − k)
C'est la propriété de symétrie : choisir les k épreuves où l'on gagne revient à choisir les n − k épreuves où l'on perd, donc les deux comptages donnent le même nombre. Exemple : C(10, 3) = C(10, 7) = 120. La quatrième option échange n et k, ce qui n'a pas de sens dès que k est strictement inférieur à n (C(5, 2) = 10 alors que C(2, 5) n'est même pas défini). Et C(4, 2) = 6, ce qui n'est ni 4 × 2 = 8, ni C(3, 2) = 3 : les deux autres options tombent aussi.
Une machine a une probabilité 0,1 de tomber en panne un jour donné, indépendamment des autres jours. Quel est le plus petit nombre n de jours d'observation pour que la probabilité d'observer au moins une panne dépasse 0,9 ?
- A.22Bonne réponse
- B.21
- C.10
- D.23
Réponse : A — 22
Soit X le nombre de pannes sur n jours : X suit B(n ; 0,1). On veut 1 − 0,9^n supérieur ou égal à 0,9, c'est-à-dire 0,9^n inférieur ou égal à 0,1. En passant au logarithme népérien (attention, ln(0,9) est NÉGATIF, donc l'inégalité change de sens) : n supérieur ou égal à ln(0,1)/ln(0,9), soit environ (−2,3026)/(−0,1054) = 21,85. Le plus petit entier convenable est donc n = 22. Vérification : 0,9^21 vaut environ 0,109 (trop grand), tandis que 0,9^22 vaut environ 0,098, donc inférieur à 0,1. Répondre 10, c'est confondre avec 1/p.
Combien d'issues possède une épreuve de Bernoulli ?
- A.1
- B.2Bonne réponse
- C.n
- D.une infinité
Réponse : B — 2
Par définition, une épreuve de Bernoulli n'a que DEUX issues : le succès, de probabilité p, et l'échec, de probabilité 1 − p. C'est le socle de tout le chapitre. Le nombre n n'intervient qu'ensuite, quand on RÉPÈTE l'épreuve n fois pour former un schéma de Bernoulli. Ne confonds pas les deux niveaux : une épreuve (2 issues) et une succession de n épreuves (beaucoup d'issues possibles).
Si X suit la loi binomiale B(n ; p), alors l'espérance E(X) vaut :
- A.n pBonne réponse
- B.p(1 − p)
- C.n p (1 − p)
- D.n / p
Réponse : A — n p
Pour la loi binomiale, E(X) = n p. L'interprétation est très intuitive : si chaque épreuve a une chance p de réussir et qu'on la répète n fois, on s'attend en moyenne à n p succès. Par exemple, sur 100 lancers d'une pièce équilibrée, on attend 100 × 0,5 = 50 piles. L'expression n p (1 − p) est la VARIANCE, et p(1 − p) est la variance d'une seule épreuve de Bernoulli. Attention à ne pas mélanger ces trois formules très proches.
Combien vaut le coefficient binomial C(5, 0) ?
- A.0
- B.1Bonne réponse
- C.5
- D.120
Réponse : B — 1
C(n, 0) vaut toujours 1 : il n'y a qu'une seule façon de n'obtenir aucun succès sur n épreuves, c'est d'échouer à chaque fois. Un seul chemin dans l'arbre, donc C(5, 0) = 1. Répondre 0 est le réflexe erroné (« zéro succès donc zéro chemin ») : attention, on compte des chemins, et le chemin « que des échecs » existe bien. Répondre 5 confondrait avec C(5, 1) = 5, et 120 correspond à 5 factorielle.
Combien vaut le coefficient binomial C(6, 1) ?
- A.1
- B.36
- C.6Bonne réponse
- D.720
Réponse : C — 6
C(n, 1) = n : il y a exactement n façons de placer un unique succès parmi n épreuves, selon le rang auquel il tombe (le succès a lieu à la 1re, la 2e, ..., ou la 6e épreuve). Donc C(6, 1) = 6. Répondre 1 confondrait avec C(6, 0) ou C(6, 6). Le nombre 720 est 6 factorielle, et 36 est 6 au carré : ni l'un ni l'autre ne comptent des chemins ici.
X suit la loi binomiale B(10 ; 0,3). Combien vaut la variance V(X) ?
- A.3
- B.2,1Bonne réponse
- C.0,21
- D.7
Réponse : B — 2,1
On applique V(X) = n p (1 − p) = 10 × 0,3 × 0,7. Calcul : 10 × 0,3 = 3, puis 3 × 0,7 = 2,1. Refais-le dans l'autre ordre pour vérifier : 0,3 × 0,7 = 0,21, puis 0,21 × 10 = 2,1. Même résultat. Répondre 3, c'est donner l'espérance n p ; répondre 0,21, c'est oublier le facteur n ; répondre 7, c'est calculer n(1 − p) en oubliant p.
Pour pouvoir modéliser une situation par une loi binomiale, il faut que :
- A.les épreuves aient au moins trois issues
- B.la probabilité de succès change à chaque épreuve
- C.les tirages soient faits sans remise
- D.les n épreuves soient identiques, à deux issues, et indépendantesBonne réponse
Réponse : D — les n épreuves soient identiques, à deux issues, et indépendantes
Les trois conditions du schéma de Bernoulli sont : deux issues par épreuve, épreuves identiques (même probabilité p à chaque fois) et indépendantes (aucune influence mutuelle). C'est exactement ce que dit la dernière option. Un tirage SANS remise casse justement l'indépendance et fait varier p, donc il exclut la loi binomiale, sauf approximation explicite quand la population est très grande devant l'échantillon.
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Ce chapitre compte 37 exercices corrigés dans l'application, avec le suivi de ta progression.
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