Vecteurs, droites et plans de l'espace
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Algèbre et géométrie
Vecteurs de l'espace, colinéarité et coplanarité
Bonne nouvelle pour commencer : tout ce que tu sais des vecteurs du plan reste vrai dans l'espace. La relation de Chasles, la somme, la multiplication par un réel, le milieu : rien ne change. Ce qui est nouveau, c'est qu'il faut trois coordonnées au lieu de deux, et qu'apparaît une notion inédite, la coplanarité, qui joue dans l'espace le rôle que jouait la colinéarité dans le plan.
Le repère associé à un cube ou à un pavé
Dans un cube ABCDEFGH (base ABCD, et E, F, G, H respectivement au-dessus de A, B, C, D), on travaille presque toujours dans le repère (A ; AB , AD , AE). Les coordonnées de tous les sommets deviennent alors des 0 et des 1, ce qui rend les calculs très rapides. Retiens la logique : la première coordonnée mesure le déplacement « vers B », la deuxième « vers D », la troisième « vers le haut ».
| Sommet | Coordonnées dans (A ; AB , AD , AE) | Décomposition |
|---|---|---|
| A | (0 ; 0 ; 0) | origine |
| B | (1 ; 0 ; 0) | AB |
| C | (1 ; 1 ; 0) | AB + AD |
| D | (0 ; 1 ; 0) | AD |
| E | (0 ; 0 ; 1) | AE |
| F | (1 ; 0 ; 1) | AB + AE |
| G | (1 ; 1 ; 1) | AB + AD + AE |
| H | (0 ; 1 ; 1) | AD + AE |
Algèbre et géométrie
Droites et plans : représentations paramétriques et positions relatives
Dans l'espace, une droite ne se décrit plus par une équation du type y = mx + p : il faut un point et une direction. C'est le rôle de la représentation paramétrique, qui décrit la droite comme la trajectoire d'un point mobile.
Le tableau des positions relatives
| Objets | Cas possibles | Comment trancher |
|---|---|---|
| Deux droites | confondues / strictement parallèles / sécantes / non coplanaires | Directeurs colinéaires ? Puis un point de d appartient-il à d' ? Sinon, résoudre le système |
| Une droite et un plan | incluse / strictement parallèle / sécante en un point | Le directeur de la droite est-il combinaison linéaire des directeurs du plan ? |
| Deux plans | confondus / strictement parallèles / sécants suivant une droite | Mêmes directions ? Puis un point de P appartient-il à P' ? |
Exercices corrigés
Dans un repère de l'espace, A(1 ; 2 ; 3) et B(4 ; 0 ; 5). Quelles sont les coordonnées du vecteur AB ?
- A.(3 ; -2 ; 2)Bonne réponse
- B.(5 ; 2 ; 8)
- C.(-3 ; 2 ; -2)
- D.(3 ; 2 ; 2)
Réponse : A — (3 ; -2 ; 2)
Les coordonnées d'un vecteur AB s'obtiennent en faisant « arrivée moins départ », coordonnée par coordonnée : 4 - 1 = 3, puis 0 - 2 = -2, puis 5 - 3 = 2. Donc AB(3 ; -2 ; 2). Le distracteur (-3 ; 2 ; -2) est le vecteur BA, celui qui pointe dans l'autre sens, et (5 ; 2 ; 8) vient d'une addition au lieu d'une soustraction.
A(2 ; -1 ; 4) et B(0 ; 3 ; 2). Quelles sont les coordonnées du milieu I de [AB] ?
- A.(2 ; 2 ; 6)
- B.(-2 ; 4 ; -2)
- C.(1 ; 1 ; 3)Bonne réponse
- D.(1 ; -2 ; 1)
Réponse : C — (1 ; 1 ; 3)
On fait la moyenne des coordonnées, coordonnée par coordonnée : (2 + 0)/2 = 1, puis (-1 + 3)/2 = 2/2 = 1, puis (4 + 2)/2 = 3. Donc I(1 ; 1 ; 3). Le distracteur (2 ; 2 ; 6) est la SOMME des coordonnées, sans la division par 2, et (-2 ; 4 ; -2) est le vecteur AB.
On considère la droite d de représentation paramétrique x = 1 + 2t, y = -3t, z = 4 + t (t réel). Quel vecteur est un vecteur directeur de d ?
- A.u(1 ; 0 ; 4)
- B.u(2 ; -3 ; 1)Bonne réponse
- C.u(1 ; -3 ; 4)
- D.u(3 ; -3 ; 5)
Réponse : B — u(2 ; -3 ; 1)
Dans une représentation paramétrique, le vecteur directeur se lit sur les COEFFICIENTS du paramètre t : ici 2 pour x, -3 pour y et 1 pour z (car z = 4 + 1 × t). Donc u(2 ; -3 ; 1). Le distracteur (1 ; 0 ; 4) est fait avec les termes constants : ce sont les coordonnées d'un POINT de la droite (celui obtenu pour t = 0), pas d'un vecteur directeur.
u(1 ; 2 ; 3) et v(2 ; -1 ; 0). Quelles sont les coordonnées du vecteur w = 2u - v ?
- A.(4 ; 3 ; 6)
- B.(0 ; 3 ; 3)
- C.(0 ; 5 ; 6)Bonne réponse
- D.(2 ; -2 ; 0)
Réponse : C — (0 ; 5 ; 6)
On calcule coordonnée par coordonnée. Première : 2 × 1 - 2 = 0. Deuxième : 2 × 2 - (-1) = 4 + 1 = 5. Troisième : 2 × 3 - 0 = 6. Donc w(0 ; 5 ; 6). Le piège classique est la deuxième coordonnée : soustraire -1 revient à AJOUTER 1, ce qui donne 5 et non 3.
A(2 ; 0 ; 1) et B(3 ; 2 ; -1). Quelle représentation paramétrique est celle de la droite (AB) ?
- A.x = 2 + t, y = 2t, z = 1 - 2tBonne réponse
- B.x = 2 + 3t, y = 2t, z = 1 - t
- C.x = 1 + 2t, y = 2, z = -2 + t
- D.x = 2 + t, y = 2 + t, z = 1 + t
Réponse : A — x = 2 + t, y = 2t, z = 1 - 2t
On prend A comme point de base et AB comme vecteur directeur. AB(3-2 ; 2-0 ; -1-1) = (1 ; 2 ; -2). La représentation s'écrit donc x = 2 + 1t, y = 0 + 2t, z = 1 - 2t. On peut vérifier que B est bien dessus : pour t = 1, on obtient (3 ; 2 ; -1), c'est bien B. Le distracteur avec 3t en première coordonnée confond les coordonnées du POINT B avec celles du vecteur AB.
La droite d : x = t, y = 1 + t, z = 2 - t coupe le plan (xOy). Quelles sont les coordonnées du point d'intersection ?
- A.(0 ; 1 ; 2)
- B.(1 ; 2 ; 1)
- C.(2 ; 3 ; 0)Bonne réponse
- D.(-2 ; -1 ; 4)
Réponse : C — (2 ; 3 ; 0)
Le plan (xOy) est l'ensemble des points de cote nulle, c'est-à-dire d'équation z = 0. On reporte : 2 - t = 0, donc t = 2. On calcule alors les deux autres coordonnées avec t = 2 : x = 2 et y = 1 + 2 = 3. Le point d'intersection est donc (2 ; 3 ; 0). Le distracteur (0 ; 1 ; 2) est le point obtenu pour t = 0, qui n'a aucune raison d'être dans le plan (xOy).
Dans le cube ABCDEFGH (ABCD est la face du bas, E est au-dessus de A, F au-dessus de B, G au-dessus de C, H au-dessus de D), à quel vecteur est égale la somme AB + AD + AE ?
- A.AC
- B.AH
- C.AF
- D.AGBonne réponse
Réponse : D — AG
On enchaîne les déplacements avec la relation de Chasles. AB + AD donne AC (c'est la diagonale de la face du bas, car ABCD est un parallélogramme). Il reste AC + AE : comme AE est le déplacement vertical d'une arête et que G est exactement au-dessus de C, on obtient AG. Donc AB + AD + AE = AG, la grande diagonale du cube. Les distracteurs AH et AF sont des diagonales de faces : elles ne cumulent que DEUX des trois déplacements.
On se place dans le repère (A ; AB , AD , AE) du cube ABCDEFGH décrit à la question précédente. Quelles sont les coordonnées du sommet H ?
- A.(0 ; 1 ; 1)Bonne réponse
- B.(1 ; 1 ; 1)
- C.(1 ; 0 ; 1)
- D.(0 ; 0 ; 1)
Réponse : A — (0 ; 1 ; 1)
Dans ce repère, la première coordonnée mesure le déplacement selon AB, la deuxième selon AD, la troisième selon AE. Or H est le sommet situé au-dessus de D, donc AH = AD + AE : aucun déplacement selon AB, un selon AD, un selon AE. D'où H(0 ; 1 ; 1). Le distracteur (1 ; 1 ; 1) correspond à G, et (0 ; 0 ; 1) à E.
Soient d : x = 1 + t, y = t, z = 2 - t et d' : x = 2 + s, y = 1 - s, z = 1. Que peut-on dire de ces deux droites ?
- A.Elles sont strictement parallèles
- B.Elles sont non coplanaires
- C.Elles sont sécantes au point (2 ; 1 ; 1)Bonne réponse
- D.Elles sont sécantes au point (1 ; 0 ; 2)
Réponse : C — Elles sont sécantes au point (2 ; 1 ; 1)
Les directeurs u(1 ; 1 ; -1) et u'(1 ; -1 ; 0) ne sont pas colinéaires, donc pas de parallélisme. On cherche une intersection avec DEUX paramètres. L'équation des cotes est la plus simple : 2 - t = 1, donc t = 1. Celle des ordonnées donne alors t = 1 - s, soit 1 = 1 - s, donc s = 0. On vérifie sur les abscisses, l'équation non utilisée : 1 + t = 1 + 1 = 2 et 2 + s = 2 + 0 = 2. Égalité vérifiée, donc les droites sont sécantes. Le point s'obtient en remplaçant t = 1 dans d : (2 ; 1 ; 1). Le distracteur (1 ; 0 ; 2) correspond à t = 0, un point de d qui n'est pas sur d'.
ABCD est un parallélogramme de l'espace avec A(1 ; 0 ; 2), B(3 ; 1 ; 0) et C(4 ; 3 ; 1). Quelles sont les coordonnées de D ?
- A.(2 ; 2 ; 3)Bonne réponse
- B.(6 ; 4 ; -1)
- C.(0 ; 2 ; 3)
- D.(2 ; 4 ; -1)
Réponse : A — (2 ; 2 ; 3)
Dans le parallélogramme ABCD, les sommets se suivent, donc AB = DC (et non AB = CD, attention à l'ordre). On peut aussi écrire AD = BC. Calculons BC : (4-3 ; 3-1 ; 1-0) = (1 ; 2 ; 1). Alors D = A + BC, coordonnée par coordonnée : 1 + 1 = 2, 0 + 2 = 2, 2 + 1 = 3. Donc D(2 ; 2 ; 3). Vérification : DC = (4-2 ; 3-2 ; 1-3) = (2 ; 1 ; -2) et AB = (2 ; 1 ; -2), les deux vecteurs coïncident bien.
De quoi a-t-on besoin, au minimum, pour définir un plan de l'espace ?
- A.D'un point et d'un vecteur directeur
- B.De deux points distincts
- C.De trois points quelconques
- D.D'un point et de deux vecteurs non colinéairesBonne réponse
Réponse : D — D'un point et de deux vecteurs non colinéaires
Un plan est une surface à deux dimensions : il faut donc deux directions indépendantes pour s'y déplacer, plus un point pour le positionner. D'où : un point et deux vecteurs NON COLINÉAIRES. Un point et un seul vecteur ne définissent qu'une droite. Et trois points définissent bien un plan, mais seulement s'ils sont NON ALIGNÉS : trois points quelconques peuvent être alignés, auquel cas ils ne suffisent pas.
Les vecteurs u(1 ; 2 ; -1) et v(-3 ; -6 ; 3) sont-ils colinéaires ?
- A.Oui, car v = -3 uBonne réponse
- B.Non, car leurs coordonnées sont de signes contraires
- C.Oui, car v = 3 u
- D.Non, car aucun coefficient entier ne convient
Réponse : A — Oui, car v = -3 u
Deux vecteurs sont colinéaires s'il existe un réel k tel que v = k u. On teste sur la première coordonnée : -3 = k × 1 donne k = -3. On vérifie sur les deux autres : -3 × 2 = -6, c'est bon, et -3 × (-1) = 3, c'est bon aussi. Donc v = -3 u et les vecteurs sont bien colinéaires. Un coefficient NÉGATIF est parfaitement autorisé : cela signifie simplement que les deux vecteurs pointent en sens opposés.
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