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L'égalité et le refus des discriminations

Sixième · Histoire-Géo · EMC · Enseignement moral et civique

EMC

L'égalité, un principe de la République

En France, tous les habitants ne se ressemblent pas : ils n'ont ni la même origine, ni la même religion, ni le même âge, ni les mêmes goûts. Et pourtant, la loi affirme qu'ils sont égaux. Comprendre ce que veut dire « être égaux » est la première étape pour refuser les discriminations.

Égaux en droits et en dignité

L'égalité est un des trois mots de la devise de la République française : Liberté, Égalité, Fraternité. On la retrouve dans les grands textes qui protègent les droits de chacun.

TexteDateCe qu'il affirme
Déclaration des droits de l'homme et du citoyen1789« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. »
Déclaration universelle des droits de l'homme1948« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. »
Constitution française1958La France « assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion ».

Ces trois textes ne datent pas de la même époque, et c'est significatif. En 1789, la Déclaration proclame l'égalité en droits, mais dans les faits elle ne s'applique alors ni aux femmes ni aux personnes réduites en esclavage. Après les crimes commis pendant la Seconde Guerre mondiale, la Déclaration universelle de 1948 affirme que cette égalité doit valoir pour tous les êtres humains, dans le monde entier, sans exception. La Constitution de 1958, enfin, inscrit ce principe dans les lois qui s'appliquent aujourd'hui en France. L'histoire de l'égalité est donc celle d'un principe affirmé tôt, mais dont l'application s'est élargie progressivement, au fil des siècles.

Égalité ne veut pas dire être identiques

Être égaux ne signifie pas être pareils. Chaque personne est unique : c'est une richesse ! L'égalité ne cherche pas à effacer les différences, mais à donner à chacun les mêmes droits et les mêmes chances, malgré ces différences.

Ces trois visages de l'égalité se complètent, et aucun ne suffit seul. L'égalité devant la loi garantit que les mêmes règles s'appliquent à tous, mais elle ne suffit pas si, dans les faits, certains partent avec un désavantage trop important. C'est pour cela qu'on y ajoute l'égalité des chances : elle cherche à compenser les différences de point de départ (une famille pauvre, un handicap, un lieu de naissance isolé) pour que chacun ait une possibilité réelle de réussir, et pas seulement un droit sur le papier. L'égalité entre les femmes et les hommes, enfin, rappelle que ce principe n'a rien d'automatique : il a dû être conquis progressivement, par des lois votées au fil du temps.

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Reconnaître et refuser les discriminations

Malheureusement, l'égalité n'est pas toujours respectée. Quand une personne est traitée moins bien que les autres à cause de ce qu'elle est, on parle de discrimination. La loi française les interdit et les punit.

D'où viennent les discriminations ?

Les discriminations naissent souvent d'idées fausses. Le chemin est presque toujours le même : un stéréotype, puis un préjugé, puis un acte de discrimination.

MotCe que c'estExemple
StéréotypeUne idée toute faite appliquée à tout un groupe« Les filles sont nulles en sport. »
PréjugéUn jugement (souvent négatif) porté avant de connaître la personne« Ce garçon vient de ce quartier, il doit être malhonnête. »
DiscriminationUn acte : traiter la personne moins bien à cause de ce jugementNe pas choisir cet élève dans l'équipe à cause de son origine.

Certaines discriminations portent un nom précis :
— le racisme : discriminer à cause de l'origine ou de la couleur de peau ;
— le sexisme : discriminer à cause du sexe ;
— le rejet à cause d'un handicap, d'une religion ou de l'âge.

Exercices corrigés

  1. Quelle est la devise de la République française ?

    • A.Travail, Famille, Patrie
    • B.Liberté, Égalité, FraternitéBonne réponse
    • C.Égalité, Justice, Paix
    • D.Liberté, Justice, Solidarité

    Réponse : B — Liberté, Égalité, Fraternité

    La devise de la République française est « Liberté, Égalité, Fraternité ». On la trouve sur les mairies et les documents officiels. Attention au piège : « Travail, Famille, Patrie » était la devise du régime de Vichy (1940-1944), pas celle de la République !

  2. En France, face aux discriminations, que fait la loi ?

    • A.Elle les interdit et prévoit des punitions (amende, prison)Bonne réponse
    • B.Elle les autorise dans le monde du travail
    • C.Elle ne s'en occupe pas vraiment du tout
    • D.Elle les conseille pour mieux organiser la société

    Réponse : A — Elle les interdit et prévoit des punitions (amende, prison)

    La loi française interdit les discriminations : c'est un délit puni d'une amende et parfois de prison. Elle ne les autorise jamais, même au travail, et elle ne s'en désintéresse pas : au contraire, elle protège les victimes.

  3. Une personne victime de discrimination peut demander de l'aide à une autorité indépendante qui s'appelle…

    • A.le maire de sa commune
    • B.le directeur de son école
    • C.le président de son club de sport
    • D.le Défenseur des droitsBonne réponse

    Réponse : D — le Défenseur des droits

    Le Défenseur des droits est une autorité indépendante que l'on peut saisir gratuitement pour lutter contre les discriminations. Le maire, un directeur ou un président de club peuvent aider, mais ce ne sont pas des autorités spécialement chargées, au niveau national, de défendre nos droits.

  4. Dans quel ordre naît le plus souvent une discrimination ?

    • A.Loi → punition → respect
    • B.Égalité → différence → dignité
    • C.Dignité → liberté → fraternité
    • D.Stéréotype → préjugé → discriminationBonne réponse

    Réponse : D — Stéréotype → préjugé → discrimination

    On commence par un stéréotype (une idée toute faite sur un groupe), qui devient un préjugé (un jugement négatif sur une personne avant de la connaître), qui peut enfin se transformer en discrimination (un acte : traiter la personne moins bien). Repérer ce chemin aide à s'arrêter dès le stéréotype.

  5. Un videur interdit l'entrée d'une discothèque à une personne uniquement à cause de sa couleur de peau. Que dit la loi ?

    • A.C'est autorisé, car le patron choisit ses clients
    • B.C'est une discrimination raciale, interdite et punie par la loiBonne réponse
    • C.C'est un simple manque de politesse, sans conséquence
    • D.C'est normal si la discothèque est déjà pleine

    Réponse : B — C'est une discrimination raciale, interdite et punie par la loi

    Refuser l'entrée d'un lieu à cause de la couleur de peau est une discrimination raciale : c'est un délit puni par la loi. Un commerçant ne peut pas choisir ses clients selon un critère interdit. Si la boîte est pleine, le refus doit s'appliquer à tout le monde, pas à une seule personne pour sa couleur de peau.

  6. « Les filles sont nulles en sport et les garçons ne savent pas cuisiner. » Cette phrase est…

    • A.une vérité scientifique largement prouvée par les faits
    • B.un stéréotype sexiste, une idée fausse qui peut mener à des discriminationsBonne réponse
    • C.une loi récemment votée par la République française
    • D.une preuve concrète de l'égalité entre les sexes

    Réponse : B — un stéréotype sexiste, une idée fausse qui peut mener à des discriminations

    C'est un stéréotype sexiste : une idée toute faite et fausse collée aux filles et aux garçons. Ce n'est pas une vérité (des filles sont championnes de sport, des garçons sont chefs cuisiniers), encore moins une loi. Au contraire, ce type de phrase va contre l'égalité entre les sexes.

  7. Voici deux affirmations. (1) Traiter deux personnes différemment est toujours une discrimination interdite. (2) Une discrimination interdite, c'est traiter quelqu'un défavorablement à cause d'un critère interdit par la loi. Laquelle est correcte ?

    • A.Seule l'affirmation (1) est correcte
    • B.Les deux affirmations sont correctes
    • C.Seule l'affirmation (2) est correcteBonne réponse
    • D.Aucune des deux n'est correcte

    Réponse : C — Seule l'affirmation (2) est correcte

    L'affirmation (1) est fausse : on peut traiter des personnes différemment pour de bonnes raisons (aménager l'école pour un élève handicapé, réserver une compétition à une catégorie d'âge…). L'affirmation (2) est la bonne définition : la discrimination interdite, c'est le traitement défavorable fondé sur un critère interdit par la loi.

  8. Une mairie réserve des places de parking, près de l'entrée d'un magasin, aux personnes en situation de handicap. Comment qualifier cette mesure ?

    • A.Une discrimination contre les personnes valides, interdite par la loi
    • B.Un privilège injuste accordé à quelques personnes
    • C.Une preuve que l'égalité n'existe pas en France
    • D.Une mesure qui vise l'égalité réelle en compensant un désavantageBonne réponse

    Réponse : D — Une mesure qui vise l'égalité réelle en compensant un désavantage

    Ces places réservées compensent une difficulté de déplacement : elles visent l'égalité réelle, pour que chacun puisse accéder au magasin dans de bonnes conditions. Ce n'est ni un privilège injuste ni une discrimination contre les autres : c'est justement une façon de rendre l'égalité concrète.

  9. Que veut dire « tous les êtres humains sont égaux en droits » ?

    • A.Tout le monde a les mêmes droits, quelles que soient ses différencesBonne réponse
    • B.Tout le monde doit avoir exactement le même physique
    • C.Tout le monde doit gagner le même salaire à l'euro près
    • D.Tout le monde doit penser la même chose

    Réponse : A — Tout le monde a les mêmes droits, quelles que soient ses différences

    Être égaux en droits, cela veut dire avoir les mêmes droits et la même dignité, même si on est tous différents. Cela ne veut pas dire être identiques (même physique, mêmes idées) : l'égalité respecte les différences, elle ne les efface pas.

  10. Qu'est-ce qu'une discrimination ?

    • A.Le fait d'aider une personne en difficulté financière
    • B.Le fait d'aimer et de défendre fièrement sa propre culture
    • C.Le fait de traiter défavorablement une personne à cause d'un critère interdit par la loiBonne réponse
    • D.Le fait de préférer un plat à un autre au restaurant

    Réponse : C — Le fait de traiter défavorablement une personne à cause d'un critère interdit par la loi

    Discriminer, c'est traiter quelqu'un moins bien (lui refuser un emploi, un logement, l'entrée dans un lieu…) à cause d'un critère interdit comme l'origine, le sexe ou le handicap. Aider quelqu'un ou aimer sa culture n'a rien à voir : ce ne sont pas des discriminations.

  11. Le racisme est une discrimination fondée sur…

    • A.l'âge exact de la personne
    • B.le handicap de la personne
    • C.la religion de la personne
    • D.l'origine ou la couleur de peau de la personneBonne réponse

    Réponse : D — l'origine ou la couleur de peau de la personne

    Le racisme, c'est discriminer quelqu'un à cause de son origine ou de sa couleur de peau. Les autres critères existent aussi (âge, handicap, religion) et sont interdits par la loi, mais ils portent d'autres noms : ce n'est pas ce qu'on appelle le racisme.

  12. En 1789, quel texte affirme que « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » ?

    • A.La Déclaration des droits de l'homme et du citoyenBonne réponse
    • B.La Constitution de 1958
    • C.Le Code de la route
    • D.La Convention internationale des droits de l'enfant

    Réponse : A — La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen

    C'est la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 qui proclame ce principe célèbre. La Constitution de 1958 organise l'État aujourd'hui, et la Convention des droits de l'enfant date de 1989 : ce ne sont pas des textes de 1789.

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