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Les ensembles de nombres et intervalles

Seconde · Maths · Nombres et calculs

Nombres et calculs

Les cinq ensembles de nombres

Depuis la sixième, tu as rencontré les nombres par petites touches : les entiers, puis les négatifs, puis les fractions, puis les racines carrées. En seconde, on met de l'ordre dans tout ça. Chaque nombre habite un ensemble, et ces ensembles s'emboîtent comme des poupées russes. Savoir dire « ce nombre est rationnel mais pas décimal » n'est pas un caprice de vocabulaire : c'est ce qui te permettra plus tard de justifier proprement un raisonnement.

Les cinq ensembles à connaître par cœur

Ces ensembles sont emboîtés, dans cet ordre et pas un autre :

N inclus dans Z inclus dans D inclus dans Q inclus dans R

Chaque flèche se lit « est contenu dans ». Concrètement : tout entier naturel est un entier relatif, tout entier relatif est un décimal (5 = 5,0), tout décimal est un rationnel (0,25 = 25/100), et tout rationnel est un réel. L'inverse est faux à chaque étage : c'est justement ce qui rend la classification intéressante.

EnsembleCe qu'il contientExemple qui y estExemple qui n'y est PAS
Nentiers positifs ou nuls0 ; 7 ; 2 025−3 (négatif)
Zentiers positifs et négatifs−3 ; 0 ; 120,5 (pas entier)
Décriture décimale finie0,5 ; −2,75 ; 31/3 = 0,333… (infinie)
Qtoutes les fractions d'entiers1/3 ; −7/9 ; 0,5racine de 2
Rtous les nombres de la droite graduéeracine de 2 ; pi ; −4/7aucun nombre du programme

Reconnaître un décimal caché derrière une fraction

Une fraction peut très bien être décimale : tout dépend de son dénominateur une fois la fraction simplifiée au maximum. La règle est simple : une fraction irréductible est décimale si et seulement si son dénominateur ne contient que des facteurs 2 et 5. C'est logique, puisqu'un décimal a pour dénominateur une puissance de 10, et 10 = 2 × 5.

Nombres et calculs

Intervalles, valeur absolue et encadrements

En seconde, on arrête d'écrire « x est compris entre 2 et 5 » en français : on écrit x appartient à [2 ; 5]. Cette notation d'intervalle va te suivre jusqu'en terminale, dans les tableaux de variations, les ensembles de définition et les résolutions d'inéquations. Autant la maîtriser tout de suite.

Condition sur xIntervalleBornes incluses ?
2 ≤ x ≤ 5[2 ; 5]les deux
2 < x < 5]2 ; 5[aucune
2 ≤ x < 5[2 ; 5[2 seulement
x ≥ 3[3 ; +infini[3 seulement
x > 3]3 ; +infini[aucune
x ≤ 3]−infini ; 3]3 seulement

Réunion et intersection. L'intersection de deux intervalles (symbole en forme de n) rassemble les nombres qui sont dans l'un ET dans l'autre. La réunion (symbole en forme de u) rassemble les nombres qui sont dans l'un OU dans l'autre. Le réflexe qui sauve : trace une droite graduée, hachure chaque intervalle d'une couleur, et lis le résultat.

La valeur absolue est une distance. La valeur absolue d'un réel x, notée |x|, est sa distance à zéro sur la droite graduée : |−7| = 7 et |7| = 7. Plus généralement, |x − a| est la distance entre x et a. C'est cette lecture en termes de distance qui rend les calculs faciles : |x − 4| ≤ 3 se lit « x est à une distance d'au plus 3 de 4 », donc x est entre 4 − 3 = 1 et 4 + 3 = 7.

Exercices corrigés

  1. Quel est le plus petit ensemble, parmi N, Z, D et Q, auquel appartient le nombre −7 ?

    • A.N
    • B.ZBonne réponse
    • C.D
    • D.Q

    Réponse : B — Z

    −7 est un entier, mais il est négatif : il n'appartient donc pas à N, qui ne contient que les entiers positifs ou nuls. Il appartient en revanche à Z, l'ensemble des entiers relatifs. Il est bien aussi dans D et dans Q (tout entier est décimal et rationnel), mais ce sont des ensembles plus grands : le plus petit de la chaîne qui le contient est Z.

  2. Quelle chaîne d'inclusions est correcte ?

    • A.N inclus dans Z inclus dans D inclus dans Q inclus dans RBonne réponse
    • B.N inclus dans Z inclus dans Q inclus dans D inclus dans R
    • C.R inclus dans Q inclus dans D inclus dans Z inclus dans N
    • D.Z inclus dans N inclus dans D inclus dans Q inclus dans R

    Réponse : A — N inclus dans Z inclus dans D inclus dans Q inclus dans R

    On part du plus petit ensemble et on grossit à chaque étape : N (entiers positifs), puis Z (on ajoute les négatifs), puis D (on ajoute les écritures décimales finies), puis Q (on ajoute toutes les fractions), puis R (on ajoute les irrationnels). L'option qui échange D et Q est fausse : tout décimal est une fraction, donc D est inclus dans Q et pas l'inverse. Celle qui part de R inverse tout le sens des inclusions, et la dernière place Z avant N, alors que c'est N qui est contenu dans Z.

  3. Comment traduit-on la condition « x ≥ 5 » avec un intervalle ?

    • A.]5 ; +infini[
    • B.]−infini ; 5]
    • C.[5 ; +infini[Bonne réponse
    • D.[5 ; +infini]

    Réponse : C — [5 ; +infini[

    Le symbole ≥ inclut la valeur 5, il faut donc un crochet fermé du côté de 5 : [5. Et comme x peut être aussi grand qu'on veut, on va jusqu'à +infini, avec un crochet obligatoirement ouvert puisque l'infini n'est pas un nombre. D'où [5 ; +infini[. La réponse ]5 ; +infini[ exclut 5 à tort (elle traduirait x > 5), ]−infini ; 5] décrit l'inégalité inverse x ≤ 5, et [5 ; +infini] ferme le crochet sur l'infini, ce qui est une faute d'écriture.

  4. L'intervalle [−3 ; 2[ correspond à quelle condition sur x ?

    • A.−3 < x < 2
    • B.−3 < x ≤ 2
    • C.−3 ≤ x ≤ 2
    • D.−3 ≤ x < 2Bonne réponse

    Réponse : D — −3 ≤ x < 2

    Le crochet de gauche est fermé (tourné vers l'intérieur) : la borne −3 est incluse, d'où −3 ≤ x. Le crochet de droite est ouvert (tourné vers l'extérieur) : la borne 2 est exclue, d'où x < 2. On obtient −3 ≤ x < 2. Les autres options se trompent d'un crochet au moins : relis toujours l'orientation de chaque crochet séparément, ils sont indépendants l'un de l'autre.

  5. Quel est le plus petit ensemble, parmi N, Z, D et Q, auquel appartient 3/4 ?

    • A.N
    • B.Z
    • C.DBonne réponse
    • D.Q

    Réponse : C — D

    3/4 = 0,75 : l'écriture décimale s'arrête après deux chiffres, donc c'est un nombre décimal, et 3/4 appartient à D. Ce n'est ni un entier naturel ni un entier relatif, donc N et Z sont exclus. Q le contient aussi, bien sûr, mais D est plus petit que Q. Le critère rapide : le dénominateur 4 = 2 × 2 ne contient que des facteurs 2, donc la fraction est décimale.

  6. Parmi ces nombres, lequel n'est PAS un nombre décimal ?

    • A.1/6Bonne réponse
    • B.7/5
    • C.1/8
    • D.9/4

    Réponse : A — 1/6

    Une fraction irréductible est décimale si son dénominateur ne contient que des facteurs 2 et 5. Ici : 8 = 2×2×2 donc 1/8 = 0,125 est décimal ; 5 est un facteur autorisé donc 7/5 = 1,4 est décimal ; 4 = 2×2 donc 9/4 = 2,25 est décimal. En revanche 6 = 2 × 3 contient un facteur 3, et 1/6 = 0,1666… ne s'arrête jamais : ce n'est pas un décimal. Il reste bien sûr rationnel, puisque c'est une fraction d'entiers.

  7. L'inégalité |x − 4| ≤ 3 équivaut à quelle appartenance ?

    • A.x appartient à [1 ; 7]Bonne réponse
    • B.x appartient à [−3 ; 3]
    • C.x appartient à [4 ; 7]
    • D.x appartient à [−7 ; −1]

    Réponse : A — x appartient à [1 ; 7]

    |x − 4| se lit « distance entre x et 4 ». La condition dit donc que x est à une distance d'au plus 3 du nombre 4. On part du centre 4 et on s'écarte de 3 dans les deux sens : de 4 − 3 = 1 jusqu'à 4 + 3 = 7. Comme l'inégalité est large (≤), les bornes sont incluses : x appartient à [1 ; 7]. L'option [4 ; 7] oublie le côté gauche, et [−3 ; 3] confond avec |x| ≤ 3.

  8. Que vaut l'intersection de [−1 ; 4[ et de ]2 ; 7] ?

    • A.[2 ; 4]
    • B.]2 ; 4[Bonne réponse
    • C.[−1 ; 7]
    • D.]2 ; 4]

    Réponse : B — ]2 ; 4[

    La zone commune va du plus grand des débuts (2) au plus petit des fins (4). Reste à traiter chaque borne séparément. En 2 : le second intervalle l'exclut (crochet ouvert), donc 2 est exclu de l'intersection. En 4 : le premier intervalle l'exclut, donc 4 est exclu aussi. Les deux bornes étant exclues, le résultat est ]2 ; 4[. Règle utile : une borne n'est incluse dans une intersection que si elle est incluse dans les DEUX intervalles.

  9. On sait que 3 < x < 5 et 1 < y < 2. Que peut-on dire de x + y ?

    • A.3 < x + y < 10
    • B.2 < x + y < 3
    • C.1 < x + y < 5
    • D.4 < x + y < 7Bonne réponse

    Réponse : D — 4 < x + y < 7

    Pour additionner deux encadrements, on additionne les bornes de gauche entre elles et les bornes de droite entre elles : 3 + 1 = 4 pour le minimum et 5 + 2 = 7 pour le maximum. Donc 4 < x + y < 7. L'option 3 < x + y < 10 correspond au produit des bornes (3×1 et 5×2), pas à la somme. L'option 2 < x + y < 3 vient d'une soustraction, et la dernière recopie des bornes au hasard.

  10. Quelle affirmation sur le nombre racine de 2 est exacte ?

    • A.Il est décimal, car la calculatrice affiche 1,414213562
    • B.Il est rationnel, car il s'écrit racine de 2 sur 1
    • C.Il n'appartient à aucun ensemble de nombres
    • D.Il est réel mais pas rationnel : c'est un nombre irrationnelBonne réponse

    Réponse : D — Il est réel mais pas rationnel : c'est un nombre irrationnel

    Racine de 2 repère bien un point de la droite graduée (c'est la longueur de la diagonale d'un carré de côté 1), donc il appartient à R. Mais on démontre qu'il ne peut s'écrire comme quotient de deux entiers : il n'est donc pas dans Q, on dit qu'il est irrationnel. L'affichage de la calculatrice ne prouve rien : elle tronque. Et l'écriture « racine de 2 sur 1 » n'est pas une fraction d'ENTIERS, puisque le numérateur n'est pas entier.

  11. On sait que x appartient à [2 ; 5]. À quel intervalle appartient −x ?

    • A.[−2 ; −5]
    • B.[−5 ; −2]Bonne réponse
    • C.[2 ; 5]
    • D.[−5 ; 5]

    Réponse : B — [−5 ; −2]

    Multiplier par −1 renverse le sens des inégalités. De 2 ≤ x ≤ 5 on tire −2 ≥ −x ≥ −5, qu'il ne reste plus qu'à relire de la plus petite borne vers la plus grande : −5 ≤ −x ≤ −2, donc −x appartient à [−5 ; −2]. Vérifie sur un exemple : x = 3 donne −x = −3, bien situé entre −5 et −2. L'option [−2 ; −5] a les bonnes valeurs mais dans le mauvais sens : un intervalle s'écrit TOUJOURS de la plus petite borne vers la plus grande, et −5 est plus petit que −2.

  12. Que vaut l'intersection de ]−infini ; 2] et de [2 ; +infini[ ?

    • A.l'ensemble {2}, réduit au seul nombre 2Bonne réponse
    • B.l'ensemble vide, si les crochets ne se touchaient pas
    • C.R, l'ensemble de tous les nombres réels sans exception
    • D.[2 ; +infini[, l'intervalle de droite pris seul

    Réponse : A — l'ensemble {2}, réduit au seul nombre 2

    Le premier intervalle contient tous les nombres inférieurs ou égaux à 2, le second tous les nombres supérieurs ou égaux à 2. Un nombre appartenant aux deux doit vérifier x ≤ 2 ET x ≥ 2, donc x = 2. Comme 2 est inclus dans les deux intervalles (les deux crochets sont fermés en 2), l'intersection n'est pas vide : elle contient exactement un élément, on la note {2}. Si l'un des crochets avait été ouvert, l'intersection aurait bien été vide. Attention à ne pas confondre : R est la RÉUNION de ces deux intervalles.

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Ce chapitre compte 38 exercices corrigés dans l'application, avec le suivi de ta progression.

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